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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 07/02/2023

 

NEDDE, chef-lieu de commune dans le canton d'Eymoutiers, a 5,286 hectares de superficie et 5,836 habitants ; son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 730 mètres.

Nedde, anciennement Anedde, était une cure dans l'ancien archiprêtré de Chirouze. Sa fête patronale était l'Ordination de saint Martin de Tours. L'abbé de Solignac y nommait les curés. Vers la fin du XVIIIe siècle, il y avait dans cette paroisse 989 communiants, environ 1319 habitants.

Le roi Charles-le-Chauve, en 872, avait donné à l'abbaye de Solignac cette église de Saint-Martin de Nedde. Par une bulle de 1147, le Pape Eugène III maintint et affermit la juridiction des abbés de Solignac à Nedde.

Le 10 mai 1376, Almodie de Saint-Amand fondait une vicairie dans cette église. Elle fut augmentée par son mari Pierre Georgli. Son titulaire devait être un filleul de l'église et leur plus proche parent.

Le 26 mars 1495, Pierre de Lombre, curé de la paroisse, fondait une vicairie à l'autel de Notre-Dame-de-Pitié. De Lombre, procureur et capitaine à Eymoutiers en nommait un titulaire en 1560. Ruben de Lombre, juge d'Eymoutiers en nommait un autre en 1618, etc.

Une Compagnie de Pénitents bleus était établie à Nedde en 1618.

La cloche de cette église porte l'inscription suivante : « ✠ Sancte Martine ora pro nobis. — Mre Raymond Garat, chevalier, seigneur marquis de Nedde, parrain. Dame Jeanne Martiale Galliote de Turenne, marquise de La Villeneuve, marraine. 1766, Reymondaud, rector. »

Pierre de Lombre, curé de Nedde, fonda une vicairie dans cette église le 26 mars 1495. — Jean Romanet était curé en 1523. — N... Rougier, en 1719, mourut en 1755. — Léonard Raymondaud en 1755, y était en 1789. — Après la Révolution, Jean Conte fut nommé curé le 11 février 1805 et mourut en 1808. — Jean Forest-Defaye, nommé le 1er mars 1809. — Léonard Dufrayssaix, nommé le 27 juillet 1835. — Léonard Taithe, le 1er août 1837. — Jacques Maison, le 26 juin 1844. — Augustin Joubert, en 1863. — Jean Michel, en 1867. — Henri Février-Lagrange, en 1870. — Henri Vigier, en 1882. — Auguste Guillien, en 1889. — Jean Béchade, en 1891. — Amable Deguillaume, en 1896. — Pierre-Eugène Grandpeix, en 1907. — Jean Lespinat, en 1911.

Outre la cure, il y avait à Nedde dès 1370, un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Solignac. Sa fête patronale était l'Ordination de saint Martin de Tours. Il fut uni à la mense conventuelle de Solignac le 15 mai 1526. L'abbé de Solignac donna aux moines pour leur vestiaire la terre de Nedde. C'était aussi cet abbé qui nommait les titulaires du prieuré. Vénérable et religieux frère Gaultier de Payzac était prieur de Nedde le 14 novembre 1496. Dom N... Lemasson en 1783.

L'église de Nedde, dont le portail à voussures du XVe siècle est un type de l'architecture limousine, avec des pentures et verrous de sa porte, a été classée parmi les monuments historiques par arrêté du 3 septembre 1912 du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

Le château de Nedde, situé sur la rive de la Vienne, a été reconstruit sous le règne d'Henri IV. C'est une vaste habitation qui a été détériorée pendant la Révolution. Il remplace un ancien château féodal dont les restes des tours énormes et les vestiges de son enceinte primitive indiquent son importance.

La terre de Nedde, ainsi que celle de la Villeneuve-au-Comte, faisait primitivement partie de l'importante baronnie de Peyrat-le-Château. Elles en furent distraites en 1557, par suite d'un arrangement de famille entre Gabriel et François de Pierrebuffière. Plus tard, suivant lettres de novembre 1655 (?), elle fut érigée en marquisat. Gabriel de Pierrebuffière avait rendu hommage au roi pour cette terre le 13 février 1619, J. Claude de Pierrebuffière faisait de même en 1676. Les armes de cette famille sont de sable au lion d'or.

En 1691, Jacques de Blanchier de Pierrebuffière, lieutenant pour Sa Majesté dans la Haute et Basse Marche, était seigneur de Nedde. Sa soeur Jeanne-Marie de Blanchier épousa, vers 1700, Jean de Montalembert, seigneur comte de Monbeau, lieutenant des maréchaux de France, et lui porta la terre de Nedde. De Montalembert porte d'argent à la croix ancrée de sable.

Raymond de Garat acquit la terre et le marquisat de Nedde de Charles de Montalembert, par acte du 25 juin 1746. Garat porte pour armes d'azur à l'entrelacs d'or, accompagné de trois étoiles de même posées 2 en chef et 1 en pointe, celle-ci surmontée d'un croissant renversé d'argent.

Sur l'emplacement occupé jadis par le prieuré, au bourg de Nedde, des ouvriers, en creusant un trou, au mois d'août 1897, ont trouvé un pot de terre, contenant une vingtaine de pièces d'or parfaitement conservées. Il y en avait de Jean, duc de Bourgogne, de Ferdinand, roi d'Espagne, d'Henri IV, roi d'Angleterre, de Charles VI et de Charles VII, rois de France. Ces dernières portaient d'un côté les armes de France avec cette inscription : Carolus rex Francorum, et de l'autre une croix avec ces mots : Christus vinxit, regnat, imperat. Il y avait aussi une très belle médaille en or, de la grandeur d'une pièce d'un franc, représentant saint Martin à cheval partageant son manteau avec un pauvre. Au revers on lisait : Sancti Vultus de Luca.

 

Les villages de la commune de Nedde sont :

 

Bachellerie. — Où existait en 1470, une chapelle dite de Saint-Theau. Ce saint religieux de l'abbaye de Solignac se serait retiré en ce lieu vers l'an 670, pour y vivre en ermite. Il mourut à Solignac vers l'an 710. Cette chapelle dite prieuré ou vicairie en 1572, avait des titulaires nommés par l'abbé de Solignac. Aujourd'hui il n'en reste rien.

Bouchefaraud.

Chadiéras. — Il y avait un prieuré avec une chapelle rurale dans ce lieu en 1318. Elle était sous le vocable de l'Assomption de la Sainte-Vierge, et l'abbé de Solignac y nommait les prieurs. Sur l'emplacement de cette chapelle dite Notre-Dame de Chadiéras, on a trouvé quelques sarcophages en pierre.

Châtenet (Le).

Chaux, où existait jadis une chapelle.

Chez-Thivaud.

Claveyrolas. — En 1431, Louis de Pierrebuffière, seigneur de Peyrat, affranchit les serfs de ce village, qui avait aussi une chapelle.

Croux.

Donzenat.

Fargettes (Les).

Guimont.

Lachaud.

Lacour.

Lafarge.

Lavaud.

Lartige (Bas).

Lery (Le).

Lestrade (Vieille). — Guillaume Bourdicaud possédait en 1693 ce lieu de Lestrade. A la même date Pierre des Vergnes, écuyer, sieur de Saint-Giry est aussi dit propriétaire de Lestrade.

Lonzat.

Malessinge (La).

Massitron (Le).

Masfaucher.

Mazeau-Bourbon.

 

Mazeau-Nicot.

Mémery (Le).

Met (Le).

Neuvialle. — Silvain Ruben était seigneur de Neuvialle en 1709, et Pierre Ruben en 1762. Leurs armes sont de gueules au chevron d'or, accompagné de trois coquilles d'argent, alias trois têtes de chérubins, deux en chef et une en pointe, et un poisson posé en fasce la tête hochant sur le côté dextre du chevron. Jacques Joseph de La Bachellerie, écuyer, était seigneur de Neuvialle en 1762. Les armes de cette famille sont de gueules au lion rampant d'or, à trois barres de sable hochant.

Plénartige, ou Plaine-Artige, était une cure dans l'ancien archiprêtré de Chirouze, qui avait pour fête patronale la Nativité de saint Jean, et dépendait de l'ordre de Malte. Le grand prieur d'Auvergne y nommait les curés en 1707 et 1760. Sur la fin du XVIIIe  siècle on y comptait 90 communiants, environ 120 habitants. Les registres paroissiaux constatent au 20 juillet 1776 : Bénédiction de la cloche de Plénartige à l'issue de la messe paroissiale, par noble et vénérable Jacques de La Bachellerie, prêtre, bachelier de Sorbonne, chanoine d'Eymoutiers. Parrain, noble et vénérable Messire Jean de La Bachellerie du Theil, aussi prêtre et chanoine d'Eymoutiers ; marraine, demoiselle Marie-Anne de Miomandre de Châteauneuf.

Les curés de Plénartige sont : N... Neuvialle en 1670. — N... Chauvel en 1697, mort en 1756. — N... Martin, en 1756 —  François de Leyraud, qui mourut le 26 septembre 1780. — Pierre-Paul de La Bachellerie, 1780. Pendant la Révolution il subit la déportation hors de France, et après fut curé de Bujaleuf jusqu'en 1811.

Après la Révolution, Plénartige devint le chef-lieu d'une commune qui a été supprimée en 1835, et fut alors réunie à la commune de Nedde. La paroisse est unie à celle de La Villeneuve.

Ribière (La). — Etait sur la paroisse de Tarnac lorsque Rainald, vicomte d'Aubusson, la donna à Saint-Martin de Tulle, vers l'an 1000. C'était un prieuré de filles, sous le patronage de sainte Catherine, relevant de l'abbaye de Bonnesaigne. La prieure de Villevaleix y nommait les titulaires en 1559 et 1586. Un prêtre y résidait : on y voit encore les restes de la chapelle, du presbytère et du cimetière. En 1903 on y a découvert des tombes formées de murettes de pierre, sans fond ; le cadavre se trouvait déposé directement sur le sol et placé ainsi dans une sorte de cadre. On en a signalé de semblables à La Courtine, à Limoges, etc.

Serrut, ou Sarrus la bonta était en 1575 un prieuré ayant pour patron saint Thomas, et pour collateur le prieur de Vinadière.

Verdenne (La).

Vervialle