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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 09/02/2023

 

RANCON est le chef-lieu d’une commune, dans le canton de Châteauponsac, qui a 3336 hectares de superficie, et 1845 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 298 mètres, dans la partie nord-est de la commune.

Rancon était un des dix-huit archiprêtrés du diocèse de Limoges et le plus étendu. Il est mentionné dès 1160. Au XVIIIe siècle, on y trouvait 75 cures ; 2 succursales : Le Buis et Bussière-Magdeleine ; 73 vicairies et 41 278 communiants, environ 55037 habitants. Voici les cures de cet archiprêtré

Anglard.

Arnac.

Ars.

Azat-le-Ris.

Balledent.

Bersac.

Beaune.

Baseuge (La).

Bessines.

Bonneuil.

Bonnac.

Brigueil-le-Chantre.

Brugère.

Buis (Le).

Bussière-Rapy (La).

Bussière-Madeleine.

Chézeaux (Les).

Châteauponsac.

Chatelat.

Colonges.

Compreignac.

Cromac.

Dinsac.

Dompierre.

Dorat (Le).

Droux.

Folles.

Foulventour.

Fromental.

Jouac.

Lagarde.

Lussac-les-Eglises.

Magnac.

Maillac.

Monisme.

Moustier.

Morterolles.

Noth.

Oradour-Saint-Genest.

Paulhac.

Rancon.

Razès.

Rilhac-Rancon.

Roussac.

Saint-Amand.

Saint-Aignan-de-Versillat.

Saint-Etienne-de-Fursac.

Saint-Etienne-de-Versillat.

Saint-Germain-Beaupré.

Saint-Georges-les-Landes.

Saint-Hilaire-la-Treille.

Saint-Léger-la-Montagne.

Saint-Léger-Bridereix.

Saint-Léger-Magnazeix.

Saint-Martin-le-Mault.

Saint-Maurice, près la Souterraine.

Saint-Michel-de-Laurière.

Saint-Nicolas-de-Beaulieu

Saint-Pardoux.

Saint-Pierre-de-Châteauponsac.

Saint-Pierre-de-Fursac.

Saint-Pierre-la-Montagne.

Saint-Priest-la-Feuille.

Saint-Priest-le-Betoux.

Saint-Sornin-Leulac.

Saint-Sulpice-les-Feuilles.

Saint-Sulpice-Laurière.

Saint-Sylvestre.

Saint-Symphorien.

Souterraine (La).

Tersannes.

Thollet.

Thouron.

Tillis.

Uzurat.

Vareilles.

Verneuil.

Villefavard.

Voulon

 

La cure de Rancon était sous le vocable de Saint Pierre ès-Liens. L’évêque de Limoges y a toujours nommé les curés. Au XVIIIe siècle on y comptait 1150 communiants, environ 1534 habitants.

En 1127, Rancon fut donné à la cathédrale de Limoges.

L’église actuelle est une construction assez vaste de l’époque de transition, où le style roman domine ; c’est le style du sanctuaire qui conservé sa voûte primitive. L’entrée principale qui est au couchant, forme un porche, sur la droite duquel s’élève le clocher. A l’extérieur on remarque, au-dessous d’une corniche, une ceinture de modillons grimaçants.

Plusieurs familles du pays avaient leurs tombeaux dans cette église, tels que les de Marans, Audebert, Bonnin, de Bersac, Mosnier, Coustin, Roffignac.

La grosse cloche de Rancon porte l'inscription suivante : « ✠ 1826, Sancta Maria, Sancte Petre, ora pro nobis. Grati animi et famere ( ?) signum.— Parrain, M. le comte Albéric-Joseph-Charles-Gédéon de Roffignac. Marraine, Mlle Gédéonie-Marie-Agnès-Sophie de Roffignac, fils et fille de M. le comte Gédéon de Roffignac et de feue Mme la comtesse Honorine de Coustin ; petit-fils et petite fille de M. le marquis de Roffignac, chevalier honoraire de l'ordre de Malte, ancien capitaine de cavalerie et premier page de l'armée, et de Mme la marquise de Roffignac, née Guiot d'Asnières, et de M. le comte de Coustin, chevalier de Saint-Louis, capitaine d'infanterie, et de Mme la comtesse de Coustin, née de Nesmond. — M. Léonard DD. Desmousseaux, curé. — Auguste Martin, fondeur ».

On lit sur la petite : « ✠ Bénite par M. l'abbé Ld Desmousseau, ancien curé de Rancon, M. Ld-François-Vincendon, parrain ; Mme Marie-Céline, épouse Vincendon, marraine. M. Hippolyte Vacherie, maire, 1836. — Causard, fondeur. »

L'église de Rancon possède des reliques de Saint Austriclinien, le compagnon de Saint Martial, de Saint Irénée, martyr, et de Saint Macaire, aussi martyr ; ainsi que de Sainte Constance et de Sainte Victoire, compagnes de Sainte Ursule.

Le premier archiprêtre de Rancon que l'on connaisse est Geraudus ou Geraldus Bachelers, chanoine de Limoges, en 1178-1190. Mais ce titre d'archiprêtre de Rancon, en 1327, était attaché à la cure de Bessines, où l'archiprêtre résidait. On trouve quelques fois le nom de curé de Rancon, qualifié aussi d'archiprêtre.

Ont été curés de Rancon : Jean Perron, en 1461. — Pierre Brissaud, en 1600. — Pierre de Bersac, 1630-1659. — Pierre Matterne, 1672-1692. — N… Bonneldieu, 1694. — N… Mauransannes, 1701-1715. — Léonard de Lafont, 1715-1734. — Jean-Charles Barbou, 1734-1762. — Jean-Joseph Bonnin, 1765, mourut en 1795 pendant sa déportation en Espagne. — Pierre Daulin, nommé le 24 avril 1803, avait été déporté en Espagne. — Léonard Desmousseaux, le 1er avril 1818, aussi déporté à l'étranger. — Jean-Marie Saturnin Arreguy, le 1er septembre 1834. — Gilbert Ruinaud, le 15 décembre 1837. — Jean-Marie Saturnin Arreguy, nommé une seconde fois le 21 décembre 1844. — Pierre-Gérôme Mazet, le 4 novembre 1849. — Jean Lefaure, en 1868. — Joseph Valentin, en 1875 —. Antoine Montéléon, en 1877. — Joseph Wambergue, en 1889. — Michel Glangetas, en 1907.

Dans le vieux cimetière, qui est très proche de l'église, on voit un fanal funéraire, ou Lanterne des Morts, qui date du XIIe siècle. Il est de forme ronde, et six fenêtres forment à son sommet la lanterne où l'on entretenait une lumière en l'honneur des morts. Il avait à sa base un autel qui n'existe plus.

Dans ce même cimetière, se trouve une ancienne chapelle, dédiée à Saint Sébastien, dont on fait la fête le 20 janvier. Comme ce cimetière était trop petit, et trop près des habitations, vers 1872, on en a établi un nouveau au nord-est de la ville.

Depuis le moyen-âge, il existait, aux portes de Rancon, un Ermitage dont il ne reste aucune trace.

Rancon et ses environs ont été habités à l'époque romaine, comme l'attestent deux inscriptions de cette époque.

La première est ainsi conçue : NYMINIBVS AVG, FANVM PLVTONIS ANDE CAMVLENSES DE SVO POSVER.

Numinibus Aug­[ustorum] , fanum Plutonis ; ande camulenses de suo posuer[unt].

Camulus est le nom que les gaulois donnaient à Mars, le dieu de la guerre, Camulenses signifie les guerriers, Ande, en latin Ante, est une épithète dont le sens est : qui va en avant, qui est vainqueur. Il faut donc traduire :

Aux divinités des Augustes. Temple de Pluton. Les guerriers vainqueurs ont construit [ce monument] à leurs frais.

La pierre qui porte cette inscription a été trouvée vers 1609, dans les ruines romaines du château de Puy-Martin, commune de Blanzac, près Rancon. M. Bonnin de Grandmont fit transporter cette pierre, de son domaine de Puy-Martin, à sa maison de Rancon, où elle été conservée.

Une autre pierre qui a longtemps supporté un des piliers de la halle de Rancon, conserve l'inscription suivante : HERCVLI, DEO, TIB, IVL, IVLIAN, V. S. L. M.

Herculi deo, Tiberius Julius Julianus votum solvit libens merito.

Au dieu Hercule, Tiberius Julius Julianus a consacré cet autel avec reconnaissance et en accomplissement d'un vœu.

Il faut ranger au nombre des fables les divinités gauloises que Beaumesnil a dessinées à Rancon, et qui auraient fait partie du temple de Pluton, cité plus haut. Son crayon infidèle prête aux modillons de l'église des formes que les orignaux, encore entiers, n'eurent jamais. Ici le faussaire est pris en flagrant délit.

On avait élevé jadis des murailles pour protéger la ville et son château ; l'église elle-même faisait partie de ces fortifications. Mais en 1371, les Anglais, après la prise de la cité de Limoges, passèrent par Compreignac dont ils s'emparèrent et vinrent ensuite à Rancon où ils firent de grands ravages et ruinèrent complètement le château. Quelque temps après, les habitants relevèrent les murailles abattues, et à une des portes de la ville, près de l'église, on voit encore aujourd'hui l'inscription suivante : DVCE I DE BERSAC SVMPTIB,. A RIVAILHE.

La famille de Rancon est fort ancienne puisqu'on trouve Aimeric de Rancon vivant en 996 et 1030. Quelque temps après, la seigneurie de Rancon fut partagée entre ses deux fils, Aimeric II et Geoffroy. Gui de Rancon, fils de ce dernier, fit donation à l'abbé de Grandmont de tout ce qui lui appartenait au territoire de Vaugelade, paroisse de Châteauponsac. Geoffroy II, fils de ce même Guy, était à la croisade en Terre Sainte, en 1148. Ses armes qui sont à la salle des Croisades, au palais de Versailles, sont : d'or semé de losanges d'azur, au pal de gueules brochant sur le tout.

On pourrait citer un grand nombre de personnages marquants, dans la famille de  Rancon, pendant les XIIe, XIIIe et XIVe siècles, tels que : Antoine de Rancon, abbé du Dorat en 1185, Pierre de Rancon, sous-chantre de la cathédrale de Limoges, en 1294, Geoffroy de Rancon, qui épousa Isabelle de Lusignan, fille de Hugues Xe comte de la Marche. Ce dernier, par son testament de 1243, donna à son quatrième fils, Gui, ou Guillaume, les châtellenies de Bellac, Rancon et Champagnac.

La châtellenie de Rancon, après avoir changé de maître bien des fois, fut acquise, le 5 septembre 1767, par Jean-Claude Bonnin de Nouit, conseiller du roi, châtelain royal de Rancon; dans cette vente étaient compris le domaine de la châtellenie, la justice haute, moyenne et basse, les rentes en nature et en argent, etc. Les armes de la famille Bonnin sont : de sable à la croix ancrée d'argent. On les trouve dans l'ancienne sacristie de l'église, ou étaient les tombeaux de cette famille.

Pour établir la ligne des tramways départementaux de Limoges à Rancon, qui a été inaugurée en 1912, on a construit dans cette commune un fort beau viaduc sur la Gartempe. C'est le plus important des travaux d'art élevés de nos jours dans le département. Il est composé de 11 arches en plein cintre de 9 mètres d'ouverture. Sa hauteur est de 23 mètres. L'ouvrage a 2 mètres 10 de largeur seulement aux naissances des voûtes et il est couronné par deux trottoirs en ciment armé de 1 mètre de largeur.

Dans la tranchée ouverte en décembre 1911, près du bourg de Rancon, pour le passage de la voie qui franchit la Gartempe sur ce viaduc, on a trouvé de nombreux vases en terre, non vernis, et d'autres en verre, qui tous contenaient des cendres et quelques monnaies romaines. Les vases en verre étaient placés dans des urnes de pierres creusées dans des blocs de granit. Il y avait donc en ce lieu un cimetière gallo-romain. Tout auprès, on a aussi découvert une partie d'un souterrain-refuge, de la même époque.

 

Les villages de la commune de Rancon sont :

 

Ardent et Moulin d'Ardent, sur la Gartempe. — En 1665 une branche de la famille du Clou possédait ce lieu. Joseph du Clou était sieur d'Ardent en 1740, et portait pour armes : d'azur au chevron d'or surmonté d'un croissant et accompagné de trois clous : 2 en chef et 1 en pointe.

Azard (Moulin d') ou de Laplaud sur la Gartempe.

Bagros.

Bastide (La). — Joseph de Marans, écuyer, était sieur de la Bastide et juge châtelain royal de Rancon, en 1696. - Au siècle suivant, la famille Bonnin possédait La Bastide.

Beaudrouse.

Bellevue et Moulin de Bellevue sur la Gartempe.

Bersac et Moulin de Bersac sur la Gartempe.

Boislinard ou Bostlinard. — Ancien manoir flanqué de quatre tourelles appartenant, en 1306, à la famille Vergnaud, dont les membres prirent le nom de Bolinard avant 1541. Ils portent pour armes : d'argent à un vergne terrassé de sinople, à la bordure denchée de gueules.

Bostlinard (Moulin de). — Sur la Semme. Hardi viaduc d'une seule arche sur cette petite rivière, où passe le chemin de fer du Dorat.

Bonnages (Les).

Bucheuil.

Chardant.

Chasseneuil. — Ancien prieuré sous le patronage des Saints Cosme et Damien. Les Augustins de Montmorillon y nommaient les titulaires. Jean de Coustin

en était prieur, en 1665.

Chatres.

Cluseau (Le). — Nommé dans une charte de 1439.

 

Courcelle (La).

Courtieux (Le).

Egaux (Les).

Clôtre (La).

Maison du garde, au milieu de la forêt de Rancon. Cette forêt a environ 436 hectares.

Maison-Neuve (La).

Mérigot.

Monsac.

Montruc (Le). — Ancien manoir, près duquel on a construit, en 1868, un château moderne, sur le sommet d'un coteau de la rive droite de la Gartempe. En 1562, Jean Trippier, chevalier de l'ordre du roi, était seigneur du Montruc, Gabriel de Marans l'était en 1593. Georges, fils de ce dernier, fut aumônier du roi Henri IV, prieur de Margène, conseiller d'Etat, trésorier de la Sainte-Chapelle à Paris et 41e abbé du Dorat. René de Marans fut le 42e abbé du Dorat.

Moulon (Le).

Roche et Moulin de Roche, sur la Gartempe.

Roumilhac (Le Haut).

Saint-Sulpice. — Chapelle, lieu de pèlerinage fort fréquenté, dont la fête principale est le dernier dimanche du mois d'août.

Tuilerie (La).

Villard (Le).

Villenue.

Villevit.