Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 07/02/2023
MASLEON, chef-lieu de commune dans le canton de Châteauneuf a 872 hectares de superficie et 668 habitants ; son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 403 mètres.
Masléon, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Paul, est une de ces bastides qui, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, s'élevèrent surtout dans la partie septentrionale de l'Aquitaine. Toutes ces villes fondées à cette époque ont des rues en ligne droite se coupant aussi le plus souvent à angle droit. Presque toutes possèdent une place centrale près de laquelle se trouve l'église et la maison commune.
La ville et l'église de Masléon furent commencées en 1289 et l'église était érigée en 1292. Sa fête patronale était l'Assomption de la Sainte-Vierge. En 1342, on permit d'y avoir des fonts baptismaux, un cimetière ; mais sous la dépendance de l'église de Roziers.
Dès le commencement les consuls de Masléon avaient entrepris l'érection d'une chapelle en ce lieu sans l'autorisation nécessaire et les habitants furent condamnés à faire réparation au curé de Roziers. Mais un peu plus tard, les consuls exposèrent qu'il était pénible et dangereux d'aller à l'église matrice de Roziers pour assister au service divin et demandèrent l'autorisation de construire cette église. En 1342 il fut permis aux habitants de la construire au lieu de Villeneuve-de-Masléon en ce qu'elle serait soumise à celle de Roziers et que le vicaire serait vicaire des deux églises. Les consuls s'engagèrent aussi à bâtir caminatam, un presbytère et à donner deux sextèrées de terre pour faire le jardin.
L'église de Masléon est formée d'une seule nef avec deux chapelles latérales. Dans le porche où se trouve la porte d'entrée, on remarque un écusson de 0m 30c de côté l'inscription suivante : « J. Clouzaud, sieur de La Breuille et J. Brigaud RR S. 1600 ».
La cloche porte cette inscription : « ✠ Bénite en 1823. Fut parrain M. Léonard Leblois, membre du conseil général du département. Marraine dame Marie-Anne Fargeaud née Beaure. M. Jérôme Fougères, maire et pharmacien. - Forgeot, fondeur. »
Le service religieux dans l'église de Masléon était fait à l'origine par le vicaire ou le curé de Rosiers et en 1551 elle est dite simplement chapelle succursale. On trouve cependant quelques prêtres qui en ont pris le titre de curé : Etienne Daubard est dit curé de Masléon le 22 juin 1680. - N… Farges ou la Farge en 1764. - Léonard Daniel Lafont du Mazubert, nommé d'abord vicaire de Masléon et de Roziers, en devint curé en 1769. Après avoir été emprisonné à Limoges pendant la Révolution, on le fit partir pour les pontons de Rochefort, où il trouva la mort sur le vaisseau les Deux-Associés le 6 juin 1794. Léonard Fraisseix fut nommé curé de Roziers-Masléon en 1803. - On trouve ensuite Léonard Gardelle nommé curé de Masléon le 1er août 1812. - Victor Merland, le 10 novembre 1826. - Jean-Paul Martini, le 1er octobre 1830. - Denis-Justin Jagot-Lacoussière, le 1er août 1832. - Léonard Chassaing, le 9 septembre 1840. - Michel Génot, en 1870. - Jean-Baptiste Junien, en 1875. - Pierre Branland, en 1877. - Pierre Royer, en 1886. - Louis Burge, en 1889. - Louis Golbéry, en 1899. - Jean Gogué, en 1907. - Depuis 1911, le service religieux est fait par le curé de Saint-Denis.
Masléon avait aussi un château fort qui est souvent cité dans les chroniques.
Gailhard de Masléon, dont la famille était originaire de ce lieu, était curé de Saint-Michel-des-Lions à Limoges, un peu avant 1340.
Pierre de Masléon, prêtre et chanoine, avait fondé une vicairie à la cathédrale de Limoges avant 1398.
Léonard Clouzeaud, prêtre licencié en droit, né à Masléon, était économe à l'abbaye de Saint-Martial à Limoges en 1591. Il en fut nommé abbé en 1594 ; mais eut des difficultés pour y être installé en cette qualité. Dans un acte de 1600, il est qualifié jadis abbé.
Charles de Chastaignac était seigneur de Masléon, Neuvic et Marliaguet, grand prévôt de la maréchaussée à Limoges en 1655. Ses armes sont d'argent au chataignier de sinople. Par acte du 26 novembre 1717, Jean et Joseph Chastaignac vendirent les terres de Masléon et de Neuvic à Marcel Limousin. Léonard Limousin en était seigneur en 1735. Cette famille porte pour armes d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux croisettes d'argent et en pointe d'un vase d'argent garni de trois tiges de lis blanc au naturel.
A deux kilomètres environ du bourg de Masléon, dans un site des plus pittoresques et dominant le cours de la Vienne, existe une grotte qui a légende : saint Léonard y aurait établi sa retraite pendant quelque temps. La famille Duverger de Pontfeuille qui possède le domaine où est cette grotte y a fait ériger une statue de saint Léonard qui a été solennellement bénite le 27 novembre 1889.
Les villages de la commune de Masléon sont :
Breuille (La) dont M. Ciouzaud était seigneur en 1600.
Epied. - Noble de Lassaigne, écuyer sieur d'Espied 1626. Léonard-Joseph Fargeaud, seigneur d'Espied 1788.
Jarousse (La).
Mont-Denaud.
Moulin-Bas (Le), sur la Combade.
Moulin-Haut (Le), sur la Combade.