Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 07/02/2023
ORADOUR-SAINT-GENEST, chef-lieu de commune dans le canton du Dorat, a 3.789 hectares de superficie, et 1.199 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 258 mètres.
La cure d'Oradour-Saint-Genest, dans l'ancien archiprêtré de Rancon, était sous le vocable de saint Genest dont la fête est le 25 août.
Vers la fin du XVIIIe siècle il y avait 1 250 communiants, environ 1 667 habitants. Le chapitre du Dorat jouissait du droit d'y nommer les curés.
Jean Seychaud, damoiseau, sieur de la Périère, par acte du 27 novembre 1450, fonda dans cette église une vicairie appelée de Sainte Catherine et de Saint-Martial ; ses successeurs et héritiers du fief de la Périère en nommaient le titulaire. C'est ce que faisait Antoine Seychaud, écuyer, sieur de la Périère, en 1558, mais il échangea ce fief, par acte du 30 mars 1559, avec Jacques de Saint-Savin, écuyer, qui en eût dès lors le patronage. En 1703 et 1770, cette vicairie était jointe à la cure.
La plus ancienne cloche d'Oradour porte cette inscription : « ✠ In nomine Domini alque. S. S. indivi. Trinitatis. Ad laudem et gloriam Beatoe, et in honore beati Genesti, Sede Apostolica vacante, Ludovico Francorum rege, ejus anno 25, Joanne-Egidio du Coetlosquet episcopo Lemov. nominato, et hujus ecclesioe pastore Stephano Bigaud, campana benedicta est. Patrinus D. D. Joannes Lester de la Doulce, abbas et caput regalis capituli Sancti Petri du Dorat, et matrina D. D. Maria, conjux Joannis Phelippi domini des Bordes et de La Rivaillerie, consiiarii regis in Inferiori Marcha, pecunioe consignationis depositarii Ludovico de Genesteix fabricarius. — Faite par le sieur Brun, 1740. » Cette inscription est accompagnée d'un écusson aux armes du parrain, d'azur à la souche d'or, timbré d'une mitre et d'une crosse d'abbé.
On lit sur la seconde cloche : « ✠ Domine sa vum fac pastorem et gregem. — O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous. — J'ai été bénite par M. Brun, curé de la paroisse. J'ai eu pour parrain M. Jean-Louis-Alfred de Mascureau et pour marraine Mme Rose-Ferdinand-Alida Pichon-Vendeuil, M. Hippolyte Cluzeau, maire d'Oradour. — Barbier, frères, fondeurs ». Cette cloche, fondue à Oradour même, pèse 1 122 livres. Elle a été bénite le 4 août 1861.
Jean Eydelini était curé d'Oradour-Saint-Genest le 26 mai 1384. — Jean Boysson, en 1568. — Jacques Lussac, en 1573. — Etienne Duplan, en 1601, résignait au suivant. — Nicolas Desbrosses, 1601. — Jean Faulconnier, en 1609. — Jean Lesage, en 1659-1664. — Antoine Aubugeois, en 1670-1696. — N… De Veissière, 1696. — N… de Labussière, 1703, mort le 6 mars 1736. — N… Rabillac, 1736. — Antoine-Etienne Bigaud, en 1757, mourut en 1770. — Jean Richard, nommé en 1771, le fut de nouveau après la Révolution, le 24 avril 1803. — Michel Mallet, le 1er février 1816. — N… Raimbaud, le 7 janvier 1829. — Antoine Brunerie, le 13 novembre 1830. — Pierre Brun, le 19 novembre 1838. — François Trimoulinard, en 1869. — Chéri Aufaure, en 1909.
L'église d'Oradour a un fort petit sanctuaire carré, de 4 mètres de côté, voûté en plein cintre et éclairé par deux fenêtres aussi en plein cintre. Il paraît remonter au XIe siècle. La nef qui est longue de 25 mètres et large de 9 mètres 25 c, a été réparée ou peut-être reconstruite en 1716, date que l'on trouve inscrite à sa grande porte. A l'intérieur, au nord et près du sanctuaire est une statue de la Sainte-Vierge dans une niche sculptée, accompagnée de ces mots : Consolatrix afflictorum, 1738.
Le presbytère d'Oradour fut vendu comme bien national le 20 messidor an IV (8 juillet 1798) au sieur Beylot, pour la somme de 1 302 francs. (Archives de la Haute-Vienne, Q. 147, n° 129).
Il y avait dans le bourg d'Oradour, en 1482, une chapelle dédiée à saint Martial, qui dépendait du chapitre du Dorat. Elle est dite annexe de l'église en 1558 et 1572. Mais elle tombait en ruine vers la fin du XVIIIe siècle. Le 20 messidor an IV (8 juillet 1796), elle fut vendue, comme bien national, au sieur Lussac, pour la somme de 60 francs. (Archives de la Haute-Vienne. Q. 150, N° 128). On appelle encore aujourd'hui La Chapelle l'emplacement sur lequel elle était bâtie.
Au milieu du cimetière, se trouve un très joli fanal funéraire ou lanterne des morts du XIIe siècle. C'est une colonne octogone, creuse intérieurement, dont la partie supérieure a huit ouvertures formant la lanterne, où l'on entretenait une lampe en l'honneur des morts. Elle est ornée au sommet d'une croix et un autel accompagne sa base. Sa hauteur totale est de 8 mètres 86 centimètres.
Après la funeste guerre de 1870, pour conserver le souvenir des habitants d'Oradour morts pour la patrie on a placé sur ce pieux monument une table de marbre blanc portant cette inscription : « Pro lege et patria. 1870-1871. — Bouchardi Victor, Bouquet Jean, Chatenet Jean-Baptiste, Chaume Nicolas, Desforges Louis, Gaynand Jean, Genesteix Louis, Giraud Antoine, Lavaud Jean, Pommier Jean-Baptiste, Raynaud Joseph. »
Les villages de la commune d'Oradour-Saint-Genest sont :
Age-Berneuil (L').
Besenagre.
Belleterie. — On trouve quelques filons d'antimoine près du pont de Belleterie sur la route du Dorat.
Bordes (Les). — Jean Philippe était seigneur des Bordes et de la Rivaillerie en 1740.
Boujonnière (La).
Brousses (les). — René de Lalande épousa le 15 novembre 1643, Martialle Badou. Leur fils François, fut seigneur de Brousses et avait pour armes écartelé d'argent et d'azur.
Chabeyraux.
Chenauds.
Chez-Noton.
Chinquioux.
Chiron (Le).
Combrun.
Dapeire (La).
Davidière (La). — Ce lieu communiquait avec la Périère par un pont établi sur la Brame, dont il ne reste que les piles.
Faverie (La).
Gessière (La).
Grande-Intrade. — On a trouvé, près de ce village, en 1860, une monnaie en or, de l'époque mérovingienne. Elle a 13 millimètres de diamètre. Autour d'une tête couverte d'un bonnet que terminent deux perles on lit : CAPVD… Au revers est une croix à double croisillon et autour sont les mots : SANTVYPO MO. Elle aurait été frappée à Capudcervi, qui est Sacierges, en Berri.
Lesignat.
Locherie (La Grande).
Locherie (La Petite). — En 1600, François Estourneau, écuyer, était seigneur de la Locherie. Ses armes sont d'argent à trois chevrons de gueules surmontés de trois merlettes de sable en chef.
Loudonnière.
Miaumandre.
Maisons (Les).
Moulin Daubusson.
Moulin de l'Ecorce.
Moulin du Roi. — Près de ce moulin existent les restes d'un pont placé sur la Brame, sur lequel passait la route du Dorat à Poitiers, se dirigeant en ligne droite sur le bourg d'Oradour.
Pénache.
Périère (La). — Jean de Seychaud, damoiseau, était seigneur de La Périère en 1450. A cette date il fondait une vicairie dans l'église d'Oradour. Un siècle après, en 1559, un de ses descendants, Antoine de Seychaud, seigneur de La Périère, échangeait ce fief, avec Jacques de Saint-Savin, pour celui de La Grange Saint-Savin. Le château de La Périère, qui n'a rien d'antérieur au XVIe siècle, n'était probablement pas encore construit.
Sur la rive gauche de la Brame et dans un des replis tortueux que forme cette petite rivière, on voit aujourd'hui les pittoresques ruines de ce château. Son plan est un carré dont les angles sont occupés par des tours rondes à saillie entière et par un donjon carré. Sa cour intérieure, qui a 609 mètres carrés, est couverte au Sud et à l'Ouest par un fort mur d'enceinte, pendant que les corps de bâtiments occupent l'Est et le Nord. On a trouvé dans ces ruines une pierre portant un fragment d'inscription gravée à l'entour d'une coquille. Elle est ainsi conçue : … LECT DVM VIR … JACQUES D'A… On peut y lire le nom de Jacques d'Armagny, écuyer, sieur de La Gallenchière, qui, le 26 juin 1559, épousait Marie de la Rue, était parrain, au Dorat, le 6 juillet 1575, et rendait aveu au seigneur du Deffert, le 5 décembre 1578. Serait-il le constructeur du château de La Périère ?
En 1593, Madeleine de Saint-Savin épousa Jacques Estourneau et lui porta ses droits sur La Périère. Par acte du 8 juin 1689, Jean Barton de Montbas, acheta à sa sœur, veuve de François Estourneau, la maison noble et dépendances de La Périère. Denise Estourneau épousa en 1694 François de Lubersac, et on voit ensuite Pierre de Lubersac qui vendait, en 1719, au comte du Dognon.
Dès 1745, le château de La Périère, n'étant plus habité par ses propriétaires, commença à se détériorer. En 1789, il était possédé par André Victor Colin de la Brunerie, ancien capitaine au régiment de Brie, baron d'Azat-le-Ris, et châtelain de la Bazeuge et du fief de La Périère. La Révolution acheva la ruine de ce château qui tombait faute d'entretien.
Prat (Le).
Puy-Dauby. — On signale une mine d'antimoine près de ce village.
Puy-Richard. — Quelques anciens actes citent le prieuré de Puy-Richard.
Remandière.
Renard.
Richasserie (La).
Rivaillerie (La). — Petit manoir avec une grosse tour ronde et deux tourelles. Joseph Philippe, seigneur de la Rivaillerie mourut en 1660. Jean Philippe en était aussi seigneur en 1740. Leurs armes sont : écartelé aux 1er et 4e d'azur au cor de chasse d'or, lié et enguiché de même, aux 2e et 3e burelé d'or et d'azur de 6 pièces.
Trinardière.
Tuilerie.
Vergne (La).
Vignaud (Le Bas).
Vignaud (Le Haut). — Nicolas Chesne était seigneur de la Bussière et du Vignaud en 1631. Ses armes sont : d'azur à trois glands d'or. Près du Vignaud sont des carrières de granit très estimées.
Villard.
Ville-au-Roi (La).