Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 11/02/2023
SAINT-MARTIN-DE-JUSSAC, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Junien, a 1 431 hectares de superficie et 615 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 281 mètres.
Le prieuré-cure de Saint-Martin-de-Jussac, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, était sous le patronage de saint Martin de Tours. Le lieu de Jussac, qui sert à distinguer cette cure des autres cures de Saint-Martin, est à peu de distance dans la commune de Cognac. Dès 1243, on trouve cette paroisse nommée Saint-Martin-de-Jussac ; elle est aussi dite Saint-Martin-près-la-Cour-de-Bord, en 1377. Les curés y ont toujours été nommés jusqu'à la Révolution par le prieur de Saint-Jean-de-Col, en Périgord. Au XVIIIe il y avait 682 communiants, 828 habitants.
La nef de l'église est en style roman du XIe siècle. Le chœur qui est du XVe a deux clefs de voûte armoriées, comme la plupart des églises de cette époque.
La cloche porte cette inscription : « ✠ Au nom de la Très Sainte Trinité, l'an 1822, j'ai pris naissance à l'Hôtel des Monnaies de Limoges, ayant pour parrain Joseph Des Vergnes-Lafont, maire de Saint-Martin-de-Jussac et pour marraine, Madeleine de Grandseigne. Assistants : François-Amable Goumot, curé de Saint-Junien, Joseph Calary, prieur, Léonard Dépéret, coadjuteur, Jean Gouteneigre, archiprêtre de Chaillac et Marie Des Vegnes-Lafont, née Rouhet, épouse du maire. »
Il y avait, en 1493, une chapelle ou oratoire de Saint-Martial dans l'enclos du jardin de la cure, mais en 1633, comme elle était en ruines, il fut ordonné de raser ses masures et d'élever dans l'église un autel au saint apôtre.
Pendant la Révolution, le 12 thermidor an IV (30 juillet 1796), un pré situé au village du Dognon, et autres objets provenant de la cure de Saint-Martin-de-Jussac furent vendus au sieur Demont, pour la somme de 500 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q, 148, n° 209).
Noble Raymond de Bard, damoiseau, seigneur du Puy-de-Maleys (commune de Saint-Brice), fit bâtir une chapelle à Saint-Martin-de-Jussac, en 1510.
Ont été curés de Saint-Martin-de-Jussac : Pierre Peuchault, nommé en 1574. — Clément Hugon de Glane est curé en 1721. — N… Moulinier, chanoine régulier, meurt en 1784. — Jean-Baptiste Singareau, chanoine régulier, nommé en 1784, revint en 1804. — Pierre Laborderie, nommé le 24 avril 1803. — Jean-Baptiste Singareau, le 31 juillet 1804. — François Rouffet, le 1er avril 1818. — Jean Gouttenègre, le 1er octobre 1819. — Blaise-Joseph-Rose Calary, le 1er octobre 1821. — Antoine Sirieix, le 1er mars 1823. — François Faucher, le 1er juillet 1829. — Joseph-Marie Gérald, le 1er septembre 1830. — Jean-Pierre-Isidore Duchamps-Lageneste, le 1er janvier 1835. — Martial Masdoumier, le 16 juillet 1835. — André Courty, le 1er août 1837. — Jean-Baptiste-André Deluret, le 13 décembre 1838. — Pierre Hugonneaud, le 8 février 1840. — Pierre Duboueix, le 9 septembre 1840. — Jean-Paulin Leclerc, le 1er janvier 1851. — Joseph-Alexandre-Amable Barny de Romanet, le 26 juin 1852. — Yrieix Villesourde, en 1858. — Alexis Leroudier, en 1859. — Etienne Fargeaudon, en 1890. — Léon Michel, en 1892. — Henri Giraud, en 1905.
Les villages de la commune de Saint-Martin-de-Jussac sont :
Aubinerie (Grande) "alias" Laubinerie, appartenait au seigneur de la Laurencie, en 1610.
Aubinerie (Petite).
Bard, est placé à 122 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il y avait en 1477, une chapelle rurale dont la fête patronale était la Nativité de saint Jean-Baptiste. Cette chapelle était une fondation des seigneurs des Cars, mais elle ne fut pas entretenue, et comme elle tombait en ruines, elle fut interdite en 1742, par Mgr Jean-Gilles du Coetlosquet, évêque de Limoges. De nos jours on trouve son emplacement dans un jardin du village, à 300 mètres de la Tour de Bard.
Il existe en ce lieu une Motte de 120 mètres de circonférence à la base et de 20 mètres de diamètre au sommet. Elle est entourée d'un fossé, rempli d'eau par une source très abondante.
C'est sur cette Motte qu'était placée la Tour, ou château-fort de Bard, où les Anglais, vers 1384, gardaient leurs prisonniers, comme dans les forts de Morterolles et du Palais près Limoges. A 300 mètres de ce château on remarque des ruines couvrant un grand espace ; on y trouve en quantité du bois carbonisé, des briques, des pierres taillées, du fer, et autres débris.
La Tour de Bard et ses dépendances appartenaient, en 1435, à la maison Peyrusse des Cars ; en 1535 elle passa par acquisition à François de Peyrusse des Cars, seigneur de La Vauguyon, dont les armes sont de gueules au pal de vair.
Becarie (La).
Bonneterie "alias" Touchevache, près le bourg, appartenait à Berton Gendrauld en 1610 et au sieur Rabier en 1764.
Bregère, "alias" Brugère (La), propriété du sieur de Verdilhac de Maraffy, en 1764. Ses armes sont : d'argent au chevron de gueules accompagné de trois molettes de sable, alias de trois verdiers.
Buis (Le).
Chez-Mingoux.
Chez-Pigeon, près du bourg où les Grandmontains avaient quelque propriété en 1758.
Chauliat.
Charmoux.
Côte (La).
Dognon (Le).
Lande (La).
Landrevie.
Robinet.