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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 09/02/2023

 

RILHAC-LASTOURS, chef-lieu de commune dans le canton de Nexon, a 1 631 hectares de superficie et 758 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 488 mètres près de Lastours.

La paroisse de Rilhac, dans l'ancien archiprêtré de La Meyze, est sous le vocable de saint Pierre-ès-Liens. Le prieur du Chalard y a nommé les curés, au moins depuis 1561, jusqu'à la Révolution, mais pendant ce temps, on trouve trois nominations faites par l'évêque de Limoges, en 1586, 1708, 1732. Au XVIIIe siècle, on y trouvait 900 communiants, environ 1 200 habitants.

L'église de Rilhac est de construction romane, son abside est à cinq pans coupés. Elle possède deux cloches dont voici les inscriptions.

« ✠  Parrain, messire Germain de David, comte de Lastours, baron de la Douze, premier baron du Haut et Bas Limousin. Marraine, dame Marie-Anne-Françoise Berni, veuve à feu messire François de David, baron des Etangs. Messire François Bourdichon, curé de Rilhac-Lastours. Jean Gorsas, sindic fabricien, 1768. - J. B. Richard, M. F. ». On peut lire les deux dernières lettre M. F., maître-fondeur, ou m'a fondue. Cette cloche qui a 0,82 centimètres de diamètre pèse environ 320 kilos.

« ✠ J'ai été fondue pour l'église de Lastours. J'ai eu pour parrain M. Jules Delignat-Lavaud, avocat, maire de Limoges, chevalier de Légion d'Honneur, et pour marraine, Mme Camille-Marie-Marguerite-Jeanne Giry. Jean Bragard, maire de Rilhac-Lastours. M. Delignat-Lavaud, père, président du conseil de fabrique de Latours. M. Mérigot, curé de Rilhac-Lastours. — Fondue, par Antonin Vautier, à St-Emilion, Gironde, l'an 1874. »

Le 17 messidor an IV (5 juillet 1796), le presbytère de Rilhac-Lastours fut vendu, comme bien national, à dame Mazabraud,Devaleis, pour la somme de 2 340 francs. (Archives de la Hte-Vienne, Q. 151, n° 118).

Geoffroy de Las Tours était curé de Rilhac en 1501. — En 1556, Jean Forestarie et Pierre Savignac permutent le prieuré-cure de Rilhac-Lastours pour celui de Nantiat. — Pierre Benoist est nommé curé en 1566. — Etienne de Favars prend possession de la cure de Rilhac en 1621, malgré l'opposition de Jean Sanson, religieux du Chalard, qui se disait curé de Rilhac. — N. Pénicaud est dit prieur-curé en 1670 et 1686. — N… Vignaud, 1722-1732. — N… Garreaud, 1733. — N… La Mareilhe, 1735-1739. — Louis Texier, 1739-1751. — Guillaume Malevergne, 1757, meurt en juillet 1764. — François Bourdichon, 1767, résigne au suivant en 1777. — Martial-Ignace Rogier, 1777, meurt en 1787. — Geoffroy Maud, 1787, déporté en Espagne pendant la Révolution. — Pierre Jacquet, nommé en 1803. — Geoffroy Maud, nommé une seconde fois le 24 avril 1803, ne semble pas y être venu ; il est resté curé de La Meyze où il est mort en 1834. — Pierre Deleron nommé le 1er juin 1814. — La cure de Rilhac fut desservie pendant deux ans par le curé de Nexon. — Yrieix Lamorelie, nommé le 1er mars 1816. — N… Papon, desservait la paroisse en 1832. — Pendant quelques années, le service fut fait par les curés voisins. — Pierre-Joseph-Emile Audoynaud nommé le 1er décembre 1854, y resta jusqu'en 1871. — Jean-Baptiste Mérigaud, nommé en 1871. — Pierre Granet, en 1881. — Paul Cussat-Laigras, en 1882. — Auguste Buisson, en 1884. — Charles Gigot, en 1888. — Antoine Geniez, en 1892. — Alphonse Bourdoncle, en 1897.

 

Les villages de la commune de Rilhac-Lastours sont :

 

Bataille (La).

Bauvier (Le).

Bellevue.

Boulicaud.

Chez-Belle.

Chez-Nardy.

Chez-Rousseau.

Combes (Les).

Gainemard.

Ganne (La).

Gorsas.

Gravilles (Les).

Las Tours. — Il y avait à Las Tours un ancien prieuré qui est dit aumônerie, en 1228 et 1348, ainsi qu'un hôpital fondé par les seigneurs de Las Tours.

La cure de Las Tours, mentionnée en 1294, est dite succursale de l'église de Rilhac en 1318, 1360 et 1735. Au XVIIIe siècle on y comptait 250 communiants, environ 334 habitants. Vers l'an 1100, Goulfier de Las Tours porta de Jérusalem un os du cou de sainte Marguerite, qu'il mit, avec d'autres reliques, dans l'église de Las Tours. Depuis la ruine de cette église, dite de sainte Marguerite, le service de la paroisse et les fonctions curiales ont été transférées dans l'église des Croix de Las Tours. Cette dernière, dans laquelle Aymerix Raymundi, notaire, avait fondé une vicairie avant 1409, fut détruite pendant la Révolution. Aujourd'hui, il y a une église ou chapelle, qui a remplacé celle bâtie en 1488 sur une motte carlovingienne près du château : elle a été restaurée en 1827.

On trouve, comme prieur de Las Tours, Pierre Benoist, qui en prenait possession en 1566. — N… Pénicaud est dit prieur-curé en 1670. — N… Reignier, nommé prieur en 1756, y était encore en 1783.

Le nom des chevaliers de Las Tours est célébré dans les annales de la chevalerie des l'époque la plus reculée. Vers 987 Goufier de Las Tours s'était déjà distingué dans la carrière des armes. Vers l'an 1000, Gui de Las Tours, surnommé le Noir, brillait par sa bravoure parmi les seigneurs limousins. Goufier, fils de Gui, est probablement celui qui a construit le premier château, dont le donjon carré existe encore ; il se croisa en 1096 et fut un des héros de la première croisade.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, un nouveau château fut construit sur l'emplacement du premier. Il se compose de corps de bâtiments formant un carré, avec de grosses tours rondes à ses angles. Le donjon du XIe siècle a été

conservé dans son enceinte. Ce château a été démoli pendant la Révolution, en vertu d'un arrêté des représentants du peuple, Brival et Borie, en mission dans la Haute-Vienne et la Corrèze, du 8 nivose an II (28 décembre 1793).Les armes de la famille de Lastours sont : « d'azur, semé de fleurs de lis d'or, à trois tours d'argent brochantes. »

La famille d'Abzac qui succéda aux de Las Tours porte pour armes : « d'argent à la bande d'azur chargée d'un besant d'or et à la bordure d'azur chargée de huit besants d'or, 3, 2 et 3. »

François de David, qui épousa Charlotte d'Abzac en 1660, devint seigneur de Las Tours. Ses armes sont : « d'or à trois coquilles de saint Jacques de sinople. »

Peu après 1768, la terre de Las Tours fut vendue au comte des Cars. On trouve à l'assemblée générale de la noblesse du Limousin, en 1789, Louis-François-Marie de Pérusse, comte des Cars, baron d'Aixe, des Cars, de Las Tours, etc … dont les armes sont : « de gueules au pal de vair. »

Au nombre des hommes de cette contrée on peut encore citer : Grégoire Béchade, chevalier du château de Las Tours, qui florissait vers l'an 1130, écrivit un poème en langue limousine avec ce titre : «  Histoire de la première croisade et de la délivrance de Jérusalem ». Ce précurseur du Tasse dédia son livre à Eustorge, évêque de Limoges. Geoffroy du Vigeois fait l'éloge de ce poème que l'on croit perdu.

Godefroy de Las Tours fut fait prisonnier à la bataille de Poitiers.

François Favard, né à Las Tours en 1562, fut d'abord avocat au parlement de Bordeaux, puis entra dans la compagnie de Jésus. Il traduisit avec élégance la vie de saint Ignace de Loyola, et mourut à Lyon en 1644.

Leybardie.

Perrier.

Puy-Faucon. — Seigneurie de la famille de Bazin de Bezons, dont une branche possédait les seigneuries de la Mothe et du Puy-Vigeraud dans la paroisse de Salon, près d'Uzerche.

Antoine de Bazin, écuyer, seigneur du Puy-Faulcon, épousa, en 1576, Jeanne de Montaignac ;  Jean de Basin, écuyer, seigneur du dit lieu, épousa, en 1602, Anne de Coral. François de Bazin, chevalier, époux de Elisabeth de Rocquart, était seigneur du Puy-Faulcon et d'Essette, en 1752.

Armes : « de gueules alias d'azur au lion d'or, accompagné de 2 fleurs de lis de même ».

Ribière (La).

Villeneuve.