Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 11/02/2023
SAINT-LEONARD, chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Limoges, comprend les communes de Champnétery, Le Châtenet-en-Dognon, Eybouleuf, la Geneytouse, Moissannes, Royères, Saint-Denis-des-Murs, Saint-Léonard, Saint-Martin-Terressus, Sauviat. Il a 23 512 hectares de superficie et 14 533 habitants.
La commune de Saint-Léonard a 5 570 hectares de superficie et 6 443 habitants. Son altitude au-dessus de la mer est de 350 mètres.
La ville de Saint-Léonard doit son origine et le nom qu’elle porte, à un pieux solitaire, venu au commencement du VIe siècle se choisir un ermitage dans la forêt de Pauvain, qui occupait l’emplacement de la ville actuelle. D’après l’antique tradition, consignée dans une vieille légende, saint Léonard était disciple de saint Rémy, évêque de Reims, et il fut tenu par Clovis sur les fonts du baptême. Saint Léonard vivait depuis longtemps dans cette forêt, et devant lui, sur l’autre de la Vienne, était un château appartenant aux rois de France. Théodebert, roi d’Austrasie, et petit-fils de Clovis, auquel les Limousins obéissaient à cette époque, y vint avec la reine Wisigarde, sa femme. Cette dernière, pendant leur séjour, y fut très gravement malade et ne recouvra la santé que grâce aux prières du saint ermite. Le roi, par reconnaissance, non seulement lui donna dans la forêt de Pauvain tout le terrain qu’il voudrait, mais encore exempta d’impôt tous ceux qui habiteraient ce lieu. Saint Léonard y éleva une chapelle dédiée à la Sainte-Vierge, autour de laquelle la ville s’est formée.
Jusqu’au Concordat de 1801, il y eu plusieurs paroisses à Saint-Léonard.
La cure de Saint-Michel, qui avait pour patron l’archange dont elle porte le nom, était dans l’ancien archiprêtré de Saint-Paul. L’évêque de Limoges y a toujours nommé les curés. Au XVIIIe siècle il y avait 260 communiants, environ 347 habitants.
Ont été curés de Saint-Michel : Pierre Daniel, en 1428 et 1450. – Jacques Daniel, en 1476. – N … Saulvaige, qui était en même temps curé de Saint-Martial-du-Pont, en 1536. – Jean de Marsac, mort en 1565. – Pierre de Chigot, nommé le 26 octobre 1565. – Léonard de Bostmalet, mort en 1598. - Jean de Bostmalet, nommé en novembre 1598. – Claude Daniel, 1659. – Guy de Montalescot, nommé le 6 septembre 1671, résigna au suivant. – Jean Bruxelles, nommé le 3 juillet 1680. – N … de Bruxelles était curé, en 1695. – Etienne Beaure était curé en 1735, résigna au suivant. – Joseph du Masbaret, nommé le 23 octobre 1735. - N … Thomas, nommé en 1773. – Léonard Tandeau, nommé en 1789, qui pendant la Révolution subit l’emprisonnement.
L’église de Saint-Michel fut vendue pendant la Révolution.
L’expert Constant, chargé de l’estimation des biens nationaux, dit dans son rapport du 19 mars 1793 : « Avons examiné ladite église de Saint-Michel, qui se confronte à l’église de Saint-Léonard, au jardin du citoyen Tandeau et à la chapelle des pénitents bleus, l’avons estimée à la somme de 500 livres. » (Archives de la Haute-Vienne. Q. 254).
Saint Etienne, dans la ville de Saint-Léonard, était une cure, jadis régulière, avec un prieuré. Sa fête patronale était celle de l’Invention des reliques de saint Etienne. Le prieur de Saint-Léonard nommait les curés. Elle fut unie à la mense prieurale du prieuré et monastère de Saint-Léonard par bulle du Pape Eugène IV, et acte du 17 juillet 1446. Au XVIIIe siècle il y avait 5 000 communiants, environ 6 700 habitants.
N … Fraisseix, était chanoine et curé de Saint-Etienne, en 1750 et 1765. – N … Daniel du Monfayon, 1767. – Jean Veyrier de Maleplane, fut nommé en 1773.
Léonard Daniel des Rieux, ancien prieur de la Chapelle, âgé de 87 ans, fut inhumé le 26 juillet 1764, dans l’église de Saint-Etienne de Saint-Léonard, en présence d’Antoine Nicard des Rieux, prieur de la Chapelle et de Joseph Nicard des Rieux, sieur des Rieux, ses neveux.
Plusieurs vicairies existaient dans cette église : Pierre Astays, clerc, le 28 novembre 1247, en fondait une pour un prêtre séculier, filleul de cette église, pour une messe quotidienne à dire à l’aurore.
Pierre Gay, licencié ès-décrets, official de Paris, en fondait une le 16 mai 1464. Elle fut augmentée, le 15 janvier 1473, par son neveu, Martial Gay, prêtre licencié ès-decrets, chanoine de Sainte-Opportune de Poitiers et curé des Innocents.
Saint-Martial-du-Pont de Noblat était une cure située sur la rive gauche de la Vienne, au bas de la ville de Saint-Léonard. Saint-Martial en était le patron. L’évêque de Limoges y a toujours nommé les curés. Au XVIIIe siècle il y avait 260 communiants, environ 347 habitants.
Ont été curés de cette paroisse : Martial d’Apsac, en 1466. – N … Saulvaige, qui était en même temps curé de Saint-Michel, 1536. – Léonard de Chigot, nommé le 29 octobre 1562. – Léonard de Baubiat, le 27 septembre 1628. – Etienne Tandeau était curé en 1680 et 1686. – Etienne de Lajaumard, nommé en 1686, mourut le 10 janvier 1695. – Léonard de la Chassagne, 1705. – Antoine Peyrusson, mort ancien curé en janvier 1759. – Pierre Bélézy, nommé en 1754. – Jacques Farges prit possession en 1786.
Après le Concordat de 1801, cette paroisse de Saint-Martial fut maintenue ; elle a été ordinairement desservie par un des vicaires de Saint-Léonard. Elle possède une petite église, construire récemment, en style du XIIIe siècle. L’ancienne église avait été vendue pendant la Révolution, le 28 thermidor an IX (15 août 1796) au sieur Barget, pour la somme de 1 368 francs. (Archives de la Haute-Vienne. Q 147. n° 244).
Notre-Dame-sous-les-Arbres, était une chapelle, qui, dit-on, aurait été élevée par saint Léonard lui-même. Elle existait en 1195. Elle avait pour fête patronale celle de la Nativité de la Sainte-Vierge, et celle de saint Rémi. Cette chapelle avait été usurpée par le curé de Saint-Etienne, mais elle fut déclarée appartenir au prieur par transaction du 13 novembre 1378.
Il y avait dans cette chapelle une vicairie fondée le 15 février 1504, par Jean Gay.
Une autre fondée par les seigneurs du Muraud. Jean du Muraud, écuyer, y nommait un titulaire en 1561. N … de Massiot, seigneur du Muraud, en 1606, N … Veyrier de Virolle, après 1731, faisait de même.
Dans un acte de 1592 ; les seigneurs du Muraud sont dits possesseurs des 2 vicairies de Sainte-Anne, fondées en l’église de Notre-Dame-sous-les-Arbres « avec la chapelle, monument et sépulcre qui dont dans la dite église ».
Depuis le commencement du XIXe siècle, au Concordat du 1801, on a réuni en une seule paroisse toutes celles de la ville, laquelle a Saint-Léonard pour patron. Elle s’étend sur toute la commune, si l’on en excepte celle de Saint Martial du Pont de Noblac, qui est desservie par un de ses vicaires. Depuis cette époque ont été curés doyens de Saint-Léonard : Jean Veyrier de Maleplane, nommé le 24 avril 1803. – Paul-Guillaume Beaure d’Augères, le 3 août 1808. – François Nicard, le 27 août 1810. – Joseph Bourdeix, le 26 mars 1816. – Pierre Chauviniac, le 17 février 1819. – Léonard Dépéret, le 13 février 1833, mort en 1845. – Etienne Roubaine, nommé le 5 juin 1845. – Antoine Brunerie, le 15 octobre 1847. – François-Xavier Bessède, le 5 mai 1882. – François Touraille, le 24 septembre 1895. – Frédéric-Alexandre Glénisson, le 30 août 1903.
L’église et le tombeau de Saint Léonard, mort en ce lieu, le 9 novembre 559, étaient au moyen-âge un lieu de pèlerinage des plus vénérés du Limousin. Déjà célèbre au VIIIe siècle, sous Pépin-le-Bref, il le devint encore davantage à partir du XIe siècle, lorsque de nombreux miracles, opérés au tombeau de ce saint, donnèrent un nouvel accroissement à la dévotion des peuples.
L’église était un prieuré jadis de l’Ordre de saint Augustin. L’observance cénobitique y était encore observée, lorsque, le 7 novembre 1062, Itier, évêque de Limoges, y établit la canoniale. Cette collégiale séculière, à défaut de réguliers, a eu jusqu’à 24 prébendes, mais en 1345, ils furent réduits à 13, y compris le prieur. Les longues guerres avaient grandement dérangé le monastère et en avaient considérablement diminué le revenu. Au XVIIIe siècle, il n’y avait que dix prébendes ou portions coloniales y compris la sacristie et la cure de Saint-Etienne.
Les prieurs de Saint-Léonard sont : 1. Jordain de Laron, prévôt, qui fut élu évêque de Limoges, en 1023. – 2. Pierre, vers 1100. – 3. Aton, vers 1130, mort le 15 juin. – 4. Castus, vers 1158. – 5. Bernard, 1191-1195. – 6. Boson, 1211, mort le 29 mai. – 7. Gérald de Maumont, 1247. – 8. Raymond, 1250. – 9. Etienne, 1259. – 10. Gaucelin, 1261. – 11. Hélie, 1274. – 12. Boson, 1296-1297. – 13. Guillaume, 1298-1309. – 14. Pierre, 1310-1322. – 15. Hugues Geoffroi, 1327, 1332. - 16. Guillaume Grilli, 1335-1339. – 17. Audouen, 1349-1354. – 18. Estienne Benoist, 1359, mort le 19 mars 1377, prieur de Bénévent, chanoine de Limoges. – 19. Jean d’Aulery, prieur de Bénévent, puis de Saint-Léonard, 1377-1392. – 20. Gérald Sudraud, 1394-1403. – 21. Audouen de Royère, 1428. – 22. Bernard Avinionis, 1430-1446. – 23. Jean Sudraudi, 1452-1454. – 24. F. Estienne Tixier, 1459, mort en 1484. – 25. Guillaume Tixier, mort le 10 octobre 1506. – Commandataires : 26. Geoffroi de Pompadour, nommé en 1506. – 27. Louis de Royère, 1509. – 28. Guichard de Royère de Beaudeduit, 1517-1541, abbé de la Tour, au Puy-en-Velay. – 29. François de la Saigne, prit possession de Saint-Léonard, le 19 avril 1551, prieur de l’Artige, du Chalard, abbé de Souillac. – 30. Philippe d’Artuli, 1558. – 31. Antoine de Montfreboeuf de Bazac, nommé en 1571, régulier. – 32. Noël Sourdet, 1572. – 33. Antoine Lancel, licencié en l’un et l’autre droit, 1585-1589. – 34. François de Bridieu, nommé en 1593, mort le 10 mars 1614. – 35. François de Bridieu, 1614-1634. – 36. Pierre de Bridieu, 1646-1653. – 37. Dieudonné de Bridieu. – 38. Dieudonné de Bridieu du Claveau, nommé en 1671. – 39. Gabriel de Bridieu, mort 1712. – 40. Liberal Jouvenel de Maranzac, 1712 ; mort en 1769.
Plusieurs vicairies ou fondations de messes avaient été érigées dans cette église de Saint-Léonard. On peut citer les suivantes :
Celle fondée le 6 juillet 1361 par Gérald Foresterii, chanoine et trésorier du monastère.
Jacques Segaudi, en fonda une le 1er avril 1366, qui fut augmentée par Pierre Jonchon, chanoine.
Pierre Georgii, de la ville de Peyrat, en Limousin, époux d’Almodis de Saint-Amand, en fonda une le 10 mai 1376.
Frère Jean Daulery ou de Leyris, prieur du monastère, en fonda une pour la messe dite Messe de l’aurore, le 14 avril 1392.
Noble Denis Aubert, damoiseau, en avait fondé une, avant 1455, dans la chapelle du sépulcre, près le clocher, etc, etc.
L’église de Saint-Léonard, qui est classée au nombre des monuments historiques, date des XIe et XIIe siècles, avec des restaurations des XIIIe et XVIIe. Les chapelles de l’abside, toute la partie basse du chœur, les voûtes de ses collatéraux et la partie basse de la nef qui s’étend jusqu’au clocher, sont en style roman du XIe siècle. C’est en 1062 que l’évêque de Limoges, Hitier, faisait restaurer le monastère de Saint-Léonard.
Le porche du clocher est du même style et de la même date que les chapelles du chœur ; on y remarque des chapiteaux d’une exécution lourde mais d’un mystérieux symbolisme. Ce clocher roman peut être regardé comme le type de l’architecture limousine de cette époque. Il est carré sur la plus grande partie de sa hauteur et devient octogonal dans la partie supérieure, au moyen de pignons appliqués sur les faces de la partie carrée. Les sommets de ces pignons soutiennent quatre des angles de la partie octogonale qui est surmontée de la flèche. Le clocher de l’ancienne abbaye de Saint-Martial était absolument semblable. Il faut en dire autant de celui de l’abbaye de Brantôme, en Périgord, qui existe encore.
Le portail occidental est du XIIIe siècle, des niches latérales qui l’accompagnent, avec leurs ogives trilobées, accusent clairement cette époque.
Le chœur a été restauré au commencement du XVIIe, et l’on voit la date de 1603, inscrite sur un des piliers carrés qui remplacent d’anciennes colonnes cylindriques.
Les stalles du chœur, dont les accotoirs et les miséricordes offrent des sculptures symboliques, tantôt gracieuses, tantôt bizarres, sont de la même date que celle de Solignac et il suffit de jeter un coup d’œil sur les ornements en style flamboyant qu’on y trouve, pour les assigner sans hésitation à la seconde moitié du XVe siècle.
Dans la chapelle de Saint-Joseph, la dernière de l’abside à droite, on voit à l’autel un bas-relief en albâtre qui représente les cinq sujets suivants : 1° la Vierge environnée d’une large auréole (Immaculée Conception) ; 2° l’adoration des Mages ; 3° Jésus en croix entre les genoux du Père Eternel ; 4° la Vierge couronnée par les trois Personnes divines ; 5° L’Annonciation. On croit ce bas-relief antérieur au XVe siècle.
Dans le chœur, au-dessus du maître autel, on voit le tableau des Lamentations de Jérémie, accordé par le gouvernement de Louis-Philippe, à la demande de M. du Léris de Peyramont, alors député. C’est l’œuvre du peintre Murat, natif de Felletin, un des élèves les plus distingués de notre école de Rome.
En 1463 une cloche fut cassée par la foudre dans le clocher de cette église ; elle fut refondue le 20 avril 1466, aux frais des habitants. En 1467, une petite cloche fut encore brisée par la foudre ; mais elle fut refondue la même année, grâce à la générosité du prieur et de la communauté. On trouve sur les trois cloches qui existent aujourd’hui les inscriptions suivantes :
1° « ✠ Jesus. Maria. Te Deum laudamus. In Te Domine speravi non confundar in oeternum. Sancte Léonarde ora pro nobis. – Parrain honorable homme M. Pierre Texier, conseiller du roi en son conseil, trésorier et commissaire extraordinaire des guerres ez pays de Limousin et de Marche ; marraine, dame Léonarde Beaure, femme de Claude Veyrier, marchand, 1676. – Claude Belot ».
2° « ✠ Hev dus Dus Franciscus Gilbert Abbas Benneffiencis me fudi curavit anno 1763. Andreas Vandem Chein me fudit Lovani. Opus nil terrestre sapit. Proecipue festis soleo laudare diebus. Somma noce Deum populos que ad sacra ciere. Hoec duo divina, resonantia tympana laudes. Sancte, titi tua plebs, o Leonarde dicat ».
3° « ✠ Ad majorem Dei gloriam. 1810 ».
Un très curieux édicule circulaire, qui confirme au nord de l’église à côté du clocher, est une réduction du Saint-Sépulcre de Jérusalem, qui remonte au XIe siècle. Il semble résulter de différents documents que cette chapelle fut bien construite au XIe siècle et qu’elle avait pour objet principal de renfermer les restes d’un pieux ermite, exposés à la vénération des fidèles. On y lisait jadis sur une dalle cette inscription : « Hic requiescit Goncerand qui hoc oedificavit sepulchrum ».
La ville de Saint-Léonard porte pour armes d’azur à une entrave de prisonnier d’argent, posée en face, accompagnée de trois fleurs de lis d’or 2 et 1.
En 1183, la ville de Saint-Léonard fut prise par les Paillers, ou Paillarts, bande de voleurs qui parcouraient le pays.
En 1193, Richard-Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre, rendu à la liberté après avoir été prisonnier de l’empereur, vint par dévotion au tombeau de saint Léonard et fit travailler à la construction de l’église et aux murailles de la ville.
En 1204, il y avait à Saint-Léonard des soldats Brabançons et routiers de guerre, qui faisaient beaucoup de mal dans le pays. Les communes et le vicomte les chassèrent de cette ville ; l’évêque de Limoges, y étant ensuite entré, en fit foi et hommage au roi de France, qui lui en assura la possession.
En 1290, il se tint à Saint-léonard un concile provincial présidé par Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges, et dans lequel se trouvaient les évêques de Clermont, de Limoges, de Cahors, de Rodez, d’Alby, et le vicaire général de l’évêque de Mande.
En 1483, Passage à Saint-Léonard de Charles VII et du dauphin qui fut ensuite Louis XI.
En 1531, passage de la reine Eléonore, épouse de François 1er.
En 1575, les troupes des calvinistes, qui occupaient la ville de Saint-Léonard, en furent chassées par le courage des habitants.
1594. Les Recollets s’établissent à Saint-Léonard.
1694. Etablissement du couvent des Filles de Notre-Dame. Après la Révolution, M. Dépéret, curé de Saint-Léonard, rétablit leur communauté en 1837. Elles ont reconstruit un autre couvent qu’elles ont inauguré en 1898.
On remarque au bas de la ville de Saint-léonard, le beau viaduc courbe, sur lequel passe la voie du chemin de fer. La dernière clef de voûte de ce gigantesque et magnifique travail a été posée le 7 septembre 1878. Il ne mesure pas moins de 406 mètres de longueur ; il a 32 arches dont quelques-unes atteignent 30 mètres de hauteur.
Les villages de la commune de Saint-Léonard sont :
Andalais. Voir Dandalais.
Artige-Vieille (L’). – Vers l’an 1106, deux nobles vénétiens, Marc et son neveu Sébastien, visitaient les lieux sanctifiés par les solitaires. Etant venus au tombeau de saint Léonard et se sentant poussés à imiter le saint, ils sollicitèrent les prêtres qui gardaient ce tombeau, de leur laisser construire une cellule dans la forêt voisine. Ce qui leur fut accordé, et c’est en ce lieu, nommé depuis l’Artige-Vieille, à quatre kilomètres à l’est de Saint-Léonard, que prit naissance un prieuré chef d’une Congrégation de l’Ordre de Saint-Augustin. Le bienheureux Marc en fut le premier prieur, et eut son neveu Sébastien pour successeur.
Artige (La Grande). Vers 1165, le cinquième prieur de l’Artige transporta sa communauté un peu plus loin, au confluent de la Vienne et de la Maude. C’est là, à la Grande Artige, que ces religieux ont existé jusqu’en 1682. En s’y installant, ils y transportèrent les corps de leurs fondateurs, Marc et Sébastien, qu’ils placèrent dans une crypte du sanctuaire du côté de l’évangile. L’inscription suivante était gravée dessus :
« Iste brevis loculus patrum capit ossa duorum / quos morum titulus ; deui mina vexit honorum. Hos domus Artigioe primos habuit positores / Hii caput oecclesioe primique fuere priores / Hos caput Ytalioe Venecia se genuisse / Jactat et huic patrioe fiet pignota tanta dedisse / Istorum votis patrui prius indenepotis / Cessit mons heremus hoec leca sola nemus / Hic ubi lustra fero fuerant et pascua bobus / Facta fuit patribus non grandis cella duobus / Hanc Marcus cujus marcescere gloria nescit / Sebastianus a levâ parte quiescit ».
Saint Laurent était le patron de L’Artige. Dans les premiers temps le prieur était électif, mais des 1584, au moins, le roi jouissait du droit de nomination. Par une bulle du 8 janvier 1682, ce prieuré fut uni au collège des Jésuites de Limoges, et un prêtre fut établi à l’Artige pour y dire la messe, les dimanches et fêtes et y acquitte les anciennes fondations.
Aujoud’hui on voit encore à L’Artige quelques anciens bâtiments et l’église transformée en grange.
Les prieurs de l’Artige sont : 1° Marc, en 1106. – 2° Sébastien. – 3° N … - 4° - Jean Nautoner, 1138. – 5° Helias de Horio, 1174, 1202. – 6° Pierre de Magnac, 1212, 1234. – 7° Bernard Chousos ou Thausos, 1235. – 8° Bernard Campanisma. – 9° Bernard de Sancto Quantino. – 10° Guillaume Galhardi, 1264. – 11° Guillaume de Crozilla, 1285. – 12° Pierre de Pratis, 1285-1305. 13° Guido, 1313. – 14° Aimericus de La Mota, 1317-1347. – 15° Guillaume de Podio, 1347-1349. – 16° Jean de Royère, 1349-1362. – 17° Jean de Leyris, 1378. – 18° Léonard Lenoir, 1376-1403. – 19° Bertrand Rogier. – 20° Etienne Massiot, 1405-1440. – 21° Gérard Bruni, 1440-1457. – 22° Jean de Bony, 1457-1489. – 23° Jean de Bony de la Vergne, 1489-1525. – 24° Antoine de Bony, 1526-1540. – Prieurs Commendataires : 25° François de La Saigne, 1558. – 26° Germain de La Vergne. 1558-1571. – 27° Jean Nouhaud, 1572-1584. - 28° Léonard de La Mareilhe, 1584-1602. – 29° Antoine Berthet, 1605-1605.– 30° Antoine Martinaud, 1605-1625. – 31° Henri Martin, 1626-1632. – 32° Martial Philippe de Douhet, 1632-1636. - 33° Claude Blampignon, 1636. – 34° Gabriel Naudé. 1644-1653. – 35° Cosme Naudé, 1653-1681.
Augères. – Jacques Reynaud, sieur d’Augères, vendit par acte du 24 août 1735 à Antoine Beaure, marchand à Saint-Léonard, le domaine d’Augères, moyennant 16 500 livres. Les chanoines de St-Léonard étaient seigneurs fonciers du lieu d’Augères. Léonard Beaure, sieur d’Augères en 1760. – Antoine Augustin Beaure d’Augères en 1789.
Babinerie. – A. M. Veyrier du Muraud.
Baillot (Moulin de).
Bas-Soleil - Guillaume Magy d’Andalais, écuyer, trésorier de France à Limoges, était seigneur de Bas-Soleil en 1774. – Passa à la famille Gay-Lussac au siècle dernier.
Beaubiat.
Beaufort. – Aux Chenaud de Beaufort au 18e siècle.
Beaufort (Moulin de).
Benac.
Besse (La). – Plusieurs sépultures gallo-romaines ont été découvertes dans ce village en 1888. Dans des vases renfermés dans les urnes en pierre on a recueilli un anneau en or, et quelques monnaies de la période des Antonin. – La Besse appartenait à M. Lamy de la Chapelle en 1780.
Billiat.
Borderie (La).
Bordes (Les).
Bost (Le). – On trouve Jean-Baptiste Fraisseix du Bost, bourgeois de St-Léonard en 1787 et seigneur du Bost.
Bramefan.
Brégéras.
Bussière (La).
Chabant. – Léonard d’Alesme, seigneur du Chaban en 1654. – N. d’Alesme en 1718, 1780.
Chapelle (La). – Joseph Lamy, écuyer, seigneur de Luret, né en 1671, épousa Marie-Thérèse de La Chassagne qui lui porta le fief de La Chapelle. Les armes de la famille Lamy sont : « d’azur au pigeon (ou à la colombe) d’argent ». Le dernier seigneur de la Chapelle fut Pierre Lamy, écuyer, seigneur de la Chapelle et de Luret, procureur du roi à Limoges, qui fut emprisonné sous la Terreur. De lui descendent les représentants actuels de cette famille.
Chassagnat.
Catabauny.
Château.
Chapteau-Gaillard.
Chigot (Le).
Colombier (Le).
Cottas. – Jean-Bapstiste Veyrier était seigneur de Cottas en 1722.
Catebourg. – A M. Fraisseix de Veyvialle.
Chatreix. A M. Lamy de la Chapelle en 1780.
Dandalais, ou d’Andalay. – Jean Doynais était seigneur d’Andalay en 1534. Doynais porte : « d’azur à trois roses d’or, 2 et 1 ».
Ecouveaux. – A. M. Veyrier du Muraud.
Farebout (Moulin de). – Le domaine et moulin de Farebout appartenait, en 1769, à Léonard Beaure, sieur de Marnigot, marchand de St-léonard.
Forestière (La).
Gagnepot. – A M. Lanoaille de Soumagne, en 1780.
Galamanche (Moulin de La) ou Galemache.
Grand Billac. – A M. Daniel de la Gasnerie, ex-garde du corps du roi en 1780.
Grange (La).
Grenaud (Le).
Grilière (La).
Gros (Chez Le). – Le fief de Chez le Gros, démembré de celui des Rongères, appartenait en 1780 à N. Dupety, bourgeois de St-Léonard.
Labelle (Chez).
Lajoumard. – Lieu d’origine de la famille Lajoumard (de Bellabre et de la Boissière)..
Lamberterie. – Jean Vidaud de Bosviger, écuyer, qui devint seigneur comte du Dognon, était de Lamberterie en 1685.
Langlade. -
Landeix. – Jean Trompaudon, écuyer, sieur de Landeix épousa, en 1654, Antoinette Tixier, fille d’Antoine, sieur de Landeix et de Jeanne Bony de la Vergne. Ce lieu appartient aujourd’hui à M. Gay-Lussac.
Las Couanevas.
Leger (Chez).
Lubersat.
Lussac. – Maison de campagne bâtie par le célèbre chimiste Joseph-Louis Gay-Lussac, né à Saint-Léonard le 6 décembre 1778 et mort en 1850. Il était pair de France. – Appartient aujourd’hui au comte Fleury.
Maleplane. – Appartenait en 1593 au notaire royal La Treillie de Saint-Léonard. – Jean Veyrier était seigneur de Maleplane en 1722-1751. Joseph Veyrier de Maleplane est qualifié seigneur de Maleplane, St-Martin et la Reynerie en 1763, 1785. Appartient toujours à la famille dont les armes sont « d’azur à deux cygnes d’argent affrontés et buvant dans un calice d’or »
Maquetaud. – A M. Fraisseix du Bost.
Marnigot. – Léonard Beaure possédait Marnigot en 1769.
Maisonneuve. – A M. Lamy de la Chapelle en 1780.
Marsac. – Jean-Joseph Tandeau de St-Nicolas, seigneur de Marsac, écuyer, était trésorier de France à Limoges en 1750. Grégoire Tandeau de Marsac, écuyer, mousquetaire du roi, seigneur de Marsac et St-Nicolas, en 1756. Son fils, Henri-Louis-Armand, écuyer, seigneur de la Chabanne, émigra à l’armée de Condé où il fut tué en 1796. De lui descendent les représentants actuels des Tandeau de Marsac. Armes : « d’azur au cygne d’argent voguant sur une onde de même au chef chargé de 3 étoiles d’or ».
Mareille (La). – A la famille Beaure en 1780.
Mazière (La). – En 1780, ce fief était en litige entre le baron de Brignac et le sieur Nicard.
Monteil. – A la famille Daniel au XVIIIe siècle.
Montagnères. – Nicolas Veyrier, bourgeois de St-Léonard, était seigneur de ce lieu en 1775, 1788.
Mortessaignes. – Appartenait à l’Ordre de Malte. Il y avait une chapelle de dévotion dédiée à Saint Jean Baptiste, où en 1617 un prêtre venait célébrer la messe tous les jeudis. L’ordre possédait aussi le Moulin du Temple.
Moulard. – François Beaure était sieur du Moulard du Rieupeyroux, en 1774.
Moulin Laplat.
Moulin du fer.
Momot (Chez). – A M. Tardivet du Repaire en 1780.
Moulin Raca.
Palisse (La).
Penaud (Le).
Pénitent (Chez le).
Pont du Puy.
Pont de Noblac. – Près le pont de Noblac, sur une montagne qui domine la Vienne, on trouve les vestiges de l’ancien château de Noblac, célèbre dans les guerres du moyen âge, et démoli depuis la fin du XIVe siècle. Ce château était possédé au XIIIe siècle par la famille Marcheys.
A quelques pas du pont est l’église de Saint-Martial, qui a le titre d’église paroissiale.
Pouille.
Pradeaux (Chez).
Pédeneix. – A la famille Bourdicaud au XVIIIe siècle.
Puy-Faucher.
Puy-Rocher.
Repaire (Le Grand). – On y remarque un vieux manoir qui a appartenu à la famille Fraudebar de Frérussac, et plus tard au général Tardivet du Repaire, l’illustre sauveur de la reine Marie-Antoinette. Le château et ses dépendances appartiennent encore aux descendants de cette célébrité historique.
François de Geneste, écuyer, seigneur du repaire, gouverneur pour le roi à Montpellier, vendit le fief du Repaire, en 1644, à Jacques Baillot, bourgeois de Limoges, moyennant 17 000 livres.
Jacques Baillot, seigneur du repaire, consul de Limoges, conseiller du roi et contrôleur général en la généralité, épousa Catherine de Gallicher. Il mourut en 1652. Il avait nommé pour exécuteur testamentaire Jean Baillot, sieur d’Estivaux, son neveu. A sa mort, le fief du Repaire fut saisi féodalement par Mgr de la Fayette, évêque de Limoges, jusqu’à ce qu’il fut « couver par l’hommage ». Baillot porte : « d’azur à la fasce d’argent accompagné en chef de 3 étoiles d’or et en pointe de 3 écots de même posés en pal 2 et 1. Supports : 2 licornes ». Devises : « J’ay baillé Dieu rendra ».
Jean-Baptiste Trompaudon, chevalier, était seigneur du Repaire et de Moissannes en 1723. Claude Tardivet, écuyer, est seigneur du Repaire en 1786. François-Guillaume Tardivet en 1791. Ce fief fut vendu nationalement en 1793, devenant le district de Saint-Léonard, moyennant 18 320 livres.
Repaire (Le Petit).
Révery (Le Mas). – Etienne Peyraud était seigneur du Mas Revery et de St-Martin en 17..
Réverie (Basses).
Rieupeyroux (Le). – François Beaure étaient seigneur de ce lieu en 1774.
Rigouleine. – Pierre d’Alesme, écuyer, trésorier de France, était seigneur de Rigouleine en 1720. Son fils Jean-Baptiste en 1751.
Romefort.
Rongères (Les). Jean-Baptiste Le Veyrier était seigneur des Rongères en 1722.
Sallevert.
Sous-Magne ou Sousmagnac. – Guillaume Lanouaille était seigneur de ce lieu en 1771.
Teil (le).
Temple (Le Moulin du). - A l’ordre de Malte.
Veyrier. c. de Saint-Léonard, ancien martinet à cuivre.
Vialle.
Veyvialle. – A. Daniel de la Gasnerie, ex-garde du corps du roi en 1780. François Fraysseix était seigneur de Veyvialle en 1771.
Vigne (la).
Villeneuve. – A la famille Daniel de la Gasnerie.