Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 07/02/2023
NIEUL, chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Limoges a 15 157 hectares de superficie, et 7 591 habitants. Les communes de ce canton sont : Chaptelat, Nieul, Peyrilhac, Saint-Gence, Saint-Jouvent et Veyrac.
La commune de Nieul a 1 698 hectares de superficie et 1 032 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 396 mètres.
La cure de Nieul, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, était sous le vocable de l'Assomption de la Sainte-Vierge, et jadis de saint Pierre. L'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés. Vers la fin du XVIIIe siècle il y avait 820 communiants, environ 1 096 habitants.
Noble Raton ou Ratier de Montrocher, sieur dudit lieu et baron de Nieul, fonda une vicairie, dans cette église à l'autel de saint Georges, Jean de Montrocher y nommait un titulaire en 1461. L'évêque de Limoges en nommait d'autres en 1674, 1695. Ce que fit aussi Jean-Baptiste Texandier, sieur de l'Aumônerie et Verneuil, comme seigneur de la baronnie de Nieul en 1722 et 1755.
Il y avait une autre vicairie appelée de Notre-Dame, à laquelle fut nommé Joseph Guingand de Saint-Mathieu le 14 février 1785 par la dame de Nieul.
Les registres paroissiaux de Nieul mentionnent le bénédiction de deux cloches dans la note suivante :
« Le 6 décembre 1775 ont été bénites dans l'église paroissiale de Nieul deux cloches ; l'une qui a été bénite sous l'invocation de sainte Catherine a eu pour parrain l'illustrissime et révérendissime Louis-Charles du Plessis d'Argentré, évêque de Limoges, qui a fait la cérémonie, et pour marraine Catherine Texandier, dame de Nieul.
« L'autre qui a été bénite sous l'invocation de Marie, a eu pour parrain Mre Jean Pouyat, ancien curé de Nieul, principal du collège de Limoges, et pour marraine Marie de Corbier, dame de Coux. Ont été présents à la cérémonie et ont signé :
« ✠ L. C. Evêque de Limoges, Catherine de Nieul de Fressanges. Marie de Corbier de Coux-Lostende, De Guillaume de Rochebrune, Losmonerie. Pouyat, principal du Collège, l'abbé de Montesquiou, vic. gén, L. de Maussac, vic.gén. De Coux, De Corbier, La Renaudie, de Saint-Mathieu ».
L'église de Nieul acquit une nouvelle cloche en 1876. Elle porte cette inscription : « ✠ L'an 1876, j'ai été baptisée sous le nom de Marie, au chef-lieu de la paroisse de Nieul, sous l'épiscopat de Monseigneur Alfred Duquesnay. M. Marie-Antoine Plainemaison, chanoine honoraire étant curé-doyen. M. Frédéric Brissaud, notaire, membre du conseil général, étant maire. J'ai eu pour parrain M. Marie-René Henry, âgé de cinq ans, et pour marraine Marie-Augustine Brissaud, âgée de deux ans. — Fondue par Antonin Vauthier, à Saint-Emilion, Gironde, l'an 1876. - Hodie si vocem ejus andieritis, nolite obdurare corda vestra. »
L'église de Nieul est une construction romane de l'époque de transition. Elle a intérieurement 28 mètres de long, sur 7 mètres 50 c de large. Sa nef est composée de quatre travées ; la plus rapprochée du sanctuaire est accompagnée au midi, d'une chapelle que surmonte la clocher. Son portail, est dans le mur méridional au milieu de la nef. Cette église, retouchée à différentes époques et convenablement restaurée, vit encore, en 1894, grâce au généreux concours de tous les paroissiens, s'élever un joli clocher du plus gracieux effet. Et le dimanche 16 septembre, toute la paroisse assistait à la bénédiction d'une nouvelle cloche qui avait pour parrain et marraine M. Othon Péconnet et Mlle de la Saigne du Boucheron. Le 8 novembre 1898, Mgr Renouard a consacré cette église de Nieul complètement restaurée.
Au milieu de l'ancien cimetière, qui est aujourd'hui une place publique derrière le chevet de l'église, il existe un intéressant petit monument, élevé sous l'épiscopat de Mgr de la Fayette (1627 à 1676),. C'est une colonne carrée, accompagnée d'un autel à sa base, et surmontée d'une croix. Au-dessus de l'autel se trouve une niche de 67 centimètres de hauteur qui devait contenir une statue. Au sommet on remarque un écusson dont les pièces ne sont plus visibles, ce sont probablement les armes des Lescours, alors seigneurs de Nieul, mais du côté opposé sont celles de Mgr de La Fayette, d'azur à la bande d'argent, à l'orle de vair.
Guy de Clusel était curé de Nieul en 1195, il fut archidiacre, et ensuite évêque de Limoges. — Pierre de Reysses était curé de Nieul et chancelier de la curie de Limoges en 1379 ; il mourut en 1384. — Jean Vergnaud fut nommé le 4 juin 1384. — Jean Barton de Montbas était curé de Nieul en 1474 ; il fut ensuite évêque de Limoges. — François Barton de Montbas se démit en 1513 en faveur du suivant. — François Beausoleil, en 1513 ; il fut élu abbé de Solignac. — François de Loménie, le jeune, bachelier en droit, chanoine de l'église de Limoges, était curé de Nieul en 1539. — Hieronisme de Honoratis de Mirandula du diocèse de Regio, fut nommé en 1556. — Léger de Langle, nommé en 1557. — Bernard Texanderie, du diocèse de Tulle, 1562. — Jean Lamy était curé en 1573 ; il résigna au suivant. — Léonard Chapelle 1590 ; il résigna au suivant. — Antoine de Lestang, de la Chapelle d'Espinassouze, 1593.— Jean du Bouschaillon, 1610, résigne en faveur du suivant. — Jean Hardy, 1611. — Jean Palays, 1733. — Jean Debroa, mourut en 1680. Jean Collusson, 1697. — N… Segond, 1707. — Pierre Ardillier, résigna au suivant, son parent, en 1733. — N… Pétiniaud, 1733. — Jean Pouyat, nommé en 1743, fut principal du collège royal de Limoges en 1763, résigna à son frère qui suit. — Antoine Pouyat, 1763. Après la Révolution, il fut nommé de nouveau curé et doyen de Nieul, en 1803. — Jean-Baptiste Gatinaud, en 1820. — Blaise-Joseph Calary, en 1828. — Marc-Antoine Plainemaison, en 1845. — Antoine-Jean-François Barat, en 1879. — Victor Bredèche, en 1907. —Jean Aucordier, en 1910.
Une erreur a fait attribuer par plusieurs à l'église de Nieul des faits se rapportant à une autre église du même nom, qui fut donnée à l'abbaye de saint Pierre d'Uzerche. Les vicomtes de Rochechouart en étaient seigneurs (Nobiliaire, III, p. 40), et non ceux indiqués ci-après.
La terre de Nieul à l'origine relevait en fief de l'évêque de Limoges. C'est ce qu'atteste une lettre de Suger, abbé de Saint-Denis, régent de France pendant que le roi Louis VII était à la croisade, 1147. Quarante ans avant cette attestation, vivait, en 1107 Ramnulphe de Nieul, qui fut abbé du Dorat et qui fonda L'Abbaye de Beuil. Par une transaction entre Gilbert de Malemort, évêque de Limoges (1274 - 1294), et Ratérius de Nieul, il fut convenu que la haute justice de la châtellenie de Nieul appartiendrait audit Ratérius et la justice moyenne et basse à l'évêque de Limoges. Le chevalier Ratérius de Nieul rendit hommage à l'évêque de Limoges le 4 avril 1296, pour tout ce qu'il tenait dans la châtellenie de Nieul. La famille Ratérius, seigneur de Montrocher de Nieul, avait pour armes, en 1367, un lion avec la bordure besantée.
Jean Ratier, seigneur de Montrocher et de Nieul vendit ces deux terres à Jean d'Estuer, plus connu sous le nom de sire de la Barde, sieur de Nieul et de Montrocher. Le 6 novembre 1484, son frère Guillaume d'Estuer, faisait pour lui à l'évêque de Limoges serment de féauté, à cause de la châtellenie de Nieul qu'il venait d'acquérir. La famille d'Estuer, ou Stuer, porte pour armes d'argent à un sautoir de gueules.
Arnault d'Estuer épousa Antoinette de Pontbriant, laquelle, veuve et sans enfants, épousa Martin de Montchenu, gouverneur sénéchal du Limousin, qui devint baron de Nieul (1523-1544).
Jacques de Lescours, seigneur d'Oradour-sur-Glane, acheta la terre et baronnie de Nieul par contrat du 17 février 1619. Les armes des Lescours sont coticé d'or et d'azur.
Vers 1685, les Téxandier de l'Aumonerie acquirent la terre de Nieul ; leurs armes sont d'azur à la tour crénelée d'argent, accompagnée en chef d'une fleur de lis d'or et de trois étoiles de même posées deux aux flancs et une en pointe.
Avant 1770, Catherine Téxandier de l'Aumonerie avait porté en dot la terre de Nieul à Jacques de Léonard, seigneur de Fressanges, dont les armes sont d'or à une plante de nard de sinople fleurie d'argent, en pal, sommée d'un croissant de gueules et accostée de deux lions affrontés de sable.
Pendant la Révolution, la terre de Nieul fut vendue comme bien national au général Léonard Cacatte. M. Durand de la Saigne en fit l'acquisition en 1821. Il démolit, en 1837, une partie de l'ancien château qui tombait en ruine et restaura le corps de logis flanqué de tours qui existe aujourd'hui. Enfin Nieul a été acquis en 1876 par M. Nivet.
Les villages de la commune de Nieul sont :
Bois (les).
Boubaud et Saint-Martin-du-Faux, situés à la limite de la commune de Couzeix, sont la propriété de la famille Juge de Saint-Martin, qui a pour armes d'azur à une main mouvante du flanc senestre tenant une épée en pal qui supporte le fléau d'une balance à deux bassins d'argent. Les travaux de M. Juge de Saint-Martin ont fait considérer ce lieu comme le berceau de l'agriculture forestière en Limousin. Une chapelle dédiée à saint Martin existait en ce lieu dès 1389, sa fête était celle de l'Ordination de Saint-Martin, le 4 juillet. En 1481, elle est dite annexe de l'église de Nieul. Jean Debroa, curé de Nieul, y fit construire, en 1665, un petit clocher, et en 1738, on y plaçait la cloche portant l'inscription suivante : « N. P. N. Juge, seigneur de Saint-Martin, conseiller du roi en la sénéchaussée et siège présidial de Limoges. Dame C. Marchandon de Puymirat, son épouse, 1738 ». Cette chapelle tombant en ruine en 1742, fut interdite. M. Juge de Saint-Martin, en rebâtissant son habitation du Boubaud, en 1789, obtint la permission d'y élever une chapelle privée.
Brosses (Les).
Châtenet (Le). — Jean Péconnet reçut de sa mère Jeanne de Verthamon, le manoir et terre du Châtenet lorsque par contrat du 7 février 1651, il épousa Narde Michel. Péconnet porte d'azur au chevron d'argent accompagné de trois piliers d'or.
Chantouraux.
Côtes (Moulin des).
Grandeloup.
Laplaud. — Charles de Lescours, sieur de Laplaud, épousait Catherine de Rechignevoisin, le 3 mai 1628.
Mas-du-Puy.
Narmont.
Pivauderie.
Plagne (La).
Poitevine. — M. de Vaucorbeil de Bachellerie constuisit en ce lieu une usine nommée aujourd'hui Moulin de la Poitevine.
Puymaud. — Le manoir de Puymaud est situé sur le bord de la Glane, Adémar de Nieul, seigneur de Puymaud vivait en 1343. Sa fille Delphine de Nieul porta cette terre, en l'épousant à Henri de Nespoux.
Saint-Martin. Voir Boubaud.
Sourue. — Près de ce village, sur la limite de la commune de Chaptelat, on a découvert de nos jours quelques colonnes de pierre dans un lieu appelé le Champ des Justices. Ce sont les restes des fourches patibulaires de Nieul.
Valette. — Noble Pierre de Félines laissa entre autres enfants Léonard de Félines, seigneur de Valette en 1518. Ses armes sont d'azur au soleil d'or. Ce fief de la Valette devint la propriété de Martial-Joseph de Petiot, seigneur de la Motte, lorsqu'il épousa Marie Croisier ; il passa ensuite par succession dans la famille de Brettes.
Vioulx. — On ne trouve plus de Mas de Vioulx, sur lequel Ratier de Montrocher vendait une rente à Jean Dinematin, bourgeois de Limoges, en 1452.