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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 09/02/2023

 

SAINT-BONNET-BRIANCE, chef-lieu de commune dans le canton de Pierre-Buffière, a 3.006 hectares de superficie et 1340 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 492 mètres.

La paroisse de Saint-Bonnet, dans l'ancien archiprêtré de St-Paul était dite, en 1147, St-Bonnet de Artigia, en 1400, Saint-Bonnet d'Aigueperse, en 1574, St-Bonnet près Pierrebuffière, en 1750, Saint-Bonnet la Forêt, et aussi St-Bonnet-la-Rivière, Saint-Bonnet-les-Peillères. Enfin pour la distinguer des autres localités du même nom, un décret du 6 novembre 1901 lui donne le nom de Saint-Bonnet-Briance. Briance est le nom de la petite rivière qui la traverse, du levant au couchant, en se rendant dans la Vienne.

La cure a pour patron Saint-Bonnet d'Auvergne ; l'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés. Au XVIIIe siècle on y comptait 1.200 communiants, environ 1.600 habitants.

La cloche que possède l'église de Saint-Bonnet porte cette inscription : «  ✠ Domini vox super omnia sonate. — Baptisée en l'an 1844, au chef-lieu de la commune de Saint-Bonnet-la-Rivière, Marc de La Lande parrain, Marie Morterol marraine, Philippe-Marc-Antoine de Lavaud St-Etienne, comte de La Lande, maire de la commune, François Ruchaud desservant. — Fondue par Gallois, à Paris, montée par Potelune de Limoges. » 

Dans l'église étaient les sépultures des seigneurs d'Aigueperse et celles des seigneurs de Neuvillars. C'est dans cette église que fut inhumée Suzanne de La Pomélie de Neuvillars, morte en odeur de sainteté le 7 avril 1616.

Le presbytère de Saint-Bonnet fut vendu comme bien national, le 3 messidor an IV (21 juin 1796), au citoyen Mouret, pour la somme de 1.944 francs (Archives de la Haute-Vienne. Q. 151. N° 67). En 1806, par acte passé devant Me Lavergnole notaire à Saint-Paul, M. de Lavaud de St-Etienne a acquis le presbytère du sieur Mouret pour la somme de 6.000 francs, et en 1814 l'a donné à la commune de St-Bonnet, sous condition de retour à ses héritiers, s'il venait à être désaffecté. C'est ce qui a eu lieu par suite de la loi de séparation en 1905, et la famille du donateur est rentrée en possession de son bien.

Ont été curés de Saint-Bonnet : Jean Chaminade, en 1568. — N… Laval, en 1648. —  N… Sudour, 1718-1725. —  Robert Chatonier, en 1738 ; il se démit le 26 septembre 1755 en faveur du suivant. — Bernard Chatonier, mourut en septembre 1762. —  Mathieu Duclou, nommé en 1762, mourut en septembre 1781. —  N… Dalesme de Plantadis, nommé le 22 septembre 1781, meurt en juillet 1783. —  N… Raymond, nommé en 1783. —  Après la Révolution Jacques Farges fut nommé le 24 avril 1803. —  Léonard Joisson, en 1804, avait été curé d'Aigueperse, mourut en 1820. —  Jean-Pierre Barbes, nommé le 20 novembre 1820. —  François Ruchaud, en 1833. —  Mathieu Gaston, en 1873. —  Jean-Baptiste Bignaud, en 1877. —  Antoine Raton, en 1910.

 

Les villages de la commune de Saint-Bonnet sont :

 

Aigueperse, qui a été jusqu'au Concordat de 1801, une cure dans l'ancien archiprêtré de Saint-Paul. Elle était sous le vocable de saint Gilles, et le prieuré de Saint-Léonard en nommait les titulaires. Au XVIIIe siècle on comptait 109 communiants, environ 150 habitants. Les curés d'Aigueperse prenaient aussi le titre de prieurs. Voici ceux dont le nom est connu : Jean Teillet, dit prieur d'Aigueperse, en 1743. —  N… Mandavit, qui mourut en 1753. —  N… Mousnier, qui mourut en 1769. —  N… Dauriat, nommé en 1769, refusa. —  N… Valière, nommé en 1769, mourut le 8 octobre 1774. —  N… Montalescot, nommé en 1774, mourut en décembre 1785. —  Léonard Joisson, nommé en 1785, fut curé de Saint-Bonnet après la Révolution, 1803.

Le presbytère d'Aigueperse fut vendu, comme bien national le 14 thermidor an IV (1er août 1796), au sieur Faucher, pour la somme de 801 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 149, n° 216.).

Après la Révolution et en 1808, Aigueperse était le chef-lieu d'une petite commune, où il y avait 27 feux, 4 villages, avec 216 habitants. Elle ne tarda pas à être réunie à celle de Saint-Bonnet.

Charles-Joseph de Ferrières, chevalier, marquis de Sauveboeuf, était seigneur d'Aigueperse en 1690.  Sa fille épousa, en 1716, Charles, marquis de Vassan, et lui porta Aigueperse qui passa ensuite aux Mirabeau, en 1743, par le mariage de Marie-Geneviève de Vassan avec Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, l'auteur de l'« ami des Hommes ». De ce mariage vinrent le grand orateur et son frère Mirabeau-Tonneau qui passèrent une partie de leur enfance au château d'Aigueperse. Dans son testament du 11 février 1705, la marquise de Vassan, née Sauveboeuf, demanda à être enterrée dans l'église de Saint-Bonnet dans un tombeau vis-à-vis de celui de son mari. De Ferrières-Sauveboeuf porte: «  d'argent au pal de gueules accompagné de 10 billettes de même rangées en orle » ; de Vassan : « d'azur au chevron d'or accompagné de 2 roses d'argent en chef et d'une coquille de même en pointe ».

Jusqu'en 1837, Aigueperse avec sa forêt et son étang appartenait à la famille Riquetti de Mirabeau, dont les armes sont : « d'azur à la bande d'or, accompagnée en chef d'une demi-fleur de lis, fleuronnée de même, défaillante à senestre, et en pointe de trois roses d'argent posées en pal. » Voy. Limoges illustré des 1ers et 15 janvier 1916, art. de M. J.-B. Colombiers.

Bois-Badarau.

Bassiardeix.

Combret, où existait aussi une église. Combret et Aigueperse, ont formé au commencement du XIXe siècle deux petites communes qui ont ensuite été réunies à celle de Saint-Bonnet.

Chatonnier (Le).

Courtiaud.Lachèze.

Fraissanges.

Fargeas.

Gabies (Les).

Lécuras.

 

 

Luchat.

Montauban.

Mauveix.

Maupeix.

Mas Brejeroux (Le).

Neuvillard, appartenait à la famille de La Tour, dont les armes sont : « d'azur à une tour d'argent maçonnée de sable. »  Jean de La Tour, seigneur de Neuvillars, un des chefs de la prétendue réforme en Limousin, épousa par contrat du 15 août 1594, Suzanne de La Pomélie, qui avait été aussi élevée dans l'erreur calviniste, mais elle abjura cette erreur et ramena dans le giron de l'Eglise catholique presque tous les membres de sa famille. La Pomélie porte pour armes : « d'azur à la tour d'or surmontée de deux tours d'argent maçonnées de sable ». Suzanne devenue dame de Neuvillars, mourut en odeur de sainteté au château de Neuvillars, le 7 avril 1616, et fut enterrée dans l'église de Saint-Bonnet. Six mois après mourut Jean de La Tour, qui avait abjuré ses erreurs et fut aussi inhumé selon les rites catholiques.

Leurs descendants, François et Jean de La Tour n'eurent pas d'enfants : l'aîné,  par son  testament du 17 décembre 1734, institua pour héritier son frère Jean, et lui substitua, après son décès, leur parent François de La Lande, seigneur de Lavau et de Saint-Etienne. La Lande porte : « écartelé d'argent et d'azur ».

A la Révolution, le château de Neuvillars fut dix mois sous le séquestre de la Nation, pendant que son propriétaire d'alors, Jean-Baptiste de La Lande, fils de François, connu sous le nom de comte de Lavau et de Saint-Etienne, était, en vertu de la loi des suspects, détenu en prison à Limoges, avec sa femme et son fils âgé de trois ans.

Vers 1834, la grande tour pentagonale du château de Neuvillars fut démolie, parce qu'elle menaçait ruine ; la chapelle l'avait déjà été pour la même raison. Ce n'est qu'en 1877 que M. le comte de La Lande a complètement restauré ce château. Dans une des tours se trouve une chapelle où est conservé le chef vénéré de Suzanne de La Pomélie. Il est dans une châsse en argent que fit exécuter son arrière-petit-fils, François de La Tour-Neuvillars. Voy. Limoges illustré des 1er et 15 janvier 1916, art. de M. J.-B. Colombier.

Moulin de Neuvillars.

Puyfraud.

Pradelles (Les).

Plaudeix.

Reirol.

Salerie (La).

Sagnas.

Sivergnac.

Village du Moulin.

Vinnat.