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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 07/02/2023

 

Nouic, chef-lieu de commune dans le canton de Mézières, a 3594 hectares de superficie et 1357 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 298 mètres vers sa limite sud.

La cure de Nouic, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, était sous le vocable de saint Pierre-ès-Liens. Des titres de 1408 jusqu'à la Révolution font voir que l'abbesse de la Règle y a toujours nommé les curés. Vers la fin du XVIIIe siècle, il y avait 1450 communiants, environ 1933 habitants.

Noble Antoine Des Montiers, écuyer, seigneur du Fraisse et de la Faye, fonda une vicairie dans cette église, à l'autel de sainte Catherine, le 18 février 1504 ; ses héritiers et successeurs y ont nommé les titulaires jusqu'à la Révolution. Eusèbe Des Montiers en fut nommé vicaire en 1558.

François-Martial Des Montiers, seigneur de Rochelidon, du Fraisse, etc., nommait à une chapelle ou vicairie appelée de Saint-Michel ou de Saint-Nicolas en l'église de Nouic, Léonard Baudy, vicaire de Nouic, le 18 avril 1782. Cette vicairie qui existait avant 1461, est peut-être la même que celle de la chapelle du cimetière.

L'église de Nouic possède trois cloches. On lit sur la plus grosse : " ✠ Fondue à Nouic en 1805 au poids de 490 kilos, j'ai été refondue en 1883 au poids de 510 kilos, F. Guillot étant curé de Nouic; Jean Marchadier, maire; Jean Des-Montiers-Mérinville, président de la fabrique; B. Lesterps, trésorier, et J. Mallet, secrétaire. - J'ai eu pour parrain Pierre Des Montiers-Mérinville et pour marraine Marie-Joséphine de la Briffe, marquise des Montiers-Bérinville. - Dieu soit loué. - Je me nomme Marie-Joséphine. - Bollée, fondeur à Orléans, 1883."  

La seconde n'a pas d'inscription proprement dite. On y voit simplement, avec une croix et l'image de la Sainte-Vierge, l'adresse du fondeur ainsi formulée : "Crédit des paroisses ; Auguste Hildebrand, à Paris, fondeur de l'Empereur, 1857."

La plus petite porte une inscription qu'il n'est guère possible de lire. Les caractères qui la composent ressemblent à ceux de l'imprimerie moderne. Elle commence par ces mots : " La Bastide Limo..." et il faut peut-être lire ensuite : " Gaudemus in Christo... "

Jean Crozat fut nommé curé de Nouic en 1753 et mourut en 1782. Pierre Pouchat nommé en 1782, refusa le serment de la constitution civile du clergé, et fut obligé d’aller chercher un asile en Suisse et en Italie. Après dix ans d'exil, il put rentrer en France et fut de nouveau curé de Nouic. En 1807, il fut curé de Chassenon, son lieu d'origine. - Joseph Teillet, ancien curé de Saint-Martin-Château, qui s'était caché pendant la persécution, fut nommé curé de Nouic en 1807 et mourut en 1809. - Pierre Nicole, qui avait été déporté pendant la persécution, fut nommé en 1809. - Léonard Dussoubs, qui avait subi la déportation pendant la persécution fut nommé en 1810 et mourut en 1826. - François Lavérine, nommé en 1827, mourut en 1846. - François Guillot, nommé en 1846. - Martial Colombeau, en 1884. - François Lecour, en 1896.

Le 12 fructidor an IV (29 août 1796) le presbytère de Nouic fut vendu comme bien national pour la somme de 1438 francs au sieur Lacouture (Arch. de la Haute-Vienne. Q. 150, n° 272).

Il y avait dans le cimetière de cette paroisse une chapelle dédiée à saint Genest et à sainte Quiterie. Il y avait été fondé une vicairie avant 1461,qui était appelée des Escuras, ou de Bonnessai. C'est peut-être la même que celle de l'église placée à l'autel de saint Michel ou de saint Nicolas.

Il y avait à Nouic un prieuré de filles qui appartenait à l'abbaye de la Règle de Limoges, et existait avant 1456. Il était sous le patronage de la Saint-Vierge, et l'abbesse de la Règle y a toujours nommé les prieures. Primitivement il était réuni à la mense abbatiale de la Règle, mais par décret du 10 juin 1706, ratifié en 1727, il fut uni à la mense conventuelle pour la nourriture et la subsistance des religieuses.

Louise d'Aubusson, fille d'Antoine, seigneur du Monteil-au-Vicomte, religieuse de la Règle en 1480, était prieure de Nouic en 1503. Louise des Cars, religieuse de Fontevraud, était prieure de Nouic en 1572, à cette date elle faisait un concordat avec Jacqueline de Montaignac, religieuse de la Règle, pour ce prieuré de Nouic.

Il y a, au Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale de Paris, deux monnaies en or du VIIe siècle qui ont été frappées à Nouic. Sur l'une d'elles on lit : X FLAVLFO MON. Tête à droite, ceinte d'un bandeau perlé, terminé sur la nuque par un anneau de perles, le col orné d'un rang de perles; buste habillé. Au revers : X NOVO VICO FIT MON. Croix latine surmontée d'un demi-cercle qui rappele la forme de la croix ancrée, séparée de la légende par une couronne de feuillage. C'est un tiers de sou d'or fin, d'un poids de 1 gr. 06, de la fin du VIIe siècle. Sur l'autre : X FLAVLFAS, M. Tête à droite coiffée d'un chaperon et ceinte d'un bandeau perlé au sommet par une grosse perle  et se prolongeant sur la nuque; le col orné d'un collier de grosses perles; le buste habillé. Au revers : X NOVOVICO FIT. Croix latine posée sur un globe, portant un R et un G, attachés chacun à un côté de la haste et sous le bras gauche A ; autour de la légende une couronne de feuillage. C'est un tiers de sou d'or fin d'un poids de 1 gr. 26, de la fin du deuxième tiers du VIIe siècle.

Il y a dans le Limousin deux autres localités du nom de Novus vicus, Neuvic ou Nouic, mais ces pièces sont attribuées à Nouic du canton de Mézières, parce-qu'elles reproduisent le type d'autre monnaies semblables frappées à Blond, qui est dans le voisinage.

En 1863, on a découvert, près le château du Fraisse, un petit dépôt de monnaies anciennes parmi lesquelles sont des pièces d'argent grandes et petites de Ferdinand et d'Isabelle, roi et reine d'Espagne, des blancs, douzains et deniers tournois des rois de France François Ier, Henri II et Charles IX (1515 à 1575).

 

                Les villages de Nouic sont

 

Aubanerie (L').

Aubis, ou Obis. - Il y avait en ce lieu un prieuré qui avait pour patron saint Nicolas. L'abbé de Charroux en nommait un titualaire en 1627. L'évêque de Limoges fait une pareille nomination en 1648. Ce prieuré existait encore en 1783. On voit par une lettre du Pape Innocent III que l'oratoire de Saint-Nicolas-d'Aubis dépendait de Charroux en 1211. François Des Montiers a formé en 1614, la branche des seigneurs d'Aubis et de la Valette.

Barres (Les).

Bastide (La).

Boucheron (Le).

Bournazeau.

Boyat.

Brangerie (La).

Breuil (Le).

Bussière (La).

Chabanne (La).

Chantegrelle.

Châteaubrun. - On trouve à l'est de ce village les restes d'un camp romain, proche de la voie romaine de Limoges à Poitiers.

Châteaumoulin.

Chez-Carcy.

Chez-Philippe.

Couas.

Couret (Le).

Coux.

Ecluses (Les).

Etangs (Les).

Excideuil.

Forêt (La).

Fosses (Les).

Fraisse (Le). - Le château du Fraisse, construit en 1230 appartient depuis cette époque à la famille Des Montiers du Fraisse, une des plus anciennes et des plus considérables de la contrée. Le corps de logis principal date de 1534 ; il fut bâti

 

par Jean Des Montiers, qui fut nommé à l'évéché de Bayonne en 1550. Le roi Henri II lui confia plusieurs missions diplomatiques de la plus hauteimportance. Il fut envoyé en ambassade chez les princes d'Allemagne en 1551 et 1552. Il mourut en 1558 avec la réputation d'un diplomate habile et d'un savant distingué. Charles-François Des Montiers de Mérinville, évêque de Chartres en 1703, fut président de l'assemblée générale du clergé de France en 1723 ; il a publié de savantes instructions pastorales. René Des Montiers de Mérinville, né au château d'Aubis, évêque de Dijon en 1787, subit la déportation à l'étranger pendant la Révolution. En 1802 il fut nommé évêque de Chambéry et de Genève, et aussi administrateur du diocèse de Lyon. Ce fut un des prélats les plus remarquables de son époque. La famille Des Montiers porte pour armes écartelé aux 1er et 4e d'argent à trois fasces de gueules, aux 2e et 3e d'azur à deux léopards d'argent.

Fraisse (Moulin du)

Fredaigne.

Gacherie (La)

Guionnerie (La)

Juniat.

Lascoux

Landeaux (Les).

Massevin (Le).

Mazerolles.

Nivard.

Plagne (La).

Plaisance.

Poussinière.

Puelle (La).

Rochelidou, dont étaient seigneurs les Des Montiers.

Teillou (Le).

Tuilerie.

Valette (La), dont étaient seigneurs les Des Montiers.

Verdilhac. - Lieu d'origine de la famille de ce nom dont les armes sont d'argent au chevron de gueules accompagné de trois oiseaux de sinople (trois verdiers).

Vergne.