Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 14/02/2023
VERNEUIL-SUR-VIENNE, dans le canton d’Aixe, est le chef-lieu d’une commune qui a 3445 hectares de superficie, et 2 036 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 319 mètres.
Verneuil, dans l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, était en 1097, une prévôté dépendant de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges, Elle fut unie à la prévôté du chapitre par la bulle de sécularisation de 1535. Ont été prévôts de Verneuil : Renald, en 1061. – Albert de Coureillas, jusqu’en 1143, puis abbé de Saint-Martial. – Geraldus, en 1150. – Guillaume de Saint-Martin, mort en 1156. – Albert, entre 1294 et 1303. – Guy de Fougeras, 1399-1404. – Pierre Duseilher, 1432. – Etienne de La Garde, 1471. – Roland Barthou, 1514-1524. – Jean Puzilhou, 1587-1595. – Jean de Labrousse, 1598-1618. – François Dufaure, 1650-1695. – Joseph Durand, 1700. – Jean-Joseph Faulle, 1788.
La cure de Verneuil, comme la prévôté, a pour patron Saint-Pierre-ès-Liens. L’abbé de Saint-Martial y a toujours nommé les titulaires. Au XVIIIe siècle, il y avait 1 890 communiants, environ 2 520 habitants.
Etienne de La Garde, licencié en décrets, bachelier es-lois, et prévôt de Verneuil, fonda, le 26 août 1471, une messe que dira, vers le lever du soleil, chaque jour de dimanche et de fête solennelle, un prêtre du bourg ou de la paroisse.
Jean Gandois avait fondé une messe dans l’église de Maissonnais, pour un prêtre de sa famille. Ses exécuteurs testamentaires, le 5 octobre 1513, voulurent qu’elle fût dite dans l’église de Verneuil, sa paroisse.
Dans le cimetière qui était autour de l’église, il y avait, en 1512, une chapelle de Notre-Dame-de-Pitié, mais elle menaçait ruine depuis 1741, et elle fut interdite puis démolie en 1745.
Un nouveau cimetière, placé à l’extrémité ouest du bourg, fut béni par Mgr d’Argentré, évêque de Limoges, le 18 août 1779. On y construisit une chapelle sépulcrale ou charnier qu’on nommait civori. Ce cimetière a été agrandi de nos jours, et la partie ajoutée a été bénite le 2 novembre 1880.
L‘église de Verneuil était primitivement une construction romane, à une seule nef, bien orientée. La voûte et la fenêtre du chevet ont été faits au XVe siècle et deux chapelles latérales y ont été ajoutées vers la même époque. Une tour carrée, devenant octogone dans sa partie supérieure, formait le clocher. Il a été reconstruit en 1899.
Deux cloches sont dans ce clocher. On lit sur la plus grosse : « ✠ J’ai été nommée Hippolyte-Eléonore-Amélie. Mon parrain est M. Hippolyte Lezaud, premier président à la cour impériale de Nancy. Ma marraine, Mme Eléonore-Amélie Truol de Beaulieu, vicomtesse de Grave. M. Michel Thomas, curé, M. Marcellin Duvert, maire, M. Pierre Mourier, adjoint. Etant membre du conseil municipal, MM. Coussy, Blanchet, Gandois, Blancher, Meynieux, Durieix, Desvignes, Tharaud, Auriat, Thomas. Pattier, Beaulieu, Mourier, Valade, 1866. Dubuisson, Gallois, fondeurs à Paris ».
On lit sur la plus petite : « ✠ J’ai été nommée Marie-Léonie. Mon parrain est M. Léonard-Georges Duvert. Ma marraine est Mme Marie Lézaud, M. Marcellin Duvert, maire, M. Pierre Mourier, adjoint, M. Michel Thomas, curé. – Dubuisson, Gallois, fondeurs à Paris, 1866 ».
Vers 1834, l’église de Verneuil obtint des reliques de sainte Philomène qu’elle conserve dans un petit reliquaire, à l’autel dédié à cette sainte. Elle possède aussi une châsse en bois doré ou sont des reliques de quatre martyrs qui étaient avant la Révolution dans l’église des Carmes déchaussés de Limoges, et qui ont été données à M. Sénamaud, curé de Verneuil lorsqu’il revint de la déportation. Une inscription les indique ainsi : Sancti Illuminoti. Sancti Constantioe, sancti Clémentis, sanctoe Candidoe. M. M.
On trouve dans les registres paroissiaux de Verneuil les actes d’une confrérie en l’honneur du patron de la paroisse, saint Pierre, confrérie dont sont membres la plupart des habitants. Il en existait une autre en l’honneur du Saint-Sacrement, qui était aussi très prospère, et l’éclat qu’elle donnait à la procession de la Fête-Dieu s’est conservé, et a fait de ce jour une fête locale qui attire à Verneuil un grand concours de fidèles.
Ont été curés de Verneuil : Laurent Maumet, en 1258-1265. – Pierre Bardaud, 1367. – Hugues de Nau, 1472. – Etienne de La Garde ou Bonnegarde, 1471. – N… Sudraud, vers 1540. – Jacques Moulinier, 1645-1656. – N… de Douhet, 1661. – N… Geoffre, 1662-1669. – François Sudrot, 1669-1713. – N… Lissac, 1713-1743. – Charles Marsat, 1754-1763. – Gabriel Brisset, 1763-1781. – Jean-Baptiste Demartial, 1771-1791. – François-Jean Sénemaud de Brie, nommé le 24 avril 1803. –Laurent Pradeau le 19 octobre 1826. – Jean-Michel Thomas, 1840-1868. – Jean-Thomas, 1868-1880. – André Lecler, 1880-1883. – Simon Delort, 1883-1886. – François Grange, 1886-1888. – François Brachet, 1888-1900. – François Vergnaud, 1900-1909. Jeran Leprat, 1909.
Le castel construit par les prévôts de Verneuil était à côté de l’église, avec laquelle il communiquait par ses jardins. Son ponton élevé dominant l’église, le bourg et le magnifique panorama de la Vienne, en faisait une des plus pittoresques et des plus agréables habitations de tout le pays. Il avait été construit en partie, vers 1514, par le prévôt Roland Barton, ses armes étaient artistement sculptées sur un devant de cheminée en pierre : d’azur au cerf à la reposée d’or, au chef échiqueté d’or et de gueules de trois traits.
Cet intéressant castel fut vendu nationalement, en février 1791, puis racheté par la commune au commencement du XIXe siècle ; il a servi de presbytère et de mairie jusqu’en 1880, époque à laquelle la mairie et l’école actuelles ont été construites à sa place.
Pendant la révolution, le 13 messidor an IV, le 1er juillet 1796, les bâtiments du presbytère de Verneuil avec plusieurs objets provenant de cette cure, furent vendus au sieur Delaroche pour la somme de 5 040 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q. 148, n° 99).
Outre le castel du prévôt qui était Jacques de Verneuil, le bourg en possédait deux autres. Le principal et le plus remarquable est celui de Penneveire. La famille de ce nom est connue surtout depuis le chevalier Guillaume de Penneveire, en 1212. Le sieur de Penneveire eut l’honneur, en 1453, d’héberger dans ce château le roi Louis XI. Ce fief passa ensuite à la famille de Bermondet dont les armes sont : d’azur à trois mains appaumées d’argent. Pierre Mauple acquit la terre de Penneveire, en 1576. Ses armes sont : d’azur à l’aigle au vol abaissé d’or, accompagnée en pointe d’un croissant d’argent ; au chef cousu de gueules à l’étoile d’or entre deux croissants d’argent. Dès 1774, Penneveire devint la propriété de M. François Truol de Beaulieu, et ensuite de son gendre, le marquis de Grave.
Au haut du bourg, mais proche de l’église, est le château jadis appelé du Villard, et aujourd’hui, château de Verneuil, que M. Truol de Beaulieu acheta à M. Dufaure de Vialebost. Il est surtout remarquable par sa position. Devant ses terrasses élevées se déroule le plus riche panorama des bords de la Vienne. Les armes de son propriétaire, M. le marquis de Grave sont : écartelé aux 1er et 4e d’azur à trois bandes d’argent (qui est de Grave) aux 2e et 3e d’or à cinq merlettes de sable posées en sautoir (qui est de Merly).
La voie romaine de Limoges à Saintes, passait dans la commune de Verneuil, près des Vaseix, de Félix et La Merlie. De ce point jusqu’à la rivière elle a été remplacée par la route actuelle. Le pont de Piles, sur lequel elle franchissait la Vienne, était à 200 mètres en aval du pont de la Gabie.
Les villages de la commune de Verneuil sont :
Aumônerie (L’), dont le château est sur la commune d’Aixe, pendant que l’habitation des colons est sur celle de Verneuil. – A appartenu au 18e siècle, aux Texendier de l’Aumônerie.
Balandis.
Bagoulas.
Beauséjour, construit en 1881.
Boilerie (La). – Dans un champ nommé le Peyrou on a utilisé comme borne, un autel romain en granit, qui est en forme de colonne carrée de 0 m 54 c de côté, ayant un astragale formant une corniche. Plusieurs monnaies romaines ont été trouvées dans ce village.
Boisne (La).
Bost de Penneverre (Le).
Bouteille (La). La route de Saint-Junien qui traverse ce village le divise en deux parties : celle du nord est de la commune de Veyrac, et celle du midi de la commune de Verneuil.
Breuil. – Près de ce village, on trouve les restes d’un dolmen renversé.
Chabanne.
Chardaillac.
Chez-Caillaud.
Colombier (Le) ;
Collerie (La). – Jacques Béchade, chevalier, était seigneur de la Collerie en 1470. Jean Chambon, conseiller et avocat du roi au Parlement de Bordeaux en 1500, et M. Roger en 1662.
Coreix (Las). – Jean de Voyon mourut en 1736 dans sa maison de Las Coreix. Ses armes sont : « d’azur à trois étoiles d’or, 2 et 1, et un croissant d’argent en cœur ».
Cour (La).
Crochet. – Ce lieu était habité en 1805, aujourd’hui il n’en reste rien.
Fély (Bas). François Duboys était sieur de Fély en 1450. Joseph Descordes en devint propriétaire, en 1652, en épousant Jeanne Duboys. Duboys porte pour armes : « d’or à l’arbre de sinople, à la bordure de gueules chargée de dix boucles d’argent ». Descordes porte « d’or à deux lions adossés de gueules ». En 1733, Marie Descordes épousa Jean-Baptiste Montaudon et lui porta la propriété de Fly, qui, en 1807, est passée à la famille Lobligeois, puis dans la famille de Bletterie.
Fély (Haut).
Futier (le).
Futier (Moulin du).
Gable (la).
Grandvaud.
Granges (Les). – François Dufaure était seigneur des Granges en 1704.
Greignac.
Greignac (Moulin de).
Lespinasse. - Gracieuse habitation moderne riche en objets d’art réunis par M. Adrien Dubouché.
Loutre.
Maillartre. Simon Dupeyrat, seigneur de Masjambost, par son testament du 29 novembre 1550, donne la Maillartre à son fils Jean. Leurs armes sont : « d’azur au château d’or, donjonné de trois tours maçonnées de sable ». Léonard de Pétiot était seigneur de la Maillartre, en 1667, il portait pour armes : « d’azur au chevron d’or, accompagné de trois pigeons d’argent, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d’or. »
Mallevialle.
Mas-du-Puy. : Antoine de Voyon était seigneur du Mas-du-Puy, en 1674, Pierre-Antoine Talendier, en 1734. Pendant la Révolution, le chanoine Louis-Barthélémy Talendier fut emprisonné et sa propriété du Mas-du-Puy fut vendue nationalement le 21 juillet 1794. Les armes de cette famille sont : « d’azur au soleil d’or accompagné en chef de deux croissants d’argent ».
Merlie (La). Un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine existe au nord-ouest de ce village.
Monerie (la) .
Moulin-Nadaud.
Pagnac (Grand). – Martial Blanchon était sieur de Pagnac en 1670. Léonard Muret de Pagnac, avocat au parlement, avait une chapelle à Pagnac en 1759. Sa famille possédait encore Pagnac en 1818. Ses armes sont « d’argent muraillé de sable, au chef d’azur chargé de deux croissants d’argent ». La famille Gicquet de Pressac possédait ce lieu en 1837. Enfin, la famille Alluaud y a bâti le château actuel et la chapelle bénite par Mgr Buisson, évêque de Limoges, le 18 mars 1851
Pagnac (Petit).
Peygnot (Chez).
Quartre-Vents (les).
Rivailles (Les).
Tranchepie. – Pierre Echaupre, écuyer, était sieur de Tranchepie en 1736. Ses armes sont : « d’or à une plante de tournesol de sinople sur une terrasse de même, fleurie de trois roses de gueules, surmontées d’un soleil de même ».
Tranchepie (Moulin de).
Vaseix (Les). – Jacques d’Auvergne, sieur des Vazeix, vendit cette terre le 1er mars 1609 à Michel Dupeyrat, sieur du Masjambost. Elle passa, par héritage, aux Martin de La Bastide, qui, en 1781, la vendirent à Martial Bourdeau. Les enfants de ce dernier la cédèrent par acte du 9 avril 1817, à Pierre Lezau, avocat. Son fils, Hyppolyte Lezeau, premier président de la cour impériale de Nancy, a bâti en 1860, le château actuel.
On a recueilli aux Vaseix plusieurs sarcophages en granit du XIIe siècle, et on y conserve une curieuse inscription en langue limousine dont voici la traduction : « ✠ Ici gît dame Marie, la fille d’Hélie Dupeyrat, la femme de Pierre Amiel : elle trépassa la veille de Saint-Etienne. Et sa nièce, dame Marie, la fille d’Hélie Jayo, elle trépassa trois jours avant la Trinité. Et dites-lui la prière : Que Dieu leur pardonne ».
Vialebost. – Jean Dufaure, sieur de Vialebost, avocat au parlement, vivait en 1670 et 1676. Ses armes sont : « d’azur au chevron d’or soutenu par trois bâtons de même réunis et posés en pal et en sautoir : au chef cousu de gueules ».
Un camp romain existe entre ce village et la route de Saint-Junien. Il a 100 mètres de long et 90 mètres de large.