Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 09/02/2023
ROCHECHOUART est le chef-lieu d'un arrondissement qui a une superficie de 79 845 hectares et 56 792 habitants.
Il comprend les cantons d'Oradour-sur-Vayres, Rochechouart, Saint-Junien, Saint-Laurent-sur-Gorre, et Saint-Mathieu.
Le canton de Rochechouart a une superficie de 13 983 hectares, et 9 191 habitants. Il comprend les communes de Chéronnac, Rochechouart, Les Salles-Lavauguyon, Vayres et Videix.
La commune de Rochechouart a une superficie de 5 387 hectares et 4 559 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 272 mètres.
Il y avait à Rochechouart, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, un prieuré dont l'existence serait connue dès l'an 801, mais sa fondation certaine eut lieu vers 1049, sous l'épiscopat de Jourdain de Laron, évêque de Limoges. Il portait le nom, ainsi que le monastère qui était en ce lieu, de prieuré de Saint-Sauveur. Sa fête patronale était celle de saint Julien de Brioude, ou celle de la Transfiguration. Il fut donné au monastère de Charroux vers 1040, et le roi Philippe confirma cette donation en 1077. L'abbé de Charroux, depuis cette époque, y a toujours nommé les prieurs.
Par une transaction de 1481, le prieur de Saint-Sauveur permit au curé de Biénac de faire les fonctions curiales dans l'église de son prieuré. Cette église devint une annexe de celle de Biénac, et l'abbé de Charroux y nomma les curés.
En 1762, pendant que Léonard de Marcillac était curé, le titre du prieuré de Saint-Sauveur de Rochechouart, fut éteint et tous ses droits réunis à l'église paroissiale, qui devint une cure distincte et séparée de celle de Biénac. La ville de Rochechouart avait alors environ 300 feux, 900 communiants et 300 enfants, ce qui faisait environ 1 200 habitants. Les villages compris dans cette nouvelle paroisse de Rochechouart avait 91 feux, 342 communiants et 140 enfants, ce qui donne environ 482 habitants. C'était donc 1 682 habitants qu'il y avait dans cette paroisse. Leur nombre a peu varié jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, puisqu'à ce moment il y avait 1 295 communiants, environ 1 727 habitants.
L'église du prieuré de Saint-Sauveur, bâtie au XIe siècle par les moines venus de l'abbaye de Charroux, et consacrée par Itier, évêque de Limoges, le 11 novembre 1061 ou 1067, est maintenant l'église paroissiale de Rochechouart. Il ne reste de la construction romane de cette église que la porte principale à l'ouest, le mur du nord dans toute sa longueur, le transept et une partie du chœur. Comme dans la plupart des églises de cette contrée, le chœur est de forme carrée, la nef est composée de trois travées ; les croisillons du transept renferment deux chapelles dans lesquelles on entrait autrefois par une porte cintrée. Les fenêtres du chœur et le portail du sud sont en style ogival de la fin du XIIIe siècle. Le clocher, qui a deux étages octogones est élevé sur le porche roman ; sa flèche a été refaite vers 1764, elle est aussi octogone et tourne en spirale, au lieu d'avoir ses pans en ligne perpendiculaire ; c'est une application d'une loi de balistique, pour lui donner une plus grande résistance au vent.
Il y avait dans ce clocher une grosse cloche portant cette inscription : « ✠ Jesus, Maria, Sancte Julliane ora pro nobis. - Est mon parrain, Haut et puissant Me comte de Rochechouart, baron de Saint-Germain-sur-Vienne, chevalier de l'ordre du roi, conseiller en ses conseils d'état et privé. Marraine : Anne du Tiercelin, dame de Montmoreau. - Les consuls m'ont fait faire en l'an 1615 …… Montazeau, maire, J. L. C. P. T. M. ». Une partie de cette inscription avait été enlevée avec une ciseau ou tout autre instrument. Cette cloche qui pesait 4 278 livres fut refondue en 1811.
Une petite cloche, du poids de 21 livres, fut refondue avec la précédente pour en augmenter le poids. On y lisait cette inscription : « ✠ Pier Sr de Lavau, Léonard Guillot du Dousser Pr (procureur), Marie Durousseau, parrain et marraine, 1662 ».
En 1811, on fit, avec le métal des deux précédentes, la grosse cloche qui porte cette inscription : « ✠ A été fondue l'an 1811, 7me de l'Empire Français, sous le règne de Napoléon-le-Grand et l'administration de MM. Chazeau, maire et Pr, Soulat, adjoint. - A été bénite par M. Périgord, en l'honneur de saint Isidore. » Le poids de cette cloche est de 1 800 kilos.
En 1851, avec le métal d'une cloche de 1839, qui avait été cassée, on en fait faire une sur laquelle on trouve cette inscription : « ✠ A été fondue en 1851, et bénite sous l'invocation de sainte Marie. - Maire, M. Baudequin, ancien notaire, et Ribière, curé de Rochechouart. »
La liste des curés de Bienac et de son annexe Rochechouart, est ci-après, où il est parlé de Bienac. Au Concordat de 1801, l'église de Rochechouart était non seulement devenue église paroissiale, mais eut encore le titre d'archiprêtré. Pierre-Julien Périgord, qui avait été déporté à l'étranger, fut nommé curé-archiprêtre de Rochechouart le 24 avril 1803. - Pierre Leclerc, le 27 août 1812. - Jean-Baptiste Lamy-Boisrosier, le 16 janvier 1813. - Pontiant Mitraud, en 1819, mourut le 8 décembre 1828 et eut pour successeur son neveu. - Antoine-Théobald Mitraud, le 1er janvier 1829. - Elie Ribière, le 26 novembre 1841. - François Arbellot, le 12 janvier 1856. - Eugène Rougerie, le 15 février 1877. - Michel Bichon, le 4 novembre 1881. - Antoine Southier, le 11 novembre 1893.
✠
Aux prêtres de Rochechouart
Morts pour la Foi
Ou persécutés pour elle
____
PIERRE-PAUL REMPNOULX
Curé de Rochechouart
De 1780 à 1784
Mort sur les pontons de Rochefort en 1794
LOUIS SOURY
Curé de Bouronne-de-Chancelade dioc. de Périgueux
Né à Rochechouart en 1765
Guillotiné à Bordeaux en 1794
_____
J. -B. de la Croix, curé de La Plaud, né à Rochehouart en 1730, condamné pour refus de serment, à la prison perpétuelle comme sexagénaire.
Poutiaud Mitraud, exilé en Pologne, mort curé-archiprêtre de Rochechouart, en 1828.
Jean-Thomas-Valentin, né à Rochechouart en 1762, condamné à la déportation, mort curé-doyen de Saint-Mathieu en 1832.
Jean Marquet, né à Biennac en 1763, condamné à la déportation, mort à Limoges en 1841.
Pierre Mélière, vicaire à Rochechouart, poursuivi pour rétractation de serment, mort curé de Saint-Bazile, en 1804.
J.-B. Pallier-Lapeyrière, né à Rochechouart en 1764, déporté à Rochefort, mort curé de Taponat, en 1825.
Jean Lamy-Boisrosier, exilé pour refus de serment, curé-archiprêtre de Rochechouart, de 1813 à 1819, chanoine de Limoges, mort à Saint-Junien, en 1836.
Jean-Julien Périgord de Villechenau, né à Rochechouart, en 1754, exilé en Angleterre, curé-archiprêtre de Rochechouart de 1803 à 1813, mort vicaire général de Limoges en 1832.
Jean-Charles Périgord-des-Borderies, né à Rochechouart en 1759, exilé en Espagne, mort curé de Saint-Pierre-du-Queyroix, à Limoges, en 1832.
Jean-François Périgord des Conties, né à Rochechouart en 1766, exilé en Espagne, mort curé-doyen d'Oradour-sur-Vayres en 1851.
Jean de Prun, de Rochechouart, avait fondé une vicairie dans cette église, par acte du 11 avril 1344.
Avant 1473, noble Simone de Tison en avait fondé une qui fut augmentée, en mai 1531, par noble Simone de Tison, dame de Cramau et de Puyjoyeux.
Ramnulfe ou Raymond Dessarts ou Essarts et Aimeric son frère en avaient établi une avant 1316.
Olivier Lebreton et Marie Faulcon en avait fondé une à l'autel de saint Nicolas, avant 1509.
Il y avait aussi, attachée à cette église, une communauté de prêtres chargés d'une partie du service paroissial et de la célébration des messes et services de fondation. Elle est signalée dans plusieurs actes de 1552, 1564, etc.
Le cimetière de Rochechouart existait anciennement autour de l'église paroissiale de Saint-Sauveur. Il y en avait cependant un second à l'extrémité du faubourg, dans un lieu nommé Maumoussou ou Bostmoussou, et ce dernier est devenu le cimetière général. Dans son enceinte se trouvait une chapelle édifiée au XIIIe siècle, par Foucaud, chanoine de Limoges, cinquième fils de Marguerite de Limoges et d'Aimery VIII, vicomte de Rochechouart. Cette chapelle fut reconstruite en 1648. Elle a été restaurée et bénite de nouveau en 1855, sous M. Ribière archiprêtre de Rochechouart. Jean I vicomte de Rochechouart, par son testament du 23 février 1335, y avait fondé une vicairie à laquelle nommaient ses successeurs. Les armes de la famille de Rochechouart y sont sculptées sur une pierre près de la petite porte.
Il y avait à Rochechouart, en 1272, une Aumônerie, appelée, en 1316, Maison-Dieu, et en 1353, Hôpital. Dans cet établissement, situé faubourg Porte-Marchedieu, se trouvait une chapelle qualifiée prieuré en 1344. Ce dernier fut donné aux clercs et prêtres de la communauté de cette église, par Claude, vicomte de Rochechouart, en 1548.
Au siècle dernier un nouvel Hôpital a remplacé l'ancien dont il ne reste rien. Ses véritables fondateurs sont : Mme Catherine-Louise Périgord, veuve Villoutreix, en 1818, et son frère, M. Périgord des Conties, curé d'Oradour-sur-Vayres, en 1824. Grâce à des dons particuliers et à une subvention du ministre de l'Agriculture, on a pu entreprendre, en 1898, la reconstruction entière de cet hôpital. Aujourd'hui, il possède tout ce qui est nécessaire et en particulier une gracieuse chapelle.
Sur l'esplanade voisine du château de Rochechouart, près de la tour appelée de la Chapelle, Louis de Rochechouart avait fait élever une église en 1362, dite Notre-Dame-du-Château. Il paraît qu'elle fut démolie en 1576 par le vicomte Jean II, qui en en fit construire une autre dans le château même et toujours sous le nom de Notre-Dame-du-Château. On indique cependant saint Jean-Baptiste comme patron de cette église. Quelques vicairies y avaient été fondées, notamment le 19 février 1512, par l'abbé Bertrand Chemison.
La ville de Rochechouart a une origine féodale. Elle doit sa formation à un château qu'on trouve mentionné dans nos Annales, dès le commencement du XIe siècle. Ce château est dans une position magnifique et la vue de Rochechouart du côté du midi est des plus pittoresques. Un grand corps de logis, flanqué du côté de la campagne, de deux grosses tours : deux ailes en retour d'équerre, aboutissant à d'autres tours et une vaste cour, entourée, au rez-de-chaussée seulement, d'un corridor couvert ou portique, formé par des colonnes torses, en granit : voilà ce qu'est le château.
A côté de sa masse imposante et à son ombre protectrice, des couvents, des chapelles, une aumônerie se sont élevés et la ville de Rochechouart s'est formée autour.
Dans son état actuel, ce château semble n'avoir conservé qu'une seule tour du château, construit au XIIIe siècle. Elle est la plus haute de toutes et flanque le pont-levis. Le reste de l'édifice date de la seconde moitié du XVe siècle.
Pendant neuf siècles les vicomtes de Rochechouart ont habité ce château. Ils tirent leur extraction des vicomtes de Limoges. En l'an 965, Aymery-Ostrofrancus, fils de Géraud, cinquième vicomte de Limoges et de Bathilde de Brosse, épousa Ave ou Eve, fille de Guillaume, comte d'Angoulême. Ce dernier avait été investi par Guillaume IV, duc de Guyenne, des vicomtés de Melle, d'Aunay et de Rochechouart. La vicomté de Rochechouart échut en dot à la femme d'Aymery de Limoges, qui prit le titre de vicomte de Rochechouart.
Il n'y avait pas de maison, en France, qui surpassât celle de Rochechouart en grandeur d'origine et en antiquité. Ses membres ont occupé les postes les plus élevés dans l'Etat. Si elle a perdu des terres de ses premiers aïeux par l'extinction de ses branches aînées, elle s'est revêtue d'autres dépouilles des maisons illustres, qui ont tenu à gloire de perdre leur nom par une heureux échange de leur sang avec le sien.
Les armes de cette maison sont : ondé d'argent et de gueules de six pièces. Devise : Ante mare undae. Avant que la mer fut au monde, Rochechouart portait ses ondes.
Elle a formé plusieurs branches. Une des plus illustres est celle de Rochechouart-Mortemart, qui remonte à Guillaume de Rochechouart, en 1256. Ses membres ont mis comme brisure, aux armes de Rochechouart : une belette de sable, sur la 2e fasce d'argent, au premier canton.
La branche qui nous intéresse le plus est celle des Rochechouart-Pontville, qui a possédé le château jusqu'au XIXe siècle. Elle a commencé lors du mariage d'Anne de Rochechouart avec Jean de Pontville, en 1470. Elle porte pour armes : écartelé, aux 1er et 4e ondé d'argent et de gueules de six pièces, qui est de Rochechouart, aux 2e et 3e de gueules aux pont de deux arches d'or, qui est de Pontville.
La ville de Rochechouart, protégée par les vainqueurs du lieu, a joui d'une certaine prospérité pendant les siècles passés. On voit qu'en 1296, Aimeric IX, vicomte de Rochechouart, octroya aux habitants de la ville une charte qui les affranchit et porte la création de leur commune. Depuis cette époque ils se gouvernèrent eux-mêmes et nommèrent des consuls qui s'occupaient de leurs intérêts.
En 1369, la ville de Rochechouart fut assiégée par messire Jean Chandos, ayant sous ses ordres trois cents lances (chevaliers ou écuyers), et deux cents archers. Mais, défendue par les vaillants capitaines Thibaut du Pont et Elliot de Calais, la ville résista à tous les efforts des assaillants, qui furent forcés de lever le siège.
En 1371, le 13 mai, les Anglais prirent la ville de Rochechouart par escalade.
En 1494, Jean de Rochechouart Pontville donna au collège de Montaigut à Paris, 240 livres de rente, pour y posséder une bourse destinée à un jeune homme de Rochechouart, que les vicomtes désigneraient. Les habitants ont joui de cette bourse jusqu'à la Révolution.
En 1512, eut lieu l'assassinat de Pierre Bermondet, seigneur du Boucheron, lieutenant-général du sénéchal de Limoges, par les hommes de François de Pontville, à Saint-Laurent-de-Céris (Charente), et non à Saint-Laurent-sur-Gorre (Haute-Vienne), comme beaucoup l'ont écrit. Ce crime fut perpétré à la suite de discussions entre le vicomte de Rochechouart et le lieutenant-général, au sujet des propriétés de ce dernier que François de Pontville voulait acquérir, et non à la suite d'une prétendue histoire de la main coupée, inventée par les romanciers du siècle dernier. L'arrêt qui condamna à mort les coupables (publié au Bulletin de la Société archéologique du Limousin, tome LIX, p. 540, et LX, p.509), fait justice de cette invention et de plusieurs autres détails erronés. Le vicomte, qu'on n'avait pu arrêter, était aussi condamné à de très fortes amendes envers le roi et à des réparations non moindres envers les parties. Un mémoire écrit moins de cent ans après s'exprime ainsi : « mais ayant été le coupable présenté au Roy quelque temps après, en habit de pénitent, un jour de vendredi Saint, comme S. M. allait faire son bon jour en la chapelle de Bourbon, il obtint sa grâce, à condition de satisfaire exactement à tout l'intérêt civil du dit Arrêt et ce qui en dépend ; le Roy ne lui ayant remis que la vie. Ce qui a été ponctuellement exécuté, et on tient que cette affaire a coûté plus de 200 000 écus à la maison de Rochechouart, qui était alors très opulente et qui est réduite à présent à une grande médiocrité. »
En 1559, quelques sectaires de la religion prétendue réformée, s'établirent à Rochechouart. Daniel de Barthe, prédicateur calviniste, natif de Rochechouart, vivait dans la première moitié du XVIIe siècle.
Vers la fin du XVIIIe siècle le vicomte de Rochechouart était François-Louis-Marie-Honorine de Rochechouart-Pontville, qui avait épousé, le 23 juin 1754, Marie-Victoire Boucher. Il mourut à Paris, le 25 octobre 1778. Son fils, Armand-Constant de Rochechouart-Pontville, était capitaine au régiment d'Artois-Dragons, en 1778. Il émigra en Allemagne en 1791, et ne rentra en France qu'en 1815.
La vicomtesse Marie-Victoire Boucher fut arrêtée avec quelques autres personnes de Rochechouart. D'abord emprisonnée à Limoges, elle fut ensuite envoyée au Tribunal révolutionnaire de Paris, et ce tribunal sanguinaire la fit guillotiner le 3 floréal an II (23 avril 1794). Elle ne fut pas seule à subir ce traitement, car déjà ce même tribunal, le 28 ventôse an II (18 mars 1794), avait condamné à mort cinq personnes de la région de Rochechouart. Ce sont : MM. Jean Babaud Lafordie ; Jean-Baptiste Goursaud de Merlis ; Mmes Françoise Périgord, épouse d'Adrien-Sicaire Téxier ; Louise-Sylvie de Chamborant-Villevert, épouse de Jacques Barbier de Blamont ; Marcelle-Aimée de James, religieuse de l'ordre de Fontevraud ; Un autre habitant de Rochechouart, Louis Soury, curé de Bouronne, près Chancelade, fut aussi à cette époque, condamné à mort à Bordeaux et guillotiné le 18 prairial an II (6 juin 1974), avec les personnes qui lui avaient donné asile dans cette ville.
A la suite de ces événements, le château de Rochechouart devint bien national. Il ne fut pas vendu. Mais le Journal de la Haute-Vienne, qui était l'organe du club de Limoges, nous dit dans son n° du 15 messidor, an II (3juillet 1794) : « Les sans-culottes démolissent les tours d'un ci-devant château de Rochechouart, ils ont vendu à leur profit toute la charpente et une grande quantité de pierres de taille. » En agissant ainsi , ils exécutaient l'arrêté publié le 8 nivôse an II (28 décembre 1793), par les représentants du peuple en mission, Brival et Borie.
Cependant les sans-culottes de Rochechouart, trouvant le travail de démolition trop dur, l'abandonnèrent bientôt. Ce qui restait du château fut employé à divers usages, mais nullement restauré. Au retour des Bourbons, le vicomte Armand-Constant de Rochechouart réclama une indemnité. Celle-ci se traduisit par la remise qui lui fut faite du vieux château en ruines et démantelé ; encore ne fut-il envoyé en possession qu'en 1822, par ordonnance royale du 6 novembre. A peu près ruiné, le vicomte qui habitait presque toujours à Paris, ne fit aucune réparation au berceau de ses ancêtres. A sa mort, en 1832, les biens de M. de Rochechouart furent vendus à la barre du tribunal de la Seine, et le château fut racheté pour le compte du général de Rochechouart, représentant de la branche aînée de la maison. Le nouveau propriétaire avait d'abord l'intention de faire réparer l'antique demeure, mais il y renonça, et le 26 décembre 1836, il la céda au département de la Haute-Vienne, moyennant la somme de 40 000 francs, dont 25 000 furent fournis par le département, et 15 000, par la ville de Rochechouart, qui achetait particulièrement les locaux occupés par la Mairie, la place et les promenades des Charmilles et des Allées.
Aujourd'hui, le château de Rochechouart, restauré en partie, loge la sous-préfecture et contient les services de la Mairie, le Tribunal et les bureaux de l'administration de l'arrondissement. Il est classé monument historique.
Les villages de la commune de Rochechouart sont :
Age (L').
Auvignac.
Babaudu.
Bâtiments (Les).
Biénac. - Voir ci-devant l'article concernant cette paroisse. Il faut en augmenter comme il suit la liste des noms des curés : G. Gren était curé de Biénac, en 1244 et 1254. - Jean Boullesteis, en 1559 - Jean Maisondieu prit possession le 19 août 1621. - N… Boutineau, en 1625. - N… Chazaud, en 1636. - Léonard Nauche, nommé en 1659, se démit en 1683. - Simon Nauche, le 12 septembre 1730. - Léonard Marcillac 1755, mourut en novembre 1773. - Pierre Nadaud résigna au suivant en 1779. - Pierre-Paul Rempnoulx 1780, résigna au suivant en 1784, et mourut pour la foi, sur les pontons de Rochefort, le 7 juillet 1794. - Léonard Brandy du Peyrat, 1784. - Jean-François Périgord, qui avait été déporté en Espagne, fut nommé curé de Biénac en 1803. - Pierre Mazet, jusqu'en 1823. - Antoine-Théobald Mitraud, jusqu'en 1827. - N… Berthet jusqu'en 1830. - Prosper Pariset, jusqu'en 1843. - Guillaume-Pierre Duléry, auteur d'une histoire de Rochechouart publiée en 1855, fut curé de 1843 à 1859. - Etienne-Valéry Mandavy, 1859-1870. - Jean-Baptiste Junien, 1870-1906. - Louis Lacelle, 1907.
Boischenu.
Bordes (Les).
Breuil de la Gorre (Le).
Breuil de Vayres.
Brousse (La).
Brousse (Les).
Chabaudie (La).
Champagnac.
Champagnac (Moulin de).
Chassagne (La).
Chatenet (Le). - Qui était dans les faubourgs de Rochechouart avait des chanoines en 1267. C'était une cure en 1332. Mais dès le milieu du XIe siècle, le vicomte de Rochechouart Aymeric III y avait fondé un couvent établi des religieux bénédictins, et il en fit le lieu de sépulture de sa famille. Le vicomte Jean II (1604-1640) restaura ce monastère et les Frères Prêcheurs s'y établirent en 1614. Vers la fin du XVIIIe siècle, ils y étaient deux prêtres et un frère.
Chausilles (Les).
Ché (Le).
Chez-Cambige.
Chez-Combard.
Chez-Frugier.
Chez-Meillat.
Chez-Reymond.
Clomart.
Clôtre (Moulin de La).
Côte (Moulin de La).
Cramaud, lieu d'origine de la famille de Cramaud. Le cardinal Simon de Cramaud, évêque de Poitiers (1350-1429), portait pour armes : « d'azur à la bande d'or, accompagnée de six merlettes de même en orle. »
Crousille (La).
Fontbouillant.
Font-Grenier.
Gasne (La).
Gorre (La).
Grange (La).
Houmeaux (Les).
Lajaud.
Lande (La).
Légerie (La).
Mascuros - Lieu d'origine de famille de Mascureau dont les armes sont : « Coupé, au 1er facsé d'argent et de gueules de six pièces : au 2e d'azur à trois étoiles d'argent 2 et 1 ».
Maine (Le).
Malbrocher.
Martine (La).
Maumoussou, où était une chapelle rurale au cimetière.
Montazaud.
Mothe (La).
Moulin. - Pont de la Gorre.
Papeterie (La).
Pierre blanche.
Pierre folle.
Plats (Les).
Pré (Le).
Puyjeaud.
Recoudert (Le).
Roumagnac.
Royère.
Sangles (Moulin des).
Troupeaux. - Dont le sieur Goursaud de Laumont était seigneur en 1764.
Tuilerie (La).
Valade (La).
Vérinas.
Vignes (Les).
Villefranche.
Villeneuve.
Viviennas
Dans la forêt de Rochechouart, que la voie romaine de Limoges à Saintes traverse dans toute sa longueur, de l'est à l'ouest, existent cinq tumulus : un grand au centre et quatre autres plus petits, disposés en croix. Ils ont été fouillés de nos jours par M. Masfrand. Les quatre petites mottes avaient 15 mètres de diamètre et 1m60 de hauteur. Le tumulus qui occupait le centre avait 3m39 de hauteur et 30 mètres de diamètre.
Le mobilier funéraire de ces sépultures comprenait plusieurs vases en terre, des fragments de fer très oxydés, de nombreux lingots de bronze provenant de la fonte de bijoux ou d'armes, et d'ossements calcinés. L'urne cinéraire occupait toujours le centre de la sépulture et était protégée par quatre grosses pierres. Cette urne reposait sur un amas de cendre et de charbon.