Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 09/02/2023
PEYRILHAC, chef-lieu de commune dans le canton de Nieul, a une superficie de 3.776 hectares et 6.934 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 358 mètres.
Peyrilhac, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, avait une prévôté en 1276, et un prieuré en 1371. Son patron était saint Léger d'Autun, dont on faisait jadis la fête le 25 août et plus tard le 2 octobre. C'était l'abbé de Saint-Martin de Limoges qui y nommait les titulaires, et ce prieuré fut uni à son monastère par décret du 11 septembre 1624. Noble Pierre de La Bastide était prévôt de Saint-Léger de Peyrilhac en 1604 ; à cette date, il résignait en faveur de noble Antoine de La Bastide. Jacques Dorat était prévôt en 1626.
La cure de Peyrilhac avait le même patron que la prévôté. Au XVIIIe siècle on y comptait 1.290 communiants, environ 1.720 habitants. Le prévôt nommait un curé à Peyrilhac en 1636, mais toutes les autres nominations sont faites depuis 1482 par l'abbé de Saint-Martin de Limoges.
L'église paroissiale est formée d'une seule nef romane, avec un chevet circulaire. Le sanctuaire et la première travée conservent leur voûte primitive ; les deux travées de l'ouest ont reçu plus tard une voûte gothique. La porte est au midi dans la dernière travée, et le clocher, qui est une tour carrée, est aussi du même côté.
Cette église possède un petit groupe de statues en pierre représentant une Mise au tombeau ; c'est la reproduction en petit de celles où les personnages sont de grandeur naturelle. Des réparations ont été faites dans cette église en 1885, elle s'est aussi enrichie de beaux vitraux, dont un est destiné à conserver le souvenir du vénérable prêtre Bernard Bardon de Brun, mort en odeur de sainteté, en 1625, qui avait souvent séjourné dans la paroisse chez son neveu, M. de Petiot de Chavagnac.
Les cloches de cette église portent les inscriptions suivantes :
« ✠ Baptisée à Peyrilhac en août 1878. — J'ai eu pour parrain M. Joseph-Charles-Emile Martin de Fontjaudran de la Mothe, conseiller à la Cour d'Appel, et pour marraine Mlle Marie-Alexandrine-Alice de Bruchard de Chavagnac. M. le vicomte Marc de la Guéronnière, maire, officier de la Légion d'Honneur, M. Mativet Joseph, curé. — Poids, 316 kilos. »
« ✠ In memoria æterna erit justus @. J'ai été baptisée du nom de Bernard Bardon de Brun. Etant curé Louis Tharaud ; maire, François Nicolas, parrain, Pierre-Bardon-Gustave de Bruchard, marraine Louise-Caroline de Bruchard, née de Goudon de Lalande de l'Héraudière. Fleurat, Guignard, Nadaud, Raymond, Ardant, Bessière, bienfaiteurs. — 12 janvier 1625. — 17 décembre 1891. — G. Bollée, fondeur, Orléans, 1891. »
Une autre cloche fut enlevée à l'église en vertu de la loi du 23 juillet 1793. Son existence nous est connue par le Livre Journal de M. David, curé de Peyrilhac, en 1734, qui contient cette relation du baptême de la cloche :
« La segonde cloche de mon esglize a été bénite par la permission et autorisation de Mgr l'Evesque de Limoges, par M. l'abbé de Douhet du Puymoulinier, ce jourd'huy onziesme juillet mil sept cent trente quatre. Le parrain a esté messire Martial Baillot du Queyroix, écuyer, garde du corps du roy, seigneur du fief du Queyroix, de Périllac en partie et d'autres places, d'icy absent parce que étant de ce moment au service près de Sa Majesté ; il fut représenté par messire de Brettes, marquis du Cros et seigneur comte de Cieux, chevalier ; la marraine fut noble Marie-Anne de Villoutreys, épouze du dit seigneur du Queyroy. Le soir ma dite dame de Villoutreys donna un grand repas à son château du Queyroix, où j'ai eu ma place avec M. l'abbé du Puymoulinier, parent de M. du Queyroix, qui avait béni, M. de Brettes et de nombreuses autres personnes distinguées et M. Baillot d'Estivaux, son parent, en tout plus de vingt assistans. Signé : David, curé. »
Pierre Forgemol était curé de Peyrilhac en 1538. — Jacques Lamy, en 1613. — N... Bardinet, en 1647. — N... Bain, en 1667. — N... David, en 1734. — N... David, 1751-1759. — Martial Cheyroux, 1759-1783. — Léonard Morin, 1783-1811. — François Hélitas, 1811-1835. — Joseph Mativet, 1835-1883. — François Grange, 1883-1886. — Pierre-Léonard-Maurice Bessières, 1886-1891. — Louis-Guillaume Tharaud, 1891-1901. — Joseph Maneix, 1901-1915.
Les Baillot du Queyroix avaient leur sépulture dans l'église de Peyrilhac comme nous le montrent les anciens registres paroissiaux.
Le 7 juin 1758, Anne de Villoutreys, épouse de Martial Baillot du Queyroix, garde du corps du Roi, décéda au château du Queyroix et fut inhumée le lendemain dans l'église « dans ses tombeaux, près du maître autel. »
Peyrilhac, dont le nom ancien était Padriliacum, est signalé dès les chartes des IXe et Xe siècles comme étant le chef-lieu d'une division territoriale nommée vicairie.
Les villages de la commune de Peyrilhac sont :
Age (L').
Banèche, appelé autrefois le Mas de la Benèche du Queyroix. Le seigneur de ce lieu rendait hommage à l'Evêque de Limoges en 1316.
Béraudie (La). — À M. de Petiot de Chavagnac en 1682.
Boisserie (La).
Bois-Sournet.
Breuil (Le). — Jean-François Pabot, écuyer, était seigneur du Breuil en 1730, et Pierre Pabot, lieutenant en la prévôté du Limousin, était seigneur du Breuil et de Chavagnac en 1757. Leurs armes sont d'azur au chevron d'or accompagné de trois modes d'argent, sommés d'une croix d'or, deux en chef et un en pointe. En 1709 Jean de Bruchard, époux d'Antoinette-Claire Etienne-de-La-Rivière, possédait le Breuil. Ses armes sont d'azur à trois fasces d'or, une bande de gueules brochant sur le tout.
Chavagnac, qui possède une Ferme-Ecole, devenue établissement départemental par décret ministériel de décembre 1847. Mathieu de Petiot, consul à Limoges, était seigneur de Chavagnac en 1596. Ses armes sont d'azur au chevron d'or accompagné de trois pigeons d'argent deux en chef et un en pointe, au chef cousu de gueules à trois étoiles d'or. Bernard Bardon et Bernard de Petiot, sieur de Chavagnac, vendirent le 12 septembre 1624 la coupe des bois de haute futaye pour la somme de 5.500 livres. Jean-François Pabot fut seigneur de Chavagnac en 1730, et Jean de Bruchard en 1799. La famille Bruchard possède toujours la terre de Chavagnac. Armes : d'azur à trois fasces d'or, une bande de gueules brochant sur le tout. Supports : deux sauvages.
Chauvoury.
Conore, qui en 1362 est nommé Conobre était un membre de la commanderie de Limoges, ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La paroisse dont la fête patronale était la Décollation de saint Jean, vers 1600, avait 267 habitants. Les curés étaient nommés par le commandeur de Limoges. N... Sire était curé de Conore en 1715; il est dit ancien curé en 1748. — Pierre Fauveau nommé en 1742, meurt en janvier 1762. — N... Fauveau, nommé en 1767, meurt en 1769. — N... Lesterps jusqu'en 1771. — N... Decelle, nommé en 1771. — N... Roux, en 1773.
Etang (L') de Conore qui a environ 10 hectares.
Faux.
Goudonnet ou Goudonneix. — Appartenait en 1775 à Pierre-Michel Baillot de Queyroix, chevalier, seigneur du Queyroix et autres lieux, trésorier de France à Limoges. Son fils, Anne-Martial Baillot du Queyroix, écuyer, seigneur de Goudonnet, etc., émigra en 1791. Goudonnet fut saisi et vendu nationalement comme bien d’émigré devant le district de Limoges le 5 avril 1794, moyennant 15.000 livres.
Laurière.
Lavaud.
Maison-Rouge (La). — Où est né, en 1764, le baron Martial Bardet, général et commandeur de la Légion d’honneur, mort en 1837.
Mas du Bost (Le).
Mas de Laire.
Moulin des Rues.
Montcocu. — Noble Pierre de Gain était seigneur de Montcocu peu après 1400. Pétronille de Boisse vendit la métairie de Montcocu en 1709 à Pierre de Petiot.
Mothe (La). — La famille de Gain possédait très anciennement le château de La Mothe. Jean de Gain, damoiseau, était seigneur de La Mothe en 1336 ; Jacques Brassard est dit sieur de Gain et de La Mothe en 1550 ; Jacques Perrier, en 1630 ; François de Bourgon, en 1638, vend pour la somme de 28.000 livres à noble Jacques Dumont, les fiefs nobles de La Mothe (commune de Peyrilhac) et de Gain (commune d’Isle). Dupont porte pour armes : d’azur à trois ponts à deux arcades et crénelés d’argent posés deux et un. Par son testament du 16 avril 1646, Jacques Dupont fit héritier universel son filleul Jacques de Petiot. Les armes de ce dernier sont sculptées à l’intérieur du manoir de La Mothe, elles sont : d’azur au chevron d’argent accompagné de trois molettes d’or, au chef cousu de gueules à trois cornettes d’argent.
Les différentes branches de cette famille ont varié les pièces de leurs armes. Par son testament du 8 février 1768, Joseph-Martial de Petiot, écuyer, seigneur de La Mothe, fit son filleul, Joseph de Brettes, son héritier universel. Ce dernier portait pour armes : d’argent à trois vaches bretonnes de gueules l’une sur l’autre. Au XIXe siècle, La Mothe de Gain est la propriété de M. Martin de Fontjaudran.
Picq (Le). — Dépendait de la terre du Queyroix. Le domaine du Picq fut vendu par Anne-Martial Baillot du Queyroix, écuyer, seigneur du Queyroix, le 25 mai 1787, moyennant 24.000 livres.
Pusseyre.
Puy-Dieu (Le). — « Podium Dei ». En 1195, Guy de Clusel, archidiacre de Limoges et curé de Nieul, fit avec les religieux de Saint-Gérald de Limoges, un arrangement touchant leurs droits respectifs sur le Puy-Dieu. Charles de Lescours, seigneur de Laplau et du Puy-Dieu, était mort sans postérité, avant 1672. Françoise de Petiot, en 1702, était veuve de M. Moulinier du Puy-Dieu. Jean Moulinier en était seigneur en 1731. Ses armes sont : d’azur au moulin à vent d’or, ailé d’argent, accompagné de deux étoiles de même en chef. La famille Faulconnier le possédait à la fin du XVIIIe siècle. Ses armes sont : d’azur au faucon contourné d’argent posé sur un poingt ganté de même issant du côté dextre de l’écu.
Queyroix (Le). — Quadruvium Raymond de Veyrac, damoiseau, rendit hommage à l’Evêque de Limoges pour le Queyroix en 1309, et Pierre du Queyroix, chevalier (Petrus de quadruvio, miles) en 1328. — Les Martelli (Marteaux) les remplacèrent en 1400, 1444.
Jean Baillot, seigneur du Queyroix, rendit foi et hommage à l’Evêque en 1542 ; Jacques Baillot du Queyroix, procureur au présidial de Limoges, en 1561. — Jean de Lescours d’Oradour, dont les armes sont coticé d’or et d’azur et qui était devenu seigneur du Queyroix, échangea en 1660 la terre du Queyroix avec Martial Baillot, seigneur de Maledent, juge de la salle Episcopale, contre celle du Puy-Gaillard.
On trouve ensuite comme seigneurs du fief du Queyroix jusqu’à la Révolution : Jean Baillot du Queyroix, conseiller du roi au présidial de Limoges, époux de Marie de Douhet du Puymoulinier, en 1681. — Martial Baillot du Queyroix, écuyer, garde du corps du roi, époux d’Anne de Villoutreys, qui rendit hommage en 1732 « à genoux, mains jointes, sans chapeau, ceinture, épée ni éperons ». — Pierre-Michel Baillot du Queyroix, chevalier, trésorier de France à Limoges, époux de Valérie de Léonard de Fressanges, en 1753. — Anne-Martial Baillot du Queyroix, époux d’Agathe Faulte de Vanteaux, dernier seigneur du Queyroix, qui émigra en 1791 et mourut à l’armée de Condé en 1795. Armes : d’azur à la fasce d’argent, accompagnée en chef de3 étoiles d’or et en pointe de 3 écots de même posés en pal 2 et 1- Support : 2 licornes.
La terre du Queyroix fut vendue nationalement comme bien d’émigré, moyennant 294.000 livres, en 1794 devant les districts de Limoges et Bellac. Le château fut acheté par M. De Roulhac de Trachaussade. Il passa ensuite avec 4 domaines à M. Brès dont les héritiers le vendirent en 1806, à M. Antoine Montluc-Estienne de Larivière. Acheté en 1864 par le comte de La Guéronnière, qui bâtit le château actuel et le revendit en 1877 à M. Gustave de Bruchard.
Rege (La).
Roche (La).
Traschaussade. — De Roulhac de Traschaussade porte pour armes d’azur à trois étoiles d’or, au chef cousu de gueules chargé d’un croissant d’argent.
Vaugoulours. — Appartenait à la famille de Gallichier, dont les armes sont d’azur à la fasce d’or accompagnée en chef d’une coquille d’argent accostée de deux étoiles d’or et en pointe d’un coq contourné de même. En 1769, Jacques de Moras, écuyer, de la paroisse de Chamborant, devint propriétaire de Vaugoulours par son mariage avec Gabrielle de Gallichier. Ses armes sont de gueules à deux épées d’argent en sautoir, la pointe en haut, accompagnées de quatre molettes de même.
Verger (Le).
Vergne-Jourde.
Vergnes (Les).