Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 08/02/2023
LE PALAIS, chef-lieu de commune dans le canton Est de Limoges, a une superficie de 1.034 hectares et 721 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer va de 293 mètres à 326.
L’église du Palais était dans l’ancien archiprêtré de Bénévent et appartenait, en 1186, aux Frères réguliers de la maison aumônière de Saint-Gérald de Limoges. On voit qu’en 1217 ces derniers payaient un dédommagement à Saint-Gérald. Après la suppression de l’ordre des Templiers, les chevaliers de Malte l’ont possédée et gardée jusqu’à la Révolution.
Les commandeurs du Palais ont aussi porté le titre de commandeurs de Limoges, dont ils étaient voisins. Nous n’en connaissons qu’un petit nombre : Jean était commandeur en 1239. – N… de Gatineau peu après 1510. – Pierre-Louis de Chantellot de la Chieze, fut pourvu de cette commanderie, en 1591. – Adrien de Langon, vers 1708. - Gabriel de Montaignac de Bort, en 1751. – Jean-Louis de Virieux, en 1789.
En 1615, le commandeur y possédait sur la Vienne un pré de dix journaux, appelé la Prade du Palais et un bois de trois stérées. Sa maison d’habitation était un beau et grand pavillon. Le curé de la paroisse y était logé et avait la jouissance de plusieurs terres, les dîmes du blé et du vin dans le village de Puy-Neige, et la moitié de celles du village d’Anguernaud.
La paroisse du Palais avait pour fête patronale celle de la Décollation de Saint-Jean. Vers la fin du XVIIIe siècle on y comptait 340 communiants, environ 454 habitants. Le commandeur y nommait les curés, ce que l’on constate particulièrement par titres depuis 1568.
Voici ceux dont le nom est connu : N… Roger, prieur curé du Palais, en 1253. — Denis du Coudier permuta, en 1603, avec le suivant. — Léonard Vouzelle, précédemment curé de la Drouille-Blanche, 1603. — Michel Puyneige, 1653 et 1657. — Pierre Duboys, 1663. —Jean Cheychaud, jusqu’en 1751. — Joseph Cheychaud, nommé en 1751. — N… Senemaud, en 1759, y était encore en 1789. — Gabriel de Boudeau, qui avait été emprisonné pendant la Révolution, fut nommé en 1803, et mourut en mars 1817. — Joseph-Antoine de Saint-Martin, nommé le 1er mai 1822 et 1823. — Jean-Georges Mialaret, nommé le 14 décembre 1825. — Jean-Baptiste Marouseau, le 30 août 1833. — N…de Gentil de Rosier, nommé en 1835. — Pierre Dubreuil, en 1836. — Théodore- Antoine Daniel, en 1851. — Jean-Baptiste Fagois, en 1862. — Léonard- François Pariset, en 1870. — Maurice Bessière, en 1875. — Albert Rigaudie, en 1877. — Alexandre Glénisson, en 1887. — Alexandre Montagne, en 1893. — Marc Dumilieu, en 1907.
L’église du Palais date du XIIe siècle, elle a été construite dans la partie Sud de l’emplacement du palais de Jocondiac. Elle forme une seule nef qui mesure à l’intérieur, 20 mètres de long sur 6 mètres de large. En 1615 on voyait dans les vitraux garnissant les deux fenêtres du chœur, les armes de la famille de Douhet : « de gueules à la bande d’azur chargée de trois étoiles d’or, accompagnées de deux mains appaumées d’argent, une en chef, l’autre en pointe ». Son portail est orné de trois voussures ogivales, avec colonnettes au tailloir carré. Il est surmonté d’un pinacle à deux baies ; la cloche qui en occupe une a été bénite le 26 août 1714, par M. l’abbé du Puy-Moulinier. Son parrain fut Jean-Baptiste de Douhet, chevalier, seigneur de la Courtaudie, président au présidial de Limoges et sa marraine, dame Marie-Anne Le Garey du Mont, épouse de Maître Jean-Jacques de Douhet, chevalier, seigneur du Puy-Moulinier, le Palais et Panazol.
Il y avait au Palais deux cimetières ; le petit, attenant à l’église, n’existe plus depuis 1778, époque à laquelle les inhumations dans les églises furent aussi interdites.
Le Palais était sur la grande voie romaine construite au 1er siècle. Cette voie passait près du village de Ventenas, et suivait à peu près le tracé de la route actuelle jusqu’à l’entrée du bourg. De là elle allait directement traverser à gué le ruisseau du Palais en amont du pont actuel près le Moulin Garat, et gravissait ensuite le coteau, parallèlement à la route d’Ambazac. On en voit les traces jusqu’aux premières maisons du village de Puy-Neige. Une seconde voie romaine fut construite vers le IIIe siècle pour relier directement Limoges à Ahun ; elle se détachait de la précédente au-dessus du château de Juriol, passait près des villages de Puy-Neige et du Bournazeau et allait traverser le Taurion près du Mazaud.
Le Palais doit son nom à une résidence des rois de France, nommée Jocondiac qui était en ce lieu. On ne possède aucune indication précise sur ce palais avant le commencement du IXe siècle, mais à partir de cette époque il est cité dans bien des documents, et plusieurs diplômes royaux y ont été donnés. Louis-le-Débonnaire, fils de Charlemagne, paraît y avoir résidé souvent. Il y tint, en 830, une assemblée générale des grands ou leudes de l’empire. Il y vint encore l’habiter en 832 et cette fois il fit camper dans son voisinage immédiat une nombreuse armée. Pépin, fils de Louis-le-Débonnaire, vint aussi au Palais de Jocondiac, rejoindre son père. On sait que les Normands brûlèrent et détruisirent plusieurs châteaux en Limousin, en 847. Ce fut peut-être le sort de ce palais, car, en 994, on n’y trouvait plus que des ruines.
Cette résidence et ses dépendances occupaient toute la plate-forme qui s’étend entre le bourg et la terrasse où sont l’église et le presbytère. Plusieurs souterrains, dont quelques-uns allaient jusqu’à la Vienne, existent encore en cet endroit ; on y a recueilli aussi plusieurs monnaies romaines.
On connaît un tiers de sou d’or, du poids de 1 gramme 29, qui a été frappé au Palais dans le second quart du VIIe siècle. Il porte d’un côté PALATI MO, une tête à droite avec un bandeau perlé. Au revers on lit la suite de l’inscription NETA DIGNV. Une croix à bras égaux est gravée dans le champ, elle est accompagnée de lettres G.L.
Au XIVe siècle, le Palais avait encore quelque importance, car les Anglais, qui en 1371 avaient saccagé la cité de Limoges, gardaient leurs prisonniers dans les forts du Palais, de la Tour de Bar et de Morterolles ; et parmi ces prisonniers était Pierre Jaubert du Repaire, abbé de Saint Augustin de Limoges.
Les Annales manuscrites de Limoges rapportent qu’au commencement du mois de septembre 1544, une bande de Gascons, gens sans aveu, forte de 4.000 piétons et 500 chevau-légers, sous la conduite du baron de Béze, s’empara du Palais et des localités environnantes. Ils y commirent toute sorte d’excès et massacrèrent une vingtaine de campagnards, avant de mettre le siège devant Limoges, d’où ils furent repoussés par les habitants.
Les de Douhet du Puy-Moulinier furent seigneurs du Palais depuis la seconde moitié du XVIe siècle jusqu’à la Révolution. On en trouvera la liste plus loin à l’article du Puy-Moulinier.
Le chemin de fer de Paris traverse toute la commune du Palais du nord au midi. Pour établir cette ligne la Compagnie d’Orléans y a fait construire le très beau viaduc qui est sur le ruisseau du Palais. Il est composé de dix arches de 15 mètres d’ouverture ; son tablier est à 41 mètres 35 au-dessus du fond de la vallée.
Les trains commencèrent à y passer dans les premiers jours de 1856, mais ils ne prirent régulièrement des voyageurs qu’au mois de juin de cette année.
Les Villages de la commune du Palais sont :
Anguernaud. Qu’on a aussi écrit Enguernaud. — Une chapelle y avait été bénite le 12 décembre 1779, par M.Tallandier, chanoine de la cathédrale, délégué par l’évêque de Limoges. Elle payait une redevance de six livres à l’église du Palais.
Bournazeau.
Chatenat (Le).
Gravier (Le). — Léonard de Douhet du Puymoulinier, écuyer, seigneur du Gravier et du Breuil, était capitaine de la milice bourgeoise en 1636 et consul de Limoges en 1643. Il testa, en 1646 et voulut être inhumé à St- Martial de Limoges.
Juriol. — De la famille Pétiniaud de Juriol est passé dans la famille Lamy en 1807, par le mariage de Joseph Lamy de la Chapelle avec Jeanne-Marie-Joséphine Pétiniaud de Juriol.
Cette famille porte pour armes : « d’argent à l’arbre de sinople terrassé de même, chargé à dextre, sur la plus haute de ses branches, d’un nid d’or, vers lequel vole en bas un oiseau de sable portant en son bec de la nourriture à ses petits ».
Vers 1896, M. Charles Lamy de la Chapelle a construit à Juriol une usine et créé un étang qui produit la force motrice pour la fabrication de la pâte à porcelaine.
Les armes de cette famille sont : « d’azur à la colombe d’argent ».
Maisonneuve.
Maison Rouge.
Moulin Garat, sur le ruisseau du Palais. — Moulin à kaolin, appartenant à M. Marc Bouillon.
Moulin Roudet. — Le gouffre de Jarric dont parlent les Annales manuscrites de Limoges est au-dessous de ce moulin, à l’endroit où d’énormes rochers barrent le cours de la Vienne, et y causent des tourbillons. On le nomme aujourd’hui le Gour de Géry. On a trouvé, en 1905, une hache néolithique en face de ce Gour de Géry, dans la presqu’île formée par la Vienne et le ruisseau du Palais.
Pesses.
Poix (Les).
Puy-Moulinier. — Une branche de la famille de Douhet, habitant Limoges dès1464, a possédé le Puy-Moulinier jusqu’au XIXe siècle ; les de Douhet étaient seigneurs du Palais, de Panazol et de la baronnie de St-Pardoux en même temps que du Puy-Moulinier.
On cite parmi les seigneurs de ce fief : Martial de Douhet, consul de Limoges en 1553 ; Pierre, écuyer, consul de Limoges en 1603 ; Jacques I, écuyer, lieutenant-criminel à Limoges, consul en 1644 : Jacques II, écuyer, lieutenant général civil en la sénéchaussée, conseiller du roy, consul en 1659, capitaine de cavalerie au régiment de Verdelin, tué en 1673 au siège d’une ville d’Allemagne ; Jacques III, chevalier, lieutenant au siège présidial et consul de Limoges en 1683. Il transigea en 1699, pour l’exécution des testaments de ses parents, avec Antoine de D., chanoine de Limoges, et Pierre de D., écuyer, cornette de cavalerie, ses frères, et Mmes Baillot du Queyroix, de Jayac de la Garde et Marchandon du Pesqueyrat, ses sœurs ; Jean-Jacques, chevalier, conseiller du roy, en 1712 ; Jacques-François, chevalier, dernier seigneur du Puy-Moulinier, le Palais et Panazol, qui épousa en 1762 Mlle Garat de Saint-Priest, laquelle se fit représenter à l’assemblée de la noblesse aux Etats Généraux de 1789.
Cette famille s’est éteinte en 1833, en la personne de Jean-Baptiste de Douhet du Puy-Moulinier, chevalier de Saint-Louis. Ses armes sont : « de gueules à la bande d’azur chargée de trois étoiles d’or et accostée de deux mains d’argent ».
Une papeterie considérable a été construite depuis peu au Puy-Moulinier.
Puy-Lassagne.
Puy-Neige. — Antoine Regnaudin, écuyer, écuyer, seigneur de Puy-Neige, conseiller du roi, était trésorier de France à Limoges, en 1696. Jean-François Regnaudin, trésorier de France, chevalier, seigneur du Puy-Neige et du Breuil en 1750. Sa fille Madeleine Regnaudin de Puy-Neige épousa en janvier 1750, Joseph Limousin de Neuvic, chevalier, seigneur de Neuvic, et Masléon. Armes des Regnaudin : « d’azur à une foi posée en face d’argent, vêtue de même et accompagnée en chef de 2 étoiles d’or et en pointe d’un croissant de même ».
Ventenat.