Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 11/02/2023
SAINT-PRIEST-SOUS-AIXE est un chef-lieu de commune dans le canton d'Aixe, qui a 2 325 hectares de superficie et 1 272 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 304 mètres.
La cure de Saint-Priest-sous-Aixe, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, a pour patron saint Priest, évêque et martyr. Ce saint évêque de Clermont mourut en 674, et son culte se répandit rapidement dans notre diocèse où s'était réfugié son disciple saint Goussaud. On célèbre sa fête le 25 janvier. L'évêque de Limoges a toujours nommé les curés de cette paroisse. Au XVIIIe siècle elle avait 920 communiants, environ 1 207 habitants.
L'église, de construction romane, date du XIIe siècle ; elle est liturgiquement orientée et n'avait qu'une nef de trois travées, large de sept mètres. Depuis elle a reçu différentes transformations. En 1273, pendant les guerres de la vicomté de Limoges, le bourg et l'église furent dévastés. Cette dernière fut peu après réparée, mais on voit encore, près de sa petite porte, les pierres de granit rougies par l'incendie qui en consuma une partie. Un document nous apprend aussi, qu'en 1496, on la reconstruisait en partie. C'est à cette époque que deux chapelles y ont été ajoutées et forment un bas côté au nord. Enfin, de nos jours, un clocher a été élevé sur sa porte principale. La première pierre de cette nouvelle réparation a été posée le 30 août 1903, et la bénédiction et l'inauguration du clocher a eu lieu le 4 avril 1904.
Avant la Révolution, Saint-Priest possédait deux cloches qui garnissaient les baies du pinacle de l'église. Le gouvernement de la République, en décembre 1793, lui en prit une. Celle que l'on conserva a servi jusqu'en 1841, époque où elle a été refondue ; elle porte cette inscription :
« ✠ En l'an 1841, en l'honneur du grand saint Priest, j'ai été bénite par Mgr Prosper de Tournefort, évêque de Limoges. M. J. Perenquereur curé. M. Etienne Cramaille de L'Etat fut mon parrain, et marraine Mme Marie Thoumas de Bosmie, épouse de M. Gérald de Faye, maire de la commune. - J. B. Causard, fondeur. - Prosper de Tournefort Lemovicensis Episcopus ».
Sur les deux nouvelles cloches sont les inscriptions suivantes :
« ✠ L'an 1904. S. S. Pie X étant Pape, Mgr Renouard, évêque de Limoges, M. l'abbé H. Provenchère curé, et M. Victor Rogues de Fursac maire, j'ai été bénite le lundi de Pâques, 4 avril. J'ai eu pour parrain M. Léon-Marie Pomeret, lieutenant d'artillerie, et pour marraine, Mme Marie-Thérèse de Faye, son épouse, mes donateurs. — Marie-Thérèse-Yvonne-Andrée. — Don fait à la fabrique de Saint-Priest-sous-Aixe. — A fulgure et tempestate libera nos Domine. — G. Bollée, fondeur, Orléans ».
« ✠ L'an 1904, S. S. Pie X étant Pape, Mgr Renouard, évêque de Limoges, M. l'abbé H. Provenchère curé, j'ai été bénite le lundi de Pâques, 4 avril. J'ai eu pour parrain M. Justin Rougerie, neveu de Mgr Rougerie, évêque de Pamiers, et pour marraine Mlle Geneviève-Marie-Henriette de Fursac, petite-fille de M. Rogues de Fursac, maire. — Geneviève-Henriette. — Bienfaiteurs : M. L. Perenquereur, ex-curé de Saint-Martin-le-Vieux, M. J.-B. Perenquereur, ex-curé de Saint-Priest-sous-Aixe, M. F. Cesson, ex-curé de Saint-Priest-sous-Aixe, M. F. Deschamps, curé de Burgnac, M. F. Mirgalet, vicaire d'Aubusson. — Don à la fabrique de Saint-Priest. — G. Bollée, fondeur, Orléans ».
Toutes les fenêtres de l'église ont été garnies de vitraux modernes. Dans une de la nef, au midi, on remarque les armes de la famille Des Coutures qui sont : d'azur au sautoir d'or, accompagné de quatre épis de blé de même ; et au vitrail qui est au-dessus du maître-autel on lit : Dono pio dedit Joseph Des Coustures.
Une vicairie avait été fondée dans cette église, à l'autel de Saint-Michel, par Jean Du Genest, prêtre, probablement le curé de la paroisse, et par Jean Du Genest, jeune. En 1557, le curé nommait le titulaire de cette vicairie, mais ce droit passa ensuite à des habitants du village des Genest et le curé ne faisait plus qu'approuver leur choix.
Ont été curés de Saint-Priest-sous-Aixe : Barthélémy Lagasche, en 1458. — Jean Mignon, notaire apostolique en 1511. — Martial Chérou, 1544. — Jean du Genest, 1557. — Joseph Chambon, en 1579. — Joseph de Julien, en 1579. — Jean Mercier postulait cette cure en 1603. — Pierre Mercier, né en 1617, peut-être neveu du précédent, laissait cette cure pour être, en 1642, aumônier général de l'hospice de Limoges. — Joseph Michel, 1645-1671. — Pierre Constant, 1677-1715. — N … Constant, 1716-1760. — Léonard Texier, 1761-1763. — Joseph Gérald, 1763. — Martial Gérald de Faye, 1788-1804. — Moyse-Pierre Gicquet de Presasc, 1804-1817. — Jean-Baptiste Reygondaud, nommé le 1er mars 1817, mort en juin 1818. — Pierre Beynie, nommé le 1er avril 1818. — Pierre Gillier, le 1er septembre 1819, mort en 1824. — Pierre Combebessou, nommé le 1er juillet 1825. — Etienne Mestadier, le 1er juillet 1827, mort en 1837. — Jean-Baptiste Perenquereur, nommé le 5 avril 1835. — Jean-Martial Gandois, 1870-1873. — Ferdinand-François Ceysson, 1873-1894. — Henri Provenchère, 1894.
Saint Martin de Corbie, appelé aussi saint Martin des Arades, est un saint que l'on honore particulièrement à Saint-Priest, où il est mort. Né en Auvergne, il fut religieux bénédictin au monastère de Corbie. Il fut aumônier du roi Charles-Martel. Après avoir longtemps exercé le saint ministère auprès de ce roi, et sentant sa fin prochaine, il voulut aller mourir dans son pays natal. Dans ce voyage, en passant à Saint Priest, il fut saisi d'une fièvre violente et il y mourut, le 26 novembre de l'an 726. Il fut inhumé dans le lieu même et Dieu honora son tombeau de plusieurs miracles.
Jean de Faye, bourgeois de Saint-Priest, par son testament du 26 avril 1466, légua une somme d'argent pour l'achèvement d'une chapelle qu'il avait commencé à bâtir en son honneur dans le grand cimetière de la paroisse. Il fonda aussi une messe à perpétuité qui devait être célébrée tous les ans dans cette chapelle, le jour de la fête de ce saint, le 26 novembre, jour où un grand concours de peuple se rendait à son tombeau. Depuis la Révolution on n'est plus certain de l'authenticité du peu de reliques de ce saint que conserve l'église de Saint-Priest, et il ne reste rien de la chapelle construite en 1466, dans le grand cimetière.
La forêt de Trein appartenait primitivement aux vicomtes de Limoges ; Marguerite, fille du vicomte Guy V, épousa Aymeric VIII de Rochechouart et lui porta cette forêt avec d'autres domaines, en 1244. Les habitants du bourg de Saint-Priest, en 1475 prenaient l'habitude d'y aller chercher pour leur usage, le bois dont ils avaient besoin soit pour bâtir, soit pour leur chauffage. Le vicomte Alain d'Albret, seigneur d'Aixe, le leur défendit sous peine de confiscation de leur bétail et de leurs charrettes. Ils firent opposition à cette défense, mais furent condamnés, n'ayant pu donner aucune preuve du droit qu'ils prétendaient avoir d'en user ainsi.
Les habitants de Saint-Priest pour n'être pas privés plus longtemps des avantages qu'ils pouvaient retirer de cette forêt, entrèrent en arrangement avec le propriétaire. L'acte du 19 avril 1492, conservé à Saint-Priest, leur accorde « à eux et à leurs successeurs : 1° Le droit de prendre dans la forêt les arbres morts ; 2° Le droit d'y faire paître leurs bestiaux et d'y prendre les herbes. A condition qu'ils payeront, chacun d'eux, et chaque année, 6 sols et 8 derniers, et qu'ils payeront et feront le gué au château d'Aixe ». Ce régime a duré jusqu'à la Révolution.
En 1557, Claude de Pontville, vicomte de Rochechouart, acheta la châtellenie et la forêt d'Aixe à Antoine de Vendomois de Bourbon et à Jeanne de Navarre son épouse. Au moment de la Révolution cette forêt appartenait à la famille de Pérusse des Cars. Le gouvernement s'en empara le 2 avril 1792, ainsi que des domaines de Trein, Leignat et La Maisonneuve.
En 1814, après l'Empire, le comte Jean-François de Peyrusse des Cars rentra en possession de la forêt, mais fut obligé de la vendre pour satisfaire ses créanciers. On lit dans l'affiche annonçant cette vente : « Cette forêt consiste en taillis et baliveaux, et renferme dans ses limites une contenance métrique de 293 hectares 95 ares ». Le 26 septembre 1818, M. Louis Gérald de Faye, négociant à Limoges, fut acquéreur de deux lots de cette forêt pour la somme de 19 600 francs et M. Lebegue-Héralde en acquit trois pour la somme de 53 000 francs. Mais une surenchère fut faite à cette vente et une nouvelle adjudication eut lieu le 3 mai 1820.
Ce fut alors le sieur Jacques Guillebout, l'ancien agent national de Saint-Priest, qui avait déjà acheté le presbytère qui en devint acquéreur. Mais comme il avait pensé la payer du prix qu'il en voulait tirer en vendant les arbres, il ne parvint pas à réaliser son projet et mourut avant d'avoir payé cette acquisition. M. François Pradeau en devint alors adjudicataire à la place du sieur Guillebout ; il l'a laissée à sa fille Agathe-Elisabeth Pradeau, qui a épousé le 6 mars 1834, Victor Rogues de Fursac. Leur fils, Henri-Victor, qui a été maire de Saint-Priest de 1884 à 1904, l'a possédée jusqu'en 1912, époque où elle a été acquise par M. E. Vandermarcq.
Les villages de la commune de Saint-Priest sont :
Beaucadie, ou Bocadie.
Beauregard.
Bouchaudon.
Bellevue.
Bouchats (Les).
Bournazeau. — Pierre Suduyraud était seigneur du Bournazeau avant 1695. Ses armes sont « d'argent à trois têtes de porc de sable ». Le domaine du Bournazeau appartenait aux frères de Maledent en 1792.
Cacaniolle, avec un bel étang, appartenait à Raymond Martin, curé de Saint-Martin-le-Vieux, en 1792.
Château-Mandrille.
Chez-Cramaud.
Chez-Roger. — Alexis Gicquet de Pressac, garde du roi en la grande prévôté de France, était seigneur de Chez-Roger en 1775. Ses armes sont : « d'azur à deux dauphins adossés d'argent, une couronne d'or en chef et une fleur de lys de même en pointe ». En 1792 les deux domaines de Chez-Roger appartenaient à Anne Arragon de Sargnac, femme de l'émigré Etienne Sénemaud.
Croix des Bouchats.
Daumail ou Daumay.
Etang-Creba (L).
Faye. — Jean de Faye en 1466, et Etienne de Faye en 1524 habitaient ce lieu. Léonard Gerald, bourgeois d'Aixe, épousa le 5 juillet 1718 Marie-Françoise de Maladent de Puyhimbert, et leur fils, Mathurin-Alexis Gérald fut seigneur de Faye, propriété que ses descendants possèdent encore. Leur armes sont : « d'azur au chevron d'or, accompagné de trois étoiles de même, deux en chef et une en pointe, cette dernière soutenue d'un croissant d'argent ».
Genests (Les). — La famille Du Genest qui portait le nom de ce lieu l'habitait avant 1500 et y était encore au moment de la Révolution. Aujourd'hui les Genets sont la propriété de la famille Bramaud du Boucheron.
Leigniat. — La famille de Lavergne possédait Leigniat avant 1730. Ses armes sont : « d'azur à trois cignes d'argent deux et un ». En 1790, les domaines de Leigniat, de Trein et de la Maison-Neuve, appartenaient aux Pérusse des Cars. Leurs armes sont : « de gueules au pal de vair ».
Leitat ou l'Etat. — Alexis de Maledent épousa Marie Darfeuille qui lui porta les biens de Leitat et du Bournazeau. C'est à Leitat que sont nés les trois frères de Maledent, gardes du corps du roi au moment de la Révolution. Jean de Maledent, fils de Jean-Baptiste écuyer, seigneur de l'Etat en 1753, et de Françoise de Bazin du Puyfaulcon, naquit le 26 septembre 1753, et fut reçu garde du corps le 25 août 1777. Il fut choisi pour accompagner Louis XVI dans le voyage de Varennes. Les armes des de Maledent sont : « d'azur à trois lions léopardés d'or l'un sur l'autre ».
Lhoume.
Loges (Les) et la forêt qui étaient la propriété de M. Rogues de Fursac ont été acquises en 1912 par M. E. Vandermarcq. R. de Fursac porte : « de gueules à la croix ancrée d'argent chargée de cinq billettes d'azur posées 1, 3 et 1 ».
Maison-Dieu.
Maison-Neuve (La).
Maison-Neuve des Bouchats (La).
Maison du Bois.
Moulin de Clédeau, ou Chez Clédeau.
Moulin de Lamy. — C'est aujourd'hui une fabrique de papier de paille, exploitée par la Société des Papeteries du Limousin.
Nouches (Les).
Puy-Berger.
Puy-Froid. — En 1472, « honnête homme Jean Chantois, élu, fils de Pierre Chantois, marchand de la ville d'Aixe », possédait le mas du Puy-Froid. Ses armes sont : « d'argent au chevron de gueules accompagné de trois tourteaux de même, deux en chef et un en pointe ».
Ribière (La).
Richards (Les), jadis le Mas du Rouveix. M. Léonard Juge de Saint-Martin y possédait un domaine qu'il faisait exploiter lui-même en 1743 et 1771. Ses armes sont : « d'azur à la main mouvante du flanc senestre, tenant une épée en pal qui supporte le fléau d'une balance à deux bassins d'argent ».
C'est au-dessous du village des Richards que la grande voie romaine de Lyon à Saintes franchissait la Vienne sur un pont dont les piles ont été visibles jusqu'au milieu du XIXe siècle. A cette époque beaucoup de ses pierres ont été utilisées pour la construction du pont de La Gabie, qui est un peu en amont. On trouve les traces de cette voie romaine à un ancien pavé en montant aux Richards : de là elle passait entre les villages des Noches et de Leigniat et se dirigeait vers le nord de la forêt, par le lieu dit La Grande Borne, au village du Queyroix dans la commune de Cognac. Au Queyroix, la voie romaine était traversée par le grand chemin de Limoges à Saint-Junien qui existe encore et traverse la forêt.
Rieulas.
Roche (La) ou Gué de la Roche. — Ce village, sur la rive de la Vienne, appartient en partie à Saint-Priest, et en partie à Saint-Yrieix-sous-Aixe.
Tarnaud. — Jean de Tarnaud, autrefois seigneur de ce lieu, vivait au XIVe siècle, étant âgé de 80ans. Pierre de Tarnaud sieur dudit lieu, en 1476, était fils de feu Hélie de Tarnaud. Jean de Tarnaud, en 1648, portait pour armes : « d'azur au chevron d'or, sommé d'une étoile de même, accompagné de trois T, 2 et 1 aussi d'or, d'un croissant d'argent ».
Theil. — Trois haches en silex ont été trouvées près de ce village.
Trein. — Le village de Trein, dans la forêt à laquelle il a donné son nom, et qu'on appelle aussi forêt d'Aixe, appartenait à l'Ordre de Malte. Il est dit commanderie en 1360. C'était un membre de la commanderie du Palais près Limoges en 1354 et plus tard de celle du Mas-Dieu, au diocèse d'Angoulême en 1496. Il y avait une chapelle dédiée à saint Jean qui était le but d'un pèlerinage très fréquenté. La famille Daudet y avait ses tombeaux. Tombée en ruine pendant la Révolution, cette chapelle n'a pas été relevée.
Trémouille (La), où Jean-Baptiste Arragon de Sargnac possédait un domaine en ce lieu en 1777. Il fut mis sous séquestre en 1792 comme appartenant à sa fille Anne Arragon de Sargnac, femme de l'émigré Sénemaud.
Treuil (Le).
Vaud. — Jean-Baptiste Robert, avant 1786, était seigneur de Vaud.
Vergnade (Les).
Videllerie. — Pierre du Barry habitait Videllerie en 1493, lorsque le duc de Nemours lui accorda les droits d'usage dans la forêt, aux mêmes conditions qu'aux habitants du bourg de Saint-Priest. Au XVIIIe siècle, Videllerie appartenait à la famille Carboyneau.
Villa des Murs.