Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 06/02/2023
MAGNAC-LAVAL, chef-lieu de canton qui a 22 091 hectares de superficie, et 9 748 habitants. Les communes composant ce canton sont : Dompierre, Droux, Magnac-Laval, Saint-Hilaire-la-Treille, Saint-Léger-Magnazeix et Villefavard.
La commune de Magnac-Laval a 7 221 hectares de superficie et 3 833 habitants. Son élévation au dessus du niveau de la mer est de 318 mètres vers sa limite nord-est.
Il y avait à Magnac un prieuré érigé et bâti sur la fin du VIIIe siècle, ou au commencement du IXe ; on y mit un prieur et des moines prêtres pour y dire la messe. Un manuscrit de l’abbaye de Charroux dit que ce prieuré fut fondé par Roger, comte de Limoges, et Euphrasie, sa femme. On lit dans le Gallia Christiana que Charlemagne (768 à 814), donna au monastère de Micy, dans l’Orléanais, villam, l’église, eau, moulins, vignes de Magnac. Il existe un diplôme de Louis-le-Pieux et Lothaire, son fils, daté de 828, qui mentionne parmi les possessions de Maint-Mesmin de Micy dans l’Orléanais, une église, située en pays limousin, appelée Magniacus. Le P. Estiennot dit que ce titre ne sent pas la bonne antiquité, ni le style du temps. D. Bousquet y trouve plusieurs marques de suspicion. D. Mabillon ne le regarde pas comme tout à fait méprisable.
En 1022, Magnac ne dépendait plus de Saint-Mesmin de Micy, du moins il n’en est fait aucune mention dans l’énumération des possessions de ce monastère, ni dans la bulle de 1258 où sont détaillés tous ses bénéfices. Dès 1211, il dépendait de l’abbaye de Charroux.
Le prieuré de Magnac eut beaucoup à souffrir en premier lieu de l’invasion des Normands, mais il fut réparé et augmenté par les seigneurs de Magnac ; les comtes de la Marche, et autres seigneurs des environs furent ses bienfaiteurs insignes. L’an 1500, il n’y avait que le prieur et deux moines. Il fut dévasté une seconde fois par les huguenots, et depuis ne se releva plus complètement, et devint un bénéfice simple, c’est-à-dire n’astreignant pas à la résidence et n’ayant point charge d’âmes. L’abbé de Charroux a toujours conservé le droit d’en nommer les prieurs, comme on le voit par titres depuis 1590 jusqu’à la révolution. François de Pontcharaud était prieur de Magnac en 1615, N… Martin en 1729, N… Crozat, N… Teytaud en 1783.
La cure de Magnac, dans l’ancien archiprêtré de Rancon, était en ville murée, et avait pour patron, ainsi que le prieuré saint Maximim de Trèves, dont la fête était le 29 mai. Le curé de Magnac était nommé par le prieur du lieu en 1564, 1685, 1743, mais on voit cette nomination faite par l’abbé de Charroux en 1586, 1593, 1630, 1743. On comptait dans la paroisse, vers la fin du XVIIIe siècle, 850 communiants, environ 1180 habitants.
Jean de Parelles y fonda, à l’autel de Saint-Sébastien, le 27 janvier 1516, une vicairie, à laquelle le prieur de Magnac, ou le curé en son absence, nommait les titulaires présentés par les héritiers du fondateur. Ces derniers furent : De Parelles, femme de Bigaud, marchand en 1610 ; autre De Parelles en 1713. De Parelles, fils d’un marchand drapier, en 1747 et 1757.
Une autre vicairie avait été fondée par les seigneurs de Magnac, dans la chapelle joignant l’église. Claude Brachet, écuyer, baron de Magnac, y faisait une nomination en 1531.
Ont été curés de Magnac : François Descoutures, nommé en 1565. – Hélie d’Auberoche, mort ancien curé, le 10 décembre 1681 à l’âge de 80 ans et 4 mois. – N… Fournier, en 1681. – N… Beaugay, 1695. – Léonard de Rabillac, en 1750, mort en septembre 1783. – Jean Villebard, nommé en 1780. – Jacques Guillot, confesseur de la foi pendant la Révolution, curé et principal du collège en 1803. – Pierre Piufféral, confesseur de la foi pendant la Révolution, nommé le 16 janvier 1812. – François Audebert, le 27 novembre 1819. – Antoine-Gervais Fillias, le 24 août 1835. – Martial Romefort, le 17 octobre 1843. – Eugène Rougerie, le 12 février 1877. Joseph Valentin, le 2 mars 1877. – Pierre-François Vérier, le 16 décembre 1882. – Henri Vigier, le 11 mai 1895. – Martial Gaumy, le 19 juin 1900. – Benjamin Malabard, en 1911.
Le registre des anniversaires des prêtres communalistes, qui va de 1451 à 1502 nous fait aussi connaître le nom de cinq curés, mais il ne donne pas la date de leur mort. Ce sont : Hugues de Fressanges, Guillaume Raspit, Aymeric Yverii, Mathieu Yverii, Jean Lacaze.
Cette communauté des prêtres filleuls de l’église de Magnac existait antérieurement à 1451. A l’origine, pour en faire partie, il suffisait pour y être admis d’être filleul de la paroisse, c’est-à-dire d’y avoir été baptisé, mais plus tard, l’insuffisance des revenus en fit diminuer le nombre. Un règlement de 1743 le réduisit à six place, y compris le prieur et le curé.
L’église de Magnac-Laval, de construction romane, et dont plusieurs parties ont été refaites, a une vaste nef de 42 mètres de long sur 9 mètres de large. Le chevet est droit avec trois fenêtres longues et étroites. Le clocher, qui est sur la grande porte, est voûté en coupole. Du côté du midi la nef communique par deux larges baies avec une chapelle de 20 mètres de long sur cinq de large ; son chevet est à trois pans coupés. C’est là où étaient les tombeaux des seigneurs de Magnac. Aujourd’hui c’est la chapelle de la Sainte-Vierge. Sur le côté nord de la nef, et à la hauteur du sanctuaire, existe une autre chapelle dite de Saint-Sébastien ; elle 13 mètres de long sur 5 mètres de large.
Cette église, grandement endommagée par un incendie au mois de juillet 1862, fut immédiatement réparée, et on entreprit ensuite la reconstruction de la partie supérieure du clocher qui était ruinée depuis longtemps. Lorsque ce travail fut terminé, on y mit une plaque en cuivre, sur laquelle est gravée l’inscription suivante : « Pio IX Porit. Anno Dni MDCCLXV. Napoleone III imperatore. Felix Fruchaud ep° Lemov. Martiale Rommefort rectore Magnacense. Laprée, urbi, Bigaud temporalibus hujus ecclioe proepositis, hoc post antiquam ruinam iterum oedificandoe turris opus perfectum est. – Fecit E. Rougerie. »
Sur les cloches de Magnac, on lit les inscriptions suivantes : « ✠ En août 1819, j’ai été bénite par M. P. Puifférat, curé de Magnac-Laval. Parrain : Anne-Pierre-Adrien de Montmorency-Laval, prince et duc de Laval, pair de France, grand d’Espagne de première classe. Marraine : Bonne-Renée-Charlotte-Adélaïde de Montmorency Luxembourg, duchesse de Laval, son épouse. Maire : M. A. Javerdat-Fombelle., Adjoints : Jh.- J. Decressac-Villegrand et V. T. Dubrac,-Lachassagne, juge de paix. H. Mitraud. Marguilliers : MM. J.B. Dubrac de Feux ; P.-T.-J.-C. de Veriaud ; J. Blanchard ; F. A. Frichon. – Sancte Maximine, ora pro nobis. – MM. Mutel et Forgeot, fondeurs. »
« ✠ J’ai été bénite le 1er août 1830. Parrain : M. Léonard Mitraud, juge de paix. Marraine : Mme Fombelle, épouse du maire. MM. Audebert curé ; Coussedière vicaire ; Javersat Fombelle, maire ; De Cressac-Villegrand, 1er adjoint ; Blanchard, 2e adjoint ; Mitraud, juge de paix. Membres du conseil de fabrique ; Mesure, président ; Blanchard, secrétaire, Mitraud, trésorier ; Porcher ; Laroque ; Dumont. »
« ✠ Sancte Maximine, ora pro nobis. Maria sine labe concepta intercede pro nobis. – J’ai été baptisé par Martial Romefort l’an 1859. Parrain : Joseph-Philippe Brac. Marraine : Marguerite de Montmorency-Laval, duchesse de Couronnet. Maire : G. Théobald Bellot. Fabriciens : Alphanase Bigaud-Dumonard, président ; J. Mitraud ; J. Blanchard ; J. B. Roy ; J. B. Porcet. – M. Forgeot, fondeur. »
Dans le pavé de l’église on remarque une grande pierre tombale, sur laquelle est l’effigie d’un chevalier ayant les mains jointes sur la poitrine. On y voit ses armes qui sont de gueules à la croix vidée d’argent remplie de sinople. Son nom nous est donné par l’inscription suivante qui se lisait dans la chapelle de saint Yves, du côté de l’évangile : « … de Neufville, chevalier de l’ordre du roi, conseiller en ses conseils privé et d’estat, sr baron de Magnac qui décéda le 28 juin 1590, et dame Marguerite de Bonneval, qui décéda le … d’octobre 1592. » C’est Antoine de Neufville, baron de Magnac-Ville en 1547.
L’église de Magnac, et toute la ville furent en partie dévastée en 1358, car à cette date les Anglais s’en emparèrent, et pour vivre sur l’ennemi, ils couraient les environs, ravageant et brûlant les villages, les églises, faisant des prisonniers et les mettant à rançon.
Le 10 septembre 1659, François de Fénelon, évêque de Sarlat, qui est l’oncle de l’archevêque de Cambrai, consacra dans l’église de Magnac, l’autel érigé en l’honneur de saint Maximim, le patron de cette paroisse.
Le 7 juin 1814, M. Puifferat, curé de Magnac, faisant l’inventaire des reliques possédées par son église, signale une relique de la Vraie Croix, une côte de sainte Victoire, vierge et martyre ; une côte de sainte Seconde, vierge et martyre ; un morceau d’os de sainte Valérie, vierge et première martyre du Limousin. Une autre pièce y indique en outre des reliques de saint Rorice, évêque de Limoges, de saint Etienne de Muret, de saint Pardoux, solitaire, de saint Maximim, évêque de Trèves, et des martyrs saint Calixte, saint Rogatien, sains Valentin et saint Théodore.
Tous les ans, le lundi de la Pentecôte, on fait à Magnac la grande procession solennelle, en l’honneur du patron saint Maximin ; elle est dite procession de neuf lieues, et en réalité son parcours est de plus de cinquante kilomètres, englobant soixante villages et suivant à peu près les limites de la paroisse.
Il y avait à Magnac une Maladrerie ou Léproserie fondée au XIVe ou XVe siècle, et dont l’ordre de Saint-Lazare jouissait. Elle existait comme hôpital en 1620. Il y avait un autre hôpital dans la ville même, dont on devait la fondation à dame Claude de Bellay, femme de François de Salignac, baron de Magnac ; ces deux maisons furent réunis en 1695, et formèrent l’hospice qui existe encore. Marie Bigoteau, veuve de Jean Ponthe, seigneur des Forges, paroisse de Chailhac en Berri, y fonda le 21 novembre 1710, des hospitalières de l’ordre de Saint-Benoit. Elles en ont conservé l’administration jusqu’en 1861, et ont été remplacées par des sœurs du Sauveur.
Le séminaire de Magnac, qui a existé jusqu’à la Révolution, avait été fondé en 1664 par Antoine de Salignac, marquis de Magnac, la Motte-Fénelon, premier baron de la Marche, etc. Il en avait confié la direction aux prêtres de la compagnie de Saint-Sulpice, sous lesquels il eut une certaine célébrité. Au XIXe siècle, on y établit un collège, mais aujourd’hui ses bâtiments servent de caserne d’infanterie.
La famille Chauvet possédait la terre de Magnac dès 1178. Ses armes sont d’argent à trois fasces d’azur, accompagnées de neuf merlettes de gueules, ni pallées, ni becquées, 3, 3, 2 et 1.
Ithier III, seigneur de Magnac, donna en 1269, aux habitants de la ville une charte qui règle tous leurs droits. En, 1400, Jacques Brachet était seigneur de Péruse et de Magnac ; ses armes sont d’azur à deux chiens pesants d’argent. En 1547, Antoine de Neufville hérita de la terre de Magnac par se femme ; ses armes sont de gueules à la croix vidée d’argent remplie de sinople. Après sa mort, arrivée en 1590, Magnac passa dans la famille Salignac de la Motte-Fénelon dont les armes sont d’or à trois bandes de sinoples. Magnac fut érigé en marquisat pour Antoine de Fénelon, par lettres patentes du mois de mai 1650. Enfin, Thérèse de Salignac-Fénelon, par son mariage, porta cette terre de Magnac à Pierre III, marquis de Montmorency. Les armes de cette famille sont d’or à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d’argent et cantonnée de seize alérions d’azur.
En 1763, Louis XV érigea la terre de Magnac en duché, en faveur de Montmorency-Laval. C’est alors que la ville prit le nom de Magnac-Laval.
La ville de Magnac avait été jadis fortifiée et entourée de fossés et de murailles dont il ne reste plus rien. Son ancien château, qui avait été rebâti vers 1730, fut ruiné pendant la Révolution. Il a été reconstruit de nos jours par son propriétaire, M. le comte de Couronnel.
Ce dernier a fait transporter à Magnac une borne milliaire, qui était à Saint-Léger-Magnazeix, et sur laquelle on voit cet inscription :
IMP-CAE
PIO-ESVV
TETRICO-PIO
AVG-G-L-LV
M. Espérandieu (Inscriptions de la Cité des Lemovices, p. 46), en donne la traduction suivante : « A l’empereur César Caius Pius Esuvius Tetricus, pieux heureux. Auguste La Cité » des Lémovices à … lieues gauloises) … »
Il y avait aux Tourettes, à peu de distance de la ville, des constructions romaines considérables. On y aurait même reconnu les restes d’un amphithéâtre dans le champ nommé les Pièces de Rome.
Les villages de le commune de Magnac sont :
Age (L’).
Arcoulant.
Aubroche (L’).
Bachellerie (La).
Barre (La).
Beaubeyrot.
Beaubaton.
Beaurepas.
Berneze.
Boisjeune.
Bos (Moulin du).
Buxerolles.
Carreau (Le).
Champouraud.
Chanteranne.
Chatelat (Le).
Châtre (La).
Chercorat. – Le château de Chercorat, à M. René-Paul d’Abadie, 1848, dont les armes sont écartelé au 1er d’azur à l’épervier d’or, contourné et perché sur un rocher de même, au 2e de gueules au lion léopardé d’or passant contre un arbre de sinople sur une terrasse de même, au 3e d’argent à la croix tréflée de gueules, au 4e d’or à trois coquilles de sinople.
Chez-Chaumet.
Crachepot (Moulin de).
Cressac.
Croix-Billard.
Croix-Maraud.
Dognon (Le).
Etruchat.
Faye.
Forges (Les Grandes).
Forges (Les Petites).
Gai-Rossignol, où était jadis une chapelle.
Gervaudie (La).
Grangenaud.
Gueunière (La).
Lande (La).
Lavaubois.
Loubresse.
Lezes (les).
Luchat.
Lathière.
Mas (Le).
Ménagerie (La).
Monerie (La).
Mont (Le).
Monteil (Le Grand).
Monteil (Le Petit).
Mornière (La).
Pinataud.
Plauderie (La).
Puyginaud.
Puyparvier.
Pontalier.
Poux (Le).
Pouyade (La).
Pradeau.
Prugnes (Les).
Raban (Le).
Ribière (La).
Roche (La Grande).
Rocher (Le). – Claude Moussou, écuyer était sieur du Rocher, en 1550.
Roches (Moulin des).
Sagne-Barrat (La).
Sirvenon.
Tanier (Le).
Thot (Moulin du).
Tibarderie.
Tourettes (Les), où sont des restes de constructions romaines.
Tuilerie.
Valette (La).
Vareille.
Vaurat.
Vergnes (Les).
Villatte (Moulin de La).
Villechenon.