Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 07/02/2023
MONTROL-SÉNARD, chef-lieu de commune du canton de Mézières, a 2.717 hectares de superficie et 911 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 465 mètres.
La cure de Montrol-Sénard, dans l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, avait pour patron saint Julien de Brioude. Le 2 juin 1506, le chapitre du Dorat céda à l’évêque de Limoges le patronage de cette cure en échange de celui de Cieux, et depuis cette époque l’évêque y nomma les titulaires. Le chapitre du Dorat y fit cependant une nomination en 1703. Sur la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 980 communiants, environ 1307 habitants.
La cloche de cette église porte l’inscription suivante : « ✠ Sancta Maria, ora pro nobis. 1760. A été parrain haut et puissant seigneur M. De François-Louis-Martial Des Montiers, chr marquis de Mérinville, maréchal des camps et armées du roi, baron de Montrocher, vicomte de Brigueil, Montrollet, et marraine dame Elisabeth-Charlotte de Callucio Lhopital, épouse de haut et puissant seigneur Mre François-Martial des Montiers, chr vicomte de Mérinville, maréchal des camps et armées du roi, capitaine sous-lieutenant des gens d’armes de la garde du roi. — J.B. Bigaud, curé, Jacques Duprat et Jean de Lépine, sindics fabriciens. — Michel François. »
Rolland Guingaud était curé de Montrol-Sénard en1474. — Noble Jean Duquesnoy prit possession de cette cure en 1558. — Nicolas Mosnier résigna en faveur du suivant en 1563. — Jean Jammet, 1563. — Martial Plagnaud est curé en octobre 1723. — Jean-Baptiste Rigaud, nommé en 1756, y était encore pendant la Révolution. — Au rétablissement du culte, la paroisse de Montrol-Sénard ne fut pas maintenue et son territoire fut joint à celle de Mortemart. En 1844, le maire de la commune adressa une demande à l’évêque de Limoges qui fut couronnée de succès par l’érection d’une cure succursale. Charles Delarbre fut nommé curé de Montrol-Sénard le 20 octobre 1845. — Jean-Baptiste Prud’homme, en 1852. — Martial Colombeau, en 1878. — Edouard Bourinat, en 1881. — François Foussadier, en 1900.
Dans le cimetière on voit une ancienne lanterne des morts, ou fanal funéraire, qui est du XIIIe siècle. C’était primitivement une chapelle carrée, élevée sur quatre piliers, réunis, sur chaque côté, par de grandes ogives gothiques. Sa voûte portait le fanal proprement dit, au sommet duquel on entretenait une lampe. Aujourd’hui il n’existe plus et la chapelle est couverte par une toiture à deux eaux ; les grandes ogives des côtés sont fermées par des murs dans lesquels sont des portes et des fenêtres plus modernes.
A quelques mètres de cette chapelle, se trouve une plate-forme en pierres de taille, élevée de trois marches sur laquelle était un croix et un pupitre, le tout en pierre. On l’appelait l’Hosannaire, parce que à la procession du jour des Rameaux on y chantait l’évangile de ce jour.
Au ciseau de sculpteurs peu habiles, on doit plusieurs croix taillées, avec le corps du Sauveur, dans le même bloc de granit. Peut-être sont-elles du XIIIe siècle, mais leur état de dégradation ne permet pas de l’affirmer.
Un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine s’est ouvert à sept ou huit cents mètres du bourg vers 1850. Il a beaucoup de rapport avec celui du village du Maupas dont il est parlé plus loin. On a visité ses galeries qui ont dix mètres de longueur.
Un atelier monétaire de l’époque mérovingienne existait à Sénard (aujourd’hui Montrol-Sénard) dans le troisième quart du VIIe siècle, ainsi qu’une monnaie de cette époque nous le fait connaître. C’est un tiers de sou d’or du poids d’un gramme. On y lit : SENNAMAVRO; avec une tête de face nue à longue chevelure partagée sur le front et retombant sur les épaules, le col orné d’un collier de perles, buste habillé. Au revers on voit le nom du monnayeur : SATORNO MONETARIO, avec une croix à bras égaux, potencée et placée sur deux degrés.
Au XVIIIe siècle, la paroisse de Montrol-Sénard, pour l’administration civile, était composée de deux enclaves, comprenant ensemble 183 feux et 1.115 habitants ; l’enclave poitevine dont faisait partie le bourg, avait 86 feux et 561 habitants ; l’enclave limousine avait 97 feux et 554 habitants.
Les villages de la commune de Montrol-Sénard sont :
Chantecoudert.
Chez-Paisse alias Chez-Saisie.
Forge (La).
Grangerie (La).
Lande (La).
Loutre.
Mas-de-Loutre (Le).
Maupas (Le). — Un souterrain-refuge a été ouvert près de ce village en 1834. Plusieurs galeries et chambres s’y succèdent alternativement. On y a remarqué plusieurs ouvertures en forme de gorge de four, par lesquelles on pénètre dans d’autres pièces. On y a recueilli du charbon et des fragments de poterie.
Monteil (Le).
Montlarge.
Montmézery.
Montrocher. — Abon Ratier, seigneur de Montrocher, vivait en 1232. Ses armes sont échiqueté au chef chargé d’un lambel de quatre pendants. La baronnie de Montrocher passa dans la famille de Marsanges, lorsque Gabriel de Marsanges échangea la terre de Lamirande contre la baronnie de Montrocher avec Jeanne de Montrocher, veuve du sieur de Jayac, le 15 juillet 1602.
Marie de Marsanges épousa le 17 janvier 1682 François des Montiers, marquis de Mérinville, et comme elle avait été instituée héritière universelle de son père, baron de Montrocher, elle lui porta cette terre. Les armes des de Marsanges sont d’argent à trois merlettes de sable, 2 et 1. Celles de la famille des Montiers sont écartelé au 1er et 4e d’argent à trois fasces de gueules, aux 2e et 3e d’azur à deux léopards d’or.
En 1888, on a découvert près du village de Montrocher, à cent mètres environ des ruines de l’ancien château, un souterrain-refuge qui a plusieurs galeries faisant communiquer des chambres de 2 à 3 mètres de côté, hautes de 2 mètres.
Moulin-Neuf.
Peyrelade.
Pic (Le).
Puy (Le).
Puybras.
Salomon.
Tamanie (La).
Valette (La).
Villelongue. — Vers 1860, un souterrain-refuge s’est ouvert dans ce village, près de bâtiments d’exploitation. Il a été refermé