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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 06/02/2023

 

MAILHAC, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Sulpice-les –Feuilles, a 2.119hectares de superficie et 995 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 297 mètres à sa limite sud.

Mailhac, dans l’ancien archiprêtré de Rancon, avait un prieuré qu’on signale en 1318 et 1569. Sa fête patronale était celle des Saints Gervais et Protais. Les prieurs étaient nommés par le prévôt de Saint-Benoît-du-Sault.

La cure de Mailhac était jadis une annexe de Mouhet, diocèse de Bourges, et avait pour patrons les mêmes saints que le prieuré. Dans l’Histoire religieuse d’Issoudun, on lit que cette église avait été donnée au chapitre de Saint-Cyr d’Issoudun, en 1117, par saint Léger, archevêque de Maillet, canton de Neuvy (Indre), car tous les documents connus disent que Mailhac a toujours été sous la dépendance de la prévôté de Saint-Benoît-du-Sault.

Vers la fin du XVIIIe siècle, on comptait dans cette paroisse 600 communiants, environ 800 habitants.

Les curés ont été nommés par le prévôt de Saint-Benoît-du-Sault en 1581 et 1609 ; par l’évêque de Limoges en 1652, 1677, 1678 ; par le prieur claustral et le chapitre en 1712 ; par le supérieur du Séminaire en 1744 et 1768.

L’église de Mailhac a une seule nef romane du XIIe siècle. Le sanctuaire est plus ancien et plus étroit que la nef. Il était couvert de peintures aussi du XIIe siècle qu’un badigeon de chaux cachait encore au XIXe siècle. En 1863, elles ont été remplacées par de nouvelles peintures décoratives. Le porche de l’église a été refait à la même époque.

Cette église possède un reliquaire-bras, recouvert de feuilles d’argent repoussées et guillochées, qui contient un os de Saint-Apollinaire.

Ce reliquaire qui vient de l’ancienne abbaye de Grandmont porte les armes de l’abbé Georges Barny qui sont : « d’azur à un chevron d’argent accompagné en chef de deux roses et en pointe d’un lion d’or ».  Il a été classé comme monument historique, ainsi qu’un fer à hosties du XIIIe siècle, sur lequel ne sont gravées que 18 petites hosties.

On remarque aussi dans cette église deux tableaux dont l’un représente Saint-Dominique et la Sainte-Vierge, et l’autre le baptême du Christ, il est signé : Baguy, 1736.

Ont été curé de Mailhac : Pierre Martin, nommé curé en 1557. – N…Ballet, 1623. – N…Joufrenet, 1626. – N…Pontecoulant, mourut le 16 septembre 1768. – N… Plaignaud résigna en faveur du suivant. – François Lalègerie, nommé en 1769, mourut en 1782. – Jacques Besges, nommé en 1782, le fut de nouveau après la Révolution, et mourut le 29 avril 1807. La paroisse de Mailhac fut réunie à celle de Saint-Georges-les-Landes. En 1837, par une ordonnance du 15 novembre, Mgr l’érigea en succursale, et par une nouvelle ordonnance, du 14 février 1839, il sépara, pour le spirituel, le territoire de la commune de Mailhac de la paroisse de Saint-Georges-les-Landes. – Nicolas-Jacques Videloup-Duclos, fut nommé curé de Mailhac le 24 août 1839. – Vincent Dauphan, le 27 mai 1840. – François Jouannaud, le 24 juillet 1842. – René-Jean-Baptiste Mathieu, le 8 novembre 1846. – Jean Fournet, le 1er octobre 1850. – Joseph Perguet, en 1860. – François Lelong, en 1861. – Auguste Vergnaud , en 1890. – Alexis Vachez, en 1898.

Une ordonnance du conseil du 12 mars 1774 décida qu’il serait imposé sur les habitants de Mailhac une somme de 2.072 livres, pour la réfection de la maison curiale, les réparations  de la nef, du clocher et du cimetière. Il n’y avait pas vingt ans que cette maison curiale était bâtie lorsque la Révolution, après en avoir chassé le curé, la vendit comme bien national 22 vendémiaire an V (17 octobre 1796), au sieur Pérot, pour la somme de 852 francs. (Archives de la Haute-Vienne. – Q.151.n° 320).

L’église de Mailhac possède trois cloches : une petite, qui est fêlée sur laquelle on voit l’inscription suivante en lettres gothiques :

« ✠ J.M.- Sancti Gervazi et Protazi, orate pro nobis. L’an M° D°  IV° ». Elle est ornée d’une croix  dont la tige verticale porte aussi en lettres gothiques ces mots : « Ave Maria. ».

La seconde pèse 200 kilos, elle a cette inscription :

« ✠ J’ai été bénite en septembre 1876 par M. Bandel, chanoine honoraire, curé de Saint-Sulpice-les-Feuilles, dédiée à N.-D. des Miracles, et nommée Marguerite-Marie, Parrain : M. Ernest Guillerot,  marraine, Mlle Louise – Marguerite Thibaut. M. François Lelong, curé de Mailhac. M. François-Antoine Bognaud, maire et trésorier. M.  H. Garnier, député, C. X président de la fabrique. M. Joseph Perrot, adjoint. – Mlle Dulatier, institutrice, présidente de la Confrérie. Mme Auguste Guillerot, trésorière. Mlle Louise Thibaut, reine, Mme Bonnet, aînée, secrétaire de la Confrérie.-  Bollée, fondeur, au Mans ».

La troisième pèse 300 kilos, on y voit cette inscription : «✠. J’ai été bénite en septembre 1876, par M. François Lelong, curé de Mailhac et nommée Suzanne –Marie. Parrain : M. Maurice Garnier, marraine, Mlle Suzanne Garnier. M. François –Antoine Bognaud, maire et trésorier. M.H. Garnier, député.  C. X président de la fabrique. M.Joseph Perrot, adjoint. M. Henry Durangel, conseiller d’Etat, insigne bienfaiteur de l’église de Mailhac.- Bollée, fondeur au Mans. ».

Il y avait jadis à Mailhac, comme dans bien d’autres paroisses, d’importantes confréries, qui, à l’occasion de la fête de leur patron, organisaient de grandes processions costumées. La confrérie de Notre-Dame-des-Miracles est signalée dans les registres paroissiaux depuis 1624  et de nos jours elle est encore très florissante. Sa fête qui attire toute la population de la contrée, se célèbre le 31 mai. A l’issue de la messe a lieu une longue procession où la statue de la Sainte-Vierge  est portée en triomphe. En 1636, il se forma aussi une confrérie des Saints patrons de Mailhac, Saint-Gervais et Saint-Protais, qui pendant quelques temps supplanta la précédente.

 

Les villages de la commune de Mailhac sont :

 

Age-Maillasson (L’). nommé en 1648, l’Age Cacard, et en 1664-1690, l’Age Cascard, nom d’une famille qui l’habitait.

Bastide (La), appartenait à la famille Nicaud, 1648-1726.

Betoulet.

Bost (Le).

Coudert (Le). — Un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine existe dans ce village.

Courtières (Les), appartenait en 1421 à Raoul Pot.

Crochepalière, 1439, ancien lieu disparu.

Grands-Fats (Les). — Philippe Vergnaud sieur des Grands Fats, en 1496. Après Pierre d’Estuert, ce fief passa à Léon Bléreau, qui le vendit en 1641 à Jean de Montbel moyennant 3.800 livres. On signale un camp romain dans les landes près ce village.

Grangevieille (La).

Griminière (La).

Maisonneuve (La).

Marchère (La).

Mas (Les).

Masgrimaux (Les).

Mondon. — Le château de Mondon est moderne ; il a remplacé « un bel et grand châtel et forteresse ». Le fief de Mondon était un des plus considérables de la contrée. En 1309 il appartenait à la famille de Nailhac, dont les armes sont : « d’azur à deux lions léopardés d’or, l’un sur l’autre. ». Jeanne de Nailhac, en épousant Jean de Brosse, le 29 août 1419, lui porta Mondon. La famille de Brosse porte pour armes : « d’azur à trois gerbes ou brosses d’or liées de gueules. ».

Claude de Brosse mariée en 1485 à Philippe, duc de Savoie, porta aussi ce fief dans cette famille dont les armes sont : «  de gueules à la croix d’argent. ».

Emmanuel-Philibert de Savoie le vendit en 1563 à Jean Pot. A l’extinction de la branche de ce dernier, en 1715, il fut attribué à Charles-Hubert de Mesgrigny, plus

tard, il appartenait à Marie-Victoire  Boucher, épouse du vicomte de Rochechouart-Pontville, laquelle le tribunal révolutionnaire de Paris fit guillotiner le 22 avril 1794.

Guillaume Pot, dont les armes sont : « d’or à la fasce d’azur, brisure d’un lambel de gueules et trois pendants en chef », avait établi à Mondon en 1607, une forge considérable qui a fait longtemps la richesse du pays, mais elle n’existe plus, et de l’ancien château on retrouve seulement les bases d’une tour carrée de onze mètres de côté.

Mondugue.

Montbrugnaud.  — Près de ce village existe un beau dolmen sur la table duquel de petites cavités et quelques croix ont été faites par un ciseau moderne.

Moulin de la Tache.

Petit-Bois de Mondon (Le). — Village construit au XVIIe siècle, lorsque le seigneur de Mondon fit couper une partie de la forêt, et donna les terres à défricher.

Renardières (Les). — Ce village qui existait en 1473, a disparu.

Rouffières (Les). — Village cité en 1473, n’existe plus.

Salesse (Moulin de La).

Soulier (Le).

Tache (La). — Le château de la Tache a été détruit vers 1820, Guiard de Brilhac qui le possédait en 1439, portait pour armes : « d’azur à trois fleurs de lis d’argent,  2 et 1. ». Cette terre passa à la famille de Montbel qui porte pour armes : « d’or à la bande componée d’hermine et de gueules ».

Jean de Montbel la possédait encore au moment de la Révolution. Il émigra, et tous ses biens furent vendus nationalement.

Varennes.

Vaudelle (La). — Un dolmen qui existe près de ce village, à sa table renversée : elle a trois mètres de long.

Verrerie de Bouery. — Cette verrerie qui existait dans la forêt de Bouery appartenait aux Pot de Rhodes.