Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 10/02/2023
SAINT-LAURENT-SUR-GORRE, chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Rochechouart, comprend les communes de Cognac, Gorre, Saint-Auvent, Saint-Cyr, Saint-Laurent-sur-Gorre et Sainte-Marie-de-Vaux. Il a 14.795 hectares de superficie, et 8.350 habitants.
La commune de Saint-Laurent a 3.991 hectares de superficie et 2.542 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 275 mètres.
Saint-Laurent-sur-Gorre, dans l’ancien archiprêtré de Nontron, avait dès 1355 une prévôté qui dépendait de l’abbé de Saint-Martial.
La cure, comme la prévôté, avait pour patron saint Laurent. L’abbé de Saint-Martial en nommait les curés, mais à partir de 1499 ce fut l’évêque de Limoges qui eut ce droit. Au XVIIIe siècle il y avait 1.634 communiants, environ 2.175 habitants.
Il existait dans cette église une communauté de prêtres qui en faisaient le service.
Cette église possède une cloche du XIIIe siècle sur laquelle est l'inscription suivante en lettres gothiques : « ✠ Sancta Maria, ora pro nobis ».
Sur une autre on lit : « ✠ In te Domine speraverunt venerabilis Simon de Soubzdanes, rector hujus ecclesiœ et Françoise de La Monerie, domicella de Leschiverie. — Consiliarius in sono tuba exalta nos Domine. — Sancte Joseph, ora pro nobis, 1635 ».
Un procès-verbal d'assemblée paroissiale du 4 octobre 1744, nous apprend que Simon du Solier, curé de Saint-Laurent, avait donné à cette église une petite maison et une place attenant au presbytère.
Pendant la Révolution, le 29 prairial an IV (17 juin 1796), le presbytère de Saint-Laurent-sur-Gorre fut vendu au sieur Rebeyrol, pour la somme de 770 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 152, n° 54).
Un nouveau cimetière a été inauguré à Saint-Laurent à la fin de l'année 1890.
Les registres paroissiaux de Saint-Laurent-sur-Gorre conservent la note suivante : « Le 18 juin 1719 ont été transférées dans l’église de St-Laurent-sur-Gorre et placées dans la chapelle de Notre-Dame, les reliques de saint Urbain, saint Rogat, saint Aucher, saint Renovat et sainte Tranquilline, lesquelles avaient été concédées par notre Saint-Père Clément XIe, à Martial du Solier, sieur de Laterie, capitaine dans Villeroy cavalerie, étant allé à Rome après s’être trouvé à la bataille donnée et gagnée devant Belgrade contre les Turcs. M. le curé de Saint-Laurent, M. le curé de Saint-Cyr et M. le curé de Gorre, sont venus ici en procession. La translation s'est faite fort solennellement ; il y a eu grand'messe avec diacre et sous-diacre, le Très Saint-Sacrement a été exposé, étant le troisième dimanche du mois de juin ; il y a eu sermon au sujet des reliques et l'on a donné la bénédiction du Très Saint-Sacrement à la messe et à vêpres, qu'une grande affluence de peuple a reçue. Signé : Du Solier, curé, Du Solier de Marcillac, F. Tardieu, vicaire ».
Ont été curés de Saint-Laurent-sur-Gorre : Aimeric de La Gascherie, en 1365. — Christophe de Saint-Fief, chanoine de Saint-Etienne et curé de Saint-Laurent, en 1512. — André Arnauld, 1556. — N... Desoubsdanes, 1620. — Simon Desoubsdanes, 1630. — L... Desoubsdanes, 1650. — Antoine Desoubsdanes, 1666. — J... Desoubsdanes, 1673, démissionnaire en 1701. — Simon Dusoullier, 170l-l735. — N... Chamblet, religieux cordelier, vicaire régent, 1740. —N... Fargeaud, 1741 — Jean-Joseph Leyniat, 1744-1759. — Jean Vauzelle, nommé en 1784, y resta jusqu'en 1792. Après la Révolution, y fut nommé de nouveau, le 24 avril 1803. — Jean Tanchon, qui avait été déporté sur les pontons de Rochefort, fut nommé le 15 septembre 1817. — Pierre Jacquet le 21 février 1825, mourut en 1827. — Jean Gouttenègre, le 1e juillet 1827, vicaire régent, et le 10 octobre, curé. — Gilbert Ruinaud, le 25 août 1853. — Jean-Baptiste Dorat, le 25 novembre 1875. — Pierre-Léopold-Maurice Bessière, le 8 mars 1891.
Il y avait jadis à Saint-Laurent-sur-Gorre un hôpital nommé la Malatie, où Simon de Rochechouart ordonna, par son testament du 13 mai 1316, de bâtir une chapelle. Vers 1340, c’était une infirmerie de lépreux. Le patron était saint Mathurin. Les revenus de cet établissement furent plus tard donnés à l’hôpital de Limoges.
La terre et seigneurie de Saint-Laurent-sur-Gorre appartenait primitivement à la maison de Rochechouart. Le 20 février 1466, François de Rochechouart en faisait aveu et dénombrement au roi de France.
Pierre de Bermondet est seigneur du Boucheron, de la Quintaine et de Saint-Laurent-sur-Gorre, en 1512. Ses armes sont : d’azur à trois mains appaumées d’argent, 2 et 1. Jean de Bermondet, écuyer, est seigneur de Saint-Laurent-sur-Gorre, en 1376.
En 1601, Jean de Singareau, écuyer, prend le titre de sieur de Preissat, Sainte-Terre et Saint-Laurent-sur-Gorre. Un peu après cette date, Saint-Laurent était possédé par la famille Marbaut. Jean-Baptiste Marbaut, conseiller et secrétaire du roi, le laissa à ses deux filles, Jeanne, épouse d’Henri de Gaschon, conseiller du roi au parlement de Bordeaux et Blanche, épouse du baron Pierre Sacriste. Le 11 juillet 1677, Henri de Gaschon et Pierre Sacriste faisaient aveu au roi pour cette seigneurie qui comprenait alors un château en ruine, trois moulins, des étangs, le droit de pêche dans la Gorre sur tout son parcours dans la châtellenie, la forêt de Marsillac de 200 arpents de bois, et autres droits.
Antoine de Léonard, écuyer, seigneur de Saint-Cyr, président trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Limoges, acquit la seigneurie de Saint-Laurent, et, en 1726, il plaidait avec le receveur général des domaines du roi pour les droits de mutation qu’il lui réclamait à ce sujet.
Antoine de Léonard, écuyer, était seigneur de Saint-Laurent-sur-Gorre, Saint-Cyr et Puydeau, en 1759.
La famille de Léonard porte pour armes : d’or à une plante de nard de sinople, fleurie au sommet d’argent, accostée de deux lions affrontés de sable et en chef un croissant d’argent.
Le comte des Roys qui épousa, en 1783, Anne-Joseph de Léonard, fille de feu Antoine, devint seigneur de Saint-Laurent-sur-Gorre.
On a trouvé à Saint-Laurent-sur-Gorre, en 1879, une pièce d’or présentant une tête couronnée d’un type grec, et au revers un char à deux chevaux. Cette intéressante monnaie ne porte aucune inscription et paraît être une pièce gallo-romaine.
Les villages de la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre sont :
Bayerie.
Beauvais ou Beauvoir. — Était un prieuré-cure en 1310. On y honorait le 11 mai saint Anthime, martyr, dont on croyait avoir des reliques et aussi la Sainte-Vierge. L’abbé de Bornet, au diocèse d’Angoulême, y nommait les titulaires de 1395 à 1610. Ce fut le prieur du Chalard, en 1670, et l’évêque de Limoges en 1752. André Cybard était prieur du mois de février 1457 au 18 avril 1470. — N... de Ribeyreix, en 1754. — N... Salviat, en 1783.
Buret (Le).
Chaise-Martin. — Casa Martini — Berceau de la famille de Chaisemartin.
Chaise (La).
Champs (Les).
Chiarlet ou Charlet (Le).
Chier (Le).
Clareuil.
Colombier (Le).
Côte (La). — François Morellon était seigneur de la Côte en 1772.
Cubes (Les). — Semble être le lieu d’origine de la famille Des Cubes.
Cubes (Moulin des).
Feuillade (La).
Filature (La).
Forest (La). — A peu de distance de ce village, sur la limite sud-ouest de la commune, existe un dolmen dont la table a 5 mètres 30 c. de longueur et 2 mètres 30 c. de largeur. Elle est inclinée d’un côté parce que un des trois piliers qui la portaient a été renversé.
Garout (Le).
Genests (Les).
Granges (Les).
Grillère (La).
Jean-Blanc.
Julienne (La).
Lascoux.
Latterie. — Martial du Solier était sieur de Latterie en 1719.
Lescuras.
Limant.
Lilas.
Malaties (Les).
Marsillac. — Simon du Solier est sieur de Marsillac vers 1710. Charles-François du Solier en 1759. Cette famille porte pour armes de gueules au lion d’or, armé et lampassé de même, tenant de la patte droite une épée d’argent, la garde et la poignée d’or, accostée de deux gantelets aussi d’or.
Mons.
Moulin-Lebrun.
Moulineuf
Moulin de La rivière.
Naujac, ou Naugeas, dont était seigneur François Tranchant, en 1733.
Nieuil alias Niolet.
Nigrerie.
Noyer (Le).
Peyrade.
Peyrat (Le). — Léonard des Cubes, bourgeois, sieur de Peyrat en 1772.
Roussille (La).
Serve (La).
Tuilerie (La).
Valade (La). — On a trouvé dans ce village, peu avant 1890, dans des ruines romaines, de nombreux morceaux de fresques murales d’un très beau dessin.
Vertigneuil.
Ville (La).
Village (Le).
Vignerie. — Un tumulus a été fouillé près de ce village en 1889. On y a recueilli un vase en terre rouge, haut de 0 m. 35 c., orné au-dessus du col d’une guirlande en relief ; il a été bris é. Un second vase moins grand, mais fort élégant et décoré de dessins d’un blanc argenté, en contenait en autre plus petit.