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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/02/2023

 

SAINT-JOUVENT, chef-lieu de commune dans le canton de Nieul, a 2 396 hectares de superficie et 1 308 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer va jusqu'à 410 mètres près du village de l'Age.

Saint-Jouvent est une cure, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, dont le patron est saint Gaudentius, évêque et martyr, et le jour de sa fête est le 31 août. On y faisait aussi la fête de saint Denis de Paris, le 9 octobre. Le doyen de la cathédrale de Limoges y a toujours nommé les curés, ce que constatent des documents depuis 1348. Au XVIIIe siècle il y avait 900 communiants, environ 1200 habitants.

L'église a été construite sur la fin du XIIe siècle, mais rebâtie en grande partie en 1494. Son chevet à pan droit, ses voûtes et ses chapelles sont de cette dernière époque. Sa nef est composée de trois travées, et deux chapelles s'ouvrent dans celle du milieu. A l'antique clocher en arcade, sur le pignon occidental, a succédé un clocher avec une flèche en bois. Dans ce dernier est une cloche qui, fondue en 1763, l'a été de nouveau en 1876, ainsi que le constate l'inscription qu'elle porte :

« ✠ Posée en 1763. Parrain : J.F. Rogier de Janailhac. Dame Arbonnaud, veuve de Messire de Vaucourbeille, seigneur de Bachellerie, marraine. J. Lajoumard, curé. — Refondue et augmentée en 1876. J.E.D. Vergnaud, né le 11 septembre 1873, parrain. Céline de Francolini, née le 20 octobre 1871, marraine. Maire : M. le comte de Francolini. M. Vernet, curé. —  Cecilia mihi nomen. — 1763-1876. — Fondue par Antoine Vauthier, à Saint-Emilion, Gironde ».

Ont été curés de Saint-Jouvent : Simon Dupin, en 1621. — A. Origet, en 1720. — N… Iglebas (?) en 1727. — Jacques Lajoumard, en 1732. — Jean-Baptiste Gatineaud, qui avait subi la déportation à l'étranger pendant la Révolution, fut nommé le 24 avril 1803. — Ignace Bachellerie, le 1er janvier 1821. — Denis Thomas, le 19 juillet 1831. — François-Antoine-Célestin Dubrac, le 7 août 1834. — Gilbert Lecour, en 1886. — François Mirgalet, en 1913.

Pendant la Révolution, le 26 prairial an IV (14 juin 1796), le presbytère de Saint-Jouvent fut vendu au sieur Lezaud, pour la somme de 2112 francs (Arch. de la Haute-Vienne, Q. 150, n° 33).

Dans le cimetière était une chapelle renfermant les tombeaux des seigneurs de Bachellerie. Celui de Mathieu de Vaucorbeil (1730-1810) et de sa femme Marie Devoyon (1741-1822). Vaucorbeil porte : écartelé aux 1er et 4e  d'azur à la tour d'argent sur laquelle est posé un oiseau, aux 2e et 3e d'or au lion de gueules. Devoyon porte : d'azur au croissant d'argent accompagné de trois étoiles d'or 2 et 1.

Celui de François de Vaucorbeil (1771-1839), et celui de sa femme Geneviève Musnier de Loubard (1783-1844), dont les armes sont : d'azur à trois anilles, ou flanchis (?) d'argent posés en fasce, au chef d'argent chargé de trois étoiles.

Enfin les tombes de Marie-Mathilde de Vaucorbeil, épouse Ernest de Veyrinas (1809-1868). De Geneviève-Léontine de Veyrinas, vicomtesse de Francolini (1833-1868) et de Marie-Louise de Veyrinas (1814-1864). Hébrard de Veyrinas porte : d'or au dextrochère de gueules, armé d'une lance du même et accompagné de trois étoiles d'azur 2 et 1. Francolini porte : d'or à la montagne de trois copeaux d'argent, au chef d'azur à la comète d'or, accostée de deux croissants d'argent contournés à dextre.

 

Les villages de la commune de Saint-Jouvent sont :

 

Age (L'). — Près de ce village existe un souterrain-refuge de l'époque gallo-romaine. Pierre de Vaucorbeil, écuyer, seigneur de l'Age, lieutenant de robe courte en la sénéchaussée de Basse-Marche, par son testament du 4 mai 1690, voulut être enterré dans l'église de Saint-Jouvent. Il laissa Jacques de Vaucorbeil, sieur de Puybareau.

Batier (Les).

Bachellerie. — En 1329, noble Aymecic de Ganh ou de Gain, rendait hommage à l'évêque de Limoges pour sa terre de Bachellerie. Noble Jean de Gain faisait de même en 1341. Les armes de la famille de Gain sont : d'azur à trois bandes d'or. Le 13 juillet 1542, noble Léonard de Vignault rend le même hommage, déclarant tenir le lieu de Bachellerie comme seigneur des biens dotaux de sa femme. Au siècle dernier la famille de Vaucourbeil possédait ce lieu, ainsi qu'on l'a vu plus haut, à propos de sa chapelle dans le cimetière de la paroisse. M. François de Vaucorbeil, chevalier de saint Louis, porté par l'orage des révolutions, dans les contrées étrangères, trouva en Chine un accueil distingué. De retour dans son pays, il attira chez lui des familles suisses, qui, des environs de Fribourg, vinrent avec leurs chevaux, leurs instruments de labourage et leurs charriots, s'établir dans cette Suisse Limousine. On voyait alors à Bachellerie, de jeunes filles aux longs cheveux nattés charger en chantant les lourds chars de foin, et les échos répétaient les airs si chéris des enfants de l'Helvétie.

En 1882, M. de Francolini, gendre de M. de Vaucorbeil, a vendu Bachellerie à M. Gaston-Henri Denis de Senneville, qui en a reconstruit l'habitation, et dont les armes sont : d'argent à la bande d'azur, accompagnée à senestre d'une molette de sable, au chef danché de gueules.

Boisse. — Ce lieu appartenait autrefois à la famille de Faucon, ou Faulcon. Charles de Faulcon, épousa en 1584, Gabrielle de Népoux, fille de Jean de Népoux, seigneur de Boisse. Son fils, Jean Faulcon, écuyer, seigneur de Boisse, épousa en 1610, Marie de Coustin, dont Charles de Faulcon, qui épousa en 1638, Marie de Villelume. On trouva aussi François-Foucaud Faulcon, seigneur de Boisse, en 1679. Les armes de la famille Faulcon sont : écartelé au 1e et 4e d'azur à la croix d'or (alias d'or à la croix d'azur), aux 2e et 3e d'azur à trois fleurs de lis d'or, et trois tours dont deux d'argent et une d'or trochant sur l'écartelé. D'autres branches de cette famille ont pris : d'azur au faucon d'or, perché sur un bâton de même.

Plus tard, Boisse a appartenu à la famille Génébrias. Léonard Génébrias, seigneur de Boisse et du Mayard, officier des écuries du roi en 1767, devint maire de St-Jouvent, en l'an VIII. Armes : d'azur à trois peupliers arrachés de sinople surmontés d'une étoile de gueules à la licorne passante de même sur une terrasse de sinople. En 1837, le lieu de Boisse était la propriété de M. François Pétiniaud-Champagnac. Boisse a été acheté récemment par M. Athanase Moreny. Cette habitation est entourée d'un parc assez étendu et a été singulièrement embellie par des plantations bien ordonnées.

Bordes (Les). — Guy des Flottes, seigneur des Bordes, était avocat à la Cour, et consul de Limoges en 1658. Jean-Baptiste des Flottes, écuyer, seigneur des Bordes et de Fonbesse, épousa Angélique Jarrit-Delille, dont Geoffroy, né aux Bordes, le 19 octobre 1769. Des Flottes porte pour armes : cinq arbres, trois grands et deux petits. Les derniers représentants de la branche des Bordes ont vendu à M.Gustave Morterol, qui y a construit une nouvelle habitation en 1890.

Châtre.

Doumarie.

Dougneix. — En 1452, Dompnheix.

Fontbesse, qui appartenait à la famille Des Flottes, avait un grand étang qui aujourd'hui est transformé en prairies.

Fougeras.

Graloux.

Grelle (La).

Lacaud ou Lascaux, vendu par Léonard Barbou des Courrières, en 1774.

Lavaud.

Maisons (Les).

Massac.

Mouline (La).

Neuplanchas. — C'est de la paroisse de Saint-Jouvent, et en particulier des carrières de Neuplanches que l'on a tiré les pierres pour la construction de la cathédrale, en 1323 et en 1408. Vers 1880, un souterrain- refuge, de l'époque gallo-romaine, s'est ouvert dans une terre près de ce village.

Neuvillars.

Petit-Got. — Léonard Barbou des Courrières vendit en 1774, ses propriétés de Lascoux, Petit-Got et Pouleynat.

Planche (La).

Pouyade (La).

Puy (Le).

Puy-Barraud. — Jacques de Vaucorbeil, sieur de Puy-Barraud licencié ès-lois, était fils de Pierre, écuyer, seigneur de l'Age, mort en 1691.

Ribière (La).

Romaneix.

Rue (La).

Sénélas.

Tabarlet.

Valette. — Pierre de Rubis, qui mourut un peu avant 1599, était seigneur de la Valette. Ce lieu était possédé par la famille Barbou de 1720 à 1774. Barbou porte pour armes : d'azur au dextrochère de carnation, vestu d'argent, tenant une plume et un épi d'orge d'or, surmontés d'un croissant de même.

Villedard. — Segond de Villedard, avocat au Parlement, vendit cette terre par contrat  du 28 mars 1783. Ses armes sont : d'or à l'arbre effeuillé de sinople, chargé au milieu du tronc d'une rose de gueules, à la bordure d'azur à douze besants d'or. Cette propriété appartient à la famille Ardant qui a pour armes : d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de trois étoiles de gueules et en pointe d'un soleil d'argent.

Villemazet. — Léonard Delauze, sieur de Villemazet, bourgeois de Limoges, et Charles Delauze, en 1644, portaient pour armes : d'azur au chevron de … sommé d'un croissant et accompagné de trois étoiles de …; en pointe une rivière d'argent où nage un poisson (Alose) de même. Villemazet est aujourd'hui une belle habitation moderne avec parc et jardin anglais. On y remarque une gracieuse chapelle en style roman , bâtie en 1888. C'est la propriété de la famille Lamy dont les armes sont : d'azur au pigeon d'argent. Dans les dépendances de Villemazet se trouve la terre de Veyrines, qui doit probablement son nom à une ancienne verrerie. On y voit aussi des restes de constructions romaines, où abondent les briques à rebord et quelques débris de poteries romaines. Il y existe encore un puits, et la parcelle de terrain dans lequel on le voit, porte le nom de Bâtiment. A la limite ouest de cette terre des Veyrines, on a trouvé, en 1834, quatre sépultures gallo-romaines, composées de grandes urnes en pierre, renfermant des vases en verre. Dans ces derniers étaient des cendres et des morceaux d'os calcinés. Ces vases en verre ont été donnés au Musée de Limoges.