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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 02/04/2023

 

On croit que l’église de Saint-Michel-des-Lions fut bâtie au temps de Rorice II, évêque de Limoges, mort en 553, et qu’elle était au milieu d’un cimetière, sur la hauteur dominant le monastère de Saint-Martial. Saint-Loup, mort en 632, étant aussi évêque de Limoges après avoir été membre du clergé de Saint-Martial, la donna à ce monastère. Il est certain qu’elle a été soumise à l’ancien clergé, puis aux moines, et enfin au chapitre collégial de l’église de ce saint apôtre. En 1063, on y fit cacher l’abbé Hugues et les moines amenés de Cluny, pour les introduire à l’abbaye de Saint-Martial.

On trouve mentionné pour la première fois, dans un texte antérieur à 1085, les lions de pierre que l’on voit devant sa porte et auxquels elle doit son surnom. Ces lions servaient de support au siège d’un juge ecclésiastique, soit archiprêtre, soit official, dans les siècles où les jugements se prononçaient aux portes des églises.

Nous trouvons qu’en 1112, l’église de Saint-Michel-des-Lions fut consumée par les flammes d’un incendie qui dévasta toute la ville. Geoffroi de Vigeois parle d’un autre incendie arrivé en 1167, pendant lequel les cloches de Saint-Michel furent détruites. Cette église réparée ou rebâtie quelques années après, fut consacrée par Jean de Veyrac, évêque de Limoges le 2 juin 1213.

Ce fut le 25 mai 1364, qu’on posa la première pierre de l’église de Saint-Michel qui existe aujourd’hui, et son clocher fut construit en 1383.

Cette nouvelle église fut consacrée au mois de septembre 1455. Dans sa reconstruction on a conservé quelques murs de l’ancienne, et presque tout le mur du côté du Nord Est est orné de corbeaux ou modillons romans. De plus, la dernière travée du côté de l’occident est évidemment du XVIe siècle au reste nos Annales signalent cette augmentation en 1552. Le portail Nord, en style gothique flamboyant, date vraisemblablement de la fin du XVe siècle.

Telle qu’elle est aujourd’hui, l’église de Saint-Michel-des-Lions est un monument gothique composé de trois nefs d’égale hauteur séparées par deux rangées de colonnes et ayant chacune six travées. Ses voûtes à nervures s’appuient sur des faisceaux de colonnettes ou piliers d’une hardiesse qui touche à la témérité. Plusieurs de ces minces supports ont fléchi, sont déjà déjetés, et on se demande non sans quelque appréhension, par quel miracle d’équilibre les voûtes ne s’effondrent pas.

Le clocher est la partie la plus remarquable. Placé sur le point culminant, cette circonstance ajoute plus de hauteur apparente à sa hauteur réelle, qui est de 70 mètres au-dessus du pavé de place. Carré à la base, octogone aux étages supérieurs, il est accompagné de quatre tourelles partant des angles du carré, et, montant tout droit, sans un ressaut jusqu’à la naissance de la flèche, où elles se terminent par des lanternes octogones évidées que surmontent des pyramides en pierre, d’un agréable effet. Les cinq étages supérieurs de la tour, sobres d’ornements, sont percés de fenêtres ogivales, et la flèche, plusieurs fois détériorée par la foudre et en dernier lieu en 1810, est terminée depuis 1824 par une boule de cuivre, dont les proportions exagérées constituent un beau morceau de chaudronnerie moderne, si non une œuvre d’un goût irréprochable. Une statue de Saint-Michel, à sa place serait un ornement tout à la fois plus symbolique, plus religieux et plus artistique.

Lorsque le chapitre de Saint Martial fut supprimé par les lois révolutionnaires, les reliques du premier évêque de Limoges furent transportées, le 17 décembre 1790, dans l’église de Saint-Michel-des-Lions.

Après la Révolution elles y trouvèrent encore une hospitalité bien modeste. Mais aujourd’hui tout le chevet de l’église est occupé par le Monument de Saint-Martial, triple autel sculpté, d’un fort élégant dessin et d’une intéressante composition. Il a été consacré le 10 juillet 1889. C’est au-dessus de l’autel central, dans une niche élégante que reposent les reliques de l’apôtre de l’Aquitaine.

 

Les curés de Saint-Michel des Lions dont on connaît le nom sont :

Hélie Marteau, mort en 1214.- Chatard Marteau, 1228-1234. - Thomas Lafon, 1245. - Jean Germain, 1294. - Raymond Lavillette, avant le XIVe siècle. - Jean Chapelle, 1312. - Hilaire Brothaud, 1320. - Galhard de Molcoene, après 1343. - Martial Bardini, 1376. - Etienne Grandis, 1415. - Audoin Audier, 1425-1435. - Guy de Montbrun, 1453-1454. - Guillaume de Jouviond, 1458-1475. - Michel de Jouviond, 1494. - Jacques de Jouviond, 1497-1499. - Jean Choumy, vers 1500. -  Guillaume de Jouviond, 1509 . -  Martin ou Marien de Jouviond, 1550. - François Barny, 1556. -Jean Robin, 1559. - Guillaume Robin, 1561. - Pierre Dubois, 1579. - N … Verneresse, 1588-1589. - Guillaume Boyer, 1594. - Antoine Josse, nommé en 1594. - Gaspard Vernajoux, 1594-1605. - Henri Martin, 1625-1627. - Pierre du Verdier, 1639-1662. - Jean Barny, 1662-1676. - Gilbert Urion, docteur en théologie, 1679-1684. -  Noel Drouhet, 1685-1686. - Martial Mannoury et Martial Moulinier, contestent ses titres en 1685. - Jean Bernesche de Cantenat, 1690. - Pierre Baillot, 1690-1735. - Martial d’Artigeas, 1720-1748. - Jean-Baptiste Malevergne, 1478-1763. - Pierre Chastaignac, 1753-1764. - Antoine-Léonard de Fressange, 1764-1772. - Pierre Martin, 1772-1803. - Jean-Baptiste Vitrac, 1803-1805. - Jean-Baptiste Montégut, 1806-1820. - Jean-Baptiste Péconnet, 1820-1837. - Alexis Vénassier, 1837-1864. - Jean-Baptiste Martin Pinot, 1864-1894. - Jean-Baptiste Laplagne, 1894-1908. - Léon Farne, 1908.

On peut relever dans les registres paroissiaux de Saint-Michel les actes des baptêmes de :

- Mathieu-Mathurin Tabaraud, savant oratorien, fils de Léonard Tabaraud et de Gabrielle Mazaureix, baptisé le 17 avril 1744.

- Pierre-Victurnien Vergnaud, le grand orateur, fils de Pierre Vergnaud et de Catherine Beaubiat, baptisé le 31 mai 1753.

- Martial Beyrand, général, fils de Guillaume Beyrand et de Jeanne Sazerat, baptisé le 9 septembre 1768.