Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 06/02/2023
Magnac-Bourg, chef-lieu de commune du canton de Saint-Germain-les-Belles, a 1510 hectares de superficie, et 1092 habitants. Son élévation au-dessus du niveau de la mer est de 484 mètres.
Magnac, dans l'ancien archiprêtré de La Porcherie, en 1554, 1555 et 1565, est dit annexe ou succursale de la cure de Meuzac. Par un acte du 4 août 1685, cette église aurait de nouveau été érigée en succursale, le curé de Meuzac se réservant toutes les prérogatives et prééminences honorables. Sa fête patronale était celle de saint Jacques-le-Majeur. Le curé de Meuzac y nommait les titulaires, qui en 1768 étaient désignés par Claude de Montboissier, comme baron de Magnac. A la fin du XVIIIe, on comptait dans cette paroisse 250 communiants (environ 333 habitants).
Jean de Salagnac, chevalier, seigneur de Magnac et de Jumilhac, etc., qui avait épousé en 1463 Louise de Pierre-Buffière, fonda dans cette chapelle ou église qu'il avait fait construire, quatre vicairies. Sa veuve y nommait un titulaire en 1511.
Six vicairies furent fondées par Peyronne de Salagnac, dame de Magnac, pour des prêtres de sa terre, le 5 juin 1559 ; elles étaient aux autels de saint Pierre et de saint Jacques. Le curé de Meuzac les conférait aux titulaires désignés par les héritiers et successeurs de la fondatrice : Philibert de la Guische, général de l'artillerie de France, seigneur de Magnac, Chaumont, etc., en 1594. Jeanne-Armande de Schomberg, duchesse de Montbason en 1704 et 1705. Charles de Rohan, prince de Guéménée, duc de Montbason, en 1714, 1718 et 1722. Hugues, comte de Crécy, comme mari de Charlotte de Rohan, en 1732. Philippe-Claude de Montboissier-Beaufort-Canilhac, en 1751. Ce dernier vendit le droit de nommer les titulaires à ces vicairies, en vendant la terre et la baronnie de Magnac le 19 février 1759, à Jean-Baptiste Benoist de Lostende, chevalier, seigneur de Lostende, Landouge, le Cluzeau et autres lieux.
Pierre Chataignol, prêtre, fit bâtir une chapelle dans le cimetière, où il fonda, le 21 février 1531 (vieux style), une vicairie pour un prêtre, son plus proche parent ; le curé de Meuzac conférait ce titre de vicaire au prêtre que présentaient les héritiers du fondateur. Cette chapelle était sous le patronage de la Sainte-Vierge.
C'est seulement en 1769 que Magnac-Bourg devint définitivement une paroisse distincte de celle de Meuzac, et dans la nouvelle division de la France ces deux localités ont formé deux chef-lieux de commune distincts. Cependant Magnac avait un cimetière particulier.
Ont été curés de Magnac : Joseph Dubois, nommé vicaire en 1761. — Guillaume Vergniaud est curé jusqu'en 1773. — Bernard Vergniaud, nommé en 1773, pendant la Révolution déporté en Espagne, revint à Magnac où il est mort en mai 1822. — Raymond Barrêna, 1823. — Léonard-Augustin Nicard, nommé en 1829. — Jean Thomas, en 1866. — Jacques-Elie Bonnet, en 1868. — Félix Dupland, en 1871. — Michel Gaumy, en 1885. — Jean-Baptiste Fayard, en 1887.
L'église de Magnac, reconstruite au XVe siècle, en remplace une du XIIe ; c'est un de nos plus gracieux monuments ; elle a été construite vers 1463 par Jean de Salagnac, seigneur de Magnac, Chapdeuil, Jumilhac, etc. Sa nef a deux travées sans bas-côtés. Elle mesure 21 mètres de long et 9 de large. La partie qui forme le choeur est la plus remarquable. La voûte construite sur nervures en pierre, retombant sur les chapiteaux des colonnes engagées, est contrebutée à l'extérieur par des contreforts d'une forte structure. A la clef de voûte est un écusson écartelé aux 1e et 4e de gueules à trois bandes d'or (qui est de Salagnac) ; au 2e d'azur à la tour d'argent ; au 3e d'azur au chevron d'argent accompagné de trois croisettes de même.
Cette partie de l'édifice, dont le chevet est à trois pans coupés, est éclairée par cinq grandes fenêtres. Les trois baies centrales conservent de remarquables vitraux du XVIe siècle. Dans celui du milieu, douze tableaux distincts représentent les douze apôtres ; dans celui de gauche on voit douze martyrs, et dans celui de droite douze vierges. Ces vitraux sont classés au nombre des monuments historiques, ainsi que le choeur et l'abside. Tout au pourtour du choeur, on voit des culs de lampe et des dais, taillés dans la serpentine, qui devaient recevoir les statues des douze apôtres.
Cette église a été réparée en 1876, et au lieu du pinacle qui surmontait sa porte d'entrée, on voit aujourd'hui un clocher qui parait assez déplacé. L'inscription suivante a été mise sous sa première pierre.
✠ In nomine Christi. Amen. - Anno Dal MDCCCLXXVI, Beatissimo Pio P.P. IX, Ecclesiam mirabiliter gubernante, Illus, DD. Alfredo Duquesnay sedem sancti Martialis lenente, Felice Petro Dupland rectore parochiæ Magnac-Bourg, Patricio marescallo de Mac-Mahon Reipublicae Galliæ præside. Le Myre de Vilers præfecto regionis, Kalend, et dominica prima octobris, In festo S. S. Rosarii Beatæ Mariæ Virginis, Præsente Concilio fabricæ cui præest Elias Breuil, Adstantibus civitalis administratoribus, præside J.-B.-N. Filhoulaud, Præsente imprimis E. Mallet, vicario parochi Stt Germani, Magno fidelium paræciæ, aliarumque paræciarum concursu. Hicce primarius lapis partis inferioris Ecclesiæ in honorem S. Jacobi Majoris apostoli dedicadæ a D. Felice-Petro Dupland, rectore parochiæ, ad hoc ab ill. Episcopo Lemovicensi delegato, solemni ritu benedictus est : Extruendo ædificio præest Paulus Boullanger ædificiorum diæcesaronum Inspector.
L'église de Magnac possède deux cloches qui portent les inscriptions suivantes :
« ✠ J'ai été bénite par M. Reymond (Barrena) de Beunos, curé de Magnac. M. Guillaume-Fénelon Delignac, notaire et maire, parrain, M. Ante. Roslie. Paulne de Villume, Vve de M. Athe (Martin) de la Bastide, marraine. - Le Chevalier Malnuit et Causard, fondeurs, 1826. »
« ✠ L'an de Notre Seigneur 1877, j'ai été bénite par Mgr Alfred Duquesnay, évêque de Limoges, M. Félix-Pierre Dupland étant curé de Magnac-Bourg. J'ai été nommée Marie-Antoinette-Charlotte par mon parrain M. Charles-Gervais de Lafond, et par ma marraine Madame Antoinnete-Marie-Fernande-Odette Saint-Marc-Girardin, née Guéneau de Mussy, représentée par Mademoiselle Jeanne de Neuville. - M. Sarre-Filhoulaud étant maire de la commune, MM. Elie Breuil, Armand Breuil, Faucher notaire, Janicot, Demaisons étant membres du conseil de fabrique. Bienfaiteurs : MM. Gustave Bugeaud de la Piconnerie, le général Hippolyte (Martin) de la Bastide. Sensaud, G. Briand, E. Ménieux, Henri Seidenbinder. - Sancte Jacobe apostole, ora pro nobis. Regina sina labe concepta, ora pro nobis. - Georges Bollée, fondeur, à Orléans. »
Magnac était anciennement le chef-lieu d'une terre considérable. De son ancien château qui était dans le bourg, il ne reste qu'un donjon carré à moitié démoli, qui lui avait fait donner le nom de Magnac-la-Tour. Les différents propriétaires de ce fief le plus important du pays nous sont connus par les nominations qu'ils faisaient des titulaires des vicairies indiquées ci-dessus. Philippe-Claude de Montboissier-Beaufort-Canilhac vendit la terre et baronnie de Magnac, avec toutes ses dépendances et appartenances, par contrat du 19 février 1759, à Jean-Baptiste Benoist, chevalier, seigneur de Lostende, le Coudert, Landouge et autres lieux, pour la somme de deux cent soixante mille livres.
Une autre vente, partielle, de la terre et baronnie de Magnac, fut faite le 3 août 1787, par Charles-Armand-Jules prince de Rohan Rochefort, au sieur Guillaume Vergniaud, ancien curé de Magnac et prieur actuel de Sainte-Néouraye, en Poitou, pour la somme de soixante dix mille livres. L'acte de vente constate que tous les bâtiments dépendants du château sont dans le plus mauvais état.
Un tiers de sou d'or, du deuxième quart du VIIe siècle, qui est conservé dans le médaillier de la ville de Poitiers, porte l'inscription suivante : ✠ MAVGONACO, avec la tête à droite, ceinte d'un diadème perlé ; le col et le buste orné de perles. Au revers : ✠ TEODVLFVS MOT avec une croix longue, pattée au sommet. Magnacum dérive évidemment, par contraction et par suppression de deux voyelles du nom mérovingien. Mavgonacum, c'est Magnac-Bourg, car cette pièce de monnaie a beaucoup d'affinité avec une de Chervix qui est dans le voisinage.
Les villages de la commune de Magnac-Bourg sont :
Bourdelas.
Caux.
Chez-Carrier.
Dury ou Duris. — On trouve de l'argile à potier près de ce village, et jusqu'à nos jours elle a été mise en oeuvre par les habitants du lieu. Elle était connue et utilisée très anciennement puisque plusieurs vases, recueillis dans différentes fouilles faites dans les environs, portent tous les caractères de l'époque gallo-romaine.
Fombelaud.
Gandalonie.
Leyssenne.
Monceau (Le).
Peyronnet.
Peyroudeaux.
Rouffignac.
Tamanie (La).
Villedieu (La). — Un dolmen de granit et de gneiss, près de ce village, a été fouillé en 1909. On n'y a trouvé qu'un fragment de silex et des parcelles de charbon.