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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 09/02/2023

 

SAINT-AUVENT, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Laurent-sur-Gorre, a 3,348 hectares de superficie et 1,824 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 295 mètres.

Saint-Auvent, surnommé l’épiscopal, probablement parce qu’il dépendait de l’évêque, était une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, qui avait jadis pour patron saint Pierre-ès-Liens, et plus tard saint Auvent, sanctus Audentius, qu’il ne faut pas confondre avec saint Ouen, sanctus Audoenus. Saint-Auvent, dont la fête est le 28 janvier, était évêque, et mourut en ce lieu en revenant d’un pèlerinage de Saint-Jean-de-Compostelle. En 1230, l’évêque de Limoges, Guy de Clusel, leva de terre le corps de ce saint évêque, et le plaça dans l’église de ce lieu qui devint le centre de la paroisse. Il y avait, en 1149, une autre église au lieu qu’on appelait Romevieille de Saint-Auvent, sur laquelle le chapitre de Saint-Junien avait des droits ; mais en 1558, elle fut jointe à l’église paroissiale.

Sur la fin du XVIIIe siècle la cure de Saint-Auvent avait 2,100 communiants, environ 2,800 habitants. L’évêque de Limoges y a toujours nommé les curés.

Au mois de juin 1734, l’église fut gravement endommagée par le tonnerre, et son clocher presque entièrement détruit. Comme on tardait à le réparer, l’évêque fut obligé de l’interdire en 1745, et les habitants allaient alors, avec leur curé, dans l’église de Saint-Cyr pour la célébration de la messe paroissiale. Pendant la Révolution, le 25 brumaire an V (15 novembre 1796), le presbytère de Saint-Auvent et ses dépendances furent vendus comme bien national, à Jean-Baptiste Chaisemartin, marchand de Limoges (Archives de la Haute-Vienne. Q. 148, n° 327).

L’église de Saint-Auvent possède deux cloches sur lesquelles sont les inscriptions suivantes :

« ✠ Sit nomen Domini benedictum. — Parrain, saint Auvent, patron de la paroisse. Marraine, Notre-Dame Auxiliatrice. Martial-Joseph Cheyrou, curé. Gravelat Lagasne, maire. Martin, frères, fondeurs, 1801 ».

« ✠ Sit nomen Domini benedictum. — Saint Auvent, patron de la paroisse. Maxime de Frédy, parrain, sous le patronage de saint François de Salles. Marraine, Marie-Clémence comtese de La Guéronnière. Comte de Frédy, maire. Curé, M. Deluret. Fondue par Triadou, aîné, à Villefranche, Aveyron, 1876. »

Ont été curés de Saint-Auvent : Jean Cailhon, en 1511-1515. — Sébastien Mathieu, qui prit possession, en 1581. — N... Morrelon, 1652-1657. — N... Dusolier, 1691. — Jean Goursaud, 1720-1739. — Aubin Buisson, 1740-1745. — Joachim Parat, 1745. — N... Chapus, 1748. — Michel-Annet de Chaisemartin, 1771, jusqu’au Concordat. — Martial-Joseph Chéroux qui avait été déporté sur les pontons de Rochefort, fut nommé le 24 avril 1803. — Jacques Delareberette le 1er octobre 1824. — Léonard Berthet, le 1er décembre 1831. — Pierre Labrune, le 23 décembre 1839. — Jean-Baptiste-André Deluret, le 1er décembre 1847. — Jean Béchade, le 6 février 1896. — Martial Charbonnelle, en 1907.

La terre de Saint-Auvent et son château bâti au confluent de la Gorre et du Gorret, dans une position des plus fortes et des plus pittoresques, étaient possédés, dès les temps les plus reculés, par la famille de Rochechouart sortie de celle des vicomtes de Limoges. Simon de Rochechouart accordait des privilèges particuliers aux habitants de Saint-Auvent, en 1226. Ses descendants se sont transmis, de père en fils, la terre de Saint-Auvent. Ainsi on voit que par acte du 3 février 1500 (1499), François de Pontville, vicomte de Rochechouart, sénéchal de Saintonge, avoue tenir en fief du Roi sa vicomté de Rochechouart avec ses terres et seigneuries de Saint-Auvent, Saint-Laurent, Marval et Pensol, membres incorporés de ladite vicomté. Les armes de Rochechouart sont : fascé et ondé de six pièces, d’argent et de gueules.

Anne de Rochechouart en épousant Isaac de Perry, en 1681 lui porta le château et la châtellenie de Saint-Auvent, qui sont passés à leurs descendants. Cette famille porte pour armes : d’argent à la bande de sable accompagnée de deux lions de gueules, un en chef, l’autre en pointe.

Hubert-Léonard-Benjamin, marquis de Perry, comte de Saint-Auvent, ne laissa que trois filles. L’aînée épousa le comte de Frédy, qui hérita de Saint-Auvent, et leurs descendants le possèdent encore. Les armes de la famille de Frédy sont : d’azur à neuf coquilles d’or, 3, 3, 2 et 1.

 

Les villages de la commune de Saint-Auvent sont :

 

Age (Moulin de l’). — Jean de Laroche, sieur de l’Age était notaire royal, à Saint-Auvent, en 1662.

Balot.

Beaureil, près de ce lieu trois parcelles de terre portent le nom de Pierre-Levée, nom qui indique un dolmen, mais il n’en existe aucune trace.

Bellemenie. — On y a trouvé les restes d’une villa romaine où sont quelques fragments de mosaïque multicolore.

Bellevue.

Berthe (La Petite).

Besse (La). — Jean de Lagarde, sieur de la Besse, était juge sénéchal de la cour de Saint-Auvent, en 1740.

Bois de l’Age.

Bois-Vieux.

Bussière (La).

Chez l’Abbé.

Chez Mény.

Chez Moutaud, où est un dolmen appelé Pierre-Levée. Il est sur la limite de la commune de Cognac (Voir l’article de Cognac). La carte de l’Etat-major n’a pas indiqué ce village.

Combes (Les).

Côte (La).

Coufigeas.

Escuras.

Fonférias. — Simon Gaultier de Dreux, chevalier de Fonférias, mourut peu avant le 15 octobre 1767.

Foucaudie.

Fougeras.

Gente (La).

Grange du noir.

Jousseline (La). — Pierre Groussaud, sieur de la Jousselinie vivait en 1663. Guillaume Gautier, juge sénéchal civil et criminel du comté de Saint-Auvent, sieur de la Jousselinie, meurt le 6 mai 1785.

Laspuas.

Laurencie (La). — Annet de Saint-Fief était seigneur de La Laurencie en 1604. Ses armes sont : « d’azur au chevron d’argent, accompagné de trois croix raccourcies de même 2 et 1. » Noble François de Saint-Fief était seigneur de La Laurencie et de Puydau, en 1612. C’était en 1628, Léonard Descubes, époux d’Anne de Saint-Fief, qui possédait ces lieux.

Léonard Descubes, écuyer, seigneur de la Laurencie en 1650, épousa Anne de Chauveron dont il eut Anne, qui épousa, en 1671, à Pluviers, Pierre de Fornel, écuyer, seigneur de la Faucherie, à qui elle porta La Laurencie. Descubes porte : « d’azur  à 3 cubes d’or 2 et 1. » En 1719, Jean de Fornel, époux de Jeanne Rouard, ou Rocard, est seigneur de La Laurencie, il porte pour armes : « d’azur au vol d’or ». En 1736, François de Fornel et en 1750, son fils, Jean de Fornel, étaient seigneurs de La Laurencie. Ce fut enfin Jean-Martial de Fornel qui a été maire de Saint-Auvent et est mort en 1858.

Mailleries (Les). — Jean Leylavoix était sieur de La Maillerie en 1669.

Maine-Texier, « alias » Manelex.

Maisonneuve.

Mothe (La). — Antoine Presle Duplessis, acheta, en 1767, à Jacques de La Couchie la maison noble de La Mothe. A 600 mètres de La Mothe, dans la forêt de Rochechouart, au lieu dit Cailloux-Blanc, se trouvent les restes d’un dolmen qui a été détruit.

Morttegoute.

Nouzille (La), est qualifiée cure en 1310 ; mais on n’y trouve ensuite qu’un prieuré d’hommes, simple et régulier. Il était sous l’invocation de saint Gilles et de la Nativité de la Sainte Vierge. Le prieur des Salles-Lavauguyon en nommait le titulaire. Il fut uni, avant 1745, au prieuré de Sableronne, dans la paroisse de Maisonnais.

Peyrat (Le). — Simon Descubes, sieur du Peyrat, était greffier des maréchaux de France, en 1775. Ses armes sont : « d’azur à trois cubes d’or. »

Peyrière (La).

Planchat (Le) « alias » Les Planches de St-Auvent, où passait la voie romaine de Limoges à Chassenon. Laurent de Marcilhac était sieur du Planchat, en 1669.

Roche-Besse (La).

Pont (Moulin du).

Pouge (La). — Un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine a été ouvert dans ce village en 1896. L’étang de la Pouge a 36 hectares de superficie.

Puychaud.

Royer (Le). — Où l’on trouve aussi un souterrain-refuge gallo-romain.

Roufias.

Roule (Le), où est aussi un souterrain-refuge.

Sonas.

Soumagnac.

Trinsolas.

Troubadie (La). — Jean-Baptiste Touyéras, sieur de le Troubadie, mort en 1784, était notaire royal et procureur d’office de Saint-Auvent