Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 11/02/2023
SAINT-SYMPHORIEN, chef-lieu de commune dans le canton de Nantiat, a 1921 hectares de superficie et 757 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 450 mètres.
Saint-Symphorien est une cure dans l'ancien archiprêtré de Rancon, qui a pour patron saint Symphorien, martyr à Autun. L'abbé de Saint-Martial de Limoges y nommait les curés depuis 1495. Au XVIIIe siècle il y avait 800 communiants, environ 1.066 habitants.
L'église romane de cette paroisse a été transformée au XIVe siècle ; il n'en reste que les deux murs sur lesquels on a posé une voûte gothique. A la même époque on a refait le chevet et la façade. Sur la porte de cette dernière on voit un écusson chargé d'un léopard et de trois roses. Elle a aussi deux chapelles gothiques à voûtes ornées de nervures prismatiques, ce qui donne à son plan la formation d'une croix.
Une cloche de Saint-Symphorien de 1483 conserve l'inscription suivante en lettres gothiques :
« ✠ S. S. Ora pro nobis. Anno Dmi Milo GGGGo IIII xx III ».
Sur une autre on lit :
« ✠ Ste Joannes Evangelista, ora pro nobis. L. de Tessières m'a fait faire l'an 1615. Parrain, A. de Tessières. Marraine A. de Tessières ». C'était la cloche de l'ancien prieuré de Saint-Jean, au village de Courieux.
Une troisième cloche qui était à la chapelle de saint Martin, a aussi été transportée à l'église de la paroisse. Voici son inscription:
« ✠ Sancte Martine, ora pro nobis. — J'ai été bénite en 1870, par M. A. Lecler, curé de Saint-Symphorien. J'ai eu pour parrain et marraine M. le comte et Mme la comtesse Des Montiers de Mérinville. — D. Dutot, Jérome et Cie, fondeurs à Paris ».
L'église de Saint-Symphorien possède des reliques de saint Martin, qu'elle a obtenues de l'église de Tours en 1866.
Pendant la Révolution, le 15 prairial an IV, 3 juin 1794, le presbytère de Saint-Symphorien fut vendu pour la somme de 1.910 francs au sieur Couty. (Archives de la Haute-Vienne. Q. 146, n° 9).
Ont été curés de Saint-Symphorien : Jean Dupeyrat, en 1499. — Gillers Faulcon, en 1526. — Gabriel alias Albert Duchesne, 1662-1682. — N... Peyroche, 1682-1689. — N... Regnaudin, 1689-1725. — N... Baralier, 1733-1745. — Jacques Père de Confolent, 1746-1764. — Pierre Duchâteau, 1764, mort pour la foi en prison le 1er mai 1796. — François Faure, qui avait été déporté sur les pontons de Rochefort, fut nommé en 1802. — Jean-Baptiste Bardy, nommé le 24 avril 1803. — Jean-Noël Brugeaud desservit ensuite la paroisse de Saint-Symphorien, mais n'en fut régulièrement nommé curé que le 17 juin 1839. — Jacques-Eugène Sabaud, le 16 juillet 1844. — André-François Chanteau, le 1er octobre 1850. — Jean-Baptiste Amathieu, le 3 juillet 1853. — Sylvain Picaud, en 1856. — Gabriel Veyriras, en 1859. — André Lecler, en 1864. — Noël Navarre, en 1872. — Joseph Battu, en 1883. — Joseph Laperche, en 1892. — Henri Fort, en 1899. — René Tereygeol, en 1905, jusqu'en 1913. A partir de cette dernière date le service de la paroisse est fait par les prêtres voisins.
Au lieu-dit Bisserolles, près le bourg de Saint-Symphorien, il existe des restes d'anciennes constructions dont il n'est pas possible de déterminer l'époque ; mais on a trouvé tout auprès une urne cinéraire en granit, dépourvue de son couvercle qui est certainement de l'époque gallo-romaine.
François du Pouget, chevalier, marquis de Nadaillac, né en 1629, était seigneur de Saint-Symphorien. Il épousa en 1652 Françoise de Douhet, fille de Philippe de Douhet, seigneur de Saint-Pardoux « qui fut homicidé ». Leur fils Jacques du Pouget, né en 1681, est aussi seigneur de Saint-Symphorien. Du Pouget porte pour armes : d'or au chevron d'azur, accompagné en pointe d'un mont de six coupeaux de sinople.
Les villages de la commune de Saint-Symphorien sont :
Chasseneuil. — Par sentence du vice-sénéchal de Limoges, de l'avis du présidial du 18 décembre 1640, une chapelle devait être bâtie à la croix de Chasseneuil, en réparation de l'assassinat de Philippe de Douhet, écuyer, seigneur de Saint-Pardoux, commis par Pierre Faulcon, écuyer, sieur des Lèzes, et une vicairie devait y être fondée. Mais par transaction du 25 janvier 1687, Marie Faulcon, épouse de Gabriel Picon, écuyer, sieur de Chasseneuil, trésorier de France en la généralité de Limoges, s'obligea à payer le vicaire qui dirait les messes ordonnées dans l'église de Saint-Pardoux, et fut exemptée de faire bâtir la chapelle. Douhet porte pour armes : « d'or à la bande de gueules chargée de trois étoiles d'or accostée de deux mains appaumées de carnation ». Celles de Faulcon des Lèzes sont : « d'azur à trois tours d'argent 1 et 2 mêlées de trois fleurs de lis d'or 2 et 1 ». Picon, sieur de Chasseneuil : « d'azur à un dextrochère d'argent tenant un dard en pal de même, au chef cousu de gueules chargé de trois couronnes d'or ».
Cheulerie (La).
Combas.
Courrieux. — Folcaudus surnommé Tizas, avec ses enfants Folcaudus et Etienne et son épouse Melisendis donnèrent au monastère de Saint-Jean-d'Aureil leur terre de Courrieux. Un prieuré y fut établi et existait en 1570. Par décret du 21 juin 1663, il fut uni au collège de Limoges
André de Tessières était sieur de Boisbertrand et de Courrieux en 1625. Ses armes sont « losangé d'argent et de gueules ».
Crumeau. — Entre 1029 et 1051 Ablon restitua aux chanoines de l'église de Limoges le mas de Crumeau qu'il avait injustement usurpé, sous le pontificat de Jordain de Laron, évêque de Limoges.
Gagnerie (La). — Antoine de Roffignac, écuyer, sieur de La Gagnerie, épousa Françoise de Blom, dont Marie, mariée le 10 septembre 1685 à Roland Pot. ses armes sont « d'or au lion rampant de gueules armé et lampassé de même avec la barre ».
Grudet.
Grudet (Moulin de), sur le Vincou.
Lavaud.
Mas-Maraud.
Ribière (La).
Rieux-Jeunes (Les).
Rieux-Vieux (Les).
Saint-Martin-de-Genouilleras. — Chapelle existant en 1512. On l'indique comme annexe en 1628. Son patron est saint Martin de Tours. Ruinée pendant la Révolution, les habitants de la contrée n'ont cependant pas cessé d'aller en pèlerinage sur ses ruines. Reconstruite en 1869, une plaque en métal portant l'inscription suivante a été placée sous sa première pierre : Pio IX regnante, anno domini MDCCCLXIX, hoc perdiu dirutum sancti Martini Turonensi sacellum œre collecto. A. Lecler, parochus reœdificavit. Elle a été bénite et inaugurée le 1er mai 1870. On a vu ci-dessus l'inscription de sa cloche.
Theillet.
Valette (La).