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Recherche > Haute-Vienne (87) > Saint-Priest-Taurion > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 11/02/2023

 

Saint-Priest-Taurion, chef-lieu de commune dans le canton d’Ambazac, a 2682 hectares de superficie et 1538 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer varie de 313 mètres à 361.

Saint-Priest-les-Holières, ainsi qu’on le nommait jadis, était dans l’ancien archiprêtré de Bénévent. Il y avait une église que Gérald du Cher, évêque de Limoges, mort en 1177, avait donnée à la cathédrale ; c’était un prieuré séculier qualifié aumônerie ou hôpital. Il avait pour patron saint Priest d’Auvergne et l’aquilaire de la cathédrale en nommait les titulaires.

La cure avait le même patron, les titulaires étaient aussi nommés par l’aquilaire de la cathédrale, ainsi que les documents le constatent depuis 1405. Au XVIIIe siècle, il y avait 550 communiants, environ 733 habitants.

Jean de Gensanis, fonda une vicairie dans cette église paroissiale en 1507.

Une autre vicairie avait été fondée avant 1408 par Jean Ameilhandi, de Noblac.

L'église de Saint-Priest a été restaurée en 1490, elle date du XIIe siècle, et n'a qu'une nef en style roman. Depuis peu une chapelle y a été ajoutée.

Elle possède deux cloches dont voici les inscriptions :

« ✠ Sancte Préjecte ora pro nobis ut a fulgure et tempestate liberet nos Deus. Parrain : Silvain Gravelat de Monlebeau, de La Souterraine. Marraine : Marie-Angélique de Fromental de Saint-Priest, 1804, an 12. - Bernard et François Martin, les fondeurs ».

« ✠ Deus nobiscum. J'ai été fondue en 1813 et bénie par M. Roche, curé de Saint-Priest. J'ai eu pour parrain : M. de Bord et pour marraine dame Lucie de Duvillars de Salvanet. - Cornevin et Mutel, fondeurs ».

Elle possède aussi une croix processionnelle à double traverse décorée de cabochons et d'intailles ; elle est en cuivre gravé et ciselé avec des émaux champlevés.

En 1746, a écrit M. Segond curé de Saint-Priest, « dans l'armoire élevée à côté du maître autel, repose la sainte et vénérable relique de la Croix de Notre Seigneur ».

Aujourd'hui, cette armoire qui est placée au-dessus du maître-autel, garde aussi les reliques, mais de plus elle est fermée par des portes en fer forgé portant la date de 1757, et venant de l'ancienne abbaye de Grandmont.

Pendant la Révolution, le 7 thermidor an IV (25 juillet 1796), le presbytère de Saint-Priest et ses dépendances, furent vendus au sieur Chaisemartin pour la somme de 2644 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 148, n° 196).

Ont été curés de Saint-Priest-Taurion : Hugues de Peyrat, vers 1562. - Martial Dubois, qui mourut en 1645. - Joseph Durand, prenant possession entre 1677 et 1682. - Pierre Faulte de Poulouzat, en 1731. - Jean Segond, 1746, mort en 1773. - N... Mazeyraud. - François-Nicolas Thuilier, 1775-1777. - Pierre Ardant, 1777. - Léonard Étienne Devoyon, 1783. - N... Mousnier, 1784-1788. - Pierre Roche, qui avait été déporté sur les pontons de Rochefort fut nommé le 24 avril 1803. - Léon Chassaing, le 1er septembre 1822. - Jean-François Valrivière, le 1er avril 1824. - Élie Bourdeix, le 1er avril 1829. - Jean Combepapon, le 15 septembre 1830. - N... Chaput, en 1836. - Antoine Beix, le 1er janvier 1853. - Élie Courteix, en 1867. - Eugène Marre, en 1882. - Jules Jurion, en 1884.

La grande voie romaine qui traversait la France de l'est à l'ouest, en passant par Limoges, traversait aussi la commune de Saint-Priest près de la Martinerie, où l'on trouve de nombreux débris romains. Une voie secondaire venant d'Ahun la rejoignait à Saint-Priest et passait sur le Taurion près de son embouchure dans la Vienne. On voit encore en ce lieu les vestiges de la culée de ce pont.

Le pont qui existe actuellement a été construit par les religieux de Grandmont, auxquels on doit aussi le pont des Bons-Hommes sur la Gartempe. On a gravé sur une des pierres du pont de Saint-Priest 1388. F. P. Si ce n'est pas la date de sa construction, c'est peut-être celle de quelque réparation. En 1760, la nuit du 27 au 28 janvier, la rivière du Taurion qui avait débordé emporta la première de ses arches du côté de Limoges.

C'est près de Saint-Priest, au gué des Salesses (commune de Saint-Just), que le 10 juin 1569, le duc des Deux-Ponts, à la tête d'une armée de reytres, passa la rivière, puis se dirigea sur le bourg de Nexon, où il mourut.

En 1458, les consuls de Limoges qui avaient droit de justice à Saint-Priest, y firent élever six pilliers de pierre pour l'exécution des arrêts de justice. Une pierre qui se trouve sur la colline de Saint-Priest a été prise pour une borne milliaire, ce n'est probablement qu'une borne de justice érigée à cette époque.

La terre de Saint-Priest-Taurion a changé bien souvent de maître. Gabriel-Gui de Royère était seigneur de Beaudeduit et de Saint-Priest-Taurion où il fit établir des foires en 1623, Pierre Romanet était seigneur de ce lieu en 1645. Jacques Romanet en 1668, Jean Vidaud, comte du Dognon, était co-seigneur de Saint-Priest-Taurion en 1706 ; Pierre Romanet en était seigneur en 1729; Jean Romanet vendit la terre de Saint-Priest-Taurion le 12 juin 1741 à François-Joseph Garat, chevalier, seigneur de Saint-Yrieix, paroisse de Solignac. Pierre Garat, écuyer, seigneur de Saint-Priest-Taurion, Moncocu et Ambazac, épousa en 1769 Marie-Angélique Morel de Fromental. Ils furent emprisonnés sous la Terreur (1794).

En 1703, Jean Vidaud, comte du Dognon, lieutenant particulier au Présidial de Limoges, possédait la justice haute, moyenne et basse dans l'étendue de la paroisse de Saint-Priest-Taurion et notamment sur les villages de la Chabasse, la Crose, la Basse-Gorse et la Rebière. Il acquit aussi en même temps pour le compte de Simon Descoutures, seigneur de Bort, paroisse de Saint-Priest, les droits seigneuriaux sur les villages de Las Maillarias, les Faures, Neuville, le Cirieux, Eyrignat et Masdavy.

 

Les villages de la commune de Saint-Priest-Taurion sont :

 

Bardys (Les) "alias" L'Ebardie. - Une chapelle érigée en l'honneur de la Sainte-Vierge existait en ce lieu ; elle est tombée en ruines en 1740. Martial Colin était seigneur des Bardys en 1692, il avait épousé Catherine Baillot d'Etivaux. Colin des Bardys porte « d’azur au chevron d’or accompagné en chef d’un croissant d’argent entre 2 étoiles d’or et en pointe d’un arbre de sinople ».

Bort. - Simon des Coustures, né à Limoges le 27 juillet 1609, était le fils de Joseph des Coustures, seigneur de Bort, conseiller du roi, et consul de la ville de Limoges. Il a été subdélégué pendant 35 ans de dix intendants qui se sont succédé à Limoges. Il fut chargé en 1666 de la vérification des titres de la noblesse dans la généralité de Limoges. Simon des Coustures, à la suite de son père, fit travailler à la construction du château de Bort, et y fit sculpter ses armes unies à celles de son épouse ; on les y remarque encore ; elles sont : « d’azur au sautoir d’or accompagné de quatre épis de même » qui sont de des Coustures, et « d’argent au croissant de gueules sommé de trois palmes de sinople, au cher de gueules chargé de trois étoiles d’argent rangées en fasce » qui est de Verneilh.

La famille Muret succéda aux des Coustures au château de Bort. Pierre Muret, écuyer, était seigneur de Bort, lorsqu’il épousa Anne Romanet du Caillaud. Ses armes sont : « d’argent muraillé de sable, au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent ». En 1844, Herminie Muret de Bort épousa Edmond Teissereuc, né à Châteauroux en 1815. C’est lui qui a admirablement restauré et presque rebâti le château de Bort.

Caux.

Chabasse (La).

Chassagne (La).

Fressiniat. - Antoine Malavergne, docteur en médecine, était seigneur de Fressiniat, du Masdoumier et du Masmeynard en 1724. Armes : « d’or à l’arbre de sinople sur une terrasse de même accosté de 2 lions affrontés de gueules ».

Germaneix (Le).

Granges (Les).

Mallavraux ou Maslebraud, que possédait en 1751 Raymond Garat, négociant à Limoges.

Manin (Le).

Martinerie (La). - En 1895 on a trouvé dans la terre des Martines, une sépulture gallo-romaine, comprenant une urne de 35 centimètres de hauteur et 20 centimètres d’ouverture. Elle contenait une autre urne en verre, de couleur verte, à reflets. Avec des débris d’os calcinés il y avait des clous en fer, des débris de bracelets. Cette urne cinéraire, comme à l’habitude, était dans une urne en pierre. D’autres découvertes analogues ont été faites dans le même champ.

En novembre 1908, à quelques pas de la Martinerie, au lieu-dit les Quatre-Routes, en creusant les fondations d’un chalet, les ouvriers découvrirent deux urnes cinéraires en terre qui ont été brisées, et aussi un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine qui comprend plusieurs galeries et une salle de 4 mètres carrés où l’on ne peut pénétrer qu’en rampant. Plus loin ces galeries sont fermées par une ancienne meule de moulin posée verticalement.

Mazeau (Le). -  Guillaume Daniel, écuyer, seigneur du Mazeau et du Murault, épouse en 1425 Souveraine d’Aubusson ; - autre Guillaume Daniel, écuyer, seigneur du Mazeau, etc., en 1469 épousa Gabrielle de Laval. - Guillaume-Claude, son fils, écuyer, seigneur du Mazeau, 1488. - Jean Daniel du Murault, écuyer, seigneur du Mazeau, fit, au château du Mazeau, le 7 décembre 1566, son testament

           

d’après lequel il veut être inhumé à Saint-Priest-Taurion dans les tombeaux de ses prédécesseurs. Jeanne Daniel, dame du Mazeau, épousa en 1571, Germain de Bony, écuyer, seigneur de la Vergne ; leur fils, Jean de Bony, écuyer, qui testa en 1638, vendit le fief du Mazeau. Daniel porte : « d’azur au coq d’or accompagné en chef de 2 étoiles et en pointe d’un croissant de même »

Pierre Romanet, seigneur du Mazeau et de Saint-Priest-Taurion, en 1729, épousa Léonarde de Rameru, dont vint Henriette-Rose, demoiselle du Mazeau qui épousa en 1729 Pierre de la Loue, écuyer, seigneur de Souffransoux. Romanet porte : « d’argent au chevron de gueules accompagné de branches de romarin de sinople ».

François-Joseph Garat, écuyer, seigneur du Mazeau, St-Yrieix et St-Priest-Taurion, conseiler du roi, avait épousé en 1730 Marie-Anne Benoist de Lostende. Il fit bénir en 1771 la chapelle de son château du Mazeau. Pierre Garat de St-Priest, seigneur du Mazeau épousa en 1769 Marie Angélique Morel de Fromental. Leur fille épousa Jacques Bardoulat de la Salvanie à qui elle porta la terre du Mazeau. Le château du Mazeau appartenait à M. de la Salvanie lorsqu’il fut détruit par un incendie en 1871. Il a été reconstruit de nos jours par M. Audebert de la Pinsonnie. Garat porte : « d’azur à un entrelacs d’or et 3 étoiles de même posées 2 en chef et 1 en pointe, celle-ci surmontée d’un croissant renversé d’argent ».

Mallerie (La).

Monteil (Le).

Moulin du Bois (Le).

Moulin du Pont.

Pouzol. - Yrieix d’Alesme de Salvanet acquit, en 1740, par sentence du présidial de Guéret, le lieu de Pouzol près Salvanet, saisi sur Bernard et Henry de la Fosse.

Reversat (Etang de).

Ribière (La)

Roche (La). - A appartenu aux de Chaisemartin.

Salvanet. - Joseph d’Alesme était seigneur de Salvanet et de Puymaud en 1590. Jean d’Alesme, seigneur de Salvanet et de Puymaud en 1634. Yrieix d’Alesme, seigneur de Salvanet et de Puymaud en 1681 ; il avait épousé Marie Dorat. Autre Yrieix d’Alesme, écuyer, seigneur de Salvanet et de la Judie, baron de Châtelus-le-Marcheix, épousa en 1722 Marie Vidaud du Dognon. Jean-Marie d’Alesme, chevalier, seigneur de Salvanet, etc., baron de Châtelus, épousa : 1° Marie Garat de Nedde ; 2° Anne Françoise de Pichard de l’Eglise au Bois, en 1766, dont vint une nombreuse postérité. Le nom est aujourd’hui éteint. Jean-Marie d’Alesme bâtit, vers 1770, le château de Salvanet sur les plans de l’architecte Broussaud. Il fit graver sur le fronton ses armes et celles de sa femme, née de Pichard. Il fut emprisonné à Limoges avec sa femme et toute sa famille pendant la Révolution. D’Alesme porte : « d’azur au chevron d’or accompagné en pointe d’un croissant de même, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d’or, alias trois molettes d’éperon d’or ». De Pichard : « d’azur alias de gueules à 3 bourdons d’or 2 en chef et 1 en pointe, celui-ci surmonté d’une étoile d’argent ».

Salvanet sortit de la famille d’Alesme vers 1849 et fut ensuite successivement possédé par les familles Talamont, de Lafont, Calley de St-Paul, et en dernier lieu par Mme Bugeaud de la Piconnerie, duchesse d’Isly, décédée en 1916, belle-fille du maréchal Bugeaud. Cette terre appartient aujourd’hui à M. le colonel-comte Fleury, son neveu.

Tourniol.