Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 06/02/2023
Linards, chef-lieu de commune dans le canton de Châteauneuf, a 3630 hectares de superficie et 2030 habitants. Son élévation au dessus du niveau de la mer est de 468 mètres.
Linards, qui était dans l’ancien archiprêtré de Saint-Paul, avait une Prévôté dont la fête patronale était la Nativité de la Sainte-Vierge, jadis saint Martin. C’est l’abbé de Solignac qui en nommait les titulaires. Les prévôts qui nous sont connus sont : Jean Constant, prêtre, docteur en théologie et curé de Sainte-Félicité de Limoges, le 28 novembre 1706. — Antoine de Léonard de Fressanges, docteur de Sorbonne, curé de Saint-Michel-des-Lions, le 12 janvier 1772. — Dom Courtin, en 1789.
La cure de Linards avait pour patrons les même saints que la Prévôté. Sur la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 900 communiants (environ 1200 habitants). Elle dépendait de Saint-Léonard en 1195 et c’est le prieur de Saint-Léonard qui y nommait les titulaires, comme on la voit par titres, depuis 1586 jusqu’à la Révolution.
Les curés qui nous sont connus sont : Léonard Peyraud qui résignait en 1587. — N... Rinavier, ancien curé, qui mourut en septembre 1763. — N... Marc, nommé en 1751, mourut en juin 1780. — Jacques Gay de Vernon, nommé en 1780. — Jean-Baptiste-Michel Fray-Fournier, nommé en 1806. — Jean-Baptiste Fougères, le 1er septembre 1810. — Jean-Marie Lavialle, le 3 juin 1837. — François-Xavier Chaput, en 1840. — François Battu, en 1848. — Joseph Charbonniéras, en 1858. — André Chabaudie, en 1883. — Auguste Guilhen, en 1891. — Léon Delhoume, en 1895. — Jean Guittard, en 1910.
Il y avait dans l’église de Linards une vicairie fondée le 9 novembre 1465, par Jacques de Lajaumont, chevalier; les titulaires en furent nommés par les héritiers de son frère.
Le 24 mai 1433, Aymeric de Gain, chevalier, seigneur de Linards et Luce d’Esteyneyre, sa femme, fondèrent une vicairie qu’on appelait du Bouey. Le prévôt de Linards la conférait aux titulaires nommés par le seigneur du lieu. C’était Foucaud de Gain, écuyer, en 1560; de Gain, chevalier de l’Ordre du roi, seigneur de Plaigne et Neuville en Périgord, en 1573; Hélie de Gain, en 1612; François-Charles de Gain, seigneur de Congoussat, en 1696 et 1699; Charles de Gain, chevalier, avec Anne de Perry, sa femme, en 1726, 1741, 1760.
L’église est de style gothique du XIIIe siècle; elle a trois travées, plus un porche, le tout voûté en pierre. La clef de voûte dans le sanctuaire porte les armes des seigneurs de Linards qui sont d’azur à trois bandes d’or. La chapelle, qui était celle des seigneurs du lieu, a son ouverture sur le sanctuaire. Une seconde chapelle, dite de Lajaumont, s’ouvre dans la seconde travée, elle est de construction gothique du XVe siècle. C’est dans cette chapelle que Jacques de Lajaumont, à son retour de la guerre, voulut, par son testament du 9 novembre 1465, être enterré, et où il fonda une vicairie. A la clef de voûte, ainsi qu’au-dessus de la porte de cette chapelle, on voit les armes des Lajaumont, qui sont d’azur à la bande d’or, accostée de 6 étoiles de même, trois et trois. Une troisième chapelle, qui n’a aucun style, est dédiée à la Sainte-Vierge. Elle est placée en face de celle de Lajaumont. Elle portait jadis le nom de chapelle des Vauls, famille qui a quitté Linards depuis de longues années.
Une cloche de l’église de Linards fondue le 18 septembre 1774, et bénite le 20, portait l’inscription suivante : « ✠ Parrain Messire Isaac de Gain, chevalier, haut et puissant seigneur de Linards. Marraine, dame Marie de Livenne, marquise de Linards. En leur absence, Louis-Jean Chaussade, notaire royal, contrôleur des actes, juge du marquisat de Linards, et Léonarde Chaussade, épouse du sieur Bargez, ont fait les fonctions de parrain et marraine. » Cette cloche n’existe plus. La seconde phrase de l’inscription donnée ici n’existait peut-être pas sur la cloche elle-même, mais seulement sur le registre de la fabrique de Linards de 1774.
Une seconde cloche, qui n’existe plus, fut bénite le 11 mai 1783, on y voyait cette inscription : « ✠ Parrain M. Jean-Louis Chaussade, seigneur de Trasrieux, juge de Linards. Marraine dame Valérie Fargeaud de Gay de Vernon de Chauvant, qui a donné sa procuration à Dlle Marie de Gay de Vernon. »
La cloche qui est placée aujourd’hui au-dessus du sanctuaire porte l’inscription suivante: « ✠ M. Jean-Louis Bargez, chirurgien juré, parrain. Dame Louise Chaussade du Mazet, épouse de M. Chaussade, sieur de Trasrieux, marraine. 1789. »
Sur la seconde cloche on voit cette inscription: « ✠ M. Jean-Baptiste Fougères, curé de Linards. Parrain M. Joseph Faucher, notaire. Marraine Mme Fougères, née Cne Eie Bargez, M. Aimé-Guillaume Rougier, maire. Syndics fabriciens : M. Jean-Baptiste Fougère, médecin et adjoint, M. Rastier, Ld Roux, Jn Duri, 1837,M. J.-Marie Lavialle, curé. — J.-B. Causard. »
Il y avait dans le cimetière de Linards une chapelle sous le nom de Sainte-Marguerite.
Sur la place, à côté de la grande porte de l’église, on admire un magnifique tilleul qu’on croit planté par ordre de Sully.
Le château de Linards a été démoli dans la première moitié du XIXe siècle. On sait par tradition que Marmontel, le littérateur entré à l’Académie en 1763, avait résidé quelque temps dans ce château; né à Bort, en Limousin, il fut nommé historiographe de France en 1771.
La terre de Linards appartenait primitivement à la famille de Lastours, avant de passer dans la famille de Gain. Les armes des Lastours sont d’azur à trois tours d’argent 2 et 1, cantonnées de 6 fleurs de lis d’or, 3, 2 et 1. Dans la famille de Gain on remarque Noble Golferius de Lastours, chevalier, seigneur dudit lieu, de Bessos et de Linards, qui partit pour la croisade en 1086. — Gui de Gain, cité comme bienfaiteur de la cathédrale de Limoges. — Aymeric de Gain, qui rendit de grands services à Philippe de Valois, dans la guerre contre les Anglais, en 1339. Il épousa Jeanne de Lastours, qui apporta la terre de Linards, qu’elle eut en vertu du testament de son oncle Golférius de Lastours, fait le jeudi avant l’Annonciation en 1354. —Marguerite de Gain, abbesse de Saint-Ausone d’Angoulême en 1461, qui mourut en 1490. — Hugues et gui de Gain, chanoines qui, avant 1414, fondèrent une vicairie dans la cathédrale de Limoges, à l’autel de Notre-Dame des trois rois. — Pierre de Gain, qui était l’abbé de Breuil et administrateur perpétuel d’Obazine en 1473. — Hercule de Gain, prieur de Sussac, élu abbé de Solignac en 1484. — Pierre de Gain, bachelier en décrets, abbé commendataire de Solignac en 1488 et 1790. — Pierre de Gain, docteur en théologie, syndic général du diocèse de Limoges, se démit de la prévôté de Moutier-Rozeille, vers le mois d’avril 1719.
Le 20 septembre 1786, M. Bourdeau-Lajudie, écuyer, secrétaire du roi à Limoges, achetait aux enchères à Bordeaux la terre de Linards pour la somme de 350.000 livres. M. Naurissart l’avait poussée à 4.000 livres de moins. Plus tard cette terre est devenue la propriété de M. Paul Noaulhier.
Les villages de la commune de Linards sont :
Beaubiat.
Basselat.
Bessade (La). — En 1268 est dit : in manso de Bessarach.
Blanzat. — Vers 1100, la veuve d’Etienne Fulchérius donnait à Sainte-Marie de Deveix quatre deniers de rente sur ce lieu.
Bonnefont.
Boulandie.
Boueix (Le Grand-). — Près du bourg de Linards, dans un lieu nommé le Bueix, ou le Pueys se trouve sur le bord d’un ruisseau, à mi-côte du vallon, une motte nommée dans le pays Château-Sarrazin. Elle affecte la forme carrée, et a 15 mètres d’un côté et 17 de l’autre.
Buffengeas.
Buisson (Le).
Burg (Le).
Chantegris.
Chaussade (LA).
Chazelas.
Chez-Boucharas.
Chez-Bréchony.
Chez-David.
Chez-Jartaud.
Counaillac.
Courbes (Les).
Crosrieux.
Deveix (Le). — Prieuré de Sainte-Marie-Madeleine de Deveix; sa date de fondation est vers 1100, lorsque Ugo Fulcherius lui donna quatre setiers de seigle de rente sur le lieu de Meyrat. Le prieur d ’Aureil en a nommé les titulaires de 1469 à 1577. Ce droit de nomination passa au recteur des Jésuites de Limoges qui l’exerçait en 1610 et 1650. Au XVe siècle les Anglais le dévastèrent. Il était presque ruiné au commencement du XVIIe siècle. Le revenu de ce prieuré ne montait qu’à trente livres, et personne ne voulait se charger de faire les réparations urgentes; par décret du 23 septembre 1652, il fut uni au prieuré d’Aureil, à condition qu’on conserverait la chapelle et que le service divin n’en serait point diminué. Les Jésuites du collège de Limoges, auxquels le prieuré d’Aureil était uni, en prirent possession le 30 du même mois.
Les prieurs de Sainte-Marie-Madeleine de Deveix connus sont : Jean d’Alesme, 1450. — Jean de Méranges, jusqu’en 1501. — Maurice de Moncel, en 1501. — Jean Rollandie, 1571. — Germain Gergot, 1573. — Antoine Valleton, 1577. — Léonard Vallade, 1600 et 1607. —Léonard de Peyfraud, jusqu’en 1610. — Jacques Vergnol, 1610. — François Faure, 1635. — Léonard Baubiat, 1642, jusqu’en 1650. — Jean Roatin alias Koatin, 1650 et 1652.
Etang de Linards.
Fezigny.
Fontpeyre (La).
Font-du-Vert (La).
Garenne.
L’Imagé.
Lajaumont, alias l’Age-au-Mont, de agi à monte, dont le château a été démoli avant la Révolution. Gaucelin de l’Age-au-Mont, damoiseau, testa le jeudi après l’Exaltation de la Sainte-Croix en 1348; il avait épousé Marguerite de La Roche. Pierre de l’Age-au-Mont épousa en 1450 Marguerite de Gain. Lajaumont porte pour armes d’azur à la bande d’or accompagné de six étoiles de même, 3 en chef et 3 en pointe, mises en bande.
Maillerie (La).
Mauzeix.
Mazeau.
Mazernaud. — Pétronille de Murs fit donation à Aureil, entre 1140 et 1147, de deux sous de rente sur Mazernaud in manso Hermando.
Meyrat. — Joseph Germain de la Pomélie, qui épousa en 1599 Antoinette de la Breuille, fille de François et de Jeanne de Lajaumont, devint seigneur de Meyrat. Ses armes sont d’azur à la tour d’or surmontée de deux tours d’argent maçonnées de sable.
Montaigut.
Mouillères (Les).
Moulin-à-Vent (Le).
Nouhaud (Le).
Oradour.
Patiras.
Paugnat.
Pont-du-Piquet (Le).
Puylarousse. — Vers 1780 on a découvert dans ce village une galerie souterraine qui devait faire partie d’un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine. On y a recueilli des restes d’outils en fer qui étaient rongés par la rouille.
Ribière-Gagnour.
Salas. — Sur les bords de la Briance près de ce village est un lieu nommé les Roches-de-Saint-Martin, où les habitants prétendent que Saint-Martin est venu. Ils s’y rendent en dévotion pour obtenir la guérison de leurs malades. On y remarque des rochers ayant des perforations de 20 centimètres de diamètre.
Au mois de janvier 1906, M. Duplondet, propriétaire à Salas, retira de terre, près de sa maison, un vase contenant des monnaies anciennes, formant un poids de deux kilos. Il y en avait en or, en argent et en bronze; elles étaient en grande partie à l’effigie de Henri II.
Salas (Moulin de).
Sautour-le-Grand.
Sautour-le-Petit. — Vers 1120, Rainald donna à Aureil le mas de Sautour. En 1239, Gaucelme, chevalier, seigneur de Châteauneuf, au moment de partir pour la croisade, donna aussi au prieur d’Aureil son mas de Sautour-Laleu.
Sous-le-croup.
Tuilerie de Montaigu.
Tuilerie de Mazernaud.
Vaux, de Vallibus, où était jadis une chapelle rurale, peut-être un prieuré qui dépendait de Solignac en 1370.
Viamont (Le), alias Vieux-Mont.
Villechenour, villa senioris, était une maison de campagne et un rendez-vous de chasse des seigneurs de Linards, de Châteauneuf et des environs