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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/02/2023

 

SAINT-LAURENT-LES-EGLISES, chef-lieu de commune dans le canton d'Ambazac, a 2 739 hectares de superficie, et 1 327 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 401 mètres.

Cette paroisse était dans l'ancien archiprêtré de Bénévent ; en 1405 on la nommait les Eglises-en-Dognon, Ecclesiarum in Dompnonio. Dès 1276, il y avait un prieuré ou prévôté de Saint-Laurent qui fut uni à la prévôté de l'abbaye de Saint-Martin-lez-Limoges. Les titulaires étaient nommés par l'abbé de Saint-Martin.

La cure avait pour patron saint Laurent, et aussi, en 1543, saint Silvain. L'abbé de Saint-Martin en nommait les curés au moins dès 1564. Au XVIIIe siècle il y avait 1160 communiants, environ 1546 habitants.

L'église paroissiale est une construction romane de la fin du XIIe siècle ou du commencement du XIIIe. Elle a une seul nef de 25 mètres de longueur et de 8 mètres de largeur, avec une voûte à nervures. Elle possède deux cloches dont voici les inscriptions :

« ✠ Ihus. Mat. Ihes-Baptista. S. Silvani m. S. Laurentii.m. l'an mil Vc XI. » Cette inscription est en lettres gothiques. Cette cloche, qui a 0,85 de diamètre et doit peser environ 350 kilos, est probablement celle de l'ancienne église de saint Silvain.

« ✠ 1835. Parrain. M. Charles Mazeau des Granges, marraine Mme Marie-Noémie des Granges. M. F. Dumas, curé. — Louis Decharme, père et fils, fondeurs. — St-Laurent, St-Jean-Baptiste. » Cette cloche doit peser environ 100 kilos, parce qu'elle a 0.55 centimètres de diamètre.

La paroisse de Saint-Laurent-les-Eglises avait deux cimetières. Une note des registres paroissiaux nous apprend que « le 1er janvier 1780, on cessa d'enterrer les enfants dans le petit cimetière, placé devant la principale porte de l'église paroissiale, conformément à la déclaration de Sa Majesté, et au mandement de Mgr l'évêque et on a commencé à les inhumer dans le grand cimetière. »

Lorsqu'en 1790, Monseigneur d'Argentré, évêque de Limoges, fit distribuer aux églises du diocèse le trésor des reliques de l'abbaye de Grandmont, l'église de Saint-Laurent en reçut de celles de saint Etienne de Muret, le fondateur de l'ordre de Grandmont, et elles y sont encore précieusement conservées avec d'autres de saint Laurent, de saint Léonard, de saint Jean-Baptiste et de saint Paul.

Pendant la révolution du 3 messidor an IV (21 juin 1796), le presbytère de Saint-Laurent-les Eglises fut vendu au sieur Peyrat, pour la somme de 1144 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 151).

De nos jours l'église paroissiale a été parfaitement restaurée, c'est ce que nous signale l'inscription suivante gravée sur une plaque de marbre : « Construite au XIIIe siècle, j'ai été restaurée en 1903 par M. Charles-Edouard Desmonts, chevalier de la Légion d'honneur, président de la chambre des notaires de Paris et du département de la Seine, et par Mme Ch. E. Desmonts de Walmath. Pie X étant pape. J'ai été consacrée le 29 septembre 1904, par Mgr Renouard, évêque de Limoges. M. Sabroux étant curé. - A Dieu soit honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen. »

Dans le chœur de l'église on remarque un tableau de sainte Madeleine et une copie de la Vierge à la grappe de Mignard. Dans la nef se trouve un Chemin de Croix en fonte colorée provenant de la fonderie de Val-d'Osne ; il a été érigé en 1881 et offert par Mlle Marie Mignon à l'occasion de son mariage avec M. Desmonts.

Ont été curés de Saint-Laurent-les-Eglises : Jean Tardivert, en 1465. — Pierre Faucher, en 1517. — Joseph Brugière, en 1664, mourut en 1694. — Guillaume Lachaise, 1716. — Antoine Lafon, 1716. — Jean-Baptiste Chabrol, en 1740, résigna en 1782 à son neveu qui suit. — Jean-Baptiste Bordas, le 23 mars 1782, mourut le 27 décembre 1789. — Bernard Cruveilhier, nommé en 1789, fut emprisonné à Limoges pendant la Révolution. — François Dumas, nommé le 24 avril 1803. — André Moysset, nommé le 1er juillet 1847. — Léonard Hitier, le 1er octobre 1853. — Charles Chatenet, en 1866. — Gustave Labrousse, en 1875. — Benjamin Malabard, en 1879. — Jean-Baptiste Fayard, en 1882. — Adolphe Sabroux, en 1887. — Ernest Sabroux, en 1899. — Auguste Bersadour, en 1908.

Primitivement il y avait en ce lieu deux églises : celle de Saint-Yrieix qui existait en 1275 et qui était ruinée au XVIIIe siècle, et celle de Saint-Sylvain dont un curé prenait possession en 1564. On signale cependant qu'en 1458 elle était en partie ruinée. C'est dans cette dernière, appartenant à la prévôté, où étaient les fonts baptismaux. Sa cloche devait être celle qui est signalée plus haut et qui porte une invocation à saint Silvain.

 

Les villages de la commune de Saint-Laurent sont :

 

Auziat. — Dans la vie de saint Martial, écrite au VIe siècle, l'auteur rapporte que l'Apôtre de l'Aquitaine, peu de temps avant sa mort, se rendit au lieu d'Auziac, où les payens adoraient une statue de Jupiter : il chassa le démon qui l'habitait et brisa cette statue. Ce lieu était resté inconnu des écrivains qui se sont occupés de l'histoire de notre province. C'est seulement en 1892 qu'on a mis à jour les restes du temple païen d'Auziac. Dans un champ laissé en friche depuis un temps immémorial, situé à 400 mètres au-dessous du village, on a recueilli jusqu'à dix fûts de colonnes mêlés à des restes de maçonnerie, et une grande quantité de briques et de tuiles à rebord.

On trouve encore à Auziat deux souterrains-refuges de l'époque gallo-romaine, un dans le village même et l'autre à peu de distance.

Betoulle (La).

Brutine (La).

Bussin (Le) faisait partie d'un lot, acquis en 1694, par Jean Chaud de La Chassagne, et revint plus tard à son co-acquéreur Jean Vidaud de Bosviger, qui est dit sieur du Bussin et devint seigneur comte du Dognon, lieutenant général d'épée du Limousin et dont les armes sont : « d'azur au lion passant d'or sommé d'une triangle de même surmontée de trois fleurs de lis d'or rangées en chef ». On trouve précédemment, comme seigneur du Bussin, Silvain de Genti, qui épousait vers 1713, Isabelle Igonin de Montauran. Les armes de la famille de Gentil sont : « d'azur au chevron d'or, accompagné de trois roues de sainte Catherine de même deux en chef et une en pointe, et une épée nue d'argent posée en pal, la pointe en haut, brochant sur le tout ».

Chambon.

Champs-Hauts (Les) — Joseph Delabesse, notaire et procureur au comté du Dognon, en 1774, était sieur des Champs.

Champs-Bas (Les).

Chavanac (Bas).

Chavanac (Grand).

Chavanac (Petit).

Cheyraudie ou Chéraudie (La) — Noble Guillaume de Laron, qui testa le 22 avril 1490, était seigneur de Laron, de Peyramont et de la Cheyraudie. Ses armes sont : « Une escarboule à six rais pommetés ». L'antique manoir était sur une hauteur au bord du Taurion, à égale distance (2 kilomètres) du Dognon et de Saint-Marc. Il n'en reste que des ruines informes, qu'entourent les anciens fossés encore apparents.

Couret (Le). — Jean de Monneron, sieur du Couret, en 1680, épousa Françoise de Vaucourbeix. Aujourd'hui le château du Couret appartient à M. de Chaptes. On y remarque, à l'entrée du parc, le grand portail de l'ancienne abbaye de Grandmont, qui y a été transporté vers 1870 ; c'est le seul reste que le pays possède de cette célèbre abbaye.

 

 

Croix du Cadet (La).

Ecluse (L') ou Saint-Marc de l'Ecluse, sur la rive droite du Taurion. Hugues de Lusignan, comte de la Marche, y fonda en 1189, une maison de l'ordre de Grandmont, et après son retour de la croisade, ayant pris l'habit religieux, il vécut et mourut saintement en ce lieu, en 1220. Son corps fut transporté à Grandmont. Il ne reste aujourd'hui de ce monastère de L'Ecluse, qu'un amas de décombres au pied d'un rocher sur le bord de la rivière.

Eglises (Les) — Faisaient partie de la vicomté du Dognon, lors du partage de ce fief important en 1697.

Granges (les), appartenant à la famille Mazeau des Granges. La résidence actuelle s'élève dans un site des plus pittoresques à 500 mètres du pont du Dognon.

Laforet. — Appartenait à la famille Rogues à la fin du 18e siècle.

Lascaux.

Lescuras. — Michel Dumas était sieur de Lascaux en 1676.

Maisons (Les). — Important domaine de la famille Desmonts.

Moulin d'Enguernaud, ou Moulin de Noni.

Moulin de la Gance.

Noueix. — Il y avait en ce lieu une chapelle qui tombait en ruines, en1740.

Randie.

Reysseix.

Sirieix, ou Cirieix, nommé aujourd'hui, Walmatte. Il y avait en ce lieu une chapelle, bâtie en 1718, par Bernard Raby, notaire royal de la Jonchère, juge du Dognon et sénéchal de Grandmont. En 1780, Guillaume de Léobardy de Mazan, qui épousa Catherine de Verthamon, acquit par échange le Sireix. De Léobardy porte pour armes : « d'azur au lion d'or brandissant une hache, au chef de sable à trois étoiles d'argent ».

M. Mignon a acquis la propriété de Sirieix de la famille de Léobardy et y a construit le château actuel avec de vastes et importantes dépendances. L'ornementation intérieure du château, avec le parc qui l'entoure, font de ce lieu une résidence des plus splendides. En 1907, une chapelle y a été ajoutée et on y célèbre la messe chaque dimanche.

Traspont.

Trapont (Landes de).

Tuilerie (La).

Vergnes (Les).

Vistra.