DUCOURTIEUX (Paul) - . Ed. de La Tour Gile, 1883.
Date : 02/04/2023
... « Dès la construction de l'enceinte du Xe siècle, les faubourgs qui entouraient cette enceinte devaient être populeux car, moins de trois cents ans après, les habitants de ces faubourgs en construisirent une seconde qui englobait une superficie trois fois plus grande que la première ; c'étaient : le Queyroix (quadruvium) qui entourait Saint-Pierre-du-Queyroix ; Vieille Boucherie et Vieille Monnaie (tous deux entre les actuelles rues du Collège - au bout de laquelle était la porte Boucherie - et Manigne) ; Vieux Marché (occupait le versant du côteau de l'actuelle rue-Manigne à la place des Bancs) ; Lansecot (secteur de La Motte).... »
« L'église de Saint-Pierre-du-Queyroix devait ce nom à sa position au milieu d'un carrefour, et aussi pour la distinguer de celle de Saint-Pierre-du-Sépulcre, accolée à la basilique de Saint-Sauveur. Sur la place, devant le clocher, étaient la fontaine Saint-Pierre (aujourd'hui enterrée sous la place suite aux travaux de comblement), et « le Gras » (marché aux volailles et légumes depuis le XIIIes.). En 1305, le vendredi après l'Octave de Pentecôte, sur décision du Vicomte, ce marché « au gras », (ad Gradum de Quadruvio), se vit adjoindre la vente du poisson qui se faisait alors porte Poissonnière (Peyssonniera ou Guallinaria) devenue porte Poulaillère - vers l’actuel angle rues du Consulat et J.Jaurès) ; devint marché au gras et poissonnerie.
Pendant la révolution, l'église servit de fabrique de salpêtre. C'est là que les dames de Limoges apportaient les fougères qu'elles allaient couper dans les environs.
Aujourd'hui c'est la paroisse la plus étendue de la ville : elle comprend une partie des anciennes paroisses de Saint-Paul/Saint-Laurent, de Sainte Madeleine-de La Brégère et de Saint-Cessateur-Saint-Aurélien.
La fontaine St Pierre était placée entre le parvis où était le petit cimetière, et « le Gras ». Elle était alimentée par la source d'Encombe-Vineuse (Aigueperse) (voir dessin dans registre consulaire T.I, p.238). La margelle est un monolithe de 10 m de circonférence. Elle donnait l'eau par cinq bouche à la fois (était en granite). Elle a été enterrée, intacte, en 1845, lors de la restructuration de la place.
« L'évêque RORICE II fit bâtir en 535 cette église. Lors du carême de l'année 848, le roi CHARLES-LE-CHAUVE se trouve à Limoges pour présider une assemblée de grands prélats. Les chanoines de l'Abbé AIMARD de Saint-Martial, obtinrent l'autorisation d'embrasser la Règle bénédictine contre la volonté de l'évêque STODILUS. Mais le trésorier GEOFFROY, seul opposant et ayant l'appui dudit évêque, s'empara, au détriment des nouveaux Bénédictins, du monastère de Saint-Junien et de l'église de Saint-Pierre-du-Queyroix.
On trouve p.213 : « Cette église a été fondée par l'évêque RORICE Ier, entre 507 et 534. Détruite par un incendie, en 1213, elle fut reconstruite aussitôt mais elle ne conserva de sa première construction que les piliers massifs qui soutiennent ses voûtes. Elle possédait une Communauté de prêtres. C'est dans cette église, en 1182, que les bourgeois de Limoges prêtèrent serment à HENRI-LE-JEUNE, révolté contre son père HENRI II d'Angleterre.[1]
Furent baptisés en cette église : en 1620 Gabriel-Nicolas de LA-REYNIE, préfet de police de Louis XIV ; en 1668 Henri-François D'AGUESSEAU, chancelier de France ; en 1709 Etienne DE-SILHOUETTE, contrôleur général ; en 1751 Joseph GORSAS le Girondin député de la Constituante ; en 1757 Etienne-Pierre VENTENAT, botaniste, membre de l'Institut ; en 1784 Thomas-Robert BUGEAUD, maréchal de France ; en 1798 Mgr BERTRAND évêque de Tulle ; en 1837 Marie-François SADI-CARNOT, président de la République ; ....
[1] Henri-le-Jeune (1155-1183), fils de Henri II « Plantagenêt » et d’Aliénor d’Aquitaine, et frère aîné de Richard Ier (1157-1199) alias Richard Cœur de Lion, duc de Normandie en 1189, comte de Poitiers, duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre en 1189.