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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 11/02/2023

 

SAINT-VITTE-SUR-BRIANCE, dans le canton de Saint-Germain-les-Belles, est le chef-lieu d'une commune qui a 2 065 hectares de superficie et 918 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 494 mètres.

La cure de Saint-Vitte était dans l'ancien archiprêtré de La Porcherie. Son patron est saint Vitte, martyr, dont la fête est le 24 juin. On voit par d'anciens documents, que Léger, archevêque de Bourges, en 1103, donna cette église à Uzerche. Le Cartulaire d'Uzerche marque aussi qu'en 1640, la moitié de cette église fut donnée au monastère d'Uzerche par Etienne d'Arnac. L'évêque de Limoges nommait les curés, au moins depuis 1480. L'abbé d'Uzerche fit une nomination en 1722 et une autre en 1744, mais l'évêque conserva le droit de les nommer, après la sécularisation du monastère d'Uzerche. Au XVIIIe siècle, il y avait dans la paroisse de Saint-Vitte, 1 280 communiants, environ 1 707 habitants.

L'église actuelle de Saint-Vitte est une construction en style gothique, élevée en 1873, et dont une souscription, faite parmi les personnes pieuses du pays, a couvert la plus grande partie des frais. Elle possède deux cloches dont voici les inscriptions :

« ✠ 1856. M. B. A. Brugère, maire et L. A. Bonneau, curé. — Parrain : M. J. Sensaud, docteur médecin. Marraine : dame Marie Bessoule. — Martin, frères, fondeurs ».

« ✠  1856. M. B. A. Brugère, maire et L. A. Bonneau, curé. — Parrain : M. N. Barbe, missionnaire apostolique. Marraine : Dame Herm. Duverger. — Martin, frères, fondeurs ».

Cette église possédait une autre petite cloche que le Conseil de fabrique donna, en 1872, à l'école tenue à Saint-Vitte par les religieuses du Sauveur. Voici son inscription :

« ✠ JHS. MA. P[hilippe] de Meillars, 1653. J[ulie] de Salagnac ». Julie de Salagnac était l'épouse de Philippe de Meilhars, seigneur de Curzac, qui avait fait fondre cette cloche pour la chapelle de leur château.

A l'extérieur de l'église est un calvaire dont la croix surmontait jadis le pignon occidental de l'ancienne église : elle porte la date de 1748. A la base sont deux pierres armoriées ; l'une porte : d'azur au sautoir d'or, cantonné de quatre tours d'argent maçonnées de sable, qui est de Maumont, l'autre avec le même écusson est : parti d'or, à la croix ancrée de gueules qui est d'Aubusson. Elles viennent d'un tombeau qui était à l'intérieur de l'église, celui d'Alexandre de Maulmont, seigneur de Saint-Vitte et de Philippie d'Aubusson, sa femme, qui vivaient dans la première moitié du XVe siècle.

Pendant la Révolution, le 16 fructidor an IV (2 septembre 1796), le presbytère de Saint-Vitte, avec son jardin et ses dépendances, fut vendu au sieur Jean Dubois , pour le somme de 3 467 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 148 n° 278). Il fut ensuite racheté par la commune.

Il y avait dans l'ancien cimetière de Saint-Vitte, en 1549, une chapelle dite des Coustin. C'est dans cette chapelle qu'Agnet Coustin, écuyer, seigneur de Chassain, et Marguerite des Monstiers, son épouse, veulent être inhumés, selon leur testament du  8 octobre 1549.

Une vicairie fondée dans la chapelle du Civori, au grand cimetière, existait en 1483 et en 1621.

Saint-Vitte avait aussi un hôpital en 1390.

Ont été curés de Saint-Vitte : Guyot de Maumont, vers 1405. — Hugues de Meillars, le 5 août 1546. — Jean-Baptiste Chaussade qui mourut le 14 octobre 1744. — N… Voliat ou Vauliat, nommé en novembre 1744. — Jean-Baptiste Aubusson de Gorceix, nommé en décembre 1775. Au Concordat, il fut nommé curé-doyen de Saint-Germain-les-Belles, mais il donna sa démission pour revenir à Saint-Vitte, à la place de Jean-Baptiste Desbordes, qui y avait été nommé le 24 avril 1803. — Jean-François Laurent, nommé le 1er février 1820. — Jean-Amable Celle, le 1er octobre 1830. — Jean Delfour, le 1er juillet 1831. — Antoine Bonnaud, le 18 décembre 1844. — François Bertrand, en 1873. — Antoine Moreau, en 1886. — Jean-Baptiste Mambret, en 1891. — Henri Laurelut, en 1906.

La seigneurie de Saint-Vitte a été possédée par différentes familles. Vers 1070, noble Ramnulphe de Saint-Vitte et son frère Pontius  donnèrent au monastère d'Uzerche, l'étang et les moulins de Saint-Vitte.  Le filles de Ramnulphe épousèrent Jean de Jaunhac et Gaucelin de Vouspillac. En 1360, Pierre de Jaunhac ou Jourgnac, écuyer, était seigneur de Saint-Vitte.

Cette seigneurie passa ensuite dans la famille de Maulmont qui la posséda de père en fils pendant quatre siècles environ. En, 1580, le château de Saint-Vitte fut dévasté dans les conditions suivantes : Des troupes armées, parties du château de Turenne, rendez-vous des prétendus réformés et quartier général des rebelles dans le centre de la France, pillèrent Treignac, Masseret, Salon, Obasine, etc. Comme elles se maintenaient dans le château de Saint-Vitte, dont Jacques de Maulmont était seigneur, M. de Hautefort, lieutenant général du Limousin, alla les en déloger. Il s'en empara après quelques jours de siège, et depuis, ce château a été démoli.

Marie de Maulmont, baronne de Saint-Vitte, porta cette seigneurie dans la famille Joussineau de Tourdonnet en épousant, en 1719, Jean-François de Joussineau.

Saint-Vitte fut vendu le 26 novembre 1791, à M. de Clédat, qui l'a cédé au général comte Souham. Ce dernier a aussi acheté Pontfeuille. Le tout a été acquis en 1823, par M. Barbe. Saint-Vitte appartient aujourd'hui à Mme Génébrias, née Barbe.

En 1909, on a découvert à Saint-Vitte un souterrain-refuge dans lequel on a visité une caverne de 4 mètres de large et d'une longueur inconnue, car personne n'a voulu longer ce souterrain sur un parcours de plus de 10 mètres.

 

Les villages de la commune de Saint-Vitte sont :

 

Ages (Les).

Aulliat.

Auzier ou Ozier.

Bauberie (La).

Boirie (La).

Brégeat.

Bretagne.

Chassagnas, où il existe plusieurs carrières de granit fort dur. On y a pris les matériaux pour construire le beau viaduc près la gare de Saint-Germain.

Chassaing (Le). — Noble Jean Coustin était seigneur du Chassaing en 1424. Ce fief fut porté dans la famille de Maulmont par la donation qu'en fit Jeanne de Coustin, femme de Jean de Maulmont, seigneur de Pontfeuille, par son testament du 24 juin 1624, à son neveu Jean de Maulmont. Marie de Maulmont, baronne de Saint-Vitte, dame du Chassaing, porta ce fief à François-Aimé de Joussineau, marquis de Tourdonnet, qu'elle épousa le 12 février 1719. De Coustin porte : « d'argent au lion rampant de sable, armé, lampassé et couronné de gueules ». Les Maulmont, de la branche de Saint-Vitte ont : « d'azur au sautoir d'or ondé, accompagné de quatre tours d'argent maçonnées de sable ». Joussineau porte : « de gueules au chef d'or ».

Châtenet (Le). — En 1621, Florent de Maulmont, baron de Saint-Vitte était seigneur du Chatenet. Marie de Maulmont porta ce fief à François-Aimé de Joussineau en l'épousant le 12 février 1719.

Coussac. — Noble Noël Roux, sieur de Cussat, épousa le 30 juin 1588, Hélène de La Place. Jacques de Maulmont était seigneur de Coussac en 1684.

Curzac. — Au IXe siècle, Curzac était le chef-lieu d'une vicairie. « Vicaria Cursiacensis », circonscription  territo-riale sur laquelle s'exerçait la juridiction d'un officier inférieur ou comte. Les plus anciens seigneurs de Curzac connus appartiennent à la famille de Meillars dont les armes sont : « d'or à trois pals de gueules chargés chacun de trois étoiles d'argent ». Cette seigneurie passa dans la famille de Maulmont vers 1402. Pierre de Martin, conseiller en la cour du Parlement de Bordeaux et Jean de Martin, conseiller d'Etat, succédèrent à MM. de Meillars dans la possession de Curzac, en vertu d'un arrêté de la Chambre de l'Edit de Castres, du 24 novembre 1640, qui leur adjugeait cette terre en paiement de 31 333 livres, que devait Jean de Meillars. La famille Martin de la Bastide, qui posséda

longtemps la terre de Curzac, porte pour armes : « écartelé aux 1et et 4e d'azur à la tour d'argent, aux 2e et 3e d'or à la fasce de gueules ». Cette terre appartient aujourd'hui à M. Torterue de Sazilly à qui elle est passée par alliance.

Lavaud, appartenant à Melchior de Maulmont, baron de Saint-Vitte en 1684, et ensuite à Joseph, son fils en 1719.

Lit (Le). alias « Lély ».

Mas (Le), fut apporté par Marie de Maulmont dans la famille Joussineau de Tourdonnet, par son mariage avec François-Aimé.

Mazaud (Le).

Moulin-Brûlé (Le).

Nova.

Nouaillas.

Peychaud (Le).

Peyrousse (La).

Plats (Les).

Pontfeuille. — Charles de Maulmont, chevalier, seigneur de Saint-Vitte, et sa femme Marguerite de Comborn vendirent Pontfeuille le 5 mai 1553, à Charles de Maulmont leur cousin germain. Charles Chauveau, époux de Judith de Maulmont, acheta Pontfeuille en 1666. Judith Chauveau épousa Charles de Bony en 1679. Leur fille Marie de Bony de Lavergne vendit Pontfeuille le 4 mai 1740 à Pierre Avril, docteur en théologie, curé du Puy d'Arnac. Ce dernier, en mourant, laissa la seigneurie de Pontfeuille à Pierre Avril, son frère, chanoine de Saint-Etienne de Limoges. Une chapelle, bâtie à Pontfeuille, par la famille Duverger, a été bénite le 27 mai 1889.

Tratade.

Tronche (La).

Valade (La), appartenait à noble Hugues d'Heschizadour, qui mourut sans enfants, et laissa ce bien à sa femme, Suzanne de Maulmont, qui épousa en secondes noces, le 2 mai 1613, Gabriel Jousselin, seigneur de l'Horte.

Vergne (La).

Volpillac. — Village où été la borderie de La Gasne, vendue en 1352, par Pierre Fablié, écuyer, à noble Hélie Galengaud, chevalier. Ce village n'existe plus.