Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 10/02/2023
SAINT-JUST, chef-lieu de commune dans le canton sud de Limoges, a 3 170 hectares de superficie et 1 315 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 358 mètres.
Saint Just, né vers l'an 328 ou l'an 330, à peu de distance du bourg, qui depuis sa mort porte son nom, état fils de modestes cultivateurs. Étant encore jeune, il fut chargé de conduire et de paître les brebis de son père. Puis, ayant perdu ses parents, il vint à Limoges, où il fut instruit de la religion chrétienne et reçut le baptême. Saint Hilaire, évêque de Poitiers, ayant connu la sainteté de sa vie, le jugea digne du sacerdoce qu'il lui conféra et même en fit son commensal qui l'accompagna partout. Saint Hilaire étant mort l'an 368, les habitants et le clergé de Poitiers, proclamèrent à l'unanimité, qu'il devait remplacer l'évêque défunt. Pour éviter la réalisation de ce qu'ils demandaient, notre saint s'évada de Poitiers pendant la nuit et revint au lieu où il était né. Peu après il fit un pèlerinage à Rome, mais en revenant il fut atteint d'une maladie à laquelle il succomba dès son retour. Il mourut le 25 novembre. Son corps fut inhumé au lieu même où il était né, et ce fut sur son tombeau, où eurent lieu plusieurs miracles, que fut élevée l'église qui depuis a toujours porté son nom. En 1217, ses restes furent transportés à la cathédrale de Limoges, afin de les soustraire aux profanations des troupes de voleurs qui infestaient alors le pays.
Il y avait à Saint-Just, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Paul, une prévôté qui fut annexée au monastère de Saint-Martial-de-Limoges, dès 1441, et le chapitre de cette abbaye en a toujours joui.
La cure de Saint-Just, ainsi que la prévôté, avait pour patron saint Just. Au XVIIIe siècle, on y comptait 700 communiants, environ 933 habitants. Par compromis du 12 juin 1271, le doyen et le chapitre de la cathédrale cédèrent tout le droit qu'ils avaient sur cette cure à l'abbé et au couvent de Saint-Martial. Depuis, l'abbé de Saint-Martial y a toujours nommé les curés.
Une vicairie, dite des Alaris et Francoyer, avait été fondée dans cette église. Alaris dit Marcheix, y nommait un titulaire en 1614, un autre Alaris, en 1673.
L'église date de l'époque de transition ; elle avait été voûtée autrefois en berceau ogival, mais le poids énorme de cette voûte en pierre menaçant les murs latéraux, il fallut la démolir. En 1896, elle a été remplacée par une voûte en briques.
Le chœur est à trois pans coupés. La nef a trois travées, et des deux murs ne sont pas complètement parallèles. Elle est moins large à son extrémité ouest, qu'à sa jonction avec le chœur. Elle semble avoir été bâtie en deux fois, et les ouvriers qui ont construit la dernière partie lui ont donné un peu plus de largeur qu'à la première.
La cloche que possède cette église porte cette inscription : "✠ Sanctificetur et consecretur, Domine, signum istud in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, in honorem sancti Justi. Pax tibi. - Monseigneur Lamazou étant évêque de Limoges, Monsieur l'abbé Rokossowski curé de la paroisse. J'ai eu pour parrain M. Defaye, cadet, propriétaire au Rouveix, et pour marraine Mme Malevergne de Lafaye, née Berthe Desry-Dutheil. 1881."
Pendant la Révolution, le 23 prairial an IV (16 juin 1796), le presbytère de Saint-Just fut vendu au sieur Jean-Baptiste Moranges, pour la somme de 1830 francs (Archives de la Haute-Vienne. Q. 151. n° 37).
Ont été curés de Saint-Just : Antoine de Julien, en septembre 1523. - Jean Dubois, 31 mars 1542. - Thomas Grenier ou Granier, en 1557. - Joseph Dubois, en 1562. - Pierre du Rouveys, en 1562. - Pierre Batissou, nommé en 1570, donna la même année une procuration pour résigner. - Joseph Dubois, en 1573. - Jean Pipeys, en 1586, résigna au suivant. - Pierre Buat, 1586. - Balthazar du Boys, 1613. - Guy Dubois, 3 avril 1668. - Pierre Londeix, 1689-1693. - Mathieu Soudanas 1747-1782, résigna à son neveu N… Soudanas qui mourut en 1764, et redevint curé de Saint-Just. - Jean-Baptiste Reix, 1774-1782. - Jean-Baptiste Sénèque, 1782-1789.
- Après la Révolution, Mathieu Soudanas fut nommé le 24 avril 1803, et résigna à son neveu en, en 1818. - Benoît Retouret, nommé le 18 septembre 1835. - Elie Ribière, le 19 juillet 1840. - Jean Bringaud, le 15 décembre 1841. - Théobald Rokossowski, en 1881. - Hubert Guimbaud, en 1912.
Une chapelle dédiée à saint Martin existait dans la paroisse de Saint-Just, en 1632. Elle était en ruine vers la fin du XVIIe siècle.
Le 2 novembre 1542, la reine de France se rendant à Limoges, s'arrêta à Saint-Just, et dîna au logis de M. le prévôt de Saint-Martial.
Les villages de la commune de Saint-Just sont :
Age (L'). - Dépendait de la terre de Brignac.
Bas-Raynaud (Moulin du).
Bias (Les).
Bonnefont. Louis des Maisons, sieur de Bonnefont, lieutenant des chevau-légers que Louis XIII envoya à l’Île de Ré contre les Anglais, s'y distingua si fort qu'il eut des lettres d'anoblissement au mois de juillet 1628. Des maisons portent pour armes : « d'argent à un chêne de sinople accosté de deux maisons de gueules, surmontées de deux étoiles de sinople en chef ».
Breuil (Le) - A M. Rogues de Fursac.
Breuil-Pautre (Le).
Chafar (Le).
Chèze.
Cintrat.
Coile (La).
Colombier (Moulin du).
Etang (Moulin de).
Fonds (Les).
Forge.
Fort-Maneix.
Goutte (La).
Grateloube.
Jouvinerie.
Lajeus (Basse).
Latonie.
Levert.
Mazet (Le).
Pierrefiche.
Puy-Parlier. - Jean-Baptiste Faulte était sieur de Puy-Parlier. Son fils Jacques-Pierre épousa, le 23 févier 1808, Françoise-Germaine de La Pomélie. Leur fils, Auguste fut intendant militaire et officier de la Légion d'honneur : il est mort en 1875. Faulte de Puy-Parlier porte pour armes : « d'or à l'arbre de sinople sur une champagne de même, au lion léopardé de gueules brochant sur le tronc de l'arbre ». Plusieurs membres de cette famille y ont ajouté « en pointe une faux d'argent ».
Rieux (Les).
Roche-Nantiat. à M. de Savignac.
Roche (Moulin de La).
Rouveix (Le).
Salesses (Les).
Verdaud.
Verdier (Le).
Villettes (Les Grandes). Jean Desmaisons était sieur de Bonnefont et des Villettes en 1747.