Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 07/02/2023
MORTEROLLES, chef-lieu de commune du canton de Bessines, a 1 035 hectares de superficie, et 636 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 349 mètres.
La cure de Morterolles, dans l'ancien archiprêtré de Rancon, était sous le vocable de sainte Anne et de la Sainte-Croix en 1143. Elle était desservie en 1470 par un religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et c'est le commandeur du lieu qui nommait le titulaire, ainsi qu'on le voit en 1470, 1671, 1689, 1696. Sur la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 500 communiants environ 690 habitants.
L'église est une construction romane du XIIe siècle. Dans le procès-verbal des visiteurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, nous lisons qu'en 1617, cette église était assez vaste et entièrement voûtée ; on y voyait plusieurs reliquaires, en particulier un de cuivre doré, « un crucifix au-dessus élevé, à l'usage des Templiers, ayant quatre clous en iceluy ; dans lequel reliquaire il y a une croix de bois, où il y a cinq pierres de cristal et enrichie de lames d'argent, et en icelle du bois de la vraie croix ».
On voit par une note des registres paroissiaux qu'en 1708 on fit fondre une cloche pour l'église de Morterolles : « Le neuvième jour du mois de mars 1708, a été bénite la petite cloche, qui est la troisième dans le clocher de cette paroisse, par moi soussigné, laquelle a été fondue à Bessines, le mardi précédent, 8e du présent mois et an, et a été parrain de ladite cloche messire François Sudrat, prêtre, curé de Verneuil et marraine dame Marie Pasquellot, hôtesse du Lion d'Or. F. Lecugy, curé de Morterolles ».
Au moment de la révolution, l'église de Morterolles avait encore les trois cloches signalées dans cette note. Au mois de septembre 1793, le maire de la commune en fit descendre deux pour les livrer aux agents du gouvernement.
Le 17 prairial an IV (5 juin 1796), le presbytère de Morterolles fut vendu, comme bien national, au sieur Gaillard, pour la somme de 896 francs. (Archives de la Haute-Vienne. - Q. 149, n° 14).
Il y avait dans l'église de Morterolles une vicairie fondée par Jacquette le Borlhe, veuve d'Audoin Gros. Elle était dite de Saint-Jacques. Le commandeur de Morterolles y nommait un titulaire en 1597.
La famille Sornin avait ses tombeaux dans l'église. Jacques Sornin, sieur de La Roche, par son testament du 5 juin 1671 veut être enterré dans l'église de Morterolles aux tombeaux de ses père et mère. André Sornin était maître de Poste à Morterolles lorsque le 5 septembre 1650 son fils François Sornin fut nommé à sa place.
Le 16 janvier 1828, Mgr de Tournefort donnait un procès-verbal d'authenticité pour une relique de la vraie croix que la paroisse de Morterolles avait reçue de Rome.
Une chapelle rurale a existé jusqu'à la révolution dans le cimetière de cette paroisse.
André Marquet curé de Morterolles en 1615. — N… Peytavy, en 1704. — François Lécugy, en 1707-1751. — Autre François Lecugy fut nommé en 1762 et y était encore au moment de la révolution. — Au rétablissement du culte, Mgr du Bourg nomma curé de Morterolles René-Pierre Alaboissette qui avait subi la déportation, mais il n'accepta pas ce poste, s'étant retiré dans le diocèse de La Rochelle. — Gabriel Ravaud, nommé le 8 juillet 1805, mourut en octobre 1807. — N… Desbouiges partit de Morterolles, en juin 1814. — Jacques Rousselle nommé le 1er octobre 1814. — La paroisse fut desservie pendant quelque temps, par les curés du voisinage, en particulier par Jean-Baptiste-Firmin Béraud-Dupalis, curé de Fromental en 1824. — Jean-Baptiste Lassaigne, nommé le 1er décembre 1835. — André Lachaise, le 26 janvier 1841. — Pierre Fayard, le 1er juillet 1851. — François Labrousse, en 1869. — Jean Giraud, en 1875. — Jules Daligrat, en 1879. — Jules Laporte, en 1881. — François Barrat, en 1885. — Jean Mathieu, en 1887. — Auguste Rongère, en 1895. — N… Gaume-Bravy, en 1897. — Edouard Bourinat, en 1900. — Victor Dayrat, en 1901.
Les chevaliers du Temple avaient à Morterolles, en 1282, une commanderie, qui après leur suppression en 1310, passa à l'Ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Le procès-verbal de visite que les visiteurs de ce dernier ordre firent en 1617, nous dit qu'à cette date, ils avaient à Morterolles un château « consistant en une maison-forte carrée, flanquée de trois tours, entourée de fossés remplis d'eau, à fond de cuve, et d'une palissage tout autour dudit château, un pont dormant et un pont-levis à l'entrée d'iceluy, garni de ses "chaînes" ».
En 1484, Guy de Blanchefort, neveu, par sa mère, du grand maître de l'ordre Pierre d'Aubusson, était commandeur de Morterolles. Il fut charger d'y garder Zizim, frère de Bajazet II, empereur de Turquie, pendant que l'on construisait pour le loger à Bourgnaneuf, la grosse tour qui existe encore et qui est connue sous le nom de tour de Zizim.
Outre Guy de Blanchefort, qui était commandeur de Morterolles dès 1482, on trouve possédant cette commanderie Guillaume de Neuville, en 1582. — François de Faron ou Favon, en 1694. — Jean-Baptiste Rigaud de Laigue-Sarrazin, en 1745. — G. S. de Vaulchier du Deschaux, en 1781. — Sidoine de Bosredon, en 1788.
La commune de Morterolles porte le nom de Morterolles-la-Poste, et cela pour la distinguer des autres communes du même nom. Elle doit à sa position, sur la grande route de Paris, la visite de plusieurs rois :
Henri IV y passa en 1605, et y séjourna au village de la Croix du Breuil.
Louis XIII, à son retour de Toulouse, où venait de s'accomplir le drame sanglant du procès Montmorency, visita Limoges en 1632, et de là continuant sa route, il passa à Morterolles-la-Poste (non à Morterolles-Sénard), et à Arnac-la-Poste (non à Darnac, près le Dorat).
Sa Sainteté Pie VII, revenant de captivité, s'arrêta à Morterolles pour y passer la nuit. On voit aujourd'hui dans l'appartement où il fut reçu, l'inscription suivante avec les insignes de la papauté : Chambre de Pie VII. - 27 juin 1814.
Les villages de la commune de Morterolles sont :
Breuil (Le).
Croix du Breuil (La). — Henri IV étant à Limoges, au mois d'octobre 1605, écrivit de cette ville, le 21 de ce mois, au sieur Sornin, seigneur de la Croix du Breuil et de Morterolles, la lettre suivante : « Mon cher Sornin. Je me rendrai chez toi après demain. Préviens-en Chamborant de Droux et les autres gentilshommes du pays, qu'ils amènent leurs chiens, nous ferons ensemble une partie de chasse. Signé : Henri ».
Les choses se passèrent ainsi qu'il le désirait, et avant de partir de la Croix du Breuil, il écrivit à la reine dans les termes suivants : « Mon cœur, je m'en vais coucher à Saint-Germain, chez Beaupré, et seray, s'il plaist à Dieu demain à Argenton… Le cœur commence à relever à tout le monde de sentir le visage tourné vers la douce France. Ce XXIII octobre. Signé : Henri. » Un tableau, peint sur bois, a conservé, en ce lieu le souvenir du passage d'Henri IV à la Croix du Breuil, jusqu'après 1850. Ce tableau a été transporté alors chez M. Charpentier à Blanzac, et plus tard à la Glayolle, commune de Lesterps. Il représente le roi en prière, accompagné d'une longue inscription.
Les armes des Sornin, seigneurs de Morterolles et du Breuil sont d'argent à la bande de sable, accompagnée de trois étoiles de dix rais posées une en chef et 2 en pointe, le chef cousu d'or et de gueules. On les voit sur ce tableau avec ces mots : Datum amici Sornin de la Plagne.
Chez-Canard.
Chez-Doussaud.
Chez-Laforge.
Chez-Maillard.
Laborderie.
Lacouléreuse.
Moulin de Morterolles, sur la Semme.
Pin (Le), où étaient deux métairies appartenant aux chevaliers de Malte, en 1617.
Tache (La).