Connexion espace personnel

Recherche par commune

Recherche > Haute-Vienne (87) > Saint-Victurnien > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 11/02/2023

 

SAINT-VICTURNIEN, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Junien, a 2 110 hectares de superficie et 1 459 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 275 mètres.

La cure de Saint-Victurnien dans l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, avait jadis pour fête patronale celle de l'Assomption de la sainte Vierge. Aujourd'hui, son patron est saint Victurnien, solitaire qui a vécu en ce lieu au VIe ou VIIe siècle. Il était venu d'Écosse. L'église conserve son tombeau qui est le but d'un pèlerinage, et son précieux chef, objet d'une grande vénération dans toute la contrée.

Sa fête est le 30 septembre, et aussi le 15 octobre, jour de l'invention de ses reliques. L'évêque de Limoges a toujours nommé les curés de Saint-Victurnien. Au XVIIIe siècle on comptait dans cette paroisse 1 280 communiants, environ 1 707 habitants.

Plusieurs vicairies avaient jadis été fondées dans cette église : une par André de Lavau, prêtre, en 1524. - Une par Pierre Maublanc, bachelier en théologie, avocat au Parlement, en 1661. - Une troisième par Marie de Néomond, dame de Saint-Victurnien, en 1664. - Une autre par Jean Maublanc, curé en 1666.

L'église de Saint-Victurnien est formée d'une double nef, elle se termine carrément. C'est un édifice roman, où ont été faites quelques restaurations au XIVe siècle.

Cette église possédait jadis une cloche, qui conservait l'inscription suivante en lettres gothiques : « ✠ Sancta Maria ora pro nobis. Anno Domini M° CCC° LXXX II° - Te Deum Laudamus ». Elle a été refondue en 1912 pour faire la seconde des trois suivantes :

« ✠ Je me nomme Marie-Eugénie-Théodorine-Lucie-Andrée. J'ai été bénite le 12 mai 1912, sous le pontificat de Pie X, Mgr Renouard étant évêque de Limoges, M. Paul Latzarus, curé de Saint-Victurnien. J'ai eu pour parrain André Paraud et pour marraine Lucie Paraud, épouse Dérignac. - A Marie Immaculée. - Don d'Eugénie Feuillard, épouse Paraud, propriété réservée de M.  Dérignac et de ses ayant-droits. Je ne sonnerai de par la volonté de la donatrice que pour le culte catholique. »

« ✠ Je me nomme Marie-Maurice-Jeanne-Andrée. J'ai été bénite le 12 mai 1912, sous le pontificat de Pie X, Mgr Renouard, évêque de Limoges, et M. Paul Latzarus, curé de Saint-Victurnien. J'ai eu pour parrain Jean-Maurice Bredier, assisté de son père Jean-François Bredier et de sa mère Andrée Duchazeaubeneix, épouse Bredier, et pour marraine Marie-Eugénie-Stéphanie Besges, épouse Gustave Merlin-Lemas. - A Saint-Victurnien, abbé ».

« ✠ Je me nomme Hélène-Léonie-Joseph-Suzanne. J'ai été bénite le 12 mai 1912, sous le pontificat de Pie X, Mgr Renouard, étant évêque de Limoges, et M. Paul Latzarus, curé de Saint-Victurnien. J'ai eu pour parrain Gaston Miquel, et pour marraine Hélène Paraud. - A saint Joseph. - Don d'Eugénie Feuillard, épouse Paraud. Propriété réservée de M. Eugène Paraud, exécuteur des volontés de sa mère et de ses ayants-droits. Je ne sonnerai que pour le culte catholique ».

L'église de Saint-Victurnien possède une petite châsse en cuivre, avec émaux champlevés du XIIIe siècle, et un buste moderne dans lequel on conserve le chef du saint. Ce dernier remplace le magnifique buste en argent qui avait été donné en 1400 par Adémar de Rochechouart lequel y avait fait gravé sous le pied cette inscription : Ademarus de Rupe Cavardi, archidiaconus Divionensis, dedit hoc opus Deo et beâto Victurniano confessori, Anno Domini M. CCCC.

On voit dans le cimetière de Saint-Victurnien un fanal funéraire, ou Lanterne des Morts, classée comme monument historique par arrêté du 9 avril 1910. C'est une colonne carrée qui a environ 7 mètres de hauteur et 0.90 centimètres de côté. Au sommet quatre fenêtres plein cintre forment la lanterne qui est surmontée d'une croix.

Il y a aussi dans ce cimetière une chapelle construite en 1509.

Un hôpital, dit Infirmerie en 1285, avait été fondé à Saint-Victurnien par les seigneurs de Rochechouart. En 1370, sa chapelle avait pour fête patronale celle de l'Annonciation de la Sainte-Vierge. Une vicairie y avait été fondée, à laquelle, en 1560, un titulaire était nommé par Aimeric de Rochechouart, évêque de Sisteron, comme baron de Saint-Victurnien. Ce droit de nomination appartint toujours à cette famille.

Une chapelle rurale dédiée à Saint Roch, existait aussi dans cette paroisse dès 1248.

Ont été curés de Saint-Victurnien :  Jean Teillet, en 1566. - Jean Maublanc, 1666. - N… Deschamps, 1762-1769. - Joseph-Léonard Lamy de Luret, nommé en 1774, déporté à l'étranger pendant la Révolution. - Pierre-Jérôme-Nicolas Texandier, nommé en 1777, déporté en Espagne où il est mort en septembre 1799. - Léonard-Moyne Sauvage, nommé le 24 avril 1803. - Claude-Pascal Rouffignac, le 1er octobre 1830. - Jean Boyer, le 4 mai 1833. - Pierre-Gaspard Moligné, le 10 février 1839. - Emile Deschamps, en 1872. Mathieu Gaston, en 1877. - Henri Ducloup, en 1900. - Paul Latzarus, en 1911.

En septembre 1887 en enlevant les boiseries de l'ancien autel de l'église de Saint-Junien pour les remplacer par la superbe table sculptée due à la pieuse générosité de la famille d'Hugonneau, on a mis à nu l'encadrement tout entier du tombeau de saint Victurnien : encadrement dont la partie supérieure forme une sorte de rétable et s'élève au-dessus du massif de maçonnerie de l'ancien autel de 0.72 centimètres environ. La largeur de ce rétable est d'environ 2 mètres 85.

Sur cette surface, entourée d'un large bourrelet de granit, qui ne sont pas sans mérite. Cette paroi est divisée en trois tableaux. La scène du milieu représente le calvaire. Au milieu le Christ en croix, la tête entourée d'un double nimbe crucifère, saint Jean et la Sainte Vierge sont auprès et les deux larrons aussi crucifiés.

La scène à gauche représente la flagellation et celle de droite, les saintes femmes au tombeau après la résurrection. Ces peintures peuvent remonter au XIVe siècle.

La seigneurie de Saint-Victurnien appartenait à la famille de Rochechouart,. On voit que Marie de Nesmond, veuve de Jean de Rochechouart, marquis de Mortemart et de Saint-Victurnien, étant veuve fit, au château de Saint-Victurnien, le 8 février 1667, son testament, par lequel elle veut être inhumée dans l'église dudit lieu, au tombeau de son mari. Rochechouart porte pour armes : fascé, ondé, d'argent et de gueules de six pièces.

Par acte du 28 décembre 1804, le desservant et les membres de la fabrique de Saint-Victurnien ont accordé, avec la licence de Mgr l'évêque de Limoges, « à M.  Jacques de Verdilhac, propriétaire du présent bourg, le droit de faire construire un banc dans l'église de Saint-Victurnien, de la largeur inclusivement de quatre pieds. Laquelle concession est fait audit sieur de Verdilhac pour lui et les siens, moyennant la rente annuelle de six francs, payable tout les ans au premier janvier ».

Le bourg de Saint-Victurnien a vu naître Jacques Merlin, un des savants les plus distingués qui soient sortis de notre province. Chanoine de Notre-Dame et grand pénitencier de Paris en 1525, il fut exilé par François 1er en 1527, pour avoir prêché un sermon trop véhément contre quelques seigneurs de la cour. Il mourut en 1541, après avoir été grand vicaire de Paris et curé de la Madeleine. Il est le premier qui ait publié une collection de Conciles. On lui doit aussi des éditions d'Origène, de Pierre de Blois, de Richard de Saint-Victor, etc …

Léonard Merlin, de la même famille que le précédent, composa en vers la vie de saint Victurnien, espèce de drame destiné à être joué pendant la frairie qui se tient au mois d'octobre.

 

Les villages de la commune de Saint-Victurnien sont :

 

Aubepeyre (Moulin d').

Beaumont.

Chapelle-Blanche (La). - Chapelle existant en 1358. Elle est dit cure en 1481, puis prieuré séculier, et vicairie perpétuelle. Elle fut interdite en 1741. Elle avait pour patron saint Eutrope de Saintes. L'aquilaire de la cathédrale de Limoges en nommait les titulaires, au moins dès 1444.

M. Guingand de Saint-Mathieu vendit en 1791 le domaine de la Chapelle Blanche, à Jean de Voyon du Buisson, pour la somme de 24 000 francs. Guingand de Saint-Mathieu  porte : « d'azur au lion d'or, et un chef d'argent chargé de trois mouchetures d'hermine de sable. » De Voyon porte : « d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois étoiles d'or, deux en chef et une en pointe. »

Chandiat.

Forensac.

Granges (Les).

Loubier (Le). - Habitation de la famille de Verdilhac dont les armes sont : « d'argent, au chevron de gueules, accompagné de trois oiseaux (verdiers) de sinople. »

Maraffy. - En 1459 noble Jean de La Jout, sieur de Maraffy, rendait hommage pour cette propriété à Foucaud vicomte de Rochechouart. En 1613, Guy de Verdilhac, juge-sénéchal de Saint-Victurnien, acheta à noble Robert et Jean de Nollet, écuyer, la moitié du lieu noble de Maraffy, dont il possédait l'autre moitié

Mallet (Chez).

Marrote.

Mas (le).

 

Montazé.

Puy de la Rue.

Queyroir (Notre Dame du). - Une chapelle rurale portant ce nom avait été construite dans la paroisse de Saint-Victurnien en 1509. Pendant la Révolution, le 18 thermidor an IV, 5 août 1796, elle fut vendue au sieur Martial-Simon Merlin-Chaban, pour la somme de 180 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 151, n° 226).

Temple (Le).

Tour (La).

Tuilerie.

Vallette (La). - Martial Baillot, seigneur de la Valette, de Maledent et de la Chapelle hors le Bois, était conseiller du roy, procureur au présidial de Limoges et receveur des décimes du diocèse. Il épousa, en 1686, Martiale de Villiers et mourut à la Chapelle, paroisse de Château-Chervix, en 1738. Il dépendait de sa succession deux domaines sis à la Valette, paroisse de St-Victurnien. Il était fils de Martial Baillot du Queyroix, juge de la Salle Episcopale. Armes : « d'azur à la fasce d'argent, accompagnée en chef de 3 étoiles d'or et, en pointe, de 3 escots de même posés en pal.  2 et 1 ». Supports : « 2 licornes ».

Vaugourdon.

Vauzelle (La).

Verboret.

Vignadis (Les).

Vignaud (Le).