Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 13/02/2023
Thouron, dans le canton de Nantiat, est le chef-lieu d'une commune qui a 1372 hectares de superficie et 571 habitants. Son altitude au dessus du niveau de la mer est de 416 mètres.
La paroisse de Thouron, dans l'ancien archiprêté de Rancon, avait pour patron Saint Pierre-ès-Liens dont on faisait la fête le 1er août. L'an 1012, Umbertus donna à Dieu et à Saint-Martial de Limoges, l'église de Thouron avec les champs, moulins, étangs en dépendant. En 1084 son fils Humbertus et son petit-fils Hélie, renouvelèrent cette donation. Depuis ce moment l'abbé de Saint-Martial y a nommé les curés. Au XVIIIe il y avait dans cette paroisse 600 communiants, environ 800 habitants.
L'église est une construction romane du XIIe siècle, restaurée en 1498. Elle n'a qu'une seule nef, longue de 15 mètres 40, sur 5 mètres 50 de large, éclairée par quatre fenêtres plein cintre. Sa voûte a été refaite en 1888. Le sanctuaire a 4 mètres 80, sur 5 mètres 70, il a conservé son ancienne voûte et est éclairé par deux fenêtres plein cintre ornées de vitraux modernes.
On voit dans l'église de Thouron un grand tableau venant de l'ancienne abbaye de Saint-Martin-des-Feuillants à Limoges; il représente les trois personnes de la Sainte-Trinité : Dieu le père, avec un nymbe triangulaire, Dieu le fils, tenant sa croix, et le Saint-Esprit sous forme d'une colombe.
Sur la cloche de cette église on voit cette inscription : « ✠ III S. MA. S. Petre, S. Paule, orate pro nobis. --- Parrain : noble Gilbert de La Cousse. Marraine : Catherine Madoz. Syndics Jean de Vaucourbeil et Jean Baritan, 1602 »
L'église de Thouron possède, dans une châsse en bois, des reliques des martyrs de la légion Thébéenne. On y voit cette inscription : Sancti Brandini mart. de legione Thebeorum. Elles lui ont été données en 1790, lors de la distribution des reliques de l'abbaye de Grandmont. Elle reçut à la même époque, une grande châsse en cuivre émaillée, venant de la même abbaye, mais ne la possède plus. On croit qu'elle a été livrée pendant la Révolution à des commissaires du gouvernement recherchant les objets en cuivre.
Une vicairie avait été fondée dans l'église de Thouron par les seigneurs du lieu ; elle fut augmentée en 1475 par Jehan Faulcou, seigneur de Thouron et de Saint-Pardoux. En 1764, il en existait au moins cinq autres : une fondée par Jacques Dupeyrat de Thouron, une par Hélie Masdol, bourgeois de Thouron, une par Léonard Pacaille, curé de la paroisse, une par François Mounier, etc.
Pendant la Révolution, le 3 Thermidor an IV, 21 juillet 1796, le presbytère de Thouron fut vendu au sieur Jacques Vincendon, pour la somme de 1572 francs. Il eut pour ce prix modique la maison, la grange, le jardin et une châtaigneraie qui en dépendait (Archives de la Haute-Vienne, Q. 152, n° 165)
Ont été curés de Thouron : - Hélie, en 1218. - Jean Rougier, en 1450.- N... Vinchaud, en 1541. - Martial Johanaud, en 1563. - Léonard de la Combe, en 1577. - Léonard Menot, en 1589. - N... de Vaucourbeil, vers 1600. - Pierre Barrèges, en 1658, mort en 1687. - Jean-Charles de la Brousse, 1692-1698. - Jean Dutreix alias Dutreil, 1698-1710. - N... Guy, 1711-1719. - Jean Fraisseix, 1720-1728. - Léonard Pacaille, 1728-1750. - Jean-François Deschamps, 1750-1782. - Etienne-Antoine Laurier, 1782, jusqu'à la Révolution. - N... Thouvenait, en 1802, était curé à titre provisoire. - Jean-Baptiste Mazéraud fut nommé le 24 avril 1803. - Joseph-Antoine Dubrange, le 1er janvier 1809. - Jacques Thomas, le 29 octobre 1829. - Jean-Baptiste Delage, le 1er février 1836. - Jacques Boutinaud-Grandpré, le 1er novembre 1836. - Paul Baleynaud, le 29 mars 1847. - Jean-Baptiste Chassaing, le 1er octobre 1847. - Charles Faure, le 1er janvier 1849. - Mathieu Gaston, le 26 juin 1852. - Adrien Chambon, en 1854. - Christophe Cohade, en 1861. - Cyprien Verger, en 1872. - Jean-Hypolyte Deguioudeneix, 1880. - Victor Coupart, 1893. - Victor Gauthier, 1894. - François Monerie, 1907.
Construit au XIIe siècle, l'ancien château de Thouron était une place forte importante. On voit qu'en 1591 Boyol de Moncocu et son gendre de Villelume, y tenaient garnison pour le roi. En 1636, après le meurtre de Fontréaulx, la tour de ce château fut ruinée et démolie en partie. En 1658, M. Dupeyrat, trésorier de France, y fit des réparations et mit une partie en état de résister à une attaque. Enfin, dans les dernières années du XVIIIe siècle, Joseph du Peyrat le fit démolir pour construire à la place le château qui existe aujourd'hui. Le gros oeuvre était à peine terminé lorsque la Révolution vint tout arrêter. L'intérieur n'a été fait qu'en 1810, lorsque M. Pascal Eudel en devint acquéreur.
En 1012 et 1084, Humbert, puis son fils Hélie, étaient seigneurs de Thouron.
Pierre de La Celle-Bonnefon, écuyer, le possédait en 1223. Ses armes sont : semé de fleurs de lis et de tours.
Avant 1450, Thouron était passé, par suite d'alliance, dans la famille de Faulcon; Alain-Louis de Faulcon, écuyer, seigneur de Thouron, dont les armes sont : d'azur, à la croix d'or, les écartelait d'azur, à trois fleurs de lis d'or 2 et 1, mêlées de trois tours d'argent 1 et 2, qui sont celles de La Celle-Bonnefon.
Le roi de France Charles VII, venant à Limoges avec son fils le Dauphin, qui fut plus tard Louis XI, était au Dorat le 1er mars 1438 (nouveau style 1439); le lendemain, lundi, il vint dîner au château de Thouron, accompagné des ducs d'Anjou et de Bourbon, des comtes de la Marche et de Vendôme et autres membres de sa cour. Son fils le Dauphin qui avait dîné à Bellac, vint le rejoindre à Couzeix et ils firent ensemble leur entrée solennelle à Limoges.
Hélène de Faulcon épousa Albert de La Cousse, écuyer, seigneur du Breuil, de la paroisse de Saint-Martial-d'Albarède, en Périgord, qui devint seigneur de Thouron. Ses armes sont : d'or à la fasce d'azur chargée de trois étoiles d'argent, accompagnée de trois mouchetures d'hermine. Sa terre de Thouron fut saisie en 1620, et mise en vente pour payer ses créanciers; Pierre Fontréaulx, lieutenant criminel du siège royal du Dorat, en devint adjudicataire. Des difficultés s'élevèrent pour le payement. Albert de La Cousse revint quelques temps après avec une troupe d'hommes armés pour s'emparer du château. Ils y pénétrèrent ; Fontréaulx fut tué et lui aussi y trouva la mort. Ses complices, traduits devant la Cour des Grands-Jours, à Poitiers, y furent pendus.
En 1637, comme Pierre Fontréaulx n'avait pas payé les créanciers de la terre de Thouron, ni les frais de justice, il plut au roi d'accorder à Jacques Dupeyrat le droit de prélation qui le subrogea au décret à la place de Fontréaulx, et il devint ainsi propriétaire de Thouron. Les armes de la famille de Fontréaulx sont : d'argent au soleil de gueules et une fasce abaissée de même.
La famille du Peyrat a possédé ensuite Thouron pendant deux siècles. Le dernier seigneur de cette terre, Joseph du Peyrat, chevalier, baron de Thouron, officier de Royal Dragons, assista à l'assemblée générale de la noblesse de la Basse-Marche, au Dorat, le 16 mars 1789. Ses armes sont : d'azur à la tour d'argent ouvrée, maçonnée et épurée de sable. Mais dans les derniers temps elle les a surtout portées : d'azur au château donjonné de trois tours d'or maçonnées de sable.
En 1810, M. Pascal Endel, ancien directeur des douanes à Hambourg, acheta la terre de Thouron ; il fit achever l'intérieur du château et tracer le parc qui l'accompagne. Ses armes sont : d'azur au chevron d'or accompagné de trois demi-vols d'argent.
C'est en 1830 que la famille du Breuil-Hélion de La Guéronnière a acheté Thouron, qu'elle possède encore. Elle a pour armes : d'argent au lion de sable, armé, lampassé et couronné d'or.
Le bourg de Thouron n'a jamais été très important. Avec l'église et le château, on y trouve cependant une autre habitation qui conserve le nom de château des Vaucourbeil. Elle est formée d'un corps de logis flanqué d'une tour carrée et semble avoir été bâtie au XVIe siècle. Les armes de la famille de Vaucourbeil sont : écartelé au 1e et 4e d'azur à la tour d'argent sur laquelle est posé un oiseau ; au 2e et 3e d'or au lion de gueules.
La famille Masdot, alliée aux Vaucourbeil, habitait aussi le bourg de Thouron en 1602, et avait pour armes : d'azur à la fasce d'or chargée d'une flèche de sable dans le même sens, accompagnée en chef d'un croissant d'argent et en pointe d'un lion naissant d'or.
Les villages de la commune de Thouron sont :
Château-Moulin - Avec un étang de 15 hectares et 19 ares, appartenant en 1252 à Audebert Lavaud, Foucaud Faulcon les vendit en 1574 à François Fontréaulx pour la somme de 4000 livres. Guingand de Gensignac les possédait en 1715.
Chez Frapet
Cluseau (le)
Combe (la)
Combechoux
Commérat, alias Foulangeas
Croix-Forges
Gourgeau de Loup
Madeleine (la) - Ce lieu situé à l'extrémité méridionale de la forêt de Thouron, a toujours appartenu à ses seigneurs. Il y avait une chapelle rurale dédiée à Sainte-Madeleine, en 1475; elle tombait en ruine en 1741, et fut alors interdite.
Mas (le) - Possession d'une branche de la famille Dupeyrat de Thouron. Le dernier seigneur du fief des Mas fut François-Joseph du Peyrat, chevalier, qui vota avec la noblesse en 1789. Ce fief n'est pas sorti de la famille et il est aujourd'hui possédé par le Baron Louis du Peyrat qui a épousé Lucile Juge de Saint-Martin.
Placieux (les)
Pont (le)
Richefort
Royéras
Saint-Moras
Touradis - Une sépulture gallo-romaine a été découverte près de ce village en 1905. Dans un bloc de granit de 0,5 mètres de côté, est creusée une cavité, conservant une urne en verre, de forme sphérique, dans laquelle étaient des débris d'os calcinés et des cendres. Près du même lieu, on a découvert une autre sépulture de la même époque. La cavité taillée dans un bloc de granit contenait seulement des ossements humains calcinés, et quelques fragments de poterie fine, rouge, avec un moyen bronze de l'empereur Antonin le Pieux (86-161 de J.C.).
Tricherie - En 1240, Robert de Razès, écuyer, donnait à l'abbaye de Grandmont tous ses droits sur l'étang neuf appelé La Tricherie. En 1260, Jaubert de La Celle, seigneur de Thouron, a donné à la même abbaye tous ses droits sur cet étang de Thouron dit La Tricherie.
Valette (la)
Villat ou Villard