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Martyrs et Confesseurs de la Foi. Tome I.

LECLER (André, abbé)

Date : 02/04/2023

 

« ... de Quadruvio, était ainsi appelé d'une espèce de carrefour où l'église était construite, cela pour la distinguer de Saint-Pierre-du-Sépulcre où était le tombeau de Saint-Martial. »

 

«  Le Clergé se composait 1) du curé à la nomination de l'évêque; 2) de dix commu­nalistes, anciens curés ou prêtres, enfants de la paroisse ; 3) de quatre vicaires en titre et de quelques honoraires ; 4) de prêtres habitués ; 5) enfin de vingt à vingt-­cinq clercs tonsurés étudiants au Collège attenant. Ils étaient exercés aux cérémonies par un des vicaires. »

 

«  C'était la première paroisse de la ville : elle traversait toute celle de St Michel-des-Lions pour aller prendre, à gauche de la route de St Junien, le Coudert, le Maslage, et sur la droite, après avoir passé Beauvais, le village de Bellegarde, Lage, Gattesoleil, les Landes, etc.[1]

On croit que ces villages demeurèrent à St Pierre, parce que ce fut de cette paroisse que leur furent portés les secours spirituels en temps de peste. C'étaient les villa­ges du Coudert et du Maslage qui payaient la dîme au curé. Ils fournissaient les cordes du clocher et ils avaient la liberté de sonner toutes les cloches à l'enterre­ment de leurs défunts. »

 

«  Le revenu du Curé se composait de quelques dîmes affermées 600 livres, de deux portions de Communalistes et des Oblations qui, à raison de la quantité de cire, étaient très conséquentes. Pour être communaliste, il fallait être né et baptisé dans la paroisse et avoir 10 ans de prêtrise. Ceux-ci avaient presque tous leurs revenus en rentes perçues par l'un et divisées en 12. Les vicaires avaient 60 livres de traitement par le curé et le casuel, qui ne montait jamais à 100 livres. Les vicaires honoraires ne touchaient que le casuel. »

 

« Tous les jeudis avait lieu l'exposition du Saint-Sacrement sur la table de marbre de l'autel, vêpres, complies et bénédiction ; ainsi que le troisième dimanche de chaque mois, à vêpres, ensuite sermon et procession du Saint-Sacrement à l'intérieur de l'église. (page 44, voir toutes les cérémonies...). »

 

« A la procession du jour de la Pentecôte, il y avait un reposoir dans une maison de la Boucherie et une personne avait droit d'y communier. C'était en reconnaissance du don qu'avait fait cette maison d'un ciboire en vermeil d'un poids et d'une dimension extraordinaires, surmonté - au lieu de la Croix - d'un Saint-­Jean de près de trois pouces, parce que les bouchers l'avaient pris pour patron. »

 

« Confréries de l'église de Saint-Pierre : Baylie des âmes du purgatoire ; du Saint-Sacrement ; de Saint-Roch et de Saint-Sébastien ; de Notre-Dame des Agonisants ; de Saint-Rustice martyr ; des bouchers. »

 

« Les trois cimetières : La paroisse disposait de 3 cimetières. Le premier était place de l'église, dans l'enceinte d'une muraille qui partait des deux coins ou pignons de l'église et allait à quelques pieds de la fontaine qui se trouvait entre la place de l'église et la place de la poissonnerie où était la vieille halle dite « Le Gras », devenu « halle poissonnière ». Le second était entre le clocher et le Collège, côté Sud et où se trouvait une petite chapelle. Le troisième était chemin du Maupas, faisant coin avec la rue des Tanneries. Une chapelle dédiée à Saint-Martial y était bâtie et où on chantait la messe le premier dimanche du mois de mai.

En 1792, les anciens cimetières furent abandonnés et les ossements furent regrou­pés dans les salles de la crypte de l'église, placée sous la surveillance de la Confrérie Baylie des Ames du Purgatoire.

Les inhumations ont eu lieu jusqu'en 1805 au cimetière des Arènes où se trouvait la chapelle Saint-Antoine.[2]

Au-dessus d'un portail du cimetière du Maupas était l'inscription :

« Passant, par où tu passes, j'ai passé,

Comme toi, vivant, j'ai été,

Comme moi, mort, tu seras. »

Autre précision : Au milieu de la rue de l'Arbre-Peint était une croix de figures sculptées, au croisement avec la rue Puy-de-Vieille-Monnaie ; elle fut replantée à droite de la porte, le long du clocher[3].

 

«  La Baylie des âmes du Purgatoire »:

Les confrères étaient choisis parmi les bourgeois ou marchands de la paroisse. Ils prenaient rang après les fabriciens.

Leurs fonctions étaient de faire la collecte pour les âmes du purgatoire, tous les matins à la première messe, les jours ouvriers ; et à toutes les messes les jours de dimanche et de fêtes.

Leur chapelle était sous la dénomination du Crucifix ; elle était placée près de la porte collatérale, là où est aujourd'hui celle de la Congrégation ; on y faisait acquitter trois messes par semaine pour le repos des âmes du purgatoire : savoir les mercredi et vendredi à heures libres ; les dimanches et même les fêtes chômées à midi. On y célébrait un service solennel de premier vendredi libre du mois.

Les confrères allaient, le premier dimanche de mai, processionnellement avec le Clergé, à la chapelle du Maupas où l'on chantait une messe. Ils distribuaient des bouquets au clergé.

Le dimanche avant la toussaint, il y avait exposition du Saint-Sacrement toute la journée, sermon après vêpres et bénédiction.

Après la grand'messe et après la bénédiction, comme aussi après les premières vêpres de la Toussaint, on allait chanter un repons, faire l'absoute dans la chapelle souterraine appelée Sépulcre (civoire ou civori « dans la langue du pays ») ; comme cela se pratiquait également le lendemain en commémoration des fidèles trépassés. Les fidèles formaient un concours édifiant pour y aller prier les morts. Au bas des marches était en permanence un des bayles des âmes, ayant une table placée devant lui avec un crucifix entre deux cierges allumés, et criant d'intervalle en intervalle « N'oubliez pas les morts. » Les fidèles portaient leurs offrandes dans un plat ; on y répondait par : « Dieu vous le rende ». Pendant ce temps-là, un choriste enfermé dans l'obscurité de la chapelle faisait entendre avec des repons le Requiescat in pace ; requiem aeternam dona eis, Domine, etc., auxquels s'entremêlaient les pleurs, les gémissements, les sanglots des fidèles sous la voûte sépulcrale. Le lendemain de ces jours de solennité, il y avait un service solennel.[4]

 

«  Dans l'obscurité du fond (sous la voûte placée sous le pavé de l'église, en allant vers la chapelle de Sainte-Madeleine) se trouve un autel bien assorti à la pauvreté et au dépouillement que doit inspirer la pensée de la mort. Le jour ne s'y introduit guère que par quelques ouvertures. L'aspect des ossements entassés derrière une claire-voie qui règne tout le long du côté gauche, la multiplication des inscrip­tions ou des symboles de la mort qui dès le haut de l'escalier sont peints sur la muraille, font de fortes impressions sur l'âme et prêtent à de salutaires méditations. {En oct. 1994., les 12 confrères de la Baylie ont obtenu du Maire de Limoges, que soit faite une restauration de l'ossuaire : la voûte est rejointoyée, l'autel de pierre a perdu la peinture noire qui le recouvrait, les boiseries de la claire-voie ont été renforcées, sur lesquelles sont peintes des larmes noires ; les portes ont été refaites, ainsi que l'installation électrique. Entre les barreaux sont empilées des colonnes de crânes ; des tibias et autres soutiennent les étagements ; derrière, des milliers d'ossements sont entreposés. Nous sommes impressionnés par tous ces orbites vides qui nous regardent, vides de leurs yeux qui ont vu l'histoire de plusieurs siècles de Limoges.

Au-dessus de cette crypte, dans l'église, se trouve la chapelle de l'autel privilégié, avec une mise au tombeau sous un vitrail représentant la Crucifixion.

A gauche de l'autel se trouve dans le mur une sculpture en relief, gravée de 1548, représentant un crâne au-dessus d'un tibia, entouré d'une inscription « DONNET LEVESQUE DE BETHLEEH. QUARANTE JOURS DE VRAY PARDON A QUI DIRA PASTER NOSTER AVE M. » Des cierges brûlent journellement, allumés par les descendants de tous nos Ancêtres Limogeois).}

Il y a aussi d'autres caveaux dans l'église. Le froid de 1789 n'ayant pas permis d'ouvrir de fosses et la mortalité ayant été considérable, on déposa les bières dans le Sépulcre, d'où on les retira secrètement pendant la nuit pour les déposer dans le caveau qui se trouve dans la nef qui va au maître-autel. Et puis il y a sous les dalles les tombeaux des diverses familles nobles et bourgeoises qui en avaient acheté le droit. Les diverses rénovations de l'église ont peut-être conduit à faire déposer tous ces ossements dans la crypte du Sépulcre ?

 

[1] Actuellement le Mas-Loge, l’Age, Gâte-Soleil

[2] actuelle place Winston Churchill, côté Sud

[3] rue de l’Arbre-Peint : débouchait fac la chapelle du Collège, avant la démolition du quartier du Verdurier. Vers son milieu partait perpendiculairement  la rue Puy-Vieille-Monnaie vers le rempart de la Boucherie

[4] actuellement, chaque 2 novembre, jour des Défunts, la « Baylie des Âmes du Purgatoire » fait célébrer une messe, et les fidèles se rendent dans la crypte (seul jour d’ouverture)