Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 11/02/2023
SAINT-PARDOUX-RANCON, chef-lieu de commune dans le canton de Bessines, a 2482 hectares de superficie, et 1070 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 399 mètres.
La cure de Saint-Pardoux, dans l'ancien archiprêtré de Rancon, a pour patron saint Pardoux, abbé. Très anciennement l'évêque de Limoges y nommait les curés, mais en 1295, Regnaud de la Porte céda ce droit au doyen et au chapitre de la Cathédrale ; depuis cette époque jusqu'à la Révolution, ils ont été nommés par l'Aquilaire de la Cathédrale. Au XVIIIe siècle on y comptait 990 communiants, environ 1 320 habitants.
Il y avait dans cette église une vicairie dite de Coulx, et Madeleine Faulcon, de Monthaurant, femme de Boutin, marchand, y nommait un titulaire en 1571.
Une autre vicairie y fut fondée par sentence du vice-sénéchal de Limoges, de l'avis du présidial, le 18 décembre 1640, pour réparation de l'assassinat de Philippe de Douhet, écuyer, qui fut inhumé dans cette église.
L'église de Saint-Pardoux qui a trente mètres de long, est formée d'une seule nef de cinq travées. Sa voûte est ogivale, mais repose sur des murs de construction romane avec fenêtres en plein cintre. Outre sa porte centrale du côté du couchant, on a ouvert au nord un portail gothique.
Sa cloche a une inscription en lettres gothiques, dans laquelle les mots sont séparés par des roses et des fleurs de lis. En voici le texte : « ✠ L'an M CCCCC IV. S. Pardoux, Ave Maria ».
En 1771, le cimetière de Saint-Pardoux qui entourait l'église, fut transporté au-delà du petit étang, dans un terrain vague, qui, d'après l'arpenteur de 1756, avait anciennement été un cimetière.
Pendant la Révolution, le 15 prairial an IV (3 juin 1796), le presbytère de Saint-Pardoux fut vendu au sieur Ruaud-Lafontanelle pour la somme de 2160 francs (Archives de la Haute-Vienne. Q. 152, n° 8).
Ont été curés de Saint-Pardoux : Hélie en 1175. — Arnaud Lestrade, 1363-1365. — Valentin Pasquet, en 1490. — Léonard Brugnet, en 1619. — N… Coudert, mort en 1682. — Claude Rouard, en 1682-1705. — N… Dubois, 1713. — J. Thévenin, 1716. — N… Mignot, 1723. — Jean Chapote, vicaire en 1721, puis curé, mort le 29 septembre 1746. — Gabriel Avril, 1747, mort le 30 décembre 1756. — Jean-Baptiste Grellet, 1756, résigna le 1er septembre 1782, à Martial Poncet, mais cette résignation n'eut pas d'effet. — Gabriel-Marc Briquet, nommé en 1785, revint en 1801, et mourut en décembre 1804. — Léonard Brugeaud, nommé le 21 janvier 1805. — Antoine Montjon, le 1er novembre 1812. — Léonard Brugeaud, nommé le 1er janvier 1814, mort le 20 mai 1821. — Pierre Dumazoureix, le 26 novembre 1823. — N… Rigaud, en 1832. — Jean-Baptiste Marouseau, le 21 décembre 1834. — Jean Reix, le 1er octobre 1847. — Antoine Moreau, en 1851. — Victor Mazaubrun, en 1875. — Guillaume-Léonard Dubouchaud du Mazaubrun, en 1875. — Louis Roudet, en 1882. — Pierre Branland, en 1883. — Victor Bredèche, en 1887. — Charles Magne, en 1889. — Etienne Fargeaudon, en 1891. — Sylvain Lefort en 1904.
Le château de Saint-Pardoux était à l'Est, et proche de l'église, le portail de son entrée principale s'ouvrait en face d'elle. Il était entouré de fossés qui recevaient l'eau d'un étang voisin et un vaste parc lui était adjoint. L'arpenteur qui en 1756 en leva le plan pour la Dame de Saint-Pardoux dit : « C'est un château composé d'un corps de logis en deux ailes, grenier, chambres, écuries, grange, boulangerie, cours, fossés, allées, fruitier, jardins ». Aujourd'hui, il n'en reste rien. Le 4 thermidor an II (22 juillet 1794), le maire de Saint-Pardoux écrivait à l'administration départementale que ce château « avait été complètement détruit conformément à la loi ». (Archives de la Haute-Vienne. L. 153).
Bernard ou Béraud de Copiac, seigneur de Saint-Pardoux et de Saint-Sylvestre, épousa, vers 1232, Almodie de Razès. Ils vivaient en 1260 et faisaient plusieurs donations à l'abbaye de Grandmont. Hélie de Copiac, écuyer, était seigneur de Saint-Pardoux en 1274, et Gaucelin de Copiac en 1282.
Guillaume de Lastour est seigneur de Thouron et de Saint-Pardoux en 1337. Ses armes sont : d'azur semé de fleurs de lis d'or, à trois tours d'argent brochantes.
Jean Faulcon, chevalier, est seigneur de Thouron et de Saint-Pardoux, en 1450. Il testa en 1475. Ses armes sont : écartelé aux 1er et 4e d'azur à la croix d'or, aux 2e et 3e d'azur à trois fleurs de lis d'or ; et trois tours, dont deux d'argent et une d'or, brochant sur l'écartelé. François Faulcon, écuyer, seigneur de Saint-Pardoux et de Chasseneuil, vivait en 1594.
Pierre de Douhet, seigneur de Saint-Pardoux et du Puy-Moulinier, époux de Françoise de Miomandre, était consul de Limoges et se trouvait à la tête de la milice bourgeoise de cette ville, pour y recevoir Henri IV en 1605. Philippe de Douhet, seigneur de Saint-Pardoux, fait des échanges de terrain en 1630, avec nobles Jean, Léonard et Annet de Cremone, sieurs de Vauguenige. Il fut assassiné en 1640. De Douhet porte pour armes : de gueules à la bande d'azur chargée de trois étoiles d'or, accompagnée de deux mains appaumées d'argent une en chef et une en pointe.
François du Pouget, chevalier, seigneur de Nadalliac, épousa Françoise de Douhet, dame de Saint-Pardoux, fille de Philippe. Les armes du Pouget sont : d'or au chevron d'azur accompagné en pointe d'un mont de six coppeaux de sinople. Le 15 juillet 1699, François du Pouget, céda à son frère Antoine, la terre de Saint-Pardoux et la moitié du lieu de Saint-Symphorien. Antoine du Pouget, baron de Saint-Pardoux, vivait en 1738. Il épousa dame Marie de Saint-Julien. Leur fille, Anne du Pouget de Nadaillac, se maria avec Jacques de Ligondès, chevalier, marquis de Chateaubodeau.
Les villages de la commune de Saint-Pardoux sont :
Brandouille (La).
Champ communal.
Chanteau ou Chantot.
Chateignol.
Châtenet-Colon.
Chez-Begeas. — Un acte de 1505 porte qu'un terrain appartenant au seigneur de Monime fut donné an colonage perpétuel au nommé Beigeas, dit le Soldat. Telle est l'origine de ce village qui aujourd'hui porte ce nom.
Coux (Les), « alias » Mas de Coux.
Fougerolles.
Friaudour. — Un souterrain refuge de l'époque gallo-romaine s'est ouvert près de ce village en 1850, mais depuis on a comblé cette ouverture.
Gorce (Moulin de La), sur la Couze, était un peu au-dessus de la chaussée d'un étang qui fut emporté, en 1623, par une forte crue d'eau : elle n'a pas été rétablie depuis cette époque
Magneux (Le Grand).
Mazernaud.
Montégut.
Perche (Moulin de la) sur la Couze.
Puybison.
Puyjouard.
Puypérieu.
Ribière (La).
Vauguenige. — César de Crémone, écuyer, était sieur de Vauguenige en 1594 et 1601 et noble Jean de Crémone en 1616 et 1622. Antoine de Pene, écuyer, sieur de Vauguenige épousa : 1° en 1736, Anne de la Loue, et 2° en 1761, Marie-Anne de Roffignac de Grimodie, laquelle mourut en 1763 et fut inhumée dans l'église de Saint-Pardoux. Aujourd'hui Vauguenige est une belle habitation moderne qui appartient à M. Martin du Puytison.
Villarcoin.