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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 06/02/2023

 

MAISONNAIS, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Mathieu, a 3,189 hectares de superficie et 1,559 habitants ; son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 306 mètres, près du village des Dognons.

La cure de Maisonnais, dans l'ancien archiprêtré de Nontron, avait pour fête patronale celle de Saint-Pierre-ès-Liens. L'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés, ainsi qu'il est constaté par titres depuis 1509. Vers la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 1080 communiants (environ 1440 habitants).

Jean Gandois, originaire de Pagnac, paroisse de Verneuil, fonda une vicairie dans l'église de Maisonnais. Le 5 octobre 1513, ses exécuteurs testamentaires voulurent que le service en fut fait dans l'église de Verneuil.

L'église de Maisonnais est formée d'une nef romane du XIe siècle et d'un bas-côté du XVe ajouté au midi. Le choeur, voûté en coupole que surmonte le clocher, avait perdu son abside ronde ; elle a été reconstruite de nos jours. Le clocher fut frappé par la foudre vers 1820, et il n'a conservé que son premier étage, dont trois arcs romans ornent chaque face. Pour le remplacer, après l'accident causé par la foudre, on a construit un petit clocher en bois sur l'extrémité ouest de la nef ; la cloche qui y est aujourd'hui porte l'inscription suivante :«  ✠ Mre Jean Hiver, curé de Maisonnais, Mre Jean Delage, chevalier de l'ordre du roi, scr. du comte de La Vauguyon, et dame Thérèse Demourat, son épouse, parrain et marraine, et à leur place, sieur Charles Garreau, agent de leurs affaires et Dlle Marie Dussoulier, épouse de Michel Gros, sieur de l'Age, juge-sénéchal dudit comte ; sieur J.-B. Garrigou, fabricien. — Faite par le sieur Le Brun, 1733. » Un écusson termine cette inscription ; il porte trois besans ou trois tourteaux.

L'année où cette cloche fut fondue, on avait réparé l'église, car nous voyons qu'à cette date, on levait pour cela, sur les habitants de la paroisse, une somme de 1.000 livres.

Noble Jean Vigier était curé de Maisonnais avant 1572 ; à cette date il était abbé commendataire de Peyrusse et habitait à Saint-Mathieu. — Honoré Camus prenait possession de la cure en 1578. — Pierre Duval, 1634-1638. — Pierre Raymond, 1647. — Antoine Raymond, 1663. — Charles de Douhet, 1674-1681. — Gaspard de Segonzac, 1681, par résignation du précédent. — L. Grand, 1689-1697. — Jean Yver, 1697-1740. — N... Dalinays, 1749. — N... Chadenier, 1742-1744. — N... Bignot, 1744-1751. — N... Delavaud, 1752-1757. — Jean Périgord, 1767-1780. — Jean Simon, 1780-1785. — Jean-Jacques Jupille-Lagrange, 1785, souffrit la prison pendant la Révolution, revint en 1803. — Pierre Damet, 1804-1822. — François-André Dubranle, 1825. — Pierre Combebessous, 1825. — Léonard Deschamps, 1825. — Pierre Guy, 1826. — Pierre-Armand Rigaud, 1827. — Léonard Deschamps, 1830-1835. — Jacques Thomas, 1835-1856. — Jean-Baptiste Pinchaud, 1856-1873. — Augustin Moreau nommé en 1873. — Jean-Baptiste Mambret, en 1884 — Augustin Chaput, en 1891. — Alexandre Léclaircie, en 1903.

Le presbytère de Maisonnais et ses dépendances furent vendus comme bien national, le 23 fructidor an IV (9 septembre 1796), au sieur Nouelé, pour la somme de 2.880 francs   (Archives de la Haute-Vienne, Q. 151, n° 287).

Il y avait au milieu du cimetière de Maisonnais une chapelle, dont il ne reste que les fondations. On trouvait auprès une pierre tombale, en calcaire, longue de 2m25c. sur laquelle est sculptée l'effigie d'un chevalier du XIIIe siècle. Cette pierre a été mise de nos jours au-dessus du portail de ce cimetière.

Au XIVe siècle, la famille de Maisonnais était fort connue dans la contrée. Le plus illustre de ses membres est Bertrand de Maisonnais, que son compatriote, le Pape Innocent VI, éleva au siège archiépiscopal de Naples en 1359. Il mourut le 30 octobre 1362 ; on lit sur son tombeau, dans la grande église, près du grand autel, l'inscription suivante : Hic jacet corpus Reverendi in Christo patris et Domini Domini Bertrandi de Meyshonesio, Dei gratia arciepiscopi Neapolitani, qui obit anno Domini MCCCLXII, die X X X octob. primœ indict. Cujus anima requiescat in pace.

Jean de Maisonnais, seigneur de la Mothe d'Oradour vivait en 1440 ; Abel de Maisonnais, seigneur de Graine, en 1476 ; Simon de Maisonnais, conseiller au parlement de Bordeaux en 1507 ; Robert de Maisonnais, chevalier, seigneur de Graine, de la Motte, etc., vers 1550.

La seigneurie de Maisonnais appelée aussi du Domphon ou du Dognon relevait de La Vauguyon. Louise de Chabannais vers 1200, épousa Louis Pérusse des Cars, seigneur de La Vauguyon et lui porta le fief de Maisonnais-Domphon. Pérusse des Cars porte de gueules au pal de vair et la branche de La Vauguyon ajoute une bordure engrelée d'argent.

Gérard de Lambertie, 1280, épousa Marie-Anne Pérusse des Cars, dame de Domphon, Maisonnais, qui lui porta ce fief. Les armes des Lambertie sont d'azur à deux chevrons d'or.

Pierre Ricos était seigneur de Maisonnais en 1301. Gérard Ricos, épousa en 1331 Hélène Relhiera (de Reilhac). Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, faisiat des legs à l'église de Maisonnais en 1364.

Jean-Hélie de Collonges, prieur de Bussière-Badil et abbé commendataire de Dalon, acheta le fief de Maisonnais vers 1514. Ses armes sont d'azur à trois tours d'argent maçonnées de sable, 2 et 1.

Pierre Jourdain était seigneur de Maisonnais en 1667 ; il portait pour armes d'argent au tau de gueules.

En 1695, Robert d'Asnières était coseigneur de Maisonnais ; il avait pour armes d'argent à trois croissants de gueules 2 et 1. Un autre coseigneur était François de Villedon qui porte d'argent fascé de sable de sept piles.

On a recueilli à Maisonnais deux magnifiques pointes de flèche à pédoncule de l'époque préhistorique.

Il existait un tumulus considérable entre Le Puy et la grande route ; il a été détruit au milieu du XIXe siècle.

Dans les landes de Maisonnais on voyait encore, il y a peu de temps, un morceau de la voie romaine qui allait de Périgueux à Poitiers ; après avoir traversé l'étang Gaulier, elle passait à Bel-Air, commune de Reilhac-Champnier, d'où elle entrait dans la commune de Maisonnais.

Un tiers de sous d'or mérovingien, du triosième quart du VIIe siècle, a été frappé à Maisonnais. On y lit : MFDIVNOCTA (Media Nocta). Tête à droite, coiffée d'un chaperon perlé, terminé sur le col par trois grosses perles ; buste habillé. — Au revers : CVNDOVALD. MONETA. Croix à bras égaux dans une couronne de perles, accostée sous les bras des sigles C. A. (Crux adoranda).

Les troupes anglaises qui s'étaient emparé du château de La Vauguyon et de Maisonnais en furent chassées dans les derniers jours de l'année 1352 ou au commencement de 1353, par Arnoul d'Andreham, lieutenant du roi « ès pays d'entre Loire et Dordogne ».

 

            Les villages de la commune de Maisonnais sont :

 

Age (L').

Age (Moulin de l'), sur le Nauzon, ruisseau qui se jette dans la Tardoire.

Allée (L').

Besse (La). — Jacques Roux, écuyer, seigneur de la Besse, avait épousé Jeanne Hugon, qui mourut le 26 décembre 1715. La famille Roux a pour armes fascé d'argent et d'azur de six pièces, au chef d'azur à trois fleurs de lis d'or.

Borderie (La).

Chadeleix.

Chadeleix (Moulin de), sur la Tardoire.

Chapelat.

Châteaurocher. — Pittoresquement situé sur un étang, et près le bord du Nauzon, ce château est un corps de bâtiment dont quatre tours rondes occupent les angles. Une tour carrée et plus moderne, placée au milieu d'une de ses façades, contient l'escalier, et forme au sommet un belvédère.

Clément Guyot en devint seigneur en 1556 en épousant Michelle de Châteaurocher. Ses armes sont d'or à trois perroquets de sinople. En 1585, il appartenait à Charles Vigier, vicomte de Saint-Mathieu, qui porte pour armes d'azur à la croix nacrée d'argent. Sa fille unique, Elisabeth Vigier, épousa en 1623 Henri de Bonneval, dont les armes sont d'azur au lion d'or, armé et lampassé de gueules. Laurent Du Mas, qui vers 1658 avait épousé Pétronille de Bonneval, devint seigneur de Châteaurocher. Ses armes sont de gueules à la tour d'argent ouverte et crénelée de sable, écartelé de gueules, à la croix d'argent, cantonnée de quatre fleurs de lis d'or.

Sibille Du Mas épousa en 1688, Gabriel du Lau qui porte pour armes d'or à l'arbre feuillé de sinople, au lion passant de gueules, à l'orle d'argent chargée de dix-huit tourteaux d'azur. Jean Roux de Lusson, seigneur de Reilhac, devint seigneur de Châteaurocher en épousant en 1722 Suzanne du Lau. Châteaurocher est aujourd'hui la propriété de M. Charles Dubouché.

Chez-Levrault.

Chez-Reveillon.

Dognons (Les).

Ecanie (L'). — Noble Pierre Chazaud était seigneur de l'Ecanie en 1662 ; Jean-François d'Asnières, écuyer, en 1695 ; Robert d'Asnières, en 1723.

Ecanie (Moulin de l'), sur la Tardoire.

Fontfroide (Moulin de), sur la Tardoire.

Gouenaix.

Grandchamp. — La voie romaine de Périgueux à Poitiers passait près de ce village.

Grange (La).

Guérite (La).

Labraud.

Maisonnais (Moulin de), sur la Tardoire.

Maisonnette (La).

Mauron.

Mas-Veyraud (Grand). — Maximilien de Crozant, écuyer, vendit la métairie du Mas-Veyraud, le 17 août 1713, à Jean-Baptiste Garrigou, sieur du Mas-Veyraud et à Jean Garrigou, sieur de la Négrerie.

Mas-Veyraud (Petit).

Ménagerie.

Puy (Le). — Le château du Puy comprenait un corps de bâtiment flanqué de tours ; ces dernières ont été démolies de nos jours. Sallique de Fontlebon était seigneur du Puy en 1583. Ses armes sont d'argent à trois aigles de sable, 2 en chef, 1 en pointe. En 1727, Louise de Fontlebon épousa Armand-François du Lau, seigneur de Châteaurocher.

Roux, alias  Raux. — Clément Hugon, sieur de Roux en 1706, avait pour armes d'azur à deux lions d'or, lampassés et armés de gueules. Son fils Hugon, sieur de Roux fut inhumé dans l'église de Maisonnais.

Sableronne était un prieuré-cure en 1310, 1531 et 1612, qui est qualifié cure régulière en 1483. Sa chapelle était en ruine dès 1620 ; elle était sous le patronage de la Sainte-Vierge. Le prieur des Salles-Lavauguyon y nommait le titulaire en 1475, jusqu'en 1727. Elle était unie au prieuré de la Nouzille, paroisse de Saint-Auvent en 1745. Aujourd'hui on en trouve à peine quelques restes à l'ouest du village.

Talennat.

Tramer

Vauguyon (La). — On trouve le nom de La Vauguyon pour la première fois en 1188. A cette date, Charles, seigneur de Pérusse, épousait Anne de Malassac, dame de La Vauguyon. La famille Pérusse des Cars a formé la branche de La Vauguyon, et c'est en faveur des membres de cette branche qu'Henri III, par lettres patentes du mois de juillet 1586, a érigé La Vauguyon en comté.

Au commencement du XVIIIe siècle Nicolas Estuer de Caussade, prince de Carency, était comte de La Vauguyon. Ses armes sont d'argent au sautoir de gueules.

Le château de La Vauguyon est placé à l'extrémité de la commune de Maisonnais, sur la rive droite de la Tardoire. Il forme un carré de 40 mètres de côté, flanqué aux angles de quatre grosses tours rondes. Le tout est entouré d'un fossé que l'on remplissait d'eau à volonté. La porte d'entrée privée de sa herse et de son pont-levis regarde le nord ; elle est surmontée d'un majestueux donjon carré. A gauche sont les bâtiments d'habitation qui  occupent aussi tout le côté est ; à droite on voit une chapelle, formée de deux travées, longue de 12 mètres et large de 6 m 30 c. De toutes ces vastes et belles constructions il ne reste aujourd'hui que des ruines. Pendant la Révolution, le peuple, à l'instigation des députés Brival et Borie, ont pillé, puis démoli ce magnifique château. Ces députés ont publié un arrêté dans lequel nous lisons :

« Article premier : Les propriétaires des ci-devant châteaux-forts, dans les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne, seront tenus de les faire détruire dans le courant de la seconde décade du mois de nivôse, et sont réputés châteaux-forts tous ceux qui sont défendus par des tours, machicoulis, des fossés, des ponts-levis.

Article 2 : Dans le cas où la dite démolition ne serait pas effectuée dans ledit délai, tous les citoyens sont invités à les démolir, chacun dans leur commune respective.

« Tulle, le 8 nivôse, l'an  second de la République (28 décembre 1793).

     « Signé : Brival, Borie, secrétaire. »

Les habitants du pays répondirent à cette invitation, et pendant tout le temps de la Révolution y prirent tous les matériaux qui leur convenaient.

Près du château il y avait une chapelle dite de Notre-Dame de Lorette, dont les derniers vestiges ont disparu de nos jours. On y célébrait, comme fête patronale, celle de la Nativité de la Sainte-Vierge. Les seigneurs de La Vauguyon y avaient fondé deux vicairies, et jusqu'en 1709, ils y nommaient le prêtre chargé de les desservir. Mais après la vente, ou le changement de propriétaire de La Vauguyon, ce droit de nomination passa à l'évêque de Limoges, qui l'exerçait en 1557. On croit que cette chapelle de Notre-Dame de Lorette avait été bâtie par Arnoul de Péruse, seigneur de La Vauguyon, grand maréchal d'Église, à qui le Pape Innocent VI, son compatriote, confia le soin de bâtir les murs d'Avignon, et cela peu d'années après le célèbre miracle du transfert de la maison de la Sainte-Vierge à Lorette, en Italie, en 1294.

Vaud.

Vérinelles.

    Vieux-Château.

 

 

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