Edit. : Centre impression, Limoges - Dépôt légal : 2e trimestre 1990
Date : 02/04/2023
Une minuscule communauté humaine subsiste en ce lieu écarté ; c’est pour elle que Jehan Alsandre établit vers 1330 une paroisse dont il est le premier desservant. L’église est dédiée à sainte Marie l’Egyptienne : il était juste que cette sainte ermite soit la patronne d’une paroisse si peu peuplée. Le territoire s’étend sur le « bourg », Engrezas et quelques moulins sur l’Aurence.
En fait cette création est une aberration : la superficie est dérisoire, la population limitée à une trentaine de « communiants », pauvres et illettrés ; la cure est inhabitable, et il n’y a pas d’argent pour la réparer ; le desservant ne peut survivre avec les seuls revenus de la paroisse. Et, malgré plusieurs projets de réunion à la paroisse de La Brégère, cette anomalie survécut jusqu’à la Révolution ! Pour se convaincre de cette bizarrerie, il suffit de rapporter quelques-uns des termes utilisés dans les descriptions faites autrefois ou à l’époque actuelle : une « fort pauvre chapelle », « le terrain de la paroisse est de très mauvaise qualité et de peu de rapport », « Uzurat occupait bien dans le diocèse le dernier des rangs pour l’étendue et pour le nombre des âmes ». Quant aux principales cérémonies religieuses, baptêmes, mariages et enterrements, on en dénombre en tout une moyenne de sept par an !
A la Révolution, cette paroisse devient commune ; mais aucun habitant ne sait lire ou écrire, et il est impossible de former un conseil municipal et de désigner un maire ; c’est donc la municipalité de Limoges qui fut chargée de gérer Uzurat ! Cette absurdité dura deux années, jusqu’au 7 septembre 1792 : à cette date, le droit rejoignant le fait, la commune est réunie à Limoges, en même temps que celles de Soubrevas et La Brégère.
LA CHAPELLE
Le bâtiment est fort simple ; Hugon le décrit ainsi : « c’est un rectangle de 10 mètres sur 6 … Le chevet plat, lithurgiquement orienté, est percé d’une étroite fenêtre en plein cintre, ébrasée vers l’extérieur et ornée d’une simple gorge en avant du logement du chassis. Sur le mur méridional, une porte a des piédroits chanfreinés, dont les sommets forment deux petits chapiteaux grossiers supportant un épais linteau … L’intérieur était plafonné en berceau … Tout cela, avec l’ancien cimetière, devenu enclos de culture, fait pauvre figure … »
Les dessins d’arpentement montrent l’existence d’un clocher qui était selon toute vraisemblance du type clocher-mur ; une seule cloche y était installée, puisque l’acte de prise de possession de la cure par Gabriel Chaumeil mentionne expressément « sonnement de la cloche suspendue au clocher de ladite esglize ».
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Le desservant logeait au XVIIIe siècle à Limoges, le presbytère étant inhabitable. Il convient de préciser deux points. Tout d’abord, Paul-Xavier Chambon, curé d’Uzurat est inhumé dans l’église, devant le maître-autel, le 15 avril 1752. Ensuite, en 1789, le curé Montaigut était présent à l’assemblée provinciale pour l’élection des députés aux Etats Généraux ; les représentants du Tiers Etat étaient le laboureur Antoine Fournier et le meunier Jean-Baptiste Vatte.
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L’édifice, devenu grange à la Révolution, fut rasé en février 1975.