Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 09/02/2023
RAZÈS, chef-lieu de commune dans le canton de Bessines, a 2.489 hectares de superficie et 1.521 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 490 mètres, près du bourg.
Razès, dans l'ancien archiprêtré de Rancon, est appelé dans un diplôme du XIIe siècle, Castrum de Resesse. C'était une cure dont la fête patronale était celle de l'Exaltation de la Croix, et jadis de Saint-Sauveur. Les curés, dès 1222, y étaient nommés par le chapitre de la cathédrale de Limoges, sur la présentation qu'en faisait l'archidiacre. Au XVIIIe siècle, on y comptait 1.700 communiants, environ 2.376 habitants.
Il y avait dans cette église une vicairie fondée par Pierre du Brouilhet, écuyer, seigneur du Bon-Repaus ; elle était à l'autel de saint Pierre, alias de saint Jean. Noble Pierre de Nougret, seigneur du Bon-Repaus, héritier de Pierre et de François du Brouilhet, y nommait un titulaire en 1564. Ce fut l'évêque de Limoges qui y nommait, en 1654, et le curé de Razès, en 1723 et 1740.
L'église de Razès est une construction romane en forme de croix, avec coupole et clocher à l'intersection du transept. Plusieurs parties en ont été reconstruites en style gothique. Le sanctuaire a des fenêtres ogivales et des nervures rondes à sa voûte, pendant que la travée qui le précède est ornée de nervures prismatiques. La nef et les deux chapelles latérales ont conservé le style roman. Jean Gayot, qui était curé de Razès en 1481, et qui mourut grand chantre de la cathédrale de Limoges en 1516, orna de vitraux le sanctuaire de cette église ; on lisait cette inscription sur celui qui était du côté de l'évangile : Johannes Guayotti de Bastida presbiter, capellanus presentis ecclesiae vitram fieri fecit.
Quelques familles avaient leurs tombeaux dans cette église : Laurent de La Cour, sieur de Pezard et de Forest-Vieille en partie, par son testament du 29 mars 1627, veut y être enterré dans le tombeau de ses prédécesseurs.
L'église de Razès possède une cloche sur laquelle on voit l'inscription suivante : « ✠ Sancte Johannes ora pro nobis, 1582 ».
En 1790, lors de la distribution du trésor de Grandmont aux paroisses du diocèse, celle de Razès reçut des reliques de saint Etienne de Muret, de deux compagnes de sainte Ursule, et de saint Dilecte, confesseur, avec la grande châsse de saint Etienne de Muret. Elle n'a malheureusement pas conservé cette dernière, qui était couverte de lames de cuivre doré et ornée de cristaux et autres pierreries. « Le 12 pluviose, l'an 2e de la République une et indivisible (31 janvier 1794), le Conseil de la commune de Razès arrête que l'argenterie de la ci-devant église, aujourd'hui temple de la Raison, sera envoyée au district, et la cloche au département. Signé : Moreau, maire ». (Registre de la municipalité de Razès, folio 14).
Jean Gayot de la Bastide était curé de Razès en 1481. — N… Dazat, en 1678. — François Duponteix, curé de cette paroisse, mourut en 1681. — Léonard Mignot, fut nommé en 1681. — Pierre Avril était curé en 1717 et 1737. — Martial Gérald, nommé en 1748, jusqu'en 1788. — Jean-Martin Besse, 1788, résigna en 1789 au suivant. — Alexis Brisset, 1789, fut déporté en Espagne où il est mort en décembre 1795. — Elie Delinière, qui avait été déporté en Espagne, fut nommé en 1803. — Martial Berry, en 1809. — Jacques Mesnard, le 16 juillet 1820. — Honoré-Léonard Lajoumard, le 1er septembre 1821. — Jean-Antoine Rougier, le 11 février 1827. — Jean-Baptiste Charles, le 25 août 1828. — David Mouneron, le 9 octobre 1828. — Louis Lafaye, en février 1833, mourut en septembre 1836. — Nicolas-Jacques Videloup Duclos, nommé le 1er novembre 1836. — Adolphe-Pierre Mollat, le 30 octobre 1829. — François Barrat, en 1841. — Joseph Pergay, en 1864. — Barthélémy Fély, en 1869. — Bernard Boisgeaud, en 1881. — Noël Navarre, en 1883. — Jules Chomeau, en 1906.
Le presbytère de Razès fut vendu, comme bien national, le 1er fructidor l'An IV de la République (18 août 1796), au sieur Pérot-Magenet, pour la somme de 1.800 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 151, n° 251).
Le cimetière de la paroisse était anciennement autour de l'église, où l'on voit encore quelques pierres tombales : mais au siècle dernier, on en a établi un nouveau entre le bourg et le village et on y a transporté de fort belles pierres tombales. Sur une d'elles on remarque une épée de chevalier, accompagnée des écussons de la famille de Razès : de gueules à trois pals d'argent au chef d'or. un de ces écussons porte sur le chef trois tourteaux. Le tout est accompagné d'une riche ornementation.
Le village de Razès, qui est sur la grande route de Limoges à Paris, était jadis nommé Razès-la-Poste. C'est là où se tiennent les foires de cette commune. En 1556, Guillaume Vauzelle y avait bâti une chapelle dédiée à sainte Anne.
Il y a aussi, à peu de distance, Razès-Château. C'était l'habitation des seigneurs du lieu. Aimeric, seigneur du château de Razès, et sa femme Sibelle donnèrent la chapelle de ce château à la cathédrale de Limoges, du temps du roi Lothaire (entre 954 et 986). Aimeric et Guillaume de Razès, leurs enfants, confirmèrent cette donation, le 18 mars 1087 ou 1092, du temps du roi Philippe et de l'évêque de Limoges Humbaldus. En 1210, Hélie de Razès était couché dans ce château lorsqu’une de ses tours s'écroula et l'écrasa sous les décombres, ainsi que deux de ses fils et une fille.
Les villages de la commune de Razès sont :
Age-Rideau. — En 1493, noble Albert des Monts ou Dumont était seigneur de l'Age-Rideau et en partie de Razès. Marie Dumont, veuve François Mérigot, seigneur de Sainte-Feyre, en 1698, le porta dans cette famille. Au moment de la Révolution, Alexandre-Philippe-François Mérigot, marquis de Sainte-Feyre était seigneur de l'Age-Rideau, sénéchal et grand bailli d'épée de la Marche. Ses armes sont : « d'azur au chevron d'or chargé de trois coquilles de gueules, accompagné de trois molettes d'argent : 2 en chef et 1 en pointe ».
Age (Moulin de l'). — Sur la Couze.
Aiguemarde (Moulin d'). — Sur une branche de la Couze.
Augère.
Champour. — Antoine Barbou, né le 19 février 1729, fut seigneur de ce lieu.
Chanteloube. — Où sont de riches carrières de minéraux précieux et fort rares.
Charansanne.
Chatres (Les).
Ecouat (Moulin d').
Fraixe (Le).
Gamarde (Moulin de). — Peut-être le même qu'Aiguemarde.
Grangette.
Jalinour.
Lavaud-Bourgoin. — A sept ou huit cents mètres au sud de ce village se trouve une pierre branlante, de forme ovoïde, dont le petit axe est d'environ de 4 mètres et le grand de 5. Elle remue dans la direction du nord au sud. Lorsqu'on l'agite elle vient heurter un rocher dont elle est éloignée de 10 centimètres, lorsqu'elle est en repos.
Lavaud-Jalounaud.
Malabard (Le).
Puy-Védrinaud.
Roche (La).
Roudeix (Moulin de).
Santro. — On a trouvé près de ce village, en 1893, une urne funéraire creusée dans un bloc de granit de forme cylindrique avec un couvercle semi-sphérique ; elle contenait des cendres et des débris d'ossements.
Silor et Moulin de Silor, sur un petit affluent de la Couze.
Soumagne (La). — François de Labuxière était sieur de La Soumagne en 1777.