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Recherche > Haute-Vienne (87) > Pierre-Buffière > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 09/02/2023

 

PIERREBUFFIÈRE, chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Limoges, a une superficie de 20,525 hectares et 8.989 habitants. Il comprend neuf communes : Boisseuil, Eyjeaux, Pierrebuffière, Saint-Bonnet-Briance, Saint-Genest, Saint-Hilaire-Bonneval, Saint-Jean-Ligoure, Saint-Maurice-les-Brousses et Saint-Paul.

La commune de Pierrebuffière a une superficie de 575 hectares et 1.012 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 257 mètres près du bourg et de 353 plus au nord.

La petite ville de Pierrebuffière dans l'ancien archiprêtré de La Meyze, semble s'être formée autour d'un monastère fondé en 1061, sous le vocable de Sainte-Croix, par Goscelin de Pierrebuffière et différents membres de sa famille ; ils le donnèrent, en 1063, à Guy, abbé de Solignac. L'église de ce monastère est aujourd'hui église paroissiale.

Il y avait aussi à Pierrebuffière une prévôté, dont l'abbé de Solignac a toujours nommé les prévôts ; sa fête était celle de l'invention de la Sainte-Croix. Le cartulaire d'Aureil signale : A... prévôt de Sainte-Croix de Pierrebuffière, entre 1150 et 1159. — Noble François de La Garde était prévôt en 1561. — Noble Durand, aussi prévôt, mourut le 13 mai 1667. — Dom Jacques de Crespiat, religieux, l'était en 1725.

La cure de Pierrebuffière qui était en ville murée, était aussi sous le vocable de la Sainte-Croix, mais jadis on y faisait la fête de la Sainte-Vierge. L'abbé de Solignac y a toujours nommé les curés, quoique une nomination ait été faite par l'évêque de Limoges, en 1697, et une autre par le prévôt de Pierrebuffière en 1632.

Pierre Régis avait fondé une vicairie dans cette église avant 1356, et Aymeric Danielis une autre avant 1371. Il y en avait une dite de Sainte-Marie-Madeleine en 1424. Etienne de Hortis en fonda une à l'autel de Saint-Sébastien, en 1474. Celle de saint Martial, existant en 1500, avait été augmentée par Marie de Rochechouart, veuve de Louis de Pierrebuffière et Jean, leur fils, le 8 octobre 1426. Il y en avait une de saint Jacques en 1519. Noble François Hugon, sieur du Prat et de Masgoutière, en avait fondé une avant 1575.

Cette église est un monument du XIe siècle, refait, en partie, au XIVe. Son plan est en forme de croix. Le sanctuaire est terminé par un mur droit, pendant que les deux chapelles du transept ont une abside circulaire. Une coupole centrale porte le clocher. Le portail, en style de la renaissance, a reçu, en 1838, de nouvelles portes en bois, dans les vantaux desquelles sont placées les figures des apôtres, peintes sur porcelaine. Cet exemple n'a pas trouvé d'imitateurs.

Les cloches de Pierrebuffière portent les inscriptions suivantes : « ✠ Nomen meum est Sancta Crux de Prabuffariœ, facta mense 7 bis anno 1816. — J'ai été bénite par Pierre Mazard, docteur en théologie, prêtre, curé de Pierrebuffière. Mes parrains furent : M. M[azard], docteur en médecine, Joseph Marbouty, notaire royal... et Antoine Charlot, scindics fabriciens de l'église de Pierrebuffière. Marraine dame Marie-Rose Mallebay de Moulin-Neuf, épouse de Guillaume Michel..., conseiller du roi en sa cour royale de Limoges. — Jacques et Bernard Martin, ses fondeurs ».

« ✠  Née d'une souscription paroissiale. — Mgr Firmin Renouard étant évêque de Limoges, Jean-Benjamin curé-doyen de Pierrebuffière. — J'ai été baptisée le 12 février 1911 par M. François Labrousse, archiprêtre de la cathédrale de Limoges. Je me nomme Maurice-Andrée, j'ai pour parrain Léonard-Maurice Bourdeau, pour marraine Marie-Françoise-Andrée Ruchaud et pour patronne Sainte Croix. — Bollée, fondeur à Orléans ».

Antoine Lerbeilh était prévôt de Sainte-Croix de Pierrebuffière, en 1565. — Jean de Villesourde était curé de Sainte-Croix de Pierrebuffière en 1597 et 1623. — N... Lagrange, au mois d'août 1657 et 1623. — Jean-Léonard Leyssenne, 1727-1745. — Pierre Mensac, nommé en 1758, résigna en 1783, à son neveu qui suit. — Martial Boulaud, 1784, subit la prison et la déportation en Espagne pendant la Révolution et mourut en 1809. — Au Concordat, Pierre Mazard, qui avait subit la déportation en Espagne, fut nommé curé-doyen le 24 avril 1803. — Louis Barnouille, aussi déporté en Espagne ainsi que son frère qui suit, 1829-1831. — Guillaume Barnouille, 1831-1840. — Denis Thomas nommé le 20 juillet 1840. — Louis Couraud, 1876. — Pierre Lebayle, 1886. — Benjamin Malabard, 1900. — Maximilien Chevalier, 1911.

Près et hors des murs de Pierrebuffière était l'église de Saint-Cosme et Saint-Damien ; elle existe toujours mais elle a perdu sa destination. Construite au XIIe siècle, elle est formée de trois travées avec un sanctuaire circulaire. Comme à l'église des Salles-Lavauguyon, son pavé s'élève d'une marche à chaque travée. Au-dessus de sa porte sont deux fenêtres longues et étroites. En 1475 elle est qualifiée annexe, mais en 1487, 1569, et 1587, elle est dite église paroissiale. Richard Bony était recteur et curé de cette église paroissiale en 1487. Il y avait une vicairie dite des Domons, en 1427, une autre de Sainte-Croix, en 1606.

Dans le cimetière, il y avait une chapelle rurale dite de Notre-Dame-du-Cimetière, et une autre dite de Saint-Georges ; elles étaient en ruine, l'une et l'autre au XVIIIe siècle.

A l'entrée de la ville, on voit encore quelques ruines ayant fait partie de l'ancien château de Pierrebuffière. Ce château existait en 1086, puisqu'à cette date il comprenait une chapelle qu'Ademard, vicomte de Limoges, donnait au monastère de Solignac. Il fut assiégé et pris, ainsi que la ville, en 1183, par des bandes de Paillers ou Brabançons, qui l'avaient assiégé pendant trois jours.

Fulcherius, autrement dit Faucher, vicomte de Limoges, est le premier seigneur de Pierrebuffière que l'on connaisse. Il est père de Pierre et de Gaucelin de Pierrebuffière, qui vivaient en 1037. La terre de Pierrebuffière était dite la première baronnie du Limousin. Les armes de cette famille sont : d'or au lion de sable lampassé de gueules. En 1255, la maison de Châteauneuf fut réunie à celle de Pierrebuffière par suite d'alliances. Plus tard, cette terre et baronnie passa aux Ferrières de Sauvebeuf, dont les armes sont d'argent, au pal de gueules, accompagné de dix billettes de même, rangées en orle. Enfin, Marie-Geneviève de Vassan, baronne de Pierrebuffière porta en dot cette terre à Victor Riquetti, marquis de Mirabeau, lorsqu'elle l'épousa le 11 mars 1743. Les armes de ce dernier sont d'azur à la bande d'or, accompagnée en chef d'une demi-fleur de lys de Florence, défaillante à droite de même et fleurie d'argent, en pointe, de trois roses aussi d'argent, posées en bande.

Enfin, une fille de la maison Riquetti-Mirabeau a fait passer la terre de Pierrebuffière dans la maison Lasteyrie du Saillant, dont les armes sont de sable à une aigle éployée d'or, écartelé d'argent au lambel de trois pendants de gueules.

La fontaine monumentale que l'on voit sur la place de Pierrebuffière, est due à la générosité du baron Guillaume Dupuytren, le maître de la chirurgie française au XIXe siècle, qui fut chirurgien des rois Louis XVIII et Charles X ; il était né à Pierrebuffière, le 6 octobre 1777, et mourut à Paris, le 7 février 1835. Cette famille est originaire du lieu du Puytrem, commune de Meilhac.

 

Les villages de la commune de Pierrebuffière sont

 

Aubeypie (L'). — A appartenu aux Martin.

Chabanas.

Chantemiaule.

Chez-Barbette.

Ecure-Chatellière.

Ermitage (L'). — Il existait, en 1571, près du pont de Pierrebuffière, un Ermitage appartenant à cette ville. L'ermite chargé de prier pour les habitants du lieu était nommé par l'évêque de Limoges en 1709, 1713, 1714, 1726. Michel Martialot quitta cet Ermitage de Pierrebuffière pour aller desservir celui de Mont-Jauvy, à Limoges, en 1709. Louis Bléraut, écuyer, sieur des Granges, après avoir fait le pèlerinage de Rome, fut ermite de Pierrebuffière en 1726. Le bâtiment de cet Ermitage fut vendu comme bien national, le 31 juillet 1792, au sieur Martial Palotie (Archives de la Haute-Vienne).

Lougeassier.

Peyronnetas.

Theillou (Le).

 

Trenchelion. — Un peu au-dessous de Pierrebuffière, sur le bord de la route, au-delà le pont construit en 1760, on trouve les restes du château de Tranchelion. Ce château est mentionné dans une donation de 1250. Il est actuellement presque tout détruit. En 1821, on y voyait deux corps de bâtiment avec un beau donjon carré, appuyé de deux contreforts plats sur chacune de ses faces.Dans ce qui reste des bâtiments on remarque de gracieuses fenêtres du XIIe siècle, à deux baies géminées, que sépare une légère colonette. Les armes de la famille de Tranchelion sont : d'azur au lion d'argent percé d'une épée de même en bande, la garde et la poignée d'or. A cette famille qui habitait ce lieu au XIIe siècle, d'autres succédèrent : les prédécesseurs de Pierre de La Garde, seigneur de Tranchelion, avaient fondé dans ce château, avant 1432, une chapelle et une vicairie en l'honneur de la Sainte-Vierge. On y trouve ensuite noble Balthazard de Montaignac, sieur de Tranchelion, qui épousa le 21 mars 1580, Isabeau de Montroux et fut inhumé à Pierrebuffière, en 1591. Noble François de la Villate de Montroux, écuyer, sieur de Tranchelion, fut enterré dans l'église du monastère de Sainte-Croix, le 26 mai 1603.

Villa-d'Antone. — A un kilomètre de Pierrebuffière, sur un monticule couvert de plantations, il existe quelques ruines romaines portant le nom de Villa-d'Antone.