Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 14/02/2023
Vicq, dans le canton de Saint-Germain-les-Belles, est le chef-lieu d'une commune qui a 5089 hectares de superficie et 2134 habitants. Son altitude au dessus du niveau de la mer est de 386 mètres.
La paroisse de Vicq faisait partie de l'ancien archiprêtré de La Porcherie. Sa fête patronale était l'Ordination de Saint-Martin, le 4 juillet. L'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés. Au XVIIIe siècle il y avait 2500 communiants, environ 3333 habitants.
L'église n'a qu'une seule nef : elle est formée de deux parties dont la plus ancienne, celle où se trouve le sanctuaire, est romane et date du XIe siècle. Sa façade, du côté du couchant, a été ouverte par une grande arcade qui la met en communication avec la partie la plus récente. Au-dessus de la toiture, au point de jonction de ces deux constructions, se dresse, sur l'ancienne façade de l'église romane, un pinacle à quatre baies, dont deux sont occupés par des cloches portant les inscriptions suivantes :
« ✠ A fulgure et tempestate defende nos Domine. ✠ Anno Domini M Vc XXXIX.» Cette cloche a 1 mètre 19 centimètres de diamètre, elle doit peser plus de 900 kilos. Son inscription est en belles lettres gothiques.
On lit sur la plus petite : «✠ M. Christophe Mouret, maire de Vicq. - Bénite sous l'invocation de Saint Déodat par M. Martial Vigneras, curé. Parrain, M. Pierre-François de Callignon. Marraine : Mlle Jeanne-Joséphine Barnouilhe, 1844. - Martin, père et fils fondeurs, 1844. »
Il y avait dans cette église une communauté de prêtres chargés d'en faire le service; ils étaient neuf, en 1534.
Dix vicairies y avaient été fondées le 14 octobre 1521, par Jacques de Salagnac, chevalier, seigneur de Combas. Elles furent augmentées par Jean de Salagnac, protonotaire du Saint-Siège, curé de Treignac, et seigneur de Vicq, le 29 juin 1534. Une de ces vicairies était annexée à la cure.
Par son testament du 23 mai 1731, Guillaume Baillot, seigneur de la Chapelle, bourgeois de Pierre-Buffière, fonda à perpétuité en faveur des prêtres de la Mission de Limoges, une mission de trois en trois ans de la somme de 300 livres. La première mission devait être faite trois ans après le décès de sa soeur dans la paroisse de Vicq «qui en a grand besoin», et dans laquelle le testateur avait son principal bien, la seconde à Pierre-Buffière et la troisième à St-Jean-Ligoure.
Dans le grand cimetière de Vicq existait, en 1629, une chapelle dite du Civori; elle était surmontée d'une Lanterne des Morts. La municipalité de Vicq a fait détruire ce monument de la piété des habitants pour leurs morts, lorsqu'en 1888, il a transformé l'ancien cimetière en place publique.
Pendant la Révolution, le 4 vendémiaire an IV, 25 septembre 1796, les bâtiments, jardin et dépendances du presbytère furent vendues au sieur Louis Breuil, pour la somme de 5850 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q, 147, n° 306 bis).
Ont été curés de Vicq : Jean de La Vergne, 1533. - N... de Verthamont, vicaire en 1645, curé en 1656. -Claude Martin, nommé en 1748, subit la prison pendant la Révolution, où il mourut en 1793. - Louis Barnouille, qui avait été déporté en Espagne, fut nommé le 24 avril 1803. - Guillaume Barnouille, déporté en Espagne, ainsi que son frère, fut son vicaire, puis curé en 1827, mort en 1831. - Michel Vigneras, nommé en 1831. - Louis Joyeux, en 1875. - Jules Laporte, en 1885. - Antoine Cancalon, en 1890.
Bâti dans un site merveilleux, sur une colline dominant magistralement le bourg qui lui donne son nom, le château de Vicq a été construit en très grande partie par Jean de Salagnac, protonotaire du Saint-Siège, chanoine de Périgueux, curé de Treignac et seigneur de Vicq. On voit, par son testament de 1528, qu'il donna aux habitants de Vicq, pour l'avoir aidé dans cette construction, le droit de s'y retirer avec ce qu'ils voudraient mettre en sécurité en temps de guerre. Il y fit graver, autour de la coquille qui décore la porte d'entrée ces mots: Pax huic domui. On a attribué à la famille de Salagnac pour armes: d'argent à trois fusées de gueules en fasce. Mais ce sont celles de la famille de Salagnac d'Angoumois, et la famille du Limousin et de la Marche portait: bandé d'or et de sable de six pièces.
Jeanne de Salagnac, qui mourut à Vicq en 1600, avait épousé Jean-Annet de La Roche-Aymon, qui est qualifié seigneur de Vicq et portait pour armes: de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules, semé d'étoiles d'or.
Suzanne de La Roche-Aymon épousa à Vicq, en 1646, Joseph de La Bermondie qui fut seigneur de Vicq et portait pour armes: de gueules à la tour d'argent, maçonnée de sable, à la bordure d'azur chargée de huit besants d'or.
En 1708, Nicolas de La Reynie était seigneur de Vicq et de Traslage. Ses armes sont: écartelé aux 1er et 4e d'azur à trois fasces d'or; aux 2e et 3e de gueules à trois chevrons d'or.
Just de Calignon fut ensuite seigneur de Vicq et de Traslage. Ses armes sont: de gueules à un agneau passant d'or portant un gonfalon et la tête contournée, au chef cousu d'azur à deux coquilles d'or. Sa veuve Louise-Antoinette de Broussol de Broussonnet était dame de Vicq en 1789, et sa fille Louise-Antoinette de Calignon épousa le 18 avril 1803, Joseph Chérade de Montbron auquel elle porta la terre de Vicq. Les armes des Chérade de Montbron sont: d'azur à trois losanges d'or 2 et 1.
Les villages de la commune de Vicq sont :
Barnouille. - Près de ce village est un tumulus qui a 17 mètres de diamètre et une élévation de 5 mètres au-dessus du sol.
Bélie (Haute)
Bélie (Basse)
Blanchardie (La). - Jean Baillot, comme seigneur de la Blanchardie, rendit foi et hommage à Pierre de Salagnac, écuyer, seigneur de Vicq, en 1545. Nicolas Baillot, écuyer, seigneur de la Blanchardie, épousa, en 1563, Catherine de Boisse de la Farge. Il mourut en 1589 des suites de blessures de neuf coups d'épée reçues d'un chanoine de St-Germain, fils de Me Doudinot, notaire. Il fut inhumé à Pierre-Buffière. Autre Nicolas Baillot, seigneur de la Blanchardie, eut une fille, Catherine Baillot de la Blanchardie, qui épousa vers 1562 Antoine Chapelle de Jumilhac, écuyer qui fut l'auteur de la célèbre et puissante maison de Jumilhac. François Baillot, seigneur de la Blanchardie épousa 1° Isabeau de Bruelle en 1599; 2° N. de Lajaumont. Guy Baillot était seigneur de la Blanchardie en 1643. Hélène Baillot épousa avant 1654 Henri de Fraysseix de la Vergne, écuyer, et lui porta la Blanchardie. Leur fille, Marguerite de Fraysseix, épousa à Vicq, en 1676, Pierre de Beaune de Landerie, seigneur du Cluzeau, et lui porta le fief de la Blanchardie. Armes des Baillot : «d'azur à la fasce d'argent accompagnée en chef de 3 étoiles d'or et en pointe de 3 escots de même, posés en pal 2 et 1». Supports: «2 licornes». Devise: «J'ay baillé, Dieu rendra»
Blondeau (Le).
Bois-Maledent.
Borna (La)
Bourdelas. - Guillaume Baillot, de la ville de Pierrebuffière, était seigneur de Bourdelas et de la Chapelle en 1731. Il mourut en 1737. Bourdelas appartenait encore à la famille Baillot en 1744.
Brégérat.
Champarnaud.
Chataigner (Le).
Chapelle au Juge (La). - Autrefois de la paroisse de Vicq, serait aujourd'hui de la commune de Château-Chervix. Foucaud Baillot, notaire royal à Pierrebuffière, était seigneur de la Chapelle au Juge en 1512. Léonard Baillot, seigneur de la Chapelle au Juge épousa Marguerite Vaynay, dont il eut Guillaume Baillot., seigneur de la Chapelle au Juge en 1684, qui décéda en 1737, et fut inhumé dans l'église de Pierrebuffière. Il épousa 1° Marguerite Lamy de Luret. 2° Marie de la Loue, en 1712. Le lieu de la Chapelle au Juge appartenait encore à la famille Baillot en 1744.
Chauvau, où était une chapelle rurale dite N..D. des Chauvet ou des Chauvau. Elle était sous le patronage de la Sainte-Vierge et dépendait de la cure. Pendant la Révolution, elle fut vendue pour la somme de 720 francs. (Arch. de la H.V., Q 147. n° 295)
Chez Nicolas.
Colet.
Combas. où il y avait une chapelle rurale dédiée à Saint-Pierre. Jacques de Salagnac était seigneur de Combas en 1521. Pierre de Salagnac, en 1545. Jeanne de la Vergne, veuve de Jean-François de Gain de Linards, possédait la seigneurie de Combas en 1652. Jean Blondeau, écuyer, trésorier de France à Limoges, était seigneur de Combas en 1680. Jean Blondeau, chevalier d'honneur au présidial de Limoges, conseiller du roi, l'était en 1712. Son fils, Gabriel Blondeau de Combas, épousa dans la chapelle du château de Puimaud, paroisse de Nieul, le 13 mars 1746, Thérèse de Roulhac d'Etivaux, fille de Guillaume et de Marie de Douhet. Blondeau porte: «de gueules au lion d'or». Un domaine de Combas appartenait à la famille Baillot en 1744. Le château de Combas est aujourd'hui la propriété de M. de Neuville.
Combes (Les).
Croix du thé (La).
Etang (L').
Estivaux (Etivaux ou Etivaud). - Une famille de la Vergne (peut-être les Joussineau de la Vergne) posséda le fief d'Estivaux depuis le début du XVIe siècle. Jean de la Vergne, écuyer, seigneur d'Etivaux, époux de Marguerite Joussineau maria sa fille Hélène de la Vergne, en 1589, avec Jean-François Chapelle de Jumilhac, écuyer, seigneur de la Valade, la Tour et autres lieux, qui devint par son mariage, seigneur d'Etivaux et mourut en 1610. Son fils, Jean Chapelle de Jumilhac, écuyer, fut seigneur de la Valade, le Repaire noble de la Tour et Estivaux. Il épousa: 1° Marguerite de la Vergne de Champagnac en 1614; 2° Gabrielle Tenant de Champs en 1626. Chapelle de Jumilhac porte: «d'azur à une chapelle ou église d'or». Guillaume de Roulhac, seigneur d'Estivaux, conseiller du roi au présidial était consul de Limoges en 1710. Il avait épousé Marie de Douhet et était encore seigneur d'Etivaux en 1746. Armes: «d'azur à 3 étoiles d'argent 2 et 1, au chef cousu de gueules à un croissant d'argent». Marie Benoist de Blémont décéda au château d'Etivaux et fut inhumée dans l'église de Vicq le 11 juillet 1728, en présence de Charles de Roulhac d'Etivaux. Marie-Anne de Coux du Châtenet décéda également au lieu noble d'Etivaux le 15 novembre 1752 et fut inhumée à Vicq. Une famille Buisson du Puyguichard habita Etivaux en 1760-1761. Joseph Benoist, écuyer, trésorier de France à Limoges en 1777, était seigneur d'Etivaux. Il émigra en 1791 et ses biens furent vendus nationalement en 1794 (Arch. de la H.V. Q.157). Benoist porte: «d'azur au chevron d'or accompagné de 3 mains bénissantes d'argent»
Farge (La). - Une sépulture gallo-romaine a été trouvée près de ce lieu dans le champ du Buis en 1903. Dans la cavité du bloc en granit était une urne cinéraire en verre contenant des débris d'os calcinés.
Fargeas.
Fressanges. - Une chapelle rurale existait en ce lieu, elle tombait en ruines en 1751, époque à laquelle elle fut interdite. Jean de Léonard, chevalier, trésorier de France à Limoges, était seigneur de Fressanges et de Saint-Cyr en 1690. Son fils Pierre-Joseph de Léonard, écuyer, seigneur de Fressanges, trésorier de France, épousa en 1722 Anne Benoist de Vanteaux. Il mourut au château de Fressanges en 1776. Il eut pour enfants: un chanoine de Saint-Martial; un religieux du Glandier; Valérie, qui épousa en 1753 Pierre-Michel Baimmot du Queyroix, et Jacques de Léonard, chevalier, seigneur de Fressanges, chevau-léger de la garde du roi qui épousa, en 1758, Catherine Texendier de Laumosnerie, fille du baron de Nieul. Armes des Léonard de Fressanges: «d'or, à une plante de nard de sinople, fleurie d'argent, posée en pal, sommée d'un croissant de gueules et accostée de 2 lions affrontés de sable». Une hache néolithique en silex jaune a été retrouvée à Fressanges en 1909.
Genest (Le).
Gramagnac.
Laleboeuf.
Lamerdie
Ladimalie.
Laurerie.
Laurerie (Moulin de).
Leyrat. - Il existe un tumulus près de ce village.
Luchapt. - Près de ce lieu est un emplacement formé de terres rapportées qu'on appelle Camp de César; il a environ cent mètres de circonférence et l'on voit au milieu des excavations de trois à quatre mètres de profondeur.
Maisonneuve.
Malefont.
Marserie.
Nouaillas. - Foucaud Baillot, notaire royal de Pierrebuffière, était seigneur de Nouaillas en 1512. Ce lieu appartenait encore à la famille Baillot en 1744.
Palisse (La)
Picq (Le).
Pont du Roi.
Pronchavet.
Puymory. - Belle habitation réparée de nos jours.
Regaudie (La).
Reynie (La). - Fiacre Hugon était seigneur de La Reynie en 1570. Ses armes sont: «d'azur à deux lions rampants d'or armés et lampassés de gueules». Le célèbre Gabriel Nicolas de La Reynie est né le 25 mars 1625.
Ribière (La).
Roche (La).
Roches (Les).
Souffas.
Temple (Le). - Ou Temple de Magnac, appartenait aux chevaliers de la milice du Temple, et dépendait de Vicq en 1282. Le commandeur de Saint-Anne y nommait les titulaires. Il y avait une église paroissiale et une chapelle de dévotion au village de Chavagnac, paroisse de Meuzac; le curé était tenu de célébrer la messe chaque dimanche, alternativement dans l'une et l'autre. Il y avait aussi un cimetière à côté de l'église paroissiale. Au XVIIe siècle, le Temple appartenait au seigneur d'Estivaux.
Terrier (Le).
Thé (Croix du)
Traslage. - Jean Nicolas était seigneur de Traslage en 1595 et son fils, Jean Nicolas, conseiller d'état en 1660. Aujourd'hui Traslage est le lieu d'habitation du marquis de Calignon.
Tuilerie.
Tuquet (Le).
Vareilles (Les).
Vergnas.
Versane.
Villeneuve.