Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 10/02/2023
SAINT-LEGER-LA-MONTAGNE, chef-lieu de commune dans le canton de Laurière, a 3.239 hectares de superficie et 1.064 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 618 mètres.
Saint-Léger-la-Montagne était une cure de l'ancien archiprêtré de Rancon, qui avait pour patron saint Léger d'Autun. L'aquilaire de la cathédrale en nommait les curés que lui présentait le chapitre, et cela, au moins depuis 1405. Au XVIIIe siècle il y avait 880 communiants, environ 1.147 habitants.
L'église, qui est une nef romane de trois travées est voûtée en berceau, ainsi qu'une chapelle au nord. Le sanctuaire a été reconstruit et il a une voûte gothique à nervure. Il en est de même dans une chapelle placée au midi, dont la clef de voûte porte un écusson où l'on voit : une bande accompagnée de deux lions, un en chef et un en pointe et trois fleurs de lis.
Une cloche de 1630, que possédait cette église, a servi à fondre celle de 1752. Elle portait cette inscription : « ✠ IHS. MAR. Ste Leodegarii, a fulgure et tempestate libera nos domine, 1630 ».
Sur une autre qu'elle possède on lit : « ✠ IHS. M. F. Du Formieux de S..., parrain. Catherine du Coudier, M[arraine]. — M. Eumet pbre de S. P[ierre] des Espines, 1612 ». Ce doit être l'ancienne cloche de St-Jean-des-Epines, dans la paroisse de Saint-Pierre-La-Montagne.
La grosse cloche, pour laquelle on fondit celle de 1630, porte l'inscription suivante : « ✠ M. Joseph Nadaud, curé, M. Mathurin Ducoudier, juge. Parrain : M. Pierre-Antoine Rebeyrotte, sieur de la Besse, lieutenant de Razès, époux de Dlle Thérèse Ducoudier. Marraine : Dlle Françoise-Agathe de Savignac, épouse de Léonard Decoudier, notaire royal. Jean Martiallet, scindic, 1752 ».
Pendant la Révolution, en messidor an IV (juin-juillet 1796) le presbytère et son jardin furent vendus au sieur Martial Lapeyrière, pour la somme de 1.620 francs (Arch. Hte-Vienne, Q. 150, n° 160).
Ont été curés de Saint-Léger-la-Montagne : Martial de Jounat, nommé en 1567. — F. du Foérmieux, était curé en 1612. — François Maut, nommé en 1692. — Jacques Nadaud, en 1725 . — Joseph Nadaud, neveu du précédent, en 1737. — Guillaume Catinaud, en 1754. — Martial Catinaud, neveu du précédent, en 1784, fut conduit au tribunal révolutionnaire de Paris pendant la Révolution. Il en revint après la mort de Robespierre. Après le Concordat, les paroisses de Saint-Léger-la-Montagne et de Saint-Pierre-la-Montagne furent réunies en une seule. François Michel Rogues en fut nommé curé, le 24 avril 1803. — Aimé Sauvage, le 11 novembre 1804. - Léonard Estève, le 1er septembre 1818. - Pierre Pruniéras, le 1er janvier1832. — Jacques-Philippe Tibeyraud, le 5 avril 1827. — David Monneron, en 1830. — Michel Lebouchard, en 1876. — Auguste Rousseau, en 1893. — Joseph Briffaud, en 1896. — Emile Lascaux, en 1905.
Un petit castel, avec deux tours,existe à quelques pas du bourg de Saint-Léger. Au nombre des possesseurs de cette terre on trouve :
En 1330, noble Ratérius, chevalier, qui fait foi et hommage à l'évêque de Limoges pour la justice haute, moyenne et basse de Saint-Pierre-la-Montagne, de Mauzelet, de Marzet, de Lespinas et de Maliofargués.
En 1470, Jean de Pontville, époux d'Anne, vicomtesse de Rochechouart, est seigneur de Montbason, Torcy, Saint-Léger-la-Montagne et Chabannes-Judaud. Ses armes sont : de geules à un pont d'or, écartelées de Rochechouart qui est fascé ondé d'argent et de gueules de six pièces.
En 1485, le 29 mai, noble Jean Dufou, chevalier, seigneur de Rustenend, de Nouatre et de Saint-Léger-la-Montagne, fait foi et hommage à l'évêque de Limoges pour la terre de Saint-Léger-la-Montagne.
En 1506, le 9 juin, Pierre Duboys, qui était mort depuis peu, avait acquis le château et la châtellenie de Saint-Léger-la-Montagne, pour 3.561 écus et demi au soleil, alors sa veuve Françoise de Julie avec ses enfants et Mathieu de Julie, bourgeois de Limoges, son père, font foi et hommage à l'évêque de Limoges.
En 1556, Jean Duboys, maître de la Monnaie de Limoges, et Marial Duboys, cèdent à Léonard Barny la quatrième partie du fief de Saint-Léger-la -Montagne.
En 1564, le 25 janvier, Jean Duboys est co-seigneur du fief noble de Saint-Léger-la-Montagne.
En 1652, le 3 mai, Madeleine Duboys, veuve de Pierre Descordes, avec leur fils aîné Jacques Descordes, vendent, pour la somme de 30.000 livres, à Pierre Morel, seigneur de Chabannes, la terre et baronnie de Saint-Léger, hors ce qui appartenait à Psalmet Descordes. Les armes de la famille Dubois sont : d'or à l'arbre de sinople, à la bordure de gueules, chargée au chef d'un lion léopardé d'or, et de sept boucles d'argent, trois aux flancs et une en pointe.
Mathieu Morel, président au présidial de Limoges, était seigneur de St-Léger-la-Montagne et de Chabannes-Guerguy, en 1702. Sa fille Marie-Thérèse Morel de St-Léger, épousa, en 1722, Charles-François de Razès, chevalier, seigneur comte d'Auzances.
En 1788, la famille Morel possédait encore Saint-Léger-la-Montagne. Ses armes sont : d'azur au chevron d'or, accompagné de trois étoiles de six réies d'argent, celle de la pointe soutenue d'un croissant de même.
Les villages de la commune de Saint-Léger sont
Combe-Chave — Les bois de Combe-Chave et de Sansour qui touche à Sauvagnac, sont les points les plus élevés de la contrée. Le premier est à 701 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, et le second à 678.
Epines (Saint-Jean des) ou Lépinas, où était une chapelle appartenant à la commanderie de la Croix-aux-Baulx. Sa fête était la Nativité de Saint-Jean-Bapriste. Il ne reste rien de cette chapelle, sur l'emplacement de laquelle M. Moneron, curé de Saint-Léger, fit faire des fouilles en 1850. On y mit à jour la tombe d'un prêtre revêtu de ses ornements.
Gorses (Les)
Janmaira
Lailloux ou Laliaud
Marzat
Mazeaud (Le)
Serre (La)
Saignedresse
Saint-Pierre-la-Montagne était une cure qui avait pour patron saint Pierre-es-Liens. Guillaume, prieur d'Aureil, céda à Gérald, évêque de Limoges, entre 1160 et 1170, la moitié de l'église de St-Pierre-la-Montagne, et dès lors les évèques de Limoges y nommèrent le curés. Au XVIIIe siècle il y avait dans cette paroisse 264 communiants environ, environ 352 habitants.
Ont été curés de Saint-Pierre-la-Montagne : Martial Fumet, nommé en 1559. — Jean Poylevé, en 1561. — Mathieu Chevillon, qui résigna au suivant en1567. — Jean Poylevé en 1567 — Antoine Laporte était curé, en 1683. — Pierre Bargeas, 1734-1750. — Paul-Joseph Catinaud, nommé en 1763. Au Concordat cette cure a été unie à celle de Saint-Léger.
Sauvagnac — C'est à une altitude de 618 mètres au dessus du niveau de la mer, et au sommet d'une montagne, sur le versant de laquelle était la célèbre abbaye de Grandmont, que se trouve la chapelle de Notre-Dame de Sauvagnac. Construite peu après 1125, mais avant 1224, elle était sur le terrain appartenant aux religieux de Grandmont, ou à ceux d'Aureil, qui alors vivaient en solitaires.
Dès le XIIIe siècle les chevaliers du Temple avaient acquis des possessions dans ces lieux et en 1224 ils étaient patrons-collateurs de cette chapelle. Leurs possessions passèrent aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, ou chevaliers de Malte, qui les ont gardées jusqu'à la Révolution. Les derniers chapelins de Sauvagnac nommés par eux, sont : N... Fondanèche, en 1725. — Jean Richard, qui fut aussi curé de La Jonchère, et subit la déportation pendant la Révolution.
Les habitants de Sauvagnac, pendant la Révolution, mirent à l'abri des mains sacrilèges, la statue de la Sainte Vierge ; mais la chapelle fut vendue le 28 prairial an II (16 juin 1794) pour la somme de 210 francs, au sieur Joseph Martin, du village de Laurière, commune d'Ambazac. Il la revendit ensuite à la veuve Jammay, qui l'a rendue à la paroisse au rétablissement du culte.
En 1852, on entreprit des réparations considérables à cette chapelle ; elle furent achevées en 1855. A la nef romane on ajouta le choeur, à cinq pans en style ogival. En 1882, une nouvelle cloche fut fondue pour cette chapelle ; elle porte l'inscription suivante : « Je m'appelle Marie. Bénite en 1882. J'ai pour parrain M. Charles-Guillaume-Frédéric de Léobardy, chevalier de la Légion d'honneur, et maire de la Jonchère, et pour marraine Marie-Julie Des Marais, née de Seiglière. M. de Bosgenet, grand vicaire de Limoges restaurateur de Notre-Dame de Sauvagnac, et desservant, mon donateur, M. Lebouchard, curé de Saint-Léger-la-Montagne - Georges Bollée, fondeur à Orléans, 1882 ». Cette cloche dont la bénédiction fut retardée à cause de la mort de la marraine désignée ci-dessus, a eu pour marraine Mlle Noémie Benoist du Buis.
De fréquents et nombreux pèlerinages ont toujours lieu au sanctuaire de Notre Dame de Sauvagnac.
Sauvages (Les) — Le révérend père en Dieu, Amblard abbé de Saint-Martial (vers 1128), donna aux religieux de Grandmont le villlage et la terre des Sauvages près la forêt de Grandmont.
Temple (Le) qui était la propriété des Tempiers avant 1224 — On trouve près de ce lieu une pierre branlante que l'on fait un peu osciller par une forte pression. Il en existe une autre à l'extrémité sud-ouest de la commune, près du village du Buisson, qui est de la commune de la Jonchère. Mais cette dernière ne remue plus.
Vedrene (La)