Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 09/02/2023
PEYRAT-LE-CHATEAU, chef-lieu de commune dans le canton d'Eymoutiers, a une superficie de 5.325 hectares, et 2.544 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 760 mètres au Grand Mont.
Peyrat-le-Château, que l'on croit fondé sur les terres d'une ancienne villa mérovingienne, était dans l'ancien archiprêtré d'Aubusson. Il avait, en 1097, un prieuré, qui, comme l’église paroissiale, dépendait du monastère.
D'après d'anciennes chartes, Theodetrude, dame de qualité, aurait donné à Dodon, abbé et aux frères de saint Denis en France, sa terre seigneuriale de Peyrat, dont était alors prieur Pierre de Peyrat. En 1703, ce prieuré de Saint-Denis de Peyrat, fut uni à la mense abbatiale et capitulaire de Saint-Martial. Son église fut démolie en 1793. Ce prieuré était prospère au XIIIe siècle et comptait cinq ou six moines. Parmi ses prieurs on connaît : Albert de Courcillas ou de Courcelle, en 1143. — Etienne Amelin, prêtre, dit seigneur de Peyrat, en 1313. — Pierre de Beaufort, 1450. — Jean Veyrière, 1580. — Léonard Larthe, 1600. — Léonard de Faye, 1620. — François de La Faye de La Porte, 1630, résigna au suivant. — Martial de Maleden, vers 1660. — On trouve ensuite R. P. Ooffillaud, prieur de Saint-Denis. — Jean Aillaud, qui fut prieur jusqu'en 1790.
La paroisse de Peyrat avait pour patron saint Martin de Tours. Le prieur de Saint-Denis de Peyrat en nommait les curés. Au XVIIIe siècle on y comptait 1.600 communiants, environ 2.133 habitants. L'église paroissiale de Saint-Martin de Peyrat date du XIe siècle ; elle fut reconstruite en partie vers 1490. Son portail du sud paraît être du XIIIe siècle et celui du nord du XVe. Elle a été complètement restaurée en 1863 et son clocher construit en 1893. Elle ne forme qu'une seule nef.
Pierre Du Cloux, clerc, juge et châtelain de la châtellenie de Peyrat, le 18 juillet 1467, fondait une vicairie dans cette église à l'autel de sainte Catherine, N… Du Cloux, écuyer, seigneur de l'Etang, en fondait une autre à l'autel de saint Christophe en 1682, et les titulaires en étaient nommés de 1700 à 1711 par Jeanne de Caumont de la Forge, baronne de Peyrat puis de 1748 à 1767, par Marguerite-Thérèse Faulte, veuve de Guillaume-Annet Desmaisons, écuyer, sieur du Palan, comme dame de Peyrat. Une troisième vicairie, dite des Planches, avait été fondée au grand autel par Guy de Montaignac, chevalier, seigneur d'Arfeuille, vers 1482 ; à cette date, N… Aubusson, bourgeois de Bourganeuf, y nommait un titulaire. Une quatrième vicairie, dite de saint Jean existait en 1638.
Les cloches de l'église de Peyrat portent les inscriptions suivantes :
« ✠ Parrain haut et puissant seigneur messire Guillaume-Joseph Desmaisons, comte, chevalier, baron de Peyrat, capitaine de cavalerie, gouverneur pour Sa Majesté des villes de Saint-Léonard, d'Esmoutier, Bourganeuf, grand bailly de Pe… Compiègne. Marraine : Mme Marie-Gabrielle de Navière. — Ecclesiae signum, incolarum zelum. — Merignat, sindic fabricien, 1788. — J. Bte Martin, fondeur. »
« ✠ Cloche de la confrérie des pénitents bleus de la ville de Peyrat, faite l'an 1821. Parrain M. Léonard Cramonteil, notaire royal et maire de Peyrat. Marraine, dame Hélène Laborne, veuve Tristan de l'Hermite. Prieur des pénitents, Pierre-Gabriel Peyroux, sous-prieur J.-B. Darfeuille, trésorier, Pierre Lachaud, maître des cérémonies, Léonard-Jean Lapouille. — Fs et Bte Martin, fondeurs. »
« ✠ Fondue en 1850. Bénite par M. Laroche, curé de Peyrat. Parrain : M. Fantouiller Ld, médecin et maire de la commune. Marraine Madame Hte Thérèse-Gabrielle-Louise Desmaisons du Palan, veuve de M. le comte de Maumigny. Membres de la fabrique Mrs Laboulinière, président ; Lachaud, trésorier ; Léonard Conille ; Germain Moratille ; Léonard Jouany. — Martin Fres et F., fondeurs. »
Une autre cloche de Peyrat, qui en 1866 a eu pour parrain M. Joseph-Aimé Tramonteil et pour marraine Mme Virginie-Anne-Marie, veuve Patrem, née Villevarlange, a une inscription où l'on a mis seulement la lettre initiale de chacun des mots qui la composent. Il faut la lire ainsi : « ✠ Ad majorem Dei gloriam. — Jesus, Maria virgo immaculata. — Data et benedicta a Carolo Renard. Ecclesiae Peracensis ac sancti Amandi rectore, 1866. »
L'église de Peyrat fut dépouillée de tout ce qu'elle possédait. Le 24 thermidor 1793 (11 août 1793) on envoyait au district une de ses cloches, ses meubles, linges, ornements, ainsi que tous ses vases sacrés, reliquaires, croix, lampes, en or, argent et cuivre. (Archives Hte-Vienne, Q. 254). Le 22 prairial an IV (10 juin 1796) on vendait, comme bien national au sieur Defournaux, pour la somme de 1.080 livres, des biens dépendants de la cure de Peyrat. (Idem. — Q. 148, n ° 25).
P. Major était curé de Peyrat-le-Château vers 1190. — Pierre Leblanc, le 8 novembre 1411. — Antoine Brunet, en 1450. — Martial Fourest, en 1527. — Pierre Duleyris, en 1641 et 1657. — Jean de La Porte succéda à Pierre Duleyris. — Jacques de Vescière, 1668-1678. — N… Dauliat, 1679. — François Boysson succéda au précédent. — Philippe de la Saigne, 1680-1699. — Jean-Baptiste Monceau, 1700-1723. — Son neveu, Joseph Dumont, lui succéda en mai 1733. — Joseph Ruben du Mas, 1746-1750. — Joseph-François Aillaud, 1750-1759. — Pierre Perot, 1759-1764. — Jacque Ranjon, 1664. — Martial Depeix, 1803-1835. — Thyrse-Louis Laroche, le 27 novembre 1835. — Charles Renard, le 29 juin 1851. — Antoine Tournadre, le 26 novembre 1868. — Victor Villatel, le 3 août 1896. — Henri Bernard, en 1901. — Antoine Malagnoux, en 1914.
Il y avait à Peyrat une communauté de prêtres pour le service de la paroisse ; elle a existé jusque vers le fin du XVIIe siècle. On en trouve plus de traces après 1670.
Un hôpital existait au château de Peyrat en 1313 ; il était sous le patronage de la Nativité de la Sainte Vierge. Il y avait un aumônier ou chapelain particulier. Il fut restauré et agrandi en 1407. Les barons de Peyrat, par leurs dons, l’ont toujours soutenu, mais tous les villages de la paroisse contribuaient à son entretien ; il a existé ainsi jusqu'à la Révolution. Dans le clocher de la chapelle est une petite cloche qui porte cette inscription : « ✠ Mathieu Defaye, 1665. » Mathieu Defaye était notaire et consul à Peyrat, en 1665.
La ville de Peyrat s'est formée et s'est abritée sous les murailles de son château fort, et autour de la motte mérovingienne qui l'accompagne. De cet ancien château il n'en reste que le donjon carré, auprès du grand étang. Il est composé de quatre étages voûtés, dans lesquels on monte par un escalier en hélice, de 120 marches en pierre. Ce château fut pris et ravagé ainsi que la ville en 1184. Après les guerres entre Henri-le-Vieux, roi d'Angleterre et Henri-le-Jeune, il resta dans nos provinces des bandes armées d'aventuriers que l'on appelait Brabançons ou Routiers. Le mardi de la sexagésime 1184, ils s'emparèrent de Peyrat et de son château, et ravagèrent tout le pays environnant. Après leur victoire ils gardaient enchaînés dans un cachot, cinq prisonniers qu'ils avaient faits en ce lieu. Gérard Ithier, le prieur de Grandmont (1188-1197) raconte comment ces cinq prisonniers furent miraculeusement délivrés, par saint Etienne-de-Muret, à la protection duquel ils avaient eu recours.
La ville était entourée de murailles et avait cinq portes ; celles qui étaient voisines de ses églises étaient appelées porte saint Denis et porte saint Martin. Ses habitants, dès le règne d'Henri II (1154-1199) étaient régis par des coutumes que leur confirma Jean-sans-Terre (1199-1216), ainsi qu'on le voit par une charte donnée par ce roi et dont voici le texte : Rex omnibus baillivis et fidelibus nostris ad quos presentes littere pervenerint, etc. Sciatis quod concessimus et volumus quod homines nostri de Pairaco habeant eosdem consuetudines quas habueront tempore H. regis, patris nostri. Et in hujus rei lestimonium eis instrumentum fieri fecimus. Teste me ipso, apud Subterraneam XXVIII, die marcii, anno V.
La baronnie de Peyrat était très étendue et dominait sur près de trente-deux paroisses. Elle a changé bien des fois de propriétaire. Le plus ancien que l'on connaisse est Amélius de Peyrat, dont la famille était assez répandue dans la contrée au XIIe siècle. Elle passa ensuite dans la famille Brachet, puis aux Lusignan comtes de la Marche. Geoffroi de Mortemart, seigneur de Peyrat, Lussat et Pontarion, la vendit le 22 novembre 1364. Elle fut plus tard adjugée à Pierre de Caumon de La Force, par un arrêt du parlement de Paris, du 12 décembre 1642. On voit ensuite que cette terre et baronnie de Peyrat, fut attribuée, à la suite d'un partage à Jeanne de Pierrebuffière, épouse de Guy de Chaumont. Un contrat du 4 avril 1718 donne la vente de cette baronnie par le marquis d'Orbec à Charles-Bonaventure Quantin, seigneur de Richebourg. Par un autre contrat du 30 janvier 1748, elle fut achetée 70.000 livres par dame Marguerite-Thérèse Faulte, veuve d'Annet-Guillaume Desmaison du Palant et cette dernière famille la possédait au moment de la Révolution.
La terre de Peyrat appartient aujourd'hui au vicomte de Romanet.
Les villages de la commune de Peyrat-le-Château sont :
Angle (L'). Voir Langle.
Artens. — Près de ce village existe un souterrain-refuge de l'époque gallo-romaine, il forme plusieurs branchements de galeries assez élevées.
Artinsec.
Aufelle. — En 1772, Joseph Dubayle, était sieur d'Aufelle, nom qui est souvent écrit Auphelle.
Ballendeix.
Beaulieu, était une ancienne paroisse dont on rebâtissait l'église en 1527 ; elle était sous le vocable de sainte Madeleine. Au XVIIIe siècle on y comptait 60 communiants, environ 80 habitants ; elle ne comprenait que le bourg et les deux villages du Mazet et de La Chaise. Le chapitre d'Eymoutiers y a toujours nommé les curés jusqu'à la Révolution. Pierre Gabiani était curé de Beaulieu, en 1411. — Jean de Vieillemard, en 1678. — N… Reméniéras, 1685-1693. — N… Monceau, 1694, qui fut aussi curé de Peyrat. — N… Bénassy, 1695-1712. — N… Basset, 1712-1755. — Jean-Baptiste Mazaudois, 1756-1762. — Jean-Baptiste Savy, 1762-1702. L'ancienne cloche de Beaulieu est conservée à Peyrat, elle porte l'inscription suivante, qui en lettres gothiques et avec des abréviations : « X Sancta Maria Magdalena ora pro nobis. Anno Domini M° CCCCC° VIII° » . Le 26 prairial an IV (14 juin 1796) on vendit, comme bien national, pour la somme de 1.395 livres, au sieur Defournouz, des bâtiments et autres objets provenant de l'église de Beaulieu (Arch. Hte-Vienne. Q. 148, n° 35).
Bellevue.
Bois la Combe.
Bordes (Les).
Bosbeys (Le). — En 1706, Emmanuel de Châteauneuf habitait le château de Bosheys ; il y mourut le 12 février 1737. Son fils Emmanuel y était mort le 30 juillet 1729.
Bosrigaud (Le).
Breilh (Le). — Balthazard de La Faye de La Porte était seigneur du Breilh, en 1641.
Chaise (La).
Chalard (Haut).
Chalard (Bas). — Ruines d'un ancien château dont était seigneur, en 1645, François de Châteauneuf, écuyer, Emmanuel de Châteauneuf, époux de Marie de l'Hermite, en 1673 ; Emmanuel de Châteauneuf mourut en son château du Chalard, le 27 juillet 1719, âgé de 80 ans. Cette famille porte pour armes : « de sable au lion rampant d'or lampassé et armé d'argent . »
Champseau.
Château-Gaillard.
Chez Chappe.
Chez Guillen.
Chez Pégatou.
Chouvensoux.
Cirieix-la-Croix (Le).
Condamines (Les). — En 1697, noble Claude de Malleret fut inhumé dans la chapelle du château de La Faye, près Les Condamines. Au XVIIe siècle, ce château appartenait à la famille Esmoingt. En 1656, il était habité par Léonard du Masfaure, écuyer, dont les armes sont : « d'azur à trois molettes d'or ». En 1765, ce château de La Faye, en la ville de Peyrat appartenait à Emmanuel Esmoingt de Lavaublanche dont les armes sont : « d'argent à trois chevrons de gueules alias d'azur. » Celle de la famille de La Faye sont : « d'argent à une quinte-feuille de gueules. »
Coue-Basse (La).
Coue-Haute (La).
Fafret ou Fafreix. — Antoine de La Faye était seigneur de Fafreix en 1523.
Garde (La).
Grandmont (Le Grand). — Du sommet du Grand-Grandmont qui a 764 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, on découvre le Puy-de-Dôme et une partie de la chaîne des Monts Dore. A côté de lui et à l'est, sont deux hauteurs qui atteignent 777 mètres et sont le point le plus élevé du département.
Grandmont (Le Petit).
Langle. — Château bâti à la fin du XVIIIe siècle par Louis de Bonneval, époux d'Antoinette de Fontanges, Bonneval porte pour armes : « d'azur au lion d'or armé et lampassé de gueules. »
Lascoux.
Lavialle.
Lintignat.
Longue-Chaux, appartenait au XVIIIe siècle à Jean Rieublanc-Dubost, puis à Gabriel Rieublanc-Dubost.
Malleret.
Mas (Le).
Masmier.
Mas-Royère (Le).
Masyverneix (Le).
Mazet (Le).
Misérat.
Monteil (Le). — Ruines d'un château.
Moulin Basset.
Moulin Chalard.
Moulin de Charapoux.
Moulin Lachaud.
Moulin de l'Eau.
Moulin Taraquois.
Péragoux.
Plaseix.
Pragoux (Le).
Pré-de-l'Age (Le).
Quenouille. — Près de ce village on trouve plusieurs blocs de pierre, dans lesquels sont creusés des bassins, des rigoles et autres crevasses, mais le tout est le résultat du travail des eaux et du temps et non de la main des hommes.
Roziers (Grand).
Roziers (Petit).
Saintraud.
Subartange (La). — Avec un étang long de 210 mètres et d'une largeur moyenne de 70.
Théoly.
Tramonteil.
Villard. — En 1773, Emmanuel-Jean de Malleret, juge sénéchal d'Auriat, était seigneur de Villard.
Villechenine, où était une chapelle aux XVIe et XVIIe siècles, appartenait à la famille de La Faye, qui en habitait le château. Appartient aujourd'hui au vicomte de Romanet