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Recherche > Haute-Vienne (87) > Saint-Yrieix-la-Perche > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 28/01/2023

 

            SAINT-YRIEIX est le chef-lieu d’un arrondissement qui comprend les cantons de Châlus, Nexon, Saint-Germain-les-Belles, Saint-Yrieix. Il a 90.808 hectares de superficie et 49.700 habitants.

            Le canton de Saint-Yrieix comprend les communes du Chalard, Coussac-Bonneval, Glandon, Ladignac, Saint-Yrieix. Il a 25.463 hectares de superficie et 15.761 habitants.

            La commune de Saint-Yrieix a 9.983 hectares de superficie et 8.205 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 400 mètres.

            La ville de Saint-Yrieix tire son origine d’un monastère qui fut fondé au VIe siècle (vers l’an 560) par le saint abbé Arédius ou Yrieix, qui naquit à Limoges, et fut l’ami de Grégoire de Tours et de Fortunat de Poitiers. Ce lieu s’appelait alors Attanum. Les maisons qui se sont groupées autour de ce monastère ont donné naissance à la ville actuelle, qui a pris depuis, le nom de son fondateur. C’est une chose digne d’observation que la plupart des villes du Limousin, Saint-Léonard, Saint-Junien, Saint-Yrieix, Eymoutiers, Solignac, Saint-Victurnien, le Dorat, doivent leur origine à la cabane d’un ermite ou à un monastère.

            L’église paroissiale actuelle était une église collégiale, dans laquelle on remarque trois parties distinctes et trois styles différents :

            1e Le clocher et la partie occidentale de la nef, qui ne sont plus dans l’axe de l’église actuelle, sont en style roman du XIe siècle. Dans le principe, deux collatéraux très étroits flanquaient la nef, comme à Saint-Junien : le chœur se termine carrément comme dans quelques églises romanes du Poitou.

            2e Vers la fin du XIIe siècle on construisit de nouveau, la nef et le chœur. La nef, dégagée de ses collatéraux, se compose de deux larges travées, avec des fenêtres qui ont une légère tendance à l’ogive. Dans cette reconstruction on a laissé subsister quelques fenêtres et quelques pans de murs de l’église romane. La date de cette partie de l’église est connue, car on sait que « le 17 mai 1181, le corps du bienheureux Saint Yrieix fut élevé de son mausolée, à cause qu’on avait bâti de nouveau les murailles de sa basilique ».

            3e L’abside du chœur a été ajoutée incontestablement au XIVe siècle ; trois fenêtres ogivales, séparées en deux parties par de longs meneaux et surmontées de quatre feuilles semblables à celles de la cathédrale de Limoges, accusent clairement cette époque.

            Avant le Concordat de 1801, il y avait dans la ville de Saint-Yrieix ou dans ses faubourgs plusieurs paroisses qui n’ont pas été maintenues.

            La principale était le Moutier, de la ville de Saint-Yrieix ou cure de Saint-Yrieix ; avant la Révolution on y comptait 2.100 communiants,  ou environ 2.800 habitants.

            Le chapitre en nommait les curés, au moins depuis 1479. Les derniers ont été N… Queyroulet, mort en février 1754. – N… de la Morélie, nommé en 1754. – N… Beaure, nommé en 1758. – N… Buisson, nommé en 1776. Plusieurs vicairies ou fondations de messes existaient dans cette cure : La vicairie fondée en 1420 à l’autel de Saint-Jean-Baptiste, par le seigneur de la Foncaudie dont  les successeurs ont toujours nommé les titulaires. Deux appelées des Palmiers ou Pommiers, en 1558, auxquelles le chapitre nommait les titulaires. Deux dites de Pompadour, avant 1574. Celle de Sainte-Anne à laquelle nommait, en 1597, François de Royères, chevalier, seigneur dudit lieu près Saint-Léonard, etc., etc.

            Saint-Pierre-hors-des-Murs était une cure où l’on trouvait 560 communiants, environ 714 habitants. Le chapitre de Saint-Yrieix y nommait les curés, au moins dès 1572. N…Népoux, nommé en 1756, y était encore en 1788.

            Sainte-Catherine, jadis Sainte-Valérie, était une paroisse qui avait 340 communiants, environ 457 habitants. Le doyen du chapitre nommait les curés de cette paroisse ainsi qu’on le voit par des documents de 1564. Les derniers curés sont : N… du Solier, nommé en 1736. – N…de la Morélie, nommé en 1776.

            Sainte-Marie de la Chapelle, jadis Saint-Jacques de la Haute-Chapelle, était aux faubourgs de la  Freyne avant 1568. C’était une cure dont la fête patronale était l’Assomption de la Sainte-Vierge ; il y avait 380 communiants, 587 habitants. Le chapitre en nommait les curés. Guillaume Queyroulet y fut nommé en juillet 1621. – N… Bonhomme, en 1762.

            La Nouaille-Saint-Yrieix était une cure qui avait pour patron Saint-Pierre de Vérone, martyr, le 29 avril, jadis c’était l’Assomption de la Sainte-Vierge. Il y avait 1.280 communiants, environ 1.700 habitants. Le doyen du chapitre en nommait les curés dès 1498. Léonard Chézeunet fut nommé en 1747. – Emeric Crézeunet, en 1749.

            La Rochette était une cure sous le patronage de Saint-Eutrope-de-Saintes, il y avait 680 communiants, environ 900 habitants. Le chapitre en nommait les curés, au moins dès 1569.La Rochette, qui au XIVe siècle, s’appelait Ruperte (Roche ouverte), est le lieu où, selon la tradition locale, Saint-Yrieix, se retira pour y mener la vie de solitaire. Il y avait un rocher creux ou grotte qui lui servait de cellule et d’oratoire. Vers l’an 564, il y bâtit une chapelle, qui est devenue une église paroissiale ; elle a dépendu du chapitre de Saint-Yrieix, jusqu’à la Révolution qui l’a détruite. On en voit aujourd’hui les restes, ainsi que du cimetière qui l’entourait. Le village de la Rochette, est situé à trois kilomètres au nord de la ville, assez près de la ligne du chemin de fer de Limoges. D’après une chronique dont on ne peut garantir l’exactitude, Saint-Yrieix se retirait aussi pour prier dans la solitude, dans une grotte, au couchant de la ville, sur le bord de la petite rivière de la Loue.

            Il y avait aussi à Saint-Yrieix :

            Le Grand Hôpital ou Aumônerie de L’Hôtel-Dieu qui existait en 1298 et fut rebâti en 1360.

            Le couvent des frères Mineurs Récollets établis le 25 mars 1613.

            Les religieuses de Sainte-Claire fondées vers l’an 1625.

            Tout ce qui appartenait aux églises et aux communautés religieuses fut pris et vendu pendant la Révolution. On trouve aux Archives départementales de la Haute-Vienne dans la série Q. Les nombreux procès-verbaux de ces ventes.

            Voici l’indication de quelques-unes :

            Le 2 messidor an IV (20 juin 1796) vente au sieur Léonard Rudeuil des bâtiments, jardin, église et dépendances de la ci-devant cure de La Rochette, pour la somme de 1.710 francs. (Q.152, n° 51).

            Le 2 messidor an IV (20 juin 1796) vente au sieur Pierre Dujardin, aîné, du presbytère, jardin, dépendances de Quinsac pour la somme de 2.880 francs (Q.148, n°60).

            Le 5 messidor an IV (23 juin 1796), vente au sieur Sulpicy, de l’église et communauté des Récollets à Saint-Yrieix, pour la somme de 9.000 francs. (Q.152, n°80).

            Le 6 messidor an IV (24 juin 1796), vente au sieur Gabriel Sulpicy, de l’église et autres objets des pénitents bleus à Saint-Yrieix, pour la somme de 1.700 francs. (Q.152, n°82).

            Le 23 messidor an IV (11 juillet 1796), vente au sieur Sulpicy, de l’ancien presbytère de Saint-Yrieix, pour la somme de 8.100 francs. (Q.152, n°145).

            Après la Révolution, au Concordat, il n’y eut plus à Saint-Yrieix qu’une seule paroisse, qui eut dès lors le titre d’archiprêtré. Y ont été nommés : François Buisson, le 24 avril 1803. – Henri Lamorélie des Biars, le 12 décembre 1804. – Elie Abrias-Laforet, le 8 avril 1817. – Jean-Baptiste Jarrit-Dutheil, le 6 janvier 1822. – Philippe Fornel de Lalaurencie, le 1er juillet 1834. – Jacques-Emile Deschamps, le 1er juillet 1877. – Louis-Joseph-Philippe Pascaud, en 1887. – Jean-Justin Marandat, le 28 février 1903.

            La grosse cloche de Saint-Yrieix avait été fondue en 1571 ; le journal du sieur Gondinet signale sa refonte dans les termes suivants : « Le pénultième de mars 1624, fut refaite la grande cloche de Saint-Yrieix, qui avait été fondue auparavant l’an 1571, où j’avais assisté à la voir fondre et couler, laquelle a été baptisée le 21e jour du mois d’avril audit an 1624. Et fut parrain : Mons. le doyen Gaspard Gentil de La Jauchat et marraine : demoiselle Marguerite de Joussineau, fille de Mons. de Fayat, épouse de Louis Garreau, sieur du Pui-de-Bette ».

            La cloche de l’église de Notre-Dame-du-Moustier avait été fondue en 1656. Le journal de P. Jarrige en donne l’inscription suivante : « ✠ Ont été mes parrain et marraine : noble Paul de Jarrige de Lamorélie, théologal, doyen de cette église, et Marguerite de Joussineau de Fayat, demoiselle de Puy-de-Bette. – Gabriel du Garreau du Puy-de-Bette, chantre, Antoine de Jarrige, Antoine de Lafon, Antoine du Garreau, Jehan de Joussineau de Tourdonnet, Hélie de Jarrige de Lamorélie, François de Lafon, Antoine Labrouhe, Paul des Monts et Jehan de Lafon, chanoines. – Des prébendés, François de Lafon, Anthoine Labrouhe, Estienne Paignon, Jehan Personne, David Domoneville et Paul des Monts, de Lafon, secrétaire ».

            En 1712, une nouvelle cloche fut fondue pour Saint-Yrieix. Dans son inscription on lisait : « ✠… Ont été mes parrain et marraine : P.de Jarrige de Lamorélie, écuyer, seigneur des Biards, et Gabrielle de Chabrignat, dame de la Seignie, 1712. » Cette cloche a été fondue de nouveau en 1880. Elle pèse maintenant 1460 kilos et porte l’inscription suivante : « 1712, Renovabitur ut aquiloe mea. - ✠ Au nom de Dieu et de Saint-Jean, dont je porte le nom, j’ai été refondue en 1880, sous le pontificat de Léon XIII. Monseigneur Duquesney, évêque de Limoges, P.de la Laurencie [ancien] archiprêtré de Saint-Yrieix. E. Deschamps, curé archiprêtre. Marly, Buisson, Montel, vicaires. Bosvieux, président. J.-B. Massy, trésorier de la fabrique. J’ai eu pour parrain : E.Deschamps, curé archiprêtre et pour marraine : Marie-Gabrielle-Caroline Bonhomme, née Deschamps. J’ai été bénite par P. de la Laurencie [ancien] archiprêtre. - Georges Bollée, fondeur à Orléans ».

            L’église de Saint-Yrieix possède une colombe eucharistique, qui placée au-dessus de l’autel, servait de custode pour le Saint-Sacrement. Le pavillon sous lequel elle était abritée est une broderie de soie et de perles, que le ministre de l’Instruction publique, par arrêté du 29 novembre 1910, a classé au nombre des monuments historiques.

            Abbés et Doyens de Saint-Yrieix : Saint-Yrieix, mort le 25 août 591. –Astidius. –Ebrom, en 674. – Stodilo, en 845. – Ermenu, 860. –Seguin, 1070.

            Doyens du chapitre de Saint-Yrieix : Ramnulphe de Lastours, 1071-1085. – Pierre Doado, 1090. – Audebert, 1111-1114. – Gérald de Cher, évêque de Limoges, 1137. – Bernard de Limoges, 1171, mort en 1183. – Gérard de la Marche, élu le 24 décembre 1183.-N…1224. – Gui de Clausellis, élu évêque de Limoges, en 1226. – B…, élu en 1227, était doyen et archidiacre de Limoges, en 1219. – W…, 1239, ou W… de Ahento, chanoine de Limoges. – Gérarld, 1262. – Hélie de Maumont, élu en février 1276, mort en avril 1293. –Gilbert Polvéral, élu le 25 mai 1293-1294. – Hélie de Maumont, élu en 1296. – Gérald de Laberstorn, élu en 1305. – Huges Gérald, élu en Ternes, élu en 1314. – Guillaume de Ahento, élu en 1318. – Audoin Aubert, mort cardinal en 1363. – Arnaud Aubert, 1352, mort évêque d’Avignon, en 1371. – Guillaume de Ahento, 1369. – Estienne Pomelli, 1396. – Adémar Béchade, 1401-1402. – Estienne Pomelli, chanoine de Limoges, 1416. – Jean de Peyruse, 1427, mort évêque de Séez, 1454. – Ponce de Salignac, 1454-1467, mort évêque de Sarlat, 1492. – Pierre de Salignac, résigna. – Armand de Gontaud de Biron, 1482. – Antoine de Salignac, 1495-1503. – Antoine de Salignac, 1540. – Jean de Bourdeilles, élu en 1546, résigna. – Pierre de Bourdeilles, dit de Brantôme, 1558, résigna le 16 mai 1576. – François Penaut, 1562-1576. – François Fabri,  prêtre, élu et prit possession le 30 mai 1576. – François Bellengard, 1604, mort en 1616. – Gaspard de Gentils de l’Age-au-Chât, élu me 15 août 1616. – Guillaume Thiersault, 1617, mort en 1644. – Paul de Jarrige de la Morélie, élu en juin 1644, mort en 1660. – Hélie de Jarrige de la Morélie, élu en 1660. – Antoine Disnematin, mort le 3 novembre 1714. – Léonard de Lafon, 1760, mort le 12 janvier 1767. – Pierre de la Morélie de Puyredon, reçu chanoine de la cathédrale le 7 août 1753, premier professeur de théologie au collège de Limoges, élu le 10 janvier 1767.

            Faits historiques.

– 560, Saint-Yrieix, né à Limoges, de parents nobles, fils de Jocundus et de Pélagie, fonde le monastère d’Attanum.

– 595, Saint-Férréol, évêque de Limoges, préside aux funérailles de Saint-Yrieix.

– 1053. Les chanoines de Saint-Yrieix prennent possession du monastère de Moutier-Roseille, près Felletin ; ils portent triomphalement, dans ce voyage, la châsse de leur saint patron.

– 1090. Vers cette date érection du monastère en collégiale.  Le successeur d’un abbé décédé, prend le titre de doyen.

– 1181. Le 17 mai Sébrand Chabot, évêque de Limoges, fait la translation des reliques de Saint-Yrieix, au milieu d’un grand concours de peuple, de seigneurs et d’abbés du Limousin.

– 1181. Henri II, roi d’Angleterre, père de Richard Cœur-de-Lion, passe quelques jours à Saint-Yrieix.

– 1243. Vers cette date, construction de la tour du Plot qui faisait partie des fortifications de la ville.

– 1250. Fondation de l’hôpital de Saint-Yrieix. Il fut rebâti en 1360.

– 1307. Transaction entre Philippe-le-Bel, roi de France, et le chapitre de Saint-Yrieix pour la justice haute, moyenne et basse. Le chevalier Guillaume de Nogaret fait l’office de procureur pour le roi.

– 1370. Le vaillant chevalier Duguesclin, qui fut plus tard connétable de France, se rend maître de Saint-Yrieix.

– 1565. Par lettres royales de cette année, il fut ordonné aux habitants de Saint-Yrieix de se réunir pour nommer un Maire et quatre échevins qui seraient chargés de mettre ordre à la police de la ville où le service du roi était fort négligé. Le Maire élu fut M. Maître de Chouly, et les quatre échevins : Sire Paraux, et Jehan Jarrige, Jéhan  Morignon et Meytraud.

– 1569. Le 2 juin la ville est prise d’assaut par le sieur de Bonneval, capitaine de l’armée protestante, qui était sous les ordres de l’amiral de Coligny. Les églises furent pillées et saccagées.

– 1569. Le 14 juin, arriva à Saint-Yrieix le maréchal de camp des Princes (de Béarn et de Condé) pour loger le camp.  Les princes arrivèrent le 18 ; et pendant que l’armée séjourna dans cette ville, les seigneurs étrangers furent fêtés par les princes, amiral et autres grands seigneurs de leur suite.

– 1591. La ville de Saint-Yrieix est assiégée par le vicomte de Pompadour, chef des ligueurs. Le 20 mars de cette année, une armée de royalistes accourue au secours de la ville et commandée par La Rochefoucauld, est défaite sous les murs de Saint-Yrieix, dans un combat sanglant où périssent plusieurs capitaines de l’armée royale.

– 1594. Cette année, arrivèrent devant Saint-Yrieix deux mille croquants qu’on appelait vermine. Ils sommèrent la garnison de vider, ainsi qu’elle l’avait promis. Celle-ci leur fit donner à boire pour les calmer, et fit mettre dans le vin du sel et de la chaux, qui en tuèrent une centaine.

– 1613. Les frères mineurs récollets sont établis à Saint-Yrieix.

– 1630. Fondation du couvent des filles de Sainte-Claire. En 1675, elles faisaient bâtir leur chapelle, grâce à la somme d’argent que leur donna Gabrielle Tenant de Champ, veuve de Jean de Jumilhac, seigneur d’Estiveau et de La Tour.

– 1663. Le pape Alexandre VII approuve la compagnie des pénitents bleus de Saint-Yrieix.

– 1765. Les premiers échantillons de kaolin sont découverts au Clos de Barre.

– 1790. Le vénérable chapitre de Saint-Yrieix ainsi que le clergé de la ville, a été remarquable dans tous les temps, par le mérite distingué de ses membres, mais il s’est surtout illustré dans la persécution que la Révolution dirigea contre le clergé catholique. Réunis en chapitre le 22 novembre 1790, les chanoines de Saint-Yrieix signèrent une protestation contre le décret du 12 juillet 1790, portant suppression de leur chapitre et l’apposition des scellés sur leurs trésor, archives, effets et mobiliers et aussi contre l’incompétence de l’Assemblée nationale sur la hiérarchie  et la juridiction ecclésiastique, leurs devoirs et leurs obligations n’ayant jamais eu d’autre source que dans la puissance spirituelle. Les autorités départementales de la Haute-Vienne les firent tous arrêter et conduire dans les prisons de Limoges en 1793, puis le 12 février 1794, ils furent conduits à Rochefort, et embarqués sur les pontons, où huit d’entre eux succombèrent, pendant qu’un neuvième mourait dans les prisons de Limoges où il était retenu. Pour conserver le souvenir de ces saints confesseurs de la foi, dont on poursuit actuellement en cour de Rome la canonisation, on a placé, en 1912, dans l’église de Saint-Yrieix, une plaque sur laquelle sont gravés leurs noms et la date de leur mort. En voici la reproduction :

            « Digni sunt pro nomine Jesu contumeliam pati (A.5.). »

            « Pierre Jarrige de Lamorélie, doyen, U le 10 août 1794, sur les pontons de Rochefort. – Pierre-Yrieix de Labrouhe de Laborderie,  U le premier juillet 1794 (Idem). – Pierre Mazaud, U le 29 juillet 1794 (Idem). – Jean-François Jarrige de Lamorélie,  U le 31 juillet 1794 (Idem). – Barthélémy Jarrige de Lamorélie (cluniste),  U le 13 juillet 1794 (Idem). – Joseph Pagnon de Chantegros, syndic,  U le 10 janvier 1795 (Idem). – François Beaure, chantre et chanoine,  U le 15 février 1795 (Idem). – Jean-Baptiste Pagnon, U le 9 mars 1794, dans les prisons de Limoges. »

            Survécurent à la persécution :

            « Jean de Sauzillou, chanoine, U en 1803, à Saint-Yrieix. – Jacques Masgouier , chanoine,  U en 1810. – Jean-Baptiste Grangeville-Lagrange, chanoine, U en 1810, vicaire à Saint-Yrieix. – Henri Jarrige de Lamorélie,  U en janvier 1817, archiprêtre de Saint-Yrieix. – Pierre Pichon, chanoine, U octobre 1821, à Saint-Yrieix. – Elie Abriat de Laforest, théologal, U en novembre 1821, archiprêtre de Saint-Yrieix. – Jean-Baptiste Valette, chanoine, U en janvier 1823, curé d’Affieux. – Antoine-Alexis de Labrouhe de Laborderie, chanoine, U le 18 novembre 1825. – Jean-Baptiste Villemonneix, chanoine, U le 18 novembre 1833, chanoine à Limoges. – Yrieix Jarrige de Lamorélie, chanoine à Limoges. – Yrieix Jarrige de Lamorélie, chanoine, U le 4 juillet 1838, curé de Rilhac-Lastours. – Gabriel Maytraud de Cherveix, déporté en Espagne,  U en octobre 1799. – Jean Soubrier, religieux cordelier, emprisonné à Saint-Yrieix où il était né. – Pierre Labrouhe de Laborderie, curé d’Angoisse, déporté en Espagne,  U le 17 avril 1806. – Jean Chastaignon, né à Saint-Yrieix, déporté,  U en août 1816. – Léonard Crézeuné, déporté, U en mars 1851. – Eymeric Crézeunet, déporté. – Pierre Gondinet, chanoine, déporté, U en juillet 1822. – Pierre Mazaud, déporté en Espagne, U en juillet 1817 ». – 1891.-Au mois d’août 1891 de grandes solennités religieuses ont eu lieu à Saint-Yrieix, pour célébrer le treizième centenaire de la mort du glorieux patron de cette ville. Son chef précieusement conservé a été extrait de son reliquaire, et offert à la vénération des fidèles, par Mgr Renouard, évêque de Limoges.

                                   

A la pieuse Mémoire

 

DES CHANOINES DU MOUSTIER DE ST-Y.

 

Martyrs et confesseurs de la Foi

 

______

 

            Morts sur les pontons de Rochefort :

            Pierre Jarrige de Lamorélie, doyen, mort le 10 août 1794.

            P. Yrieix de Labrouhe de Laborderie, chanoine,  + 1er juillet 1794.

            J.-B. Bonhonne de Forestier, chanoine,  + le 25 juillet 1794.

            Pierre Mazard, chanoine,  + le 29 juillet 1794.

            Jean-François Jarrige de Lamorélie, chanoine, + le 31 juillet 1794.

            Joseph Pagnon de Chantegros, chanoine, + le 10 janvier 1795.

            François Beaure, mort hosp. Rochefort, 18 fév.1795.

            Barthélémy Jarrige de Lamorélie, cluniste, chanoine, + le 15 juillet 1794.

 

            Survécurent à la persécution :

            J.-B. Pagnon. Jean de Sanzillon. Jacques Masgontier. J.-B.Grangevieille-Lagrange. Henri Jarrige de Lamorélie. Pierre Pichon. Elie Albriat-Laforêt. Et. Jarrige de Lamorélie. J.-B. Vilette. Ant. Alexis de L. de Laborderie. Pierre Gondinet. J.-B. Villemouneix, Yrieix  J de Lamorélie, chanoines du Moustier.

            Prêtres de St-Yrieix qui subirent la persécution :

            Gabriel Mantrand de Cherveix,  Jean Joubrier, Pierre de L.de Laborderie,  Pierre Chastaignon,  Léonard Crézeunet,  Eymeric Crézeunet,  Pierre Mazard.                                                                                

 

III OMNES DIGNI HABITI SUNT PRONOMINE JESU

                  CONTUMELIAM PATI  (Art. 5.5).

 

            Dans la commune de Saint Yrieix, qui avait 9.983 hectares de superficie, on trouvait 180 villages ou lieux-dits. Un décret du 19 février 1902, ayant érigé en commune la paroisse de Glandon, a diminué la superficie de celle de Saint-Yrieix de 2.474hectares et sa population de 901 habitants.

 

            Voici les noms des villages, tels qu’ils étaient avant 1902 :

 

Acajoux.

Age (L’).

Auriéras.

Aurière (L’).

Bachellerie (La).

Bâtiment (Les).

Barbérie (La). – Fief possédé par la famille Tenant depuis le XVe siècle.

Bellevue.

Bénéchie (La). – Fief possédé par la famille Tenant depuis le XVe siècle.

Biars (dans la commune de Glandon). – Fief possédé par une branche de la famille Jarrige de Lamorélie. Armes : « d’azur au chevron d’or surmonté d’une croix de même, accostée de 2 palmes d’argent et une tour de même en pointe, maçonnée de sable. Supports : 2 satyrs. »

Bigouries (Les).

Boige de Négreloube (La).

Boiges (Les).

Boiges du Midi (Les).

Boilagresse.

Boisse.

Bord.

Bouchardie (La).

Boumier.

Bouneillas.

Bray (La)

Brugère (La). – Jean-Baptiste du Authier, chevalier, seigneur de la Brugère, paroisse de Quinsac, épousa le 19 mai 1778, Marie Léonarde de Rieublanc du Bost.

Breuil (Le).

Brousse.

Brunerie (La).

Buisson (Le).

Canty.

Chabanie (La).

Chabroulie (La).

Chadelaine.

Chaise du Midi (La).

Chaise du Nord (La).

Chambareille.

Champ.

Champagneix.

Champeix.

Chantagros.

Charnaillas.

Charvaix.

Cheni.

Cheni (Moulin de).

Cherreir (Le).

Cheyroux (Le).

Clos (Le).

Clos de Barre (Le). Où l’on a découvert les premiers échantillons de kaolin en 1765.

Condamine (La).

Douillac. – Fief sur la paroisse de La Rochette, appartenant en 1589, à Jacques de Sanzillon de la Foucaudie ; Aujourd’hui à M. Saint Marc Girardin.

Essindias.

Etang (L’).

Etang (Moulin de L’).

Faradie.

Farge (La).

Fargues (Les).

Faye (La). – Orphelinat agricole de Saint-Joseph de La Faye. C’était un établis-sement fondé et entretenu par la charité des catholiques ; la loi de spoliation de l’église par l’Etat les en a dépouillés et en 1911 on y a établi une école professionnelle de filles, pour les pupilles difficiles de l’assistance publique.

Fayolle (La).

Férignac.

Fermiger.

Feynie (La).

Forêt (La).

Forie (La).

Foucaudie (La). – Fief de la famille de Sanzillon.

Gabaret (Etang de).

Gabie (La).

Gabilloux.

Gensenas.

Gillardy.

Glandon. – La paroisse de Glandon qui a 901 habitants a été érigée en commune en 1902. Voir l’article Glandon.

Goupillas.

Hallée (L’).

Jalladas (La).

Jugie (La).

Lacs (Les).

Lajonchapt. – Fief de la famille de Gentil.

Lallet.

Lardy (Petit).

Lardy (Grand).

Laubanie.

Lavaud.

Lécuras.

Letapeau.

Longère (La).

Maison-Blanche (La).

Maison-Neuve (La).

Malgrémoi.

Mansac.

Marcognac (Grand).

Marcognac (Petit).

 

Maréchal.

Marnay.

Marsac.

Masbateix.

Mas (Le). – Fief appartenant à Jean Gentil en 1515.

Mas-Girardet (Le).

Massegui.

Massenat (Grand).

Massenat (Petit).

Mazeaux (Les).

Mazièras.

Méchenie. – Fief de la famille du Garreau.

Mérigie (Les). – Fief de la famille Tenant de Champs.

Mesurat (Grand).

Mesurat (Petit).

Moissac.

Montaigut.

Monteil (Le).

Monlue (Grande). – A appartenu au XVIIe siècle à la famille de Montesquiou.

Moulin-Chevrier.

Moulin-Nommarie.

Moulin-Neuf.

Moulinerie (La).

Murat.

Nègreloube.

Noaille (La). – Ancienne paroisse.

Nouzilleras.

Pause (La).

Patoux (Moulin des).

Pepignias.

Permangle. – Aux de Chouly ay XVIIe siècle.

Péronie (La).

Peuplier.

Pierrechave.

Pieux (Les).

Plagne (La).

Plaux (La).

Porte (La).

Poumier.

Prade (La).

Prunié (La). – Fief donné par Jean de l’Aigle, le 11 juillet 1447, à Etienne Tenant.

Puichapounajau.

Puijourde.

Puy (Le). – Fief des Tenant de Champs (XVIe et XVIIe siècle).

Puy-de-Bette. – Fief de la famille du Garreau.  Jean-Baptiste-Joseph du Garreau en était seigneur à la Révolution. Armes : « d’argent au chevron d’or sur une croix au pied fiché dans un cœur de même étant en pointe ».

Puy-des-Biars.

Puy-la-Coty.

Puy-Fayard.

Puy-Jallet.

Puy-Moreau.

Puy-Redon. – Fief d’une branche de la famille Jarrige de Lamorélie.

Quéroix (Grand).

Quéroix (Petit).

Quinsac. – Ancienne paroisse sous le patronage de Saint Martin de Tours, de pendant du chapitre de Saint-Yrieix, avait 280 communiants au XVIIIe siècle.

Rebeyret (La).-Tènement appartenant  aux Tenant à la fin du XIVe siècle.

Renaudies.

Ribière (La).

Rieux (Les)

Roche à Picon (La).

Rochette (La).- Ancienne paroisse dont il est parlé ci-dessus, appartenait à la fin du XVe siècle à Jean Aymeric, seigneur de Royère, près La Roche-l’Abeille.

Roussie.

Saint-Laurent.

Salesse (La).

Salines (Etang de).

Sauvagnac.

Seinie (La). – Fief de la famille du Garreau, dont le dernier seigneur fut Jean-Baptiste-Joseph du Garreau, chevalier de Saint-Louis, capitaine de cavalerie, qui émigra à la Révolution.

Serre (La).

Souliac.

Souliers.

Tendau.

Teulet.

Theil (Le).

Touvent.

Tranchardie.

Tuilerie.

Valade (La).

Vauzelle (La).

Vétizou (La).

Verdier (Le).

Vergniaud. – En 1780, on y  découvrit un filon d’antimoine qui a été exploité jusqu’en 1790. Repris plus tard et enfin abandonné.

Vergne (La).

Vérinas.

Vérinande.

Vérrines.

Villebranche.

Villeneuve.

Vintaux (Les).